- Speaker #0
Hello et bienvenue dans un autre tempo, un podcast pour ralentir dans un monde qui va beaucoup trop vite. Je suis Lully et à travers ce podcast, j'ai envie de partager avec vous mes réflexions, mes découvertes et mes pratiques pour cultiver plus de lenteur et de douceur dans notre quotidien personnel et professionnel. Chaque épisode sera une invitation à prendre du recul sur notre rapport au temps, au travail et notre rapport à soi et aux autres. J'irai à la rencontre de personnes qui incarnent un autre rythme de vie et une autre façon d'être au monde. Mon intention avec ce podcast, c'est vraiment d'apprendre à ralentir, à se régénérer et se libérer de cette source effrénée qui nous est imposée par la société. Ralentir n'est plus un luxe, c'est devenu mon acte de résistance. Alors, si ensemble on osait un autre tempo, installez-vous confortablement, ça commence maintenant. Bonjour à tous et à toutes, et aujourd'hui j'ai la joie de retrouver quelqu'un que vous connaissez peut-être déjà si vous aviez connu mon précédent podcast Génération CHO. Nous avions enregistré ensemble un épisode, le numéro 83 pour être exact, dans lequel nous parlions de charge mentale, d'hyperconnexion, de multitâche et de toutes ces pressions invisibles qui pèsent sur notre quotidien. C'est un épisode qui résonne encore beaucoup aujourd'hui. et que vous pouvez toujours réécouter si vous ne l'avez pas encore fait. La personne que j'ai donc la joie de retrouver, c'est Delphine Drouin. Bonjour Delphine !
- Speaker #1
Bonjour Julie, bonjour à vous toutes et à vous toutes.
- Speaker #0
Merci de répondre à nos présentes pour un échange ensemble, je suis très heureuse. Et puis aujourd'hui, j'avais envie de proposer à nos auditeurs et auditrices d'explorer un autre pan de nos vies modernes qui est celui du rythme. C'est ce moment où l'on se rend compte qu'on fonctionne à 200 à l'heure, que l'on enchaîne que l'on tient jusqu'à ce que ce rythme que l'on s'impose à soi-même ne soit plus soutenable du tout. Alors pourquoi est-il si difficile de ralentir quand notre corps nous envoie des signaux ? Pourquoi notre mental continue-t-il de courir même quand tout en nous réclame une pause ? Voilà quelques questions que nous allons aborder ensemble, ma chère Delphine. Alors pour te présenter, puis tu pourras rajouter si tu le souhaites, tu es... coach santé bien-être, tu es maître praticienne en psychologie positive et fondatrice de B2B, un révélateur de talent. Et depuis plus de 15 ans, tu accompagnes dirigeants, cadres et équipes sur les enjeux de posture, de leadership, de bien-être au travail, avec une approche intégrative unique qui mêle psychologie positive, pratiques corporelles, intelligence émotionnelle et coaching perceptif. Et tu nous en parleras bien sûr juste après. Aujourd'hui, tu réponds à l'appel de ce podcast parce que toi aussi, tu as compris que ce rythme effréné dans lequel tu vivais n'était tout simplement plus tenable, ce qui t'a amené à mettre en place des changements dans ta vie pro et perso, et tu nous partageras quelques clés pour nous aider, nous aussi, à switcher. Alors, avant qu'on plonge dans le sujet, est-ce que tu pourrais peut-être nous décrire d'abord en quelques mots ton métier et justement cette approche intégrative qui mêle à la fois psychologie positive, coaching perceptif et pratiques corporelles ?
- Speaker #1
Merci beaucoup Julie. En effet, je suis coach avec une spécialisation en santé et bien-être. Mon souhait, c'est d'avoir vraiment une approche globale parce que pour moi, un être humain, ça ne se découpe pas en petites cases. Donc aujourd'hui, en effet, j'accompagne des dirigeants, des équipes, des organisations pour qu'ils retrouvent un équilibre global entre la performance, les relations humaines et leur santé. J'ai pas mal d'outils que tu as déjà partagé, la psychologie positive, les neurosciences, les pratiques corporelles, parce que souvent, ce que je constate, c'est que notre corps parle avant notre tête. J'essaye de travailler sur le sens, les croyances, l'organisation, mais aussi sur des sujets comme la respiration, le mouvement, la présence à soi et les pauses. Donc c'est vraiment une double approche, c'est-à-dire que je peux tout à fait travailler sur... accompagner des entreprises sur un audit de qualité de vie au travail et proposer à côté des temps de récupération, des temps de pause, des temps de reset. On ne fait rien et on attend. Et ce que je constate, c'est que quand tout ça se réaligne, on va retrouver de l'autonomie, on va retrouver de la fluidité, on va retrouver une puissance d'action incroyable, on va retrouver des relations humaines beaucoup plus équilibrées.
- Speaker #0
Super intéressant. On viendra un petit peu après dans le détail de tout ça. Mais j'aimerais avant tout qu'on parte de ton expérience à toi. Et tu me partageais que tu as été, alors peut-être que tu l'es encore parfois, parce que quand on explore le ralentissement, l'idée, c'est pas d'être dans la lenteur tout le temps. Mais tu as été une Wonder Woman à 200 à l'heure. Comment ça se caractérisait ? Et est-ce qu'un jour, il y a eu un moment précis où tu as eu ce déclic ? que ça y est, tout allait trop vite et que c'était vraiment trop pour toi ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai, Julie, j'ai toujours été dans un peu le modèle de la femme qui devait faire tout, absolument tout, parfaitement. Donc, une carrière exigeante, mon rôle de maman. En même temps, il fallait que je sois en bonne santé, donc que je fasse du sport, des projets dans tous les sens, que je mène ma vie de femme. En fait, je portais vraiment cette cape un peu... d'héroïne en mode laissez-moi je gère quoi et en réalité je me posais jamais donc je tirais sur la corde en permanence et je pense que beaucoup de personnes se reconnaissent dans cette injonction permanente d'énergie sans jamais se recharger pour moi c'était à partir du moment où j'étais dans l'énergie j'avais pas besoin de me recharger on va le voir plus tard là dans notre podcast mais Ma croyance, c'était vraiment que j'étais efficace quand j'étais débordée. Plus j'étais débordée, plus j'étais efficace. Il y a une notion évidemment de puissance, de surpuissance, de toujours plus. Alors oui, il y a eu une fracture, une fracture assez radicale. Parce qu'à l'âge de 40 ans, je suis tombée malade. Je vais même te raconter une anecdote un peu rigolote. Je suis tombée malade, je suis donc allée voir mon médecin qui m'a dit mais là c'est une opération en urgence demain parce que là vous êtes arrivé à un stade où c'est plus possible. Et je me vois, je me revois dire à mon médecin bon ok l'opération demain mais après demain on est bien d'accord je suis à nouveau au boulot quoi. Et là une grande quille claque dans mon ego mais ça a été très bien. Et il m'a dit non mais là après demain vous repartirez pas au travail et vous allez en avoir pour plusieurs semaines. avant d'être vraiment sur pied et plusieurs mois de convalescence. J'ai ressenti beaucoup de fatigue après cette opération. Et la fatigue, tu vois Julie, je trouve qu'elle a un côté un peu... Elle a un côté chouette parce qu'elle nous rend vulnérables et on ne peut pas lutter en fait. Donc c'est au-delà de là. Même si j'avais envie, oui, mais mon corps ne pouvait pas suivre. Donc, je n'étais plus une superwoman ou une wonderwoman à 200 à l'heure. J'étais juste une femme fatiguée qui avait besoin de me reposer, de m'écouter, de ralentir.
- Speaker #0
Oui, j'ai l'impression, ce que tu partages, c'est ce qu'on vit beaucoup quand on fait un burn-out. On se dit qu'on va tenir, tenir, tenir. Et en fait, finalement, c'est le mental qui tient jusqu'au moment où c'est le corps qui finit par tout arrêter. et là comme tu dis On n'a plus le choix, la fatigue nous dit stop. J'ai l'impression qu'on est dans une société qui valorise beaucoup le fait de toujours tout intellectualiser, d'être constamment dans le mental et complètement déconnecté du corps. Et c'est souvent ça d'ailleurs qui court à notre perte, c'est d'avoir cette déconnexion au corps et de ne pas entendre les signaux d'alerte en amont, les signaux faibles pour nous dire attention, si là tu continues comme ça à aller trop vite. mon corps ne va plus avoir le choix. Il va falloir s'arrêter. Cette déconnexion du corps, elle est compliquée, je trouve, à appréhender vraiment. Est-ce que toi, il y avait eu en amont des signaux faibles que peut-être tu n'avais pas encore entendu ?
- Speaker #1
Ah, ça c'est clair. Il y a eu plein de signaux faibles pendant très longtemps, pendant des mois. C'est vraiment un exemple que j'utilise beaucoup en entreprise parce que bien sûr j'en ai eu plein des signes au fait. Mais j'étais là dans ma croyance, tu ne peux pas t'arrêter, je n'avais même pas le temps d'aller chez le médecin. J'ai une entreprise, j'ai des enfants. En gros, vous ne vous rendez pas compte, j'ai d'autres choses à faire que d'aller chez le médecin. Mais c'est gros. Aujourd'hui, quand j'y repense, je me dis mais c'est fou. Et c'est exactement ce que tu dis. C'est que tant qu'il n'y a pas quelque chose, vraiment un mur, moi j'appelle ça le mur que tu te prends dans la figure, ton mental te dit « allez, continue, c'est le petit hamster dans la roue, c'est clac, clac, clac, clac, et on ne s'arrête pas » .
- Speaker #0
Oui, et puis en plus, il y a ce combat peut-être qu'on a en soi de se dire, de s'arrêter, c'est aussi peut-être accepter une part de vulnérabilité qu'on ne veut pas accepter. Et se dire que finalement, est-ce qu'on a encore de la valeur si on décide d'arrêter ? Est-ce qu'on a encore de la valeur si on choisit de ralentir ? Et ça encore, c'est toutes ces croyances que nous véhicule la société aujourd'hui, de se dire, tant qu'on reste dans le faire, on est toujours utile. et si on arrête, on ne l'est plus. Ça, c'est hyper compliqué aussi. Tu évoquais la fatigue. Est-ce que tu fais une différence entre plusieurs types de fatigue peut-être ? Parce que je sais qu'il y a parfois de la fatigue physique, il y a aussi de la fatigue émotionnelle et mentale. Comment on peut reconnaître la différence entre toutes ces fatigues ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que quand j'interviens en entreprise sur ce sujet-là, d'abord, ce qui est important de comprendre, c'est que la fatigue, c'est normal, comme le stress. le stress c'est normal. Ce qui est aujourd'hui problématique c'est que nous ne prenons pas de temps de repos. C'est pas tant l'état de fatigue ou l'état de stress qui est anormal. Notre corps au bout d'un moment d'une grande journée de travail où on a fait plusieurs choses, c'est complètement normal. Sauf que ce qui est problématique aujourd'hui, c'est vraiment ce sur quoi j'insiste beaucoup dans mes accompagnements en entreprise, c'est que On ne sait pas écouter ces signaux de fatigue ou en tout cas on veut les masquer et on ne prend pas de temps de repos. La problématique aujourd'hui c'est le repos. Donc oui tu as raison Julie, il y a une fatigue physique, il y a une fatigue mentale, il y a une fatigue émotionnelle. Il y a vraiment trois types de fatigue. Physique, ben oui j'ai fait beaucoup de sport, j'ai fait mon jardin, bon ben je vais me reposer quelques heures et mon corps va s'auto-réparer. Fatigue mentale, j'ai du brouillard, j'y arrive plus, j'arrive plus à réfléchir. Pareil, j'ai besoin que mon cerveau fasse une pause. Fatigue émotionnelle, je vois bien que je suis extrêmement irritable, que je pleure, que je me mets en colère. Ce n'est pas grave. Ces signaux-là, c'est presque des… Moi, souvent, je dis aux gens, mais ces signaux, ce sont nos amis. Ils sont en train de nous dire quelque chose. Donc, l'idée, ce n'est pas de tout éteindre. C'est de repérer comme si on avait une petite loupiote qui s'allumait. Ok, là je me sens plus irritable, plus en colère, je pleure. Ok, c'est ok. Et donc ça va me demander un élément correctif. Et aujourd'hui, c'est ça que nous ne faisons pas. On ne fait pas d'élément correctif. Donc, on accumule. Et alors après, évidemment, il suffit que les trois fatigues se matchent. Je ne me suis pas récupérée alors que j'ai une fatigue physique. Je ne récupère pas alors que mon mental est surchargé, mais je continue de le noyer d'infos. Et l'émotionnel, je m'en fous. De toute façon, je n'ai qu'à mettre mes émotions sous le tapis et puis j'avance. Donc, tous ces petits signaux-là, ils viennent nous dire quelque chose. À nous, on est fait les écouter.
- Speaker #0
Oui. Moi, je m'en rends bien compte. De toute façon, parfois, quand je me sens fatiguée, je vais voir quand c'est une fatigue mentale parce que, par exemple, je vais partir courir et me décharger pour faire du sport et je vais être vraiment dans l'énergie. Et c'est là que je vais me rendre compte qu'en fait, ma fatigue, elle était plus d'ordre émotionnel que physique. Tu as raison de préciser que d'être fatiguée, en fait, c'est normal d'être stressée. C'est normal. C'est des fonctionnements physiologiques et naturels de notre corps. Et là où on bascule dans quelque chose de plutôt malsain, c'est plutôt quand ça devient chronique en fait. Exactement ça,
- Speaker #1
c'est quand ça devient chronique. J'essaye d'apprendre vraiment aux gens, ok, là ça devient un peu chronique, donc comment vous allez pouvoir rééquilibrer la balance. Je parle vraiment d'équilibre. Tout est équilibre dans la nature, donc c'est pas grave si on a été un peu là. Mais là, ça veut dire qu'il faut aller un peu là.
- Speaker #0
Et quand tu accompagnes… Pardon.
- Speaker #1
Non, je t'en prie Julie. Et en effet, si je suis tout le temps là, d'abord, je vais mettre beaucoup plus de temps à revenir à l'équilibre. Ça, c'est aussi quelque chose. C'est pour ça que je parle vraiment de compétences à développer. Si j'arrive à rectifier rapidement chaque jour, c'est une hygiène quotidienne, c'est quotidien. Eh bien, ça va vite se rééquilibrer. Mais si j'attends, j'attends, j'attends. Ce que je constate le plus souvent, c'est que ce n'est pas grave, je suis en vacances dans trois semaines. Mais qu'est-ce qui se passe pendant les vacances ? On est malade en vacances. Ben oui, parce qu'on est allé dans le rouge. Le temps que ça revienne là, ça crée un déséquilibre. Et quasiment, on met toutes les vacances pour revenir à une espèce d'équilibre.
- Speaker #0
Et ça, ça arrive tellement, tellement de fois. Et je connais tellement de personnes autour de moi qui, une fois en vacances, tombent malades et n'ont pas le temps d'en profiter, ne comprennent pas pourquoi elles se sentent encore plus fatiguées en vacances alors que c'est un temps de récupération. Et c'est parce qu'on n'a pas pris le temps justement de se remettre à l'équilibre quand il fallait en fait.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Même à la retraite, combien de personnes vont être à fond pendant toute la vie active et se disent qu'elles prendront le temps, une fois à la retraite, de profiter, de prendre soin d'elles, etc. Et c'est souvent là aussi qu'on va voir arriver des maladies parce que le corps s'arrête de faire et là va ressurgir pas mal de mots qu'on n'avait pas écoutés en fait.
- Speaker #1
J'aime bien ton exemple de la retraite ou même l'incapacité à accueillir le vide, le ralentissement, etc. On se renoie dans plein d'activités, plein d'activités. Alors, c'est super, c'est bien, il en faut. Mais c'est pareil, c'est toujours cette notion d'équilibre. Et plus on va apprendre à notre corps cette notion d'équilibre, plus ça va être facile pour lui. OK, j'ai fait ça, là, je prends un temps de se rééquilibrer. Parce que notre corps, il a cette compétence d'autoréparation.
- Speaker #0
Et justement, toi qui accompagnes les dirigeants et les équipes, est-ce que tu trouves que c'est facile de leur faire conscientiser justement cette nécessité de se reconnecter à ce dont on a vraiment besoin pour retrouver de l'équilibre quand on est dans du déséquilibre ? J'imagine qu'il y a aussi une exemplarité, une posture à avoir de la part des leaders sur ce sujet ?
- Speaker #1
Oui, Julie. Ta question, merci, ta question, elle est très pertinente. Non, ce n'est pas facile. D'un point de vue intellectuel, ce n'est pas facile. Et souvent, les phrases qu'on me sort, c'est « je n'ai pas de choix » , « je n'ai pas le temps » , « ça va passer » , « de toute façon, tout repose sur moi » , « de toute façon, je n'ai pas le choix » , « vous ne vous rendez pas compte » , un peu toutes ces phrases raquettes qu'on sort sur nos croyances. Moi, ce que j'aime bien faire, je t'avoue, alors je donne toujours un peu d'apport théorique, mais très vite, je mets les gens dans leur corps. Tu vois, très vite, je leur fais expérimenter un temps de respiration, un temps de méditation, où on ne parle plus, on n'est plus là, on arrête de réfléchir. L'expérimentation, pour moi, elle est géniale, parce que toutes les populations, que ce soit des dirigeants, des employés, des collaborateurs, des managers, après ces temps-là, ils ont goûté à ça. Alors évidemment, c'est souvent assez court, je ne peux pas revenir tous les jours, mais ils ont déjà goûté à ça. Ils sont très surpris souvent. Je ne donne jamais la durée ou le timing de mon exercice, parce qu'évidemment, sinon, il y a le mental qui va être un peu là. Et souvent, je leur dis, là, on a médité 20 minutes. Là, tu as tous les gens qui disent, quoi, mais 20 minutes, on s'est arrêté 20 minutes, mais c'est dingue, mais je n'ai pas vu ce temps passer. Et je dis, vous allez voir comment va se passer votre fin de journée, votre journée. Vous allez voir que vous ne serez pas pareil. Donc, tu vois, la notion aussi du temps dans la lenteur et dans le temps subi, elle n'est pas la même, quoi. Elle a cette notion différente.
- Speaker #0
Et d'autant que souvent, prendre ce temps-là, ça peut être apparenté à du temps perdu sur le moment, mais qu'il y a du temps gagné derrière. On va être plus en énergie.
- Speaker #1
Non, complètement. on va être beaucoup plus les bénéfices de toutes ces pratiques elles sont multiples beaucoup plus de clarté mentale notre cerveau il ne peut faire qu'une seule chose à la fois notre cerveau si on veut qu'il soit performant et efficace il ne peut faire qu'une seule chose à la fois donc on n'arrête pas de lui faire faire plein de choses donc forcément et oui tu as raison plus de clarté mentale Moins de stress, une meilleure interaction avec les autres, une capacité à prendre du recul beaucoup plus facilement. On ne va pas lire notre mail qu'on a reçu dans la boîte mail de la même façon. Alors, si on a respiré deux, trois minutes et si on est surchargé et qu'on est déjà en mode fuite, combat, connecté à notre reptilien.
- Speaker #0
Donc tous ceux qui nous écoutent et qui pensent qu'ils vont gagner du temps en faisant plein de choses en même temps, en ayant plein d'onglets ouverts et je ne jette pas la pierre parce que je suis aussi de ces personnes parfois, et bien non, ça ne nous fait pas gagner du temps sur le long terme. C'est même délétère. Comment on apprivoise la culpabilité de ralentir ? Parce que moi j'ai vraiment l'impression que c'est quand même un défi intérieur de s'autoriser ce ralentissement parfois. On a toujours besoin de prouver qu'il faut faire plus. C'est parfois même malu en entreprise, au travail notamment, d'avoir peu de choses à faire ou même d'avoir fini avant l'heure, etc. Comment on peut apprivoiser cette culpabilité ?
- Speaker #1
Je pense qu'en effet, tu as raison et tu mets le doigt dessus. C'est quand même un travail, ça ne peut pas se faire en une minute. C'est quand même un travail à plus long terme sur la croyance, sur nos croyances, sur s'autoriser à, se permettre à. Donc ça, c'est du travail qu'en effet, on peut faire à plus long terme, soit en coaching, soit en accompagnement thérapeutique.
- Speaker #0
Parce qu'il y a vraiment un rapport à soi qui se joue là-dedans.
- Speaker #1
Il y a un rapport à soi. Et puis, il y a aussi les exigences, c'est ce que tu dis aussi, les exigences externes, extérieures. Donc, ce n'est pas si facile que ça. C'est un long chemin. Par contre, tu vois, ce que je trouve facile à expérimenter, Et je vois quand même des résultats positifs assez rapidement, c'est s'accorder des micro-temps de pause dans sa journée. Parce qu'à partir du moment où tu commences à expérimenter ça, il y a quelque chose qui se déclenche de toute façon dans le corps. Il y a quelque chose qui se vit dans le corps. Donc moi je le constate quand même de plus en plus, les gens se disent ok on va faire trois. trois respirations sur une journée. Il y a pas mal d'astuces, on va peut-être le voir après. Travailler sur des croyances, c'est un travail de longue haleine. Mais c'est pour ça que je trouve, en fait, l'outil du corps, je le trouve formidable. Parce que travailler sur nos croyances, nos modes de fonctionnement, tout ce qui nous a été délivré par le passé, ça, c'est un travail à plus long terme. Mais par contre, ce qui est immédiatement facile à ressentir et immédiatement expérimentable, c'est ces micro-pauses. Parce que les gens, OK, ils ont pris cinq minutes, ils ont baissé leur clavier d'ordinateur, ils font cinq minutes de pause, ils expérimentent et tout de suite, ils en ressentent les bienfaits. Donc, c'est ça qui est génial. On n'a pas besoin d'entamer. Alors, on peut faire un travail à plus long cours, tu vois, de coaching, de thérapie, mais rapidement On peut déjà travailler très, très vite avec des objectifs et des bénéfices très rapides.
- Speaker #0
Tu fais bien le précité, le retour au corps, il est essentiel. Et moi, j'ai mis vraiment presque 40 ans à le comprendre. J'ai lu absolument tous les livres possibles sur comment mieux s'organiser, comment mieux planer. comment être plus performant, etc. Tout ça, ça nous fait rester dans le mental. Et effectivement, on peut passer des années et des années à explorer son rapport au travail, son rapport au temps. Elle est vraiment dans la profondeur de soi. Mais j'ai récemment compris qu'en fait, un des chemins aussi les plus courts et les plus efficaces, c'est surtout ce retour au corps et d'arrêter justement d'être dans le mental qui va... tout le temps nous amener des croyances et des freins et des limites qui vont être délétères pour notre santé. Oui,
- Speaker #1
c'est tout à fait ça.
- Speaker #0
Quel premier geste simple, typiquement, on pourrait intégrer au quotidien pour travailler sur ce aller moins vite en ayant justement cette reconnaissance ?
- Speaker #1
S'autoriser des... Je signe trois vraies pauses par jour, des vraies pauses. Alors les pauses, moi j'interviens beaucoup dans les entreprises. Les pauses, ce n'est pas une pause avec notre téléphone, même si on regarde des chatons ou des petites…
- Speaker #0
Je ne s'y parle pas sur les réseaux pendant cette pause.
- Speaker #1
Voilà, une vraie pause, c'est je me pose, je regarde dehors, je médite, j'écoute une musique qui m'inspire, je respire. Il y a énormément de petits outils. Très facile maintenant, on respire relax plus sur notre téléphone, on pose, on respire 3, 4, 5 minutes, ça c'est des outils de cohérence cardiaque. Et en plus, ce qui est génial, c'est que plus on va les intégrer dans notre quotidien, plus notre corps va rapidement se reconnecter aux parasympathiques. Moi aujourd'hui, dès que je fais une ou deux respirations profondes et en pleine conscience, donc juste une ou deux respirations, Mon parasympathie qui se reconnecte très vite.
- Speaker #0
Alors, tu peux ouvrir juste une petite parenthèse pour nous expliquer justement ce lien parasympathique parce que je sais que le système nerveux est très important dans tout ça. Oui,
- Speaker #1
complètement. Merci Julie. On a deux systèmes nerveux. Alors, je fais court. Je ne vais pas vous faire un cours sur le système nerveux. On a le système nerveux sympathique. Ce système nerveux, il est génial en cas d'urgence. Dans le système nerveux sympathique, notre corps va basculer en mode survie. On va libérer beaucoup de cortisol, on va être en hypervigilance, les muscles sont tendus. C'est super en cas d'urgence. Si un énorme chien me court derrière moi, c'est super. Merci à mon système sympathique de me protéger. Le problème du système sympathique... Et notre corps est bien fait, c'est qu'immédiatement après, on doit normalement se connecter à notre système parasympathique pour éviter justement que ça devienne chronique, ce que tu disais. C'est-à-dire, le système parasympathique, c'est tout le système qui permet à notre corps de se réparer, restaurer, régénérer. C'est pendant ce temps que les cellules se remettent à bien fonctionner, que ta digestion peut se faire, que l'ensemble de tes fonctions du corps peuvent... fonctionner à 100%. Dans le système sympathique, les fonctions de notre corps, elles sont au ralenti parce que notre corps, il déploie toute son énergie pour nous protéger de la mort. En fait, c'est ça que comprend notre cerveau, c'est que tu vas mourir. Donc je ralentis la digestion, le coeur va beaucoup plus vite, les pupilles se rétractent, les muscles se contractent pour pallier au danger. Sauf qu'aujourd'hui, eh bien, on est tout le temps dans ce mode sympathique. On est dans ce mode sympathique quand un gros chien vient nous attaquer, super, il nous protège, mais on est en mode sympathique quand on est dans les embouteillages, quand on regarde notre compte en banque, quand on ouvre notre boîte mail, on est en permanence dans le mode sympathique. Donc, notre corps, il se régénère plus, il n'arrive plus à aller dans le système parasympathique. Et ce parasympathique, on le connecte hyper facilement grâce à la respiration.
- Speaker #0
En fait, en étant toujours dans la course, on envoie le message à notre corps qu'il doit être en mode survie en permanence.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Et ça,
- Speaker #0
ça nous épuise.
- Speaker #1
C'est ça. Et en plus, un phénomène très intéressant, et c'est exactement ce que tu dis Julie, comme on est tout le temps dans la course, le corps comprend qu'on est en extrême danger. Quand on est comme ça, le corps pense qu'on va mourir quand même. Donc, ce n'est quand même pas une petite chose. Quand on est au mode sympathique, on ne respire plus, puisque c'est une des compétences du modèle sympathique, c'est de ralentir la respiration pour pouvoir actionner les autres fonctions. Quand on ne respire plus, là-haut, qu'est-ce qui se dit ? Qu'on va mourir. Donc, tu vois, on peut en plus s'auto-stresser. C'est ce que je dis souvent aux gens. C'est-à-dire qu'on n'est peut-être même pas stressé par des événements extérieurs, mais on s'auto-stresse. Aujourd'hui, dans le monde du travail, on parle de l'apnée des mails. C'est-à-dire que les gens devant leur ordinateur, quand ils se connectent le matin, qu'ils ouvrent leur boîte mail, ils font ça. Ils font exactement ce que je suis en train de faire. Là, ça, c'est une respiration haute et qui ne permet pas du tout de se connecter au système parasympathique. On ne respire plus, on est en apnée. Donc, on hyperventile. Là, on renvoie encore des signaux de « tu vas mourir, t'es en danger » .
- Speaker #0
Oui. C'est hyper intéressant. Effectivement, c'est quelque chose qui nous épuise à long terme et qui potentiellement peut créer des maladies plus ou moins graves derrière avec un organisme qui se stresse intérieurement.
- Speaker #1
Qui s'affaiblit. Aujourd'hui, en effet, les maladies du 20e et 21e siècle, c'est ça. À l'inflammation, l'inflammation, c'est souvent ce qu'on mange. Et à l'oxydation, c'est le stress oxydatif. Et d'accord, tout le temps, tout le temps,
- Speaker #0
on stresse. D'autant qu'en plus, j'ai l'impression qu'on a pris pour acquis que le stress aujourd'hui, c'était normal dans notre quotidien. Quelqu'un qui n'est pas stressé, limite, il est mal eu. C'est quelqu'un de trop cool, quelqu'un de pas assez impliqué. Enfin, c'est fou quand même.
- Speaker #1
Alors qu'une fois, c'est OK que nous soyons stressés.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est OK qu'on soit stressé lundi matin parce qu'on a un gros dossier à rendre le mercredi. Mais passé cette échéance, on doit absolument mettre en place des pratiques pour restaurer notre corps.
- Speaker #0
Oui, il faut revenir à l'équilibre, en fait.
- Speaker #1
Exactement, c'est ça.
- Speaker #0
Et alors, prendre soin de son système parasympathique, ça commencerait, selon toi, par commencer à réapprendre à respirer, notamment au travers des pauses. Oui, la respiration pour moi aujourd'hui, c'est notre meilleur outil. Tout est rare. La respiration, c'est disponible à tout moment. C'est gratuit, c'est facile. Ça a de multiples fonctions. Pour moi, si on devait retenir qu'un seul outil, ce serait ça. Ce serait une vraie respiration consciente, ventrale, abdominale, qui nous permet vraiment de nous connecter à notre système parasympathique et de nous régénérer.
- Speaker #1
Oui. Et même, j'ai envie de rajouter, ce serait intéressant de même développer cette capacité à s'émerveiller, à être reconnaissant de ce corps qui tout seul nous permet de fonctionner de façon automatique sans même qu'on ait besoin de faire quoi que ce soit et d'être reconnaissant pour cette respiration qui est là et qui fonctionne parce qu'à s'arrêter de respirer, en fait, c'est mourir aussi. Oui,
- Speaker #0
je te remercie de dire ça. C'est ça qui est génial. Souvent je dis aux gens, on va souvent essayer de chercher des tips, des choses à l'extérieur de nous. On dépense beaucoup d'argent pour se faire accompagner, pour prendre des compléments. Mais en fait, notre corps, il a cette capacité de s'auto-réparer. Quand on prend l'exemple, par exemple, des petites gazelles dans la savane. Elles sont un petit groupe de copines, elles sont là, elles broutent dans la savane, elles sont tranquilles. Là, il y a un gros lion qui arrive. Bon, là, évidemment, elles vont se connecter immédiatement. Le système sympathique, il se déclenche. Elles vont se cacher, elles vont fuir, elles vont courir, elles vont monter à l'arbre. Mais dès que le lion s'en va, et très rapidement, il n'y a pas besoin que le lion soit très, très, très, très loin dans la savane. Juste le fait qu'il fasse le demi-tour, elles reviennent en tropo, elles reprennent leur vie normale. C'est exactement ça, cet équilibre. Tu vois, c'est réapprendre nos compétences archaïques de notre corps. Et là, OK, elles rééquilibrent, elles prennent un petit temps, elles rediscutent, elles broutent et elles ont rééquilibré leur système nerveux.
- Speaker #1
Est-ce que toi, du coup, dans ta vie pro et perso, tu arrives à justement venir nourrir davantage ce besoin de régénération, de repos ? Est-ce que toi, du coup, en tant que professionnelle ? Parce que je sais que parfois, les coordonnées sont les plus mal chaussées. Moi, je suis aussi professionnelle de la qualité de vie au travail. Et parfois, j'ai aussi du mal à appliquer ce que je donne en conseil. Est-ce que des fois, tu te retrouves face à des blocages où tu te dis, ah mince, mais là, j'aimerais bien ralentir, mais c'est difficile ?
- Speaker #0
Alors, oui, je peux être prise dans cette spirale. Mais pour autant, tu vois ce que j'arrive à faire. Alors aujourd'hui, j'ai 57 ans, donc forcément, j'ai appris, j'ai cette connaissance. Pour autant, aujourd'hui, si j'ai eu des périodes ou une semaine chargée, je vais forcément me bloquer des temps de récupération en fin de semaine ou en fin de journée. Ça, c'est vraiment, je ne fais pas l'impasse là-dessus. Moi, j'essaie de piloter mon corps à la semaine, on va dire. Alors, évidemment, j'essaie d'intégrer dans mes journées de travail des temps quand même, de pause, je me lève, je vais me prendre un petit thé, j'écoute une petite musique. J'essaie vraiment quand même de... J'arrive plutôt chez mes clients, je bulle, je ne me reconnecte pas forcément à mon téléphone, en attendant mes actions. dans les embouteillages, je regarde. J'habite la Réunion, j'ai la chance d'avoir la mer.
- Speaker #1
Oui, il y a des environnements qui aident plus que d'autres quand même.
- Speaker #0
Tu vois, je viens de passer une semaine à Paris. Tu vois, j'ai pris pas mal le métro, j'ai beaucoup bougé. Je n'ai pas pris mon téléphone dans le métro. Je me suis posée, j'ai regardé les gens, j'ai observé. Pourtant, j'étais dans un contexte, tu vois, ma venue à Paris était un contexte assez stressant. Mais je pense que ces temps-là, vraiment, ça m'a permis de me ressourcer, de ne pas me dire. En fait, l'idée, si tu veux, aujourd'hui, ce que j'essaie vraiment de faire, c'est de ne pas rajouter de la difficulté ou de la dureté par rapport aux périodes que je traverse. C'est-à-dire qu'il y a une forme de lâcher prise. Eh bien ok, peut-être que ce soir le dîner ne sera pas impeccable, mais ce n'est pas grave parce que la journée... Donc ça, c'est des choses que j'ai vraiment réussi à mettre en place. C'est ne pas me rajouter des contraintes sur des contraintes.
- Speaker #1
que lâcher un peu soit parfait c'est hyper intéressant en fait l'idée c'est de ne pas se rajouter des injonctions supplémentaires à se dire je dois ralentir il faut que je prenne plus de temps parce qu'effectivement comme tu le dis ça va rajouter encore plus de charge et je partage complètement ce que tu dis là sur le métro par exemple moi je suis à Montpellier, il y a le tramway et moi je trouve ça effarant quand je rentre dans le tramway et tu vois quasiment 90% des personnes qui sont sur leur téléphone portable. Et vraiment, moi, je ressens le besoin aujourd'hui d'aller à contre-courant de ça, presque comme un acte de militantisme. Vraiment, je ne veux pas sortir mon téléphone pour ne pas faire comme les autres, parce que je trouve que c'est hallucinant d'être tout le temps comme ça, le nez sur son téléphone. Et je me rends compte à quel point d'avoir le nez comme ça levé, regardé autour de soi, ça permet vraiment davantage de savourer cette lenteur.
- Speaker #0
Ah ben, c'est pas mal. C'est clair. Et puis, tu vois, dans le métro à Paris, les gens disent toujours, tapent sur les Parisiens et Paris. Mais le fait de ne pas être lunée dans mon téléphone, tu vois, j'ai des souvenirs de toute la semaine dernière où j'ai croisé le regard d'une personne. Je me suis poussée pour laisser la place à quelqu'un qui m'a remerciée. Tu parlais de la gratitude aussi. On parlait de la gratitude de remercier notre corps. mais c'est aussi cette gratitude tiens, j'ai pu me pousser, j'ai pu voir que quelqu'un avait besoin de la place, j'ai pu sourire à quelqu'un. C'est presque une forme... Moi, j'ai l'impression de m'intéresser aux gens, même si je rentre pas en interaction avec eux. Mais voilà, ou la nature...
- Speaker #1
On sort de cette bulle individualiste qu'on voit beaucoup dans les villes. Et puis, je trouve que la présence, le simple fait d'être présent... En fait, moi, personnellement, ça m'amène de la sérénité, vraiment, quoi. Juste d'être là, tu vois, et de ne pas être en train de penser à ce qu'il faut faire après.
- Speaker #0
J'aime vraiment bien ce que tu dis, parce que c'est les petits tips que parfois je donne aux gens en entreprise. Et je leur dis, parce qu'évidemment, parfois, des outils comme la méditation, des choses comme ça, la respiration, ils ont l'impression qu'ils vont devoir faire quelque chose. Moi, souvent, je leur dis... Bien, choisissez une action que vous faites dans la journée ou vous ne faites que cette action. Vous prenez votre thé le matin, vous ne faites que boire votre thé. Regardez, savourez. Vous êtes en train d'écrire un mail à une collègue, vous ne faites que écrire ce mail à votre collègue. Parce que très souvent, quand on s'observe, on est en plus sur notre téléphone, en plus on répond à quelqu'un d'autre. En même temps, on écrit un truc. En même temps, on note sa liste des courses. Ben non. Et plus on va se réapproprier, et j'aime beaucoup ce que tu dis sur le temps présent, plus on va se réapproprier ça et plus en effet ça va nous connecter à la pleine présence. C'est-à-dire que là on parle déjà, ton podcast il parle du tempo et de ralentir, mais j'ai même envie de dire que le premier step c'est même d'être là, ici et maintenant. Tu vois, c'est vraiment notre challenge, c'est ici et maintenant.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de personnes aussi qui me disent « Ah, Lélie, tu es bien gentille avec ton ralentissement, mais toi, tu travailles à ton compte, tu as tout le loisir de t'organiser comme tu veux. Quand on travaille en entreprise, nous, on ne peut pas faire ça. » Et en fait, non, si c'est possible, quel que soit son environnement, on peut s'accorder justement ces temps de présence, ces temps de ralentissement.
- Speaker #0
C'est vraiment ça, je pense, qu'il faut distinguer. est-il notre mission aujourd'hui dans les entreprises ? Elle est ça, c'est celle-ci. Peut-être des réunions beaucoup plus courtes, mais où tout le monde est présent pendant la réunion. Les réunions durent trois heures, mais personne ne s'écoute, tout le monde est sur son téléphone ou derrière son ordinateur en train de faire ses missions. Mais à quoi servent ces réunions ? C'est des vraies questions.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais d'autres pratiques qui pourraient nous inspirer ? Alors, on a partagé les pauses, la respiration. Est-ce que justement, dans les pratiques corporelles que tu proposes, est-ce qu'il y a d'autres choses qui peuvent nous aider justement à se reconnecter davantage à ce temps long ?
- Speaker #0
Oui, se lever souvent de sa chaise. Aujourd'hui, on est devenu extrêmement sédentaire. Faire des mouvements sur sa chaise, s'étirer, se lever. C'est indispensable parce que ce que je constate aussi et ce qu'on constate c'est qu'aujourd'hui avec tous nos outils numériques on n'a plus besoin de se lever, enfin on est cloué derrière notre poste. Donc ça évidemment. que ça n'incite pas à ralentir. Donc, il faudrait bouger toutes les demi-heures. Ce n'est pas deux, trois fois par jour. C'est toutes les demi-heures, 40 minutes, se lever, aller chercher une feuille à l'imprimante, aller chercher un verre d'eau. C'est indispensable. Parce que là, à chaque fois, notre cerveau, il fait une micropause.
- Speaker #1
Et du coup, il se régénère un peu.
- Speaker #0
Il se régénère, exactement. après les autres astuces ça peut être en effet de ne pas charger son agenda moi de plus en plus aujourd'hui je travaille à la semaine la semaine, c'est vrai qu'avant j'étais tellement dans l'anticipation mais c'était un enfer et en fait quand on est trop dans une forme d'anticipation, en fait on n'est jamais dans le moment présent aujourd'hui de toute façon on est dans un monde en plein changement qui s'accélère et qui change tout le temps donc faut arrêter cette forte anticipation que de toute façon ce qu'on anticipe à trois mois ou six mois ça va encore changer le monde n'est que changement c'est l'impermanence du monde donc ouais se refaire des petits objectifs à la semaine en n'oubliant pas d'avoir des vraies pauses apprendre aussi à notre cerveau à se féliciter déjà de tout ce qu'on a fait et pas de tout ce qui reste à faire. Moi, souvent, je dis aux gens, mais tant mieux, il nous reste plein de choses à faire. Si on n'avait plus rien à faire, on serait peut-être proche de la mort. Si on a plein de choses à faire, on a vraisemblablement encore plein d'années à vivre. Donc, ça, c'est vraiment des petits entraînements de notre cerveau. Et puis, je te dis, moi, j'aime bien proposer aux gens dans les pratiques corporelles de s'obliger à ralentir quand on fait quelque chose. Tu vois, de ne pas marcher comme ça hyper vite, de s'obliger à marcher doucement, son temps.
- Speaker #1
Mais oui, mais ça joue tellement. D'ailleurs, ça me fait sourire parce que vraiment, j'invite ceux qui nous écoutent à le faire, à juste simplement faire une marche dans la lenteur. Vous allez faire des courses, faites-le lentement. Ça change tout, vraiment, dans le ressenti. Même parler lentement, d'ailleurs. Moi, j'ai beaucoup de mal, d'ailleurs. J'ai tendance à parler très vite. C'est quelque chose qu'il faut que je travaille. Mais oui, de s'obliger parfois à expérimenter justement la lenteur très consciente, c'est hyper intéressant.
- Speaker #0
La douceur. Et tu as totalement raison. Dans la voix, c'est hyper important. Parler plus lentement, plus doucement. En fait, c'est... Là, on parle de rythme. On parle de rythme, en fait. Donc, ce serait comme une mélodie de musique. On ne serait pas dans le boum-boum comme ça. On serait quelque chose de plus lent. Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu transmettrais comme message à la delphine d'avant qui courait partout ? Ce serait quoi ?
- Speaker #0
Oh là là ! Tu vois, ça me crée presque une... Quand je m'observe, je me dis, la dame d'avant, je lui donnerai ces conseils-là. Je lui donnerai ces conseils-là en lui disant que j'y arriverais de toute façon, même si je ralentissais. Ce n'est pas cette vitesse. Ah oui, je l'inviterais vraiment à ralentir et à être dans la pleine présence.
- Speaker #1
Bien sûr. On peut garder les mêmes objectifs, se fixer des challenges, mais la question à se poser, c'est de quelle façon on veut suivre le process, on veut parcourir le chemin.
- Speaker #0
Est-ce qu'on veut être plus efficace aujourd'hui et performante aujourd'hui, dans ma vie d'aujourd'hui, en m'autorisant à partir à 15h30, en m'autorisant à... à faire des pauses, en m'autorisant à barrer une matinée dans mon agenda, en m'autorisant, voilà. Et le plus important, c'est ça, c'est de se dire, à la fin de notre vie, c'est de se dire qu'est-ce qu'on aura vécu pleinement. Et tout ce qui est plein a besoin aussi de lenteur, de ralentir.
- Speaker #1
Et pas de porter le regard d'une vie où on a passé son temps à courir partout, mais à être nulle part, même à la fois, et ne pas vraiment vivre l'instant.
- Speaker #0
La notion du vide, en fait, la notion du vide qui n'est pas vraiment le vide, en fait. Ce vide. est en fait une telle richesse c'est ça c'est vraiment alors qu'en fait on est dans une société où on ne fait que remplir se remplir de nourriture, se remplir d'activité se remplir de dépenses se remplir de Facebook se remplir, se remplir, se remplir aujourd'hui on est gavé on est gavé de tout ça donc le vide le vide, le silence le silence c'est magnifique et souvent le silence dans mes cours de yoga ou de méditation je connecte les gens au silence et je dis le silence c'est pas l'absence de bruit mais c'est cette forme de calme de
- Speaker #1
repos je me dépose j'ai d'ailleurs fait un épisode avec Audrey Berthet qui crée des espaces de silence qui a un épisode à écouter, effectivement. Le silence, laisser la place au silence quand on est constamment dans un brouhaha permanent, c'est hyper important.
- Speaker #0
Dans ces espaces-là, en fait, et c'est ça qui est important de comprendre, vont émerger l'intuition, les pensées justes, les actions justes, juste pour soi. C'est depuis ces espaces-là que vont émerger tout ça.
- Speaker #1
Et tu disais qu'on avait tendance à beaucoup remplir et souvent d'ailleurs on se dit qu'on prendra le temps quand on aura un peu plus de place, un peu plus de temps pour ralentir, prendre soin de soi, etc. Mais en fait, nos to-do listes, elles sont infinies. On pourrait passer notre temps à essayer de remplir, remplir et faire, faire, faire qu'on ne trouverait jamais de temps. Le temps, il faut le prendre.
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment ça. Le temps, il faut le prendre. et alors au début En effet, ça va nous demander un petit peu d'effort. On n'est pas habitué à ça. C'est pour ça que je propose aux gens l'expérimentation. Une fois qu'on a expérimenté, moi je rencontre plein de gens dans l'entreprise qui ont expérimenté ça et qui ne peuvent plus faire marche arrière. Ils ont une qualité de vie pour elles, mais aussi pour leurs équipes, pour leur vie de famille.
- Speaker #1
Avant de se quitter Delphine, quel est le premier petit pas que tu inviterais à faire pour ceux qui nous écoutent, à faire dès aujourd'hui pour retrouver ce souffle de nuit dans un quotidien à 100 à l'heure ?
- Speaker #0
Le premier petit pas, c'est cette respiration, s'autoriser à faire, allez, on va dire deux pauses par jour. J'ai baissé par rapport à tout à l'heure, mais on va faire trois. Couper nos notifications, toutes les notifications. Apprendre à dire non aussi quand ça ne résonne pas à l'intérieur de nous de façon parfaitement juste. Je suis fatiguée, il y a une soirée à laquelle je n'ai pas envie d'y aller, s'autoriser à dire non. En tout cas, trouver un équilibre juste pour soi.
- Speaker #1
Je rajouterais, prenez soin de votre parasympathique.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut te retrouver, Delphine, pour ceux qui ont envie de creuser ce sujet avec toi, de découvrir peut-être les ateliers, les accompagnements que tu proposes et que vous travaillez ?
- Speaker #0
Sur mon site b2b.re, j'ai une chaîne YouTube aussi avec mes méditations. Vous pouvez me retrouver sur les réseaux sociaux également. Je serais ravie de... de pouvoir répondre et prolonger ce moment avec certains d'entre vous.
- Speaker #1
Super, merci beaucoup Delphine. Merci pour tous ces partages. Et j'espère que ceux qui nous écoutent auront envie d'actionner quelques-unes des clés que tu nous as partagées. Merci Delphine.
- Speaker #0
Merci Julie, c'est ton invitation.
- Speaker #1
Merci à tous ceux qui nous écoutent. Merci d'être restés jusqu'au bout. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode. Et d'ici là, n'oubliez pas, n'allez pas trop vite. À bientôt.
- Speaker #0
Voilà, cet échange est terminé. Merci d'avoir pris le temps d'écouter jusqu'au bout. J'espère vraiment que ces réflexions vous apporteront plus de clés pour ralentir,
- Speaker #1
respirer et retrouver plus d'équilibre et de sérénité au quotidien. Si vous avez envie de continuer à explorer ce sujet, mettre en place plus d'actions concrètes, n'hésitez pas à me contacter. Je serai ravie de discuter avec vous de la manière dont nous pouvons intégrer plus de lenteur et de douceur. dans notre vie professionnelle et personnelle. Si cet épisode vous a parlé, n'hésitez pas à le partager autour de vous, à me laisser un commentaire et à mettre 5 étoiles sur Apple Podcast. Ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, n'allez pas trop vite.