- Speaker #0
Hello et bienvenue dans un autre tempo, un podcast pour ralentir dans un monde qui va beaucoup trop vite. Je suis Julie et à travers ce podcast j'ai envie de partager avec vous mes réflexions, mes découvertes et mes pratiques pour cultiver plus de lenteur et de douceur dans notre quotidien personnel et professionnel. Chaque épisode sera une invitation à prendre du recul sur notre rapport au temps, au travail, notre rapport à soi et aux autres. J'irai à la rencontre de personnes qui incarnent un autre rythme de vie et une autre façon d'être au monde. Mon intention avec ce podcast, c'est vraiment d'apprendre à ralentir, à se régénérer et se libérer de cette force effrénée qui nous est imposée par la société. Ralentir n'est plus un luxe, c'est devenu mon acte de résistance. Alors, si ensemble on osait un autre tempo, installez-vous confortablement, ça commence maintenant. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, j'avais envie de vous emmener dans mon quotidien et vous partager une pratique qui m'aide énormément à ralentir. C'est la pratique du yoga. Et je me suis dit, quoi de mieux que de lancer l'échange sur ce sujet avec mon cher prof de yoga. Bonjour Yann.
- Speaker #1
Bonjour Julie.
- Speaker #0
Je suis absolument ravie et honorée de pouvoir prendre ce temps avec toi et que tu nous partages aujourd'hui ta vision. qui est le sujet cœur de ce podcast, de ce que veut dire ralentir dans notre société. On vit dans un monde où on passe son temps à courir, à faire vite, à être dans la hâte, à toujours être dans notre tête et d'en oublier le corps. On a fini par oublier de respirer et de faire des pauses pour se régénérer. D'ailleurs, tu dis souvent dans tes cours « respire » au lieu de « réfléchir » . Alors voilà, j'aimerais que tu nous partages aujourd'hui ta vision de ce monde dans lequel on vit et... Et pourquoi on donne tant d'importance au faire plutôt qu'à l'être ? Et pour commencer, peut-être que tu pourrais juste un instant nous parler de toi et nous dire comment le yoga, la pratique de la respiration sont devenus des éléments centraux dans ta vie. Comment tu en es arrivé vers ça ?
- Speaker #1
Bon alors c'est un petit peu long parce que j'ai mis du temps avant de m'y mettre sérieusement mais au départ je suis un sportif, donc j'ai une formation d'éducateur sportif et le sport était ma pratique préférée, favorite. Et il se trouve que parmi les sports que j'ai essayé, le yoga a fait partie de ceux que j'ai préférés et donc assez vite je me suis dirigé vers les formations de prof de yoga et de sophrologie. Et là j'ai découvert des pratiques plutôt d'intériorisation, mais aussi un grand soulagement au niveau du corps et au niveau de la pression qu'on pouvait avoir dans la vie ordinaire. Tout commence quand même par une expérience que j'ai faite enfant, qui était lors d'un cours de gym, une relaxation, où lors de cette première relaxation, j'ai eu la sensation, vraiment pour la première fois, de prendre conscience de qui j'étais tout seul. C'était pas le regard des parents, c'était pas le regard des amis, c'est pas le regard des autres, c'est pas le regard des éducateurs. A l'âge de 12, 13 ans ou 14 ans, on peut décider de voir qui on est vraiment tout seul. Et donc ça donnait une grande autonomie, mais ça met aussi beaucoup de possibilités. Comme j'étais pas dans le milieu adéquat pour développer cette prise de conscience, j'ai fait du sport. Par contre, cette prise de conscience, elle est revenue quand j'ai découvert le yoga, et cette prise de conscience, elle me... Elle m'a permis de voir que tout le monde souffrait un peu du même mal, qui était de ne pas savoir qui on est, de vivre sa vie un peu comme un robot, en fonction des projections qu'on a sur nous, ou de la culture, ou du milieu dans lequel on vit, ou du milieu professionnel qui nous oblige à faire certaines choses, à vivre de certaines manières. Et en fait, là je suis revenu complètement à cette première expérience qui est si je relâche mon corps, si je fais du sport, si je m'écoute. Si je m'écoute bien, j'ai une autre image de moi-même. Et ça c'est très apaisant d'un seul coup, parce qu'on n'a plus la pression, ou alors elle est là, mais elle peut passer en arrière-plan. La pression des autres, la pression culturelle, la pression familiale, la pression professionnelle, elle peut passer en second plan. Et ce qui va primer pour dire qui je suis, c'est mon ressenti. Et donc dans la pratique du yoga, c'est ce que j'essaie de transmettre, je dis aux gens, ressentez votre corps. Pour le ressentir, vous pouvez faire de la souplesse, de la force, de l'équilibre, vous pouvez faire... Divers exercices, vous pouvez danser, vous pourrez chanter. Et chaque fois, on observe qui on est du point de vue du ressenti, et non pas du point de vue d'une image extérieure. Et le simple fait de respirer, conscience du souffle, ça se fait tout seul, on n'a pas besoin d'avoir quelqu'un qui nous juge, qui nous évalue. Et rien que ça, ça suffit pour se sentir soi. Et j'ai remarqué qu'au final, plus on se sent soi-même, plus on est libre à l'extérieur, et plus on... plus on est tranquille en fait,
- Speaker #0
naturellement. Tu dis que c'est aussi simple que de respirer, mais j'ai l'impression qu'on a oublié comment vraiment respirer. J'ai mis des années à me rendre compte que je respirais de la mauvaise façon, que tout était bloqué au niveau de la cage thoracique. Comment déjà on réapprend à respirer ? Comment on peut mettre de la conscience là-dessus ?
- Speaker #1
Alors c'est très particulier au yoga en fait. C'est qu'en fait j'ai pratiqué des tas d'autres sports où on te dit pour courir il faut respirer comme ci ou comme ça, Non mais... On te dit de respirer par le nez, par la bouche, d'accélérer le souffle, de ne pas respirer trop. Enfin voilà, il y a des respirations qui peuvent être associées à la course à pied par exemple, à la natation aussi un petit peu. Mais dans la plupart des autres sports, que ce soit la gym ou le fitness, il y a très peu de profs qui disent comment respirer et comment faire attention à son souffle. Et même en danse, il y a énormément de danseurs qui, je suis surpris par les danseurs, qui ne font pas attention à leur respiration. Et donc il se retrouvait soufflé pendant un exercice, pendant une performance. Et donc il faut apprendre à respirer. Et donc dès les premiers cours, j'insiste énormément en expliquant pourquoi il faut bien respirer. Donc je préconise la respiration que par le nez par exemple. Et pour certains, c'est une contrainte terrible. Moi quand je fais du sport, j'expire par la bouche. Mon prof m'a dit expire par la bouche. Donc des fois on a des habitudes et pour moi le nez c'est très important. En fait de toute façon, ce qui est important c'est de faire attention à comment on respire. Si la personne me dit moi je respire par la bouche, Je vais m'en foutre qu'elle respire par la bouche, mais au moins elle a pris conscience qu'elle respirait par la bouche. Et après j'essaye de faire agrandir le souffle, parce qu'en fait le stress, les douleurs, la colère, tout ça, ça réduit les poumons. Et du coup on respire très peu d'air, un tout petit peu, quelques grammes d'air, quelques, je sais plus, non c'est des litres, des millilitres d'air au lieu de respirer alors qu'on a des capacités énormes dans les poumons. Et je dis, ben essayez d'augmenter vos capacités pulmonaires et là on voit tout un tas de trucs qui se développent à l'intérieur de soi. Mais il y a certains élèves, là aujourd'hui je suis allé à l'arrière de la salle, j'ai été voir à côté, je regarde la poitrine, je regarde le ventre, et je dis à la personne, non là tu ne respires pas bien. Alors elle fait un effort, je vois ses épaules qui s'écartent, elle se redresse quand elle peut faire l'effort, mais il y en a certains, ils ne peuvent pas. Ils disent, mais si je ne respire plus, j'ai mal là, ou alors j'ai la tête qui tourne. Il est bloqué. Oui, bloqué. Il y a quelquefois des blocages, mais souvent, c'est juste une histoire de, je vais y faire attention. Et donc je suis un peu le prof chiant pour ça, pour ça, pour le reste je ne fais rien d'autre. Mais pour le souffle, il m'arrive d'être, de harceler les élèves pendant le cours.
- Speaker #0
Oui, tu nous dis souvent d'ailleurs, enivrez-vous avec le souffle pour que la tête tourne.
- Speaker #1
Et oui, parce qu'au début on a l'étourdissement et donc la tête tourne. Ça c'est les premiers effets parce qu'on est hyper oxygéné. Des fois je donne trois effets du souffle. L'effet mécanique. Donc ça détend les muscles des vertèbres et des côtes, puisqu'on respire avec cet effet mécanique. L'effet du carburant qu'on envoie dans le corps, c'est l'oxygène qui nourrit toutes les cellules. Et le troisième effet, l'effet magique, c'est celui de l'étourdissement. C'est en fait, on a la tête qui tourne, on commence à être un peu enivré, mais quelquefois c'est désagréable l'étourdissement. Et donc là je dis aux personnes, rassurez-vous, cet étourdissement il n'est pas très grave d'ailleurs. Pour plaisanter, je leur dis, si vous avez la tête qui tourne, restez au milieu. Vous avez entendu ça aussi ? Donc si vous avez la tête qui tourne, restez au milieu. Cet étourdissement, il va se transformer en vacuité acceptable. Et moi je l'ai vu cette transformation. On respire beaucoup, et d'un seul coup on a la tête qui tourne. Et si on accepte d'avoir la tête qui tourne sans tomber, bien sûr on ne va pas jusqu'à la syncope, mais en fait c'est une forme de vacuité.
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est la vacuité acceptable pour toi ?
- Speaker #1
Alors c'est un vide mental, acceptable par l'ego qui a toujours besoin de penser. Et c'est là où la tête descend dans le cœur. C'est en fait, je dis, laissez tomber le cerveau, il ne travaille plus, il se repose. Placez la conscience dans le cœur et vous allez voir qui vous êtes. Et là de suite, tu as accès à des formes, tu vois tes émotions, tu vois tes vibrations, tu vois ce que tu aimes, tu vois ce que tu ressens, tu ressens de la vie, ton soleil intérieur, qui n'est plus le discours intérieur. Et donc en fait, tu as noyé le discours intérieur avec le souffle.
- Speaker #0
Est-ce que c'est, on pourrait dire que c'est ça le mal de notre société, c'est d'être tout le temps perché dans notre mental et d'être complètement déconnecté du corps ?
- Speaker #1
Pour le yoga, C'est très important parce que, effectivement, si on revient à la base du yoga, il y a un livre qui fait référence pour tous les courants du yoga, c'est les Yoga Sutras de Patanjali. Et quelquefois, on a résumé l'expérience de Patanjali comme étant la finalité du yoga, c'est l'arrêt des fluctuations du mental. Et il se trouve que ce n'est pas ça le mal du siècle, ni le mal de l'homme. Je ne peux pas le dire, je ne suis pas surpris que je médite pour réfléchir à ça. Parce que c'est un avantage le mental, ça nous sert à faire plein de choses. Il est hyper utile en fait. Je peux raconter une anecdote ? Vas-y,
- Speaker #0
je t'en prie.
- Speaker #1
Je commence un cours un jour avec tous mes élèves, on fait une première relaxation pour se mettre en route dans la séance, et là il y en a une qui se lève brusquement et qui me dit « J'ai laissé mon poulet au four, il va cramer » . Je plaisante, je lui dis « Ouais, d'accord, allez, vas-y » . Et puis elle est revenue à la fin du cours me dire, ça va, j'ai pu arrêter mon poulet, machin. Et là, je me suis dit, quelque part, cette fille-là, elle a sauvé sa maison, peut-être, avec son mental. Donc les pensées parasites, elles ne sont pas non plus inutiles tout le temps.
- Speaker #0
On peut souvent pouler sa maison.
- Speaker #1
Voilà, on peut sauver sa maison ou avoir des pensées utiles. Non, mais plus sérieusement, le mental est utile. Mais qu'est-ce qu'on en fait tout le temps ? On n'en prend pas conscience, c'est ça. Donc il est utile, mais à certains moments il ne l'est pas. Donc quelquefois il ne l'est pas au détriment du corps, au détriment de la connaissance de soi, au détriment des autres. Si je dis tout le temps du mal, si je parle tout le temps, que je dis tout le temps du mal de mon travail, de mes collègues, de mes amis, de ma famille, si je dis tout le temps du mal, je fais du mal. Je me fais mal à moi et je fais du mal aux gens qui m'écoutent. Et je fais du mal à la planète entière. Donc là c'est clair, le mental discursif, dans cette direction-là, c'est clair, là, il est nuisible. Mais le mental qui me dit « est-ce que tu as bien mis une pièce dans le parcmètre avant d'aller stationner ? Est-ce que tu n'as pas laissé ton téléphone allumé pendant la séance ? Est-ce que les questions que tu te poses peuvent être utiles ? » Donc je dis souvent, le mental c'est un secrétaire. Et souvent on le prend pour le directeur. Donc le secrétaire, il est là, il te fait... Sans arrêt, le bilan financier de ton entreprise, à longueur de journée, il va te dire, là tu dépensais tant, là fais-ci, là fais-ça, et il te fait coacher ton entreprise complètement. C'est un secrétaire qui se prend pour le patron. Et en fait, le patron, lui, j'aimerais mieux que ce soit le cœur, et donc cette connaissance de soi profonde et centrée, qui sait tout, du point de vue de l'énergie, mais il ne sait pas tout du point de vue du discours. mais lui s'il veut Il écoute le secrétaire ou il va le voir, il lui dit dis-moi tu penses quoi de ce choix-là, de ce projet ? Et lui, tu peux l'écouter, ce sera lui le meilleur pour te donner un projet chiffré. Mais ce secrétaire il est nul dans certains domaines. Il peut être nul en psychologie, il peut être nul en affection, tout ce qui concerne les émotions il est nul. Il est bon finalement qu'au chiffre et à la temporalité.
- Speaker #0
Donc il faudrait arriver à remettre le mental à sa juste place.
- Speaker #1
Oui, une calculette, une bonne calculette, un bon ordinateur qu'on a là-haut. Et si on veut, on l'éteint, on existe encore.
- Speaker #0
J'imagine que la plupart des gens qui assistent à tes cours, et j'en fais partie, c'est parce qu'à un moment donné, on a été cassé par la vie, cassé peut-être par des événements, etc., qui nous ont mis sous emploi et ont abîmé notre corps physique, mais aussi psychologique. Comment tu expliques qu'on ait besoin de souvent attendre d'avoir mal, d'avoir des douleurs, des symptômes qui nous alertent sur un dysfonctionnement ? Pourquoi on attend tout ça pour enfin prendre soin de nous et prendre du temps justement pour ralentir, respirer, se régénérer ?
- Speaker #1
Alors, il y a un gros avantage à faire de la relaxation simplement, ou du yoga, ou de l'écoute de soi. quel que soit, ça peut être d'autres domaines, c'est qu'en fait on détecte les dysfonctionnements avant qu'ils soient trop gros. Et comme pour toutes les maladies, comme pour un rhume, si on détecte le dysfonctionnement au tout début, on peut le soigner. Et si on continue grossièrement à ne rien écouter, on ne prend pas le temps de se soigner. Et je pense que le corps fonctionne comme ça aussi.
- Speaker #0
Oui. À titre personnel, il a fallu des années d'épuisement pour que je prenne conscience que ralentir et réapprendre à respirer, c'était la clé pour basculer sur une autre dynamique. Comme une personne qui a mal au dos, elle va attendre d'avoir mal au dos beaucoup pour peut-être prendre soin d'elle et de... de voir un ostéopathe, j'ai l'impression qu'on est vraiment dans une dynamique de voilà il faut attendre vraiment de souffrir, d'avoir un poids sur les épaules pour se dire bon bah peut-être que c'est le moment vraiment de faire un pas de côté, de ralentir.
- Speaker #1
Ça peut faire partie de l'éducation, donc moi je suis hyper content quand j'ai des maîtresses, des instits dans la salle, parce que eux c'est des haut-parleurs hyper puissants qui vont diffuser tout un tas d'éléments comme cela. qu'il faut transmettre aux enfants à un moment ou à un autre. Moi j'ai dit, j'ai eu un prof de gym à 12 ans qui m'a fait faire une relaxation, je n'ai pas pu exploiter ça tout de suite, mais c'était important, et je pense que si j'avais poursuivi dans cette voie, j'aurais évité certains écueils, effectivement. S'écouter, pareil, mais pour la performance il faut le faire aussi, maintenant les sportifs le font. C'est-à-dire que ce n'est pas quand on est en haut de l'escalier qu'il faut se rendre compte qu'on est complètement essoufflé, il faut commencer à ralentir le pas avant. Il faut peut-être faire des pauses avant, il faut peut-être respirer avant, il faut respirer avant d'être fatigué, respirer avant d'être essoufflé. Souvent je dis ça, tu l'as noté aussi. Se reposer avant d'être fatigué, respirer avant d'être essoufflé, se soigner avant d'être malade, se calmer avant d'être en colère.
- Speaker #0
C'est-à-dire avoir des actes de soins en prévention pour soi finalement.
- Speaker #1
Et les petits avertissements nous permettent de faire de la prévention, on n'est pas obligé d'aller... d'anticiper tout vraiment, mais apprendre à se préparer dès le début du symptôme, c'est important.
- Speaker #0
Alors, apprendre à ralentir et respirer, on sait que c'est bon pour nous, mais très souvent, j'observe que, et j'en fais partie, on a du mal à prendre ce temps parce qu'on culpabilise de prendre ce temps. Comment tu expliques ça ? Pourquoi on culpabilise de prendre soin de nous ? On culpabilise de prendre des espaces où on va se régénérer ?
- Speaker #1
Il y a un petit truc qui m'arrête quand même, c'est que je reconnais que quelquefois la vitesse c'est la performance. Quelquefois. On est obligé de dire que si tu veux être performant dans certaines activités, il vaut mieux être rapide. Donc je ne veux pas non plus annihiler, remettre à zéro le compteur de la vitesse et dire il faut tout ralentir.
- Speaker #0
Oui, tu as raison.
- Speaker #1
Donc il faut peut-être doser, analyser.
- Speaker #0
Trouver un rythme juste en fait, c'est ça ?
- Speaker #1
Trouver la justesse, oui, c'est important. Le lion arrive dans la salle, il va falloir être rapide. Donc il ne faut pas non plus trop ralentir tout le temps. C'est vrai. Donc il faut pouvoir tout doser. Dans le travail, c'est très compliqué. Il faut vraiment être expert de chaque métier pour savoir comment faire ça. Mais dans chaque métier, il y a des experts. Et dans chaque métier, il y a des gens capables de dire ça on peut le faire plus vite, ça on doit le faire moins vite. Et ça existe quand même. Donc c'est ce qui m'arrête un petit peu, je veux bien ralentir tout, mais il y a des moments où...
- Speaker #0
Tu fais bien de le préciser, tu as tout à fait raison sur le fait que ralentir ça peut être bien dans certains cas, mais en fait l'idée c'est plutôt de se dire comment on peut trouver un rythme plus juste selon les choses qu'on a à faire dans notre quotidien.
- Speaker #1
Bien ça, trouver la justesse, et aussi, tu vois je fais aussi de l'yoga dynamique, j'en connais l'intérêt et l'avantage, j'en connais les inconvénients. Donc il faut savoir qu'est-ce qu'on perd quand on fait un choix. Donc si je décide de faire vite, je vais perdre des choses. Je vais perdre du ressenti, je vais perdre peut-être du plaisir, je vais peut-être perdre une certaine subtilité, mais j'aurai accompli cette action rapidement. Mais j'aurai perdu, alors si j'ai perdu beaucoup de plaisir à travailler et que je fais tout rapidement et que mon plaisir est complètement retourné à zéro, ben effectivement la vitesse là, elle n'aura pas été bénéfique à moyen terme, ça ne vaudra pas le coup. Parce que si tout le monde travaille très vite... pour l'efficacité et néglige complètement le plaisir, à court terme, on sait que ça ne pourra pas durer.
- Speaker #0
C'est très juste ce que tu dis. Qu'est-ce qu'on pourrait dire aux personnes qui ont besoin de trouver des espaces pour se régénérer et qui culpabilisent de le faire encore parce qu'elles estiment que ce n'est pas la priorité encore ? Comment on peut lâcher cette culpabilité qui très souvent nous étouffe dans plein de choses ?
- Speaker #1
Comment pouvoir anticiper les problèmes ? C'est compliqué. Je crois qu'il faut être à l'écoute des premiers symptômes. Donc, tu es obligé de t'arrêter et de voir si ça va. Ne pas attendre de bégayer pour se dire ou d'avoir des pensées importantes qui sont zappées. Ne pas attendre d'avoir des colères dans sa famille pour pouvoir dire non, ça va pas, un truc qui cloche. Donc, il faut avoir un peu des... Des signaux d'alarme en fait je pense qui nous disent attention là ça va pas tout le monde les a les jeunes apprennent je pense qu'à 20 ans on n'a pas les signaux d'alarme et qu'on se défonce après à part A partir de 30 ans, en fait, d'après mon expérience, on a eu quelques signaux d'alarme en se disant « Waouh, mais j'ai tellement pensé à mon travail que j'ai oublié mon enfant à l'école » . Le genre de truc, non, c'est quoi tes priorités dans ta vie ? Si tu fais cette erreur-là, ça veut dire que tu as été trop loin quelque part dans l'utilisation de ton cerveau. Et ça, ça peut arriver à tout le monde, pas à l'enfant forcément au travail, mais j'ai laissé mamie sur l'aire d'autoroute. On a déjà vu, c'est des cas extrêmes. Mais on a des petites choses, où je perds mes clés, où j'oublie mon téléphone, où j'oublie le poulet dans le four. Et en général, quand on est trop préoccupé, on fait des choses comme ça, ou on ne fait pas attention sur la route, en vélo ou en voiture, ou on klaxonne bêtement, on fait des gestes inutiles, ou on fait des actes manqués. Et tout ça, c'est des signes qui doivent faire penser « Attention, je suis un peu en surcharge mentale » . C'est bien qu'on ait inventé ce mot-là.
- Speaker #0
surcharge mentale c'est pas mal c'est une bonne idée est ce qu'il n'y a pas aussi quelque chose de l'ordre de notre rapport au temps on est très déconnecté de l'instant présent on est complètement désancré de ce qu'on vit je trouve est ce que tu es ce que c'est spécifique à notre société actuelle parce qu'il me semble par exemple que en asie ils sont beaucoup plus connectés à toutes ces sphères là on a rapport au temps beaucoup plus ancré que c'est à Est-ce qu'il n'y aurait pas quelque chose à déconstruire aussi de cette notion du temps où il faut toujours aller vite, être toujours dans la performance ? Moi, je me rappelle quand j'ai démarré le yoga, je faisais des cours chez moi, donc j'avais très peu de pratiques. Je me suis rendu compte que c'était contre-productif ma pratique parce que je le faisais à des finalités de performance. Parce qu'il fallait aller vite, il fallait optimiser le temps, etc. Qu'est-ce que tu penses de notre rapport au temps ? Et est-ce que c'est possible qu'on évolue un jour vers un vrai ancrage à l'instant présent ? Parce que j'ai l'impression que c'est ça aussi qui nous fait du mal, de toujours penser à avant, ce qui aurait pu être mieux fait, ou ce qui plus tard ne s'est pas encore passé.
- Speaker #1
Il y a plein de choses, c'est très important le temps. Tu m'as rappelé un petit proverbe africain qui disait « Vous les blancs, vous avez des montres et nous on a du temps » . Donc c'était vous avez des montres et nous on a du temps. Donc ça m'a amusé un petit peu de ça. Alors le temps c'est très important pour moi, dans ma pratique du yoga, dans ma philosophie de vie aussi. Donc plus que le temps, la temporalité, ça veut dire le phénomène du passé, du futur et du présent, ce phénomène là qu'on peut observer, en réalité si on médite bien, on s'aperçoit qu'il n'y a que le présent qui existe. Le reste c'est dans le mental. C'est dans la mémoire ou dans la projection. Et tout ça c'est le mental. Dans le cœur il n'y a pas de tout ça. Dans le cœur on n'est que dans le présent. Et là, attention, on débouche dans un truc énorme. C'est la révélation du yoga. Le temps n'existe que dans le mental. Alors, si on garde le mental en premier plan, le temps est en premier plan. Mais si on garde le mental comme étant un secrétaire qui gère le temps, la vraie vie elle est dans le cœur. Elle est dans la... Dans la découverte et dans l'essence, dans l'amour, dans l'amour de la vie j'ai envie de dire. Et donc il y a ça, le temps c'est un phénomène qui est... on peut s'en passer. Mais là ça change tout.
- Speaker #0
Et en même temps on en a besoin aussi pour se synchroniser avec les autres.
- Speaker #1
Alors il faut se synchroniser avec les autres, j'ai une montre, je vis vachement à l'heure, j'ai des rendez-vous, je suis pile à l'heure. Il faut vivre avec les saisons, j'anticipe. Si cet hiver je n'ai pas fait des réserves de nourriture, je vais clamcer. Je ne vais rien avoir à manger. Combien il me faut de temps pour faire ceci, combien il me faut de temps pour faire cela. Et donc j'ai mon secrétaire qui est là pour faire ça. Mais la vraie vie, ce n'est pas ça. Donc si ce n'est pas ça la vraie vie, je suis immortel. Parce que je m'en fous de ce qu'il y a dans le futur. Et je ne subis pas ce qu'il y a dans le passé. C'est-à-dire que toutes mes vieilles croyances ou les choses qu'on m'a obligé à faire quand j'étais petit et qui continuent à perdurer à l'intérieur de moi, je les ai mis de côté. Ça, c'est du passé. Ça fait partie de tout ce qu'a mon secrétaire dans ses tiroirs. Mais je m'en fous de lui. Je fais appel à lui que si je veux. Si je veux être à l'heure au rendez-vous, je fais appel à lui. Si je veux gérer certains espaces de mon futur, je fais appel à lui. Si je veux faire appel à ma mémoire, je fais appel à lui. Mais si je veux. Donc pour moi, le temps, il n'existe pas.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant.
- Speaker #1
C'est la philosophie du yoga. On est au fond dedans.
- Speaker #0
Est-ce que c'est ça qu'on appelle... Alors c'est peut-être des propos un peu plus philosophiques, mais c'est ça l'éveil de Bouddha ? Quand on parle de... d'ancrage et de reconnexion à soi ?
- Speaker #1
Alors oui, oui, ça peut être ça. Il y a une élève qui m'a dit une fois, ce que j'aime dans ton cours, c'était une musicienne, une prof de musique, elle m'a dit c'est que on détemporalise la vie. Donc du coup, c'est un beau mot qui n'existe pas. C'est-à-dire qu'on enlève la dimension temps de notre ressenti. Alors est-ce que c'est l'évêque du Bouddha ? C'est encore autre chose. Parce que là on est dans des histoires, on est dans du passé, on est dans des isms. Et des fois je plaisante, je dis non je suis trop bouddhiste pour être bouddhiste. Tout ça c'est de la théorie. Si je dis le temps n'existe pas, ouais, alors je fais avec mon mental l'expérience du temps qui n'existe pas. Mais si je ne peux pas la faire avec mon cœur, avec ma conscience, exercice. Faites comme si le temps n'existait pas et tu vois quelque chose là qui se passe. Et ce quelque chose là, il est possible de le faire. Donc est-ce que c'est ça l'éveil du Bouddha ? J'ai envie de dire oui. Mais après la méthode pour l'enseigner, Ausha, ce ne sera pas de la théorie, ce sera de l'expérience. Donc moi en tant que pédagogue, je ne peux pas dire lis la vie de Bouddha ou pratique tel exercice bouddhiste, tu vas y arriver. Si tu veux y arriver...
- Speaker #0
Moi je reste dans le mental, si tu me dis, imagine que le temps n'existe pas, là j'ai du mal tout de suite à... Oui, oui,
- Speaker #1
c'est trop mental, c'est trop mental. C'est pour ça que je vais te faire respirer jusqu'à l'étourdissement. Oui. On y revient. Cette vacuité-là, là je vais dire, ah, c'est ça !
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu as vu, le temps il n'existe pas en vrai. Oui. Ton mental il s'est arrêté, et tu es resté en pleine conscience. C'est vrai. Et du coup, en plus, ça confirme plein de choses que j'ai vécues enfant aussi et dans ma vie. C'est qu'à certains moments, le temps, quand on est joyeux, que tout se passe bien, qu'on est heureux, le temps passe très vite.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Quand on est amoureux avec l'être cher, c'est des étincelles et le temps passe très vite. Et quand on est en train de se faire chier, le temps est rallongé. Ça c'est un truc injuste. Je me suis dit quand même, c'est pas normal, il faut absolument faire l'inverse. Il faut que le temps soit plus long dans le bonheur et plus court dans la souffrance. Et donc ces distorsions du temps, elles sont absolument inacceptables et il faut lutter contre. Et ouais ouais, c'est très bouddhiste.
- Speaker #0
Donc si je t'écoute, il faudrait arriver à reprendre le contrôle sur son mental pour le remettre à sa juste place et faire en sorte qu'il ne nous parle pas trop, et puis remettre aussi notre rapport au temps à sa juste place en se disant qu'il ne faut pas forcément se laisser contrôler par le temps, mais on a aussi une marge de manœuvre pour diriger nous notre temps, et peut-être davantage se reconnecter au cœur par rapport à ça et essayer de... Trouver cette vacuité dont tu parles...
- Speaker #1
C'est très perché le discours que j'ai tenu.
- Speaker #0
Non, c'est hyper intéressant.
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant parce que c'est la pure philosophie du yoga, c'est le but final. Mais on y va très progressivement. Je ne parle pas de ça dans mes cours. À certains moments, je dis là, vous venez de vivre une seconde comme ça. L'éveil du Bouddha, oui, là, vous l'avez eu pendant une seconde. Et encore, à des gens capables de l'entendre. C'est compliqué, je ne passe pas de temps beaucoup avec la philosophie comme ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu recommanderais à ceux qui nous écoutent peut-être et qui se sentent constamment pressés par le temps ou stressés ? Est-ce qu'il y aurait une pratique facile, pas forcément à des personnes qui peuvent prendre le temps justement de venir à des cours de yoga, mais qu'est-ce qu'on pourrait faire là tout de suite ?
- Speaker #1
Alors, il y a plusieurs choses. Pendant le travail, on peut respirer. Donc, quelquefois, une respiration suffit à enlever une phrase désagréable, ou une colère, ou une erreur, un truc qu'on regrette. Il suffit quelquefois de faire une respiration pour repartir un peu à zéro. Une respiration, chaque fois qu'on ferme un dossier, qu'on en ouvre un autre. Une respiration, chaque fois qu'on quitte quelqu'un, qu'on va avoir un autre. Une respiration, chaque fois qu'on passe... à une action nouvelle, on peut marquer comme ça des étapes. Donc une respiration, un gros soupir. Donc ça, ça me paraît important pendant le travail. Après, dans les pratiques, j'ai envie de dire aussi pratiquer la relaxation chez soi, c'est-à-dire s'obliger cinq minutes à s'allonger et à fermer les yeux, même si on a des pensées qui continuent, en voyant une pensée qui continue. Par exemple, on a été préoccupé par quelque chose. On s'allonge cinq minutes, la chose qui nous a préoccupé continue. Et là, pendant qu'on se relaxe, que cette action s'impose à nous, notre mental continue à la produire, pendant qu'on fait ça, on met un peu de distance. On voit, ah tiens, ça c'est une préoccupation, ça c'est un truc qui m'obsède. Même si on n'arrive pas à l'enlever, on a mis un peu de recul parce qu'on a vu que c'était un truc qui clochait. Et donc après, dans notre vie, on voit... Que ce truc qui cloche, il va nous faire faire des bêtises, et donc on en tient compte. J'ai une vieille colère parce que quelqu'un m'a klaxonné tout à l'heure. Est-ce que c'est pour ça que je vais être plus dur avec les personnes que je vais voir maintenant ? Si je m'étais allongé entre les deux, j'aurais pu voir qu'effectivement, j'avais une vieille colère qui n'avait rien à voir avec ce que je vais faire maintenant. Et donc marquer des pauses de 5 minutes de relaxation, les instits, je leur dis le matin, midi, soir.
- Speaker #0
Comme des sasses de décompression.
- Speaker #1
Oui, des parenthèses. Comme j'ai dit pour le travail, faire des parenthèses de souffle entre chaque action. Dans la vie quotidienne, faire des parenthèses de souffle aussi quand on change de pièce, quand on change de rencontre ou de personne, quand on change d'activité. 5 minutes de relaxation pour quelqu'un qui fait des réunions, qui éduque des enfants. Ça me paraît très important de ne pas avoir des colères continues tout le temps. Et après dans la vie aussi, c'est les vacances, c'est les week-ends, c'est aussi... Mais c'est des relaxations quand même, c'est pas non plus aller au cinéma, parce que c'est pas se divertir, c'est pas se divertir, tu vois, c'est pas écouter la radio, c'est pas écouter la musique, parce que tu vois la conscience que je t'ai dit, c'est je prends conscience que j'ai une préoccupation qui risque d'être nocive. Si tu vas au cinéma, tu ne te rends pas compte. Tu fermes le tiroir et il est encore plein. Il faut vraiment se poser face à soi-même pendant cinq minutes.
- Speaker #0
On en voit beaucoup d'ailleurs, et j'en ai fait partie, faire des pauses pendant la journée de travail, et prendre son téléphone, et aller scroller sur les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #0
ça ce n'est pas une pause. Ça ce n'est pas une pause.
- Speaker #1
Non, parce que ton mental ne peut pas être là à se démasquer.
- Speaker #0
On m'avait conseillé l'exercice de... Chaque jour, rester assise pendant 5 minutes sur mon canapé et ne rien faire.
- Speaker #1
Je préconise ça.
- Speaker #0
Je trouve que tu parlais tout à l'heure de la notion du temps qui est plus ou moins étendue. 5 minutes, c'est très très long parfois quand on ne fait rien.
- Speaker #1
C'est très long parce que tu as affaire à ton mental discursif et à ses préoccupations du secrétaire qui est là sans arrêt. Alors là, c'est bien d'avoir pris un petit cours quand même avec quelqu'un qui t'a appris à respirer, c'est-à-dire à noyer ton mental avec le souffle. à faire quelques étirements qui vont redonner beaucoup de vibrations dans ton corps, c'est-à-dire réveiller tes énergies, réveiller tes cellules. Et une fois que tu as ton corps qui a bougé un peu d'étirements, un peu de mouvements, un peu d'algues, un peu de fluidité, un peu de chasser du rabougri, une fois que tu as chassé le rabougri, ton corps se manifeste en tant qu'énergie et du coup tu n'as pas eu besoin de mettre le mental de côté, il l'est de côté.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. On le sent souvent dans les cours de yoga que je fais avec toi. Dans un seul coup, tout le corps vibre et il n'y a plus rien d'autre.
- Speaker #1
Et du coup, je n'ai pas besoin de dire, n'attache pas d'importance au mental. Il y en a moins que finalement ton corps qui se manifeste.
- Speaker #0
Oui, l'erreur d'ailleurs qu'on fait beaucoup quand on démarre la méditation, c'est de se dire, je vais méditer pour arrêter de penser.
- Speaker #1
C'est ce que tu as vécu pendant tes cinq minutes interminables. Et moi aussi, j'avoue que mes premiers cours de yoga... Avec un prof qui m'a fait ça, je me suis dit, voilà, mais là je perds mon temps. C'est pour ça que je te dis que c'est compliqué d'enseigner la méditation. Parce que je ne vais pas payer quelqu'un qui me dit de rester immobile et de rien faire. Donc moi j'ai du mal à enseigner la méditation à cause de ça. Je suis obligé de passer par tout un tas de subterfuges, mais peu de monde fait ça aussi. C'est-à-dire des exercices respiratoires, des exercices de visualisation. Je conduis un peu, mais au bout d'un moment je lâche prise. Et là j'espère que tu vas faire cinq minutes d'expérience. tout seul pour petit à petit arriver mais là ça prend des années c'est des années de pratique la méditation comme comme ils font dans le zen par exemple dans le zen c'est immobile face au mur dans le zen soto je connais pas tu connais pas là bas tu fais une demi heure ainsi face au mur là je suis pas prête pour ça et alors il faut quand même que tu saches que c'est pas la demi heure la plus difficile le plus dur c'est peut-être les cinq premières minutes Et donc si tu fais que les cinq minutes, tu prends que le plus dur. Et en fait après ça devient un peu plus facile. Parce qu'on dit que dans le zen, moi j'ai beaucoup étudié le zen aussi, c'est très important. Parce que justement la pratique du bouddhisme zen elle est vraiment... Contraignante, c'est le zazen, c'est rien, pas d'objet, tu restes toi tranquille, pas tranquille, pas tranquille, mais tu vois que tu n'es pas tranquille. Et du coup, ça prend beaucoup de temps, parce que tu prends une heure par jour, et puis ça peut être très décevant aussi, parce que tu as l'impression de perdre du temps.
- Speaker #0
Est-ce que, peut-être que ce sera ma dernière question, la pratique de la gratitude ne peut pas aussi nous aider ? à déconnecter du mental, à être plus dans le cœur, justement. De vraiment conscientiser qu'il y a du beau et du bon autour de nous. On a du mal à le faire, on a du mal à entraîner notre cerveau à voir ce qui est bien autour de nous. On est très souvent concentrés sur ce qui ne va pas, sur ce qu'on n'a pas assez fait, sur ce qu'on n'a pas bien fait. Est-ce que la pratique de la gratitude, elle sert aussi à ça ?
- Speaker #1
Ça dépend si tu entends par gratitude. Gratitude envers la vie, pour ce que tu es.
- Speaker #0
C'est ça. Gratitude de ce qui nous entoure, gratitude de...
- Speaker #1
Donc c'est ce phénomène de ressentir un sentiment de grâce.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et de remercier avec la grâce. Voilà. C'est super difficile ce que tu proposes. Oui. Tout le monde n'a pas ça à porter de la main.
- Speaker #0
Oui, ça se cultive, c'est...
- Speaker #1
Alors ça se cultive, ça s'apprend déjà. Ça s'apprend,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Après ça se cultive, c'est... Non, c'est compliqué. C'est un exercice parmi tant d'autres qui peut déboucher sur tout ce qu'on a dit avant. Mais pratiquer la gratitude, envers qui, envers quoi, pourquoi, c'est encore une forme de pression un peu consommée. Est-ce que je ne suis pas un gras ? Et de suite je fais la grimace qui va avec. Est-ce que je ne suis pas un peu un gras dans ma vie ? Ah si c'est vrai, je vais avoir des regrets, je vais avoir tout un tas de travail à faire. remercier des gens qui m'ont aidé alors que je ne les ai jamais remercié. Pour moi, la gratitude, elle est aussi compliquée, elle est trop mentale en fait. Donc si tu éprouves de la gratitude dans ton cœur, oui. Mais si tu fais une liste de choses à faire pour remercier, non.
- Speaker #0
Donc là, l'idée en tout cas de ce que je comprends, que tu nous partages, c'est vraiment de se dire que la base, c'est la... La respiration, j'ai beaucoup aimé tout à l'heure ce que tu partageais, de se dire qu'on met des bulles de parenthèses de respiration dans notre journée. En fait, ce sont des petits actes hyper simples à mettre en place, qui ne prennent pas de temps, qui ne nous demandent pas d'énergie, au contraire, qui vont nous en donner. Et finalement, le ralentissement, ce n'est pas ralentir en soi, c'est plutôt se dire comment on va peut-être mettre un peu plus de lenteur par-ci, mais de la vitesse quand c'est nécessaire. Et dans tout ça, prendre conscience qu'on est souvent dans notre mental et peut-être essayer de le remettre un peu à sa juste place en lui disant « Ok, je sais que tu es là, mais attends, je te mets un peu de côté, je vais d'abord me reconnecter au cœur. » Et c'est comme ça peut-être qu'on peut arriver à être plus serein au quotidien.
- Speaker #1
Oui, c'est un bon résumé. C'est ce qui se passe dans une séance, vraiment. Redonner de l'importance au ressenti du corps et du souffle pour que naturellement le mental retrouve sa place. d'instruments, d'accessoires. C'est bien résumé.
- Speaker #0
Merci beaucoup Yann pour cet échange. Est-ce que peut-être tu as envie de dire un dernier mot avant qu'on se quitte ?
- Speaker #1
Non, je te remercie aussi de me poser les bonnes questions qui me permettent de dire tout ça. C'est pas facile non plus de parler de choses très théoriques. Moi j'aime bien faire faire des exercices. Faire faire pour transformer les gens du point de vue du soi, de l'être.
- Speaker #0
Merci beaucoup Yann. Merci à ceux qui étaient là pour nous écouter jusqu'au bout. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode. Voilà, cet échange est terminé. Merci d'avoir pris le temps d'écouter jusqu'au bout. J'espère vraiment que ces réflexions vous apporteront plus de clés pour ralentir, respirer et retrouver plus d'équilibre et de sérénité au quotidien. Si vous avez envie de continuer à explorer ce sujet, mettre en place plus d'actions concrètes, n'hésitez pas à me contacter je serai ravie de discuter avec vous de la manière dont nous pouvons intégrer plus de lenteur et de douceur dans notre vie professionnelle et personnelle si cet épisode vous a parlé n'hésitez pas à le partager autour de vous à me laisser un commentaire et à mettre 5 étoiles sur Apple Podcast ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, n'allez pas trop vite