- Speaker #0
Bonjour, je suis Alexis Himéros, vous écoutez Un Café au Comptoir.
- Speaker #1
Un café au comptoir.
- Speaker #0
Mon invité du jour a l'érotisme dans le sang. Comment le sais-je ? J'ai enquêté. Parce que même si elle et moi on se connaît un peu, qu'on s'est échangé des mails et des messages depuis quelques années. J'ai toujours été fasciné par la part de mystère qui entoure cette autrice de textes pour adultes. Comment en est-elle arrivée là ? Eh bien, habituée des salons de la littérature érotique, elle est devenue en France, aux côtés de Marlène Schiappa, la romancière la plus reconnue de sa génération en la matière. Avec cinq romans publiés depuis 2009, elle a forcément laissé des traces sur Internet, raconté ici ou là quelques fragments de sa vie. Alors j'ai cherché, j'ai creusé. J'ai fouillé les fonds de tiroirs numériques. J'ai découvert que cet intellectuel de la prose crue avait été biberonné à la culture érotique depuis l'enfance. Née en 1981, elle a grandi dans une famille où les magazines fluides glaciaux, l'écho des savanes, lui ou New Look faisaient partie du décor. Toulousaine, c'est dans la ville rose, bah oui, qu'elle a étudié la sociologie. Mais c'est loin des bancs de l'université qu'elle s'est épanouie. artiste à l'âme gothique, la demoiselle qui aimait ce qu'il faisait. caméléonisée, que dans ses propres termes, s'est lancée comme modèle avant de devenir blogueuse, toujours comme Marlène Schiappa. Son pseudo à l'époque, c'était Dalia, en hommage à Dalia Gray, une actrice X qu'elle affectionnait particulièrement. Au début des années 2000, entre deux séances de nu artistique, la jeune muse jouait la comédie dans la série Bitoman, parodie amateur complètement what the fuck de Bioman, où elle s'abandonnait à l'écriture de poèmes et d'histoires érotiques bien sombre. Cette expérience a donné naissance à son premier roman, paru en 2009, d'abord sous son nom de blogueuse, avant de reparaître sous son vrai patronyme. 16 ans plus tard, elle n'a rien changé à son terrain de jeu favori. Son dernier livre, La vocation, au Cherche-Médie, en est la preuve. Entre essais et romans, la maîtresse des lignes enchaîne son lecteur dans la correspondance d'une femme en proie à une relation sadomasochiste des plus impitoyables. Non, il ne s'agit pas de Marlène Schiappa. Est-ce une enquête, une fiction, l'autofiction est-elle une forme d'autobiographie ? Autant de questions qui me taraudent et que je m'apprête à poser à Chloé Safi qui est devant moi à Paris pour un café au comptoir. Bonjour Chloé.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
C'est difficile aujourd'hui, qu'on soit une femme ou qu'on soit un homme, d'écrire de la littérature érotique. Ou pas du tout.
- Speaker #1
Je pense que ça le reste. Le mot même, érotisme, en fait, se continue à générer du fantasme, parfois de la crainte et surtout beaucoup d'idées préconçues. Donc, je pense que ça peut le rester, même si j'ai la sensation que depuis quelques années, je dirais 4-5 ans, il y a une espèce de retour en grâce de tout ce qui est écrit autour. de l'intime, du corps, de la sexualité.
- Speaker #0
On a plus le droit ?
- Speaker #1
Je pense qu'on a un peu plus le droit. Moi, j'ai toujours eu l'impression que c'était des choses qui étaient cycliques et que tous les dix ans, il y a des espèces d'appels d'air, comme ça, avec des livres qui explosent et qui remettent un petit peu, au bout du jour, ou en tout cas en lumière, ce genre de choses. Mais là, j'ai l'impression que c'est pérenne, parce que maintenant, il y a de la poésie érotique qui est publiée. Il y avait plus de formats, en fait, qui ne sont pas uniquement de la nouvelle ou de la fiction. Et voilà, je pense que...
- Speaker #0
Pourtant, la littérature érotique, elle peut s'enorgueillir de grands noms. Je pense à ceux qu'on sort souvent, de toute façon, à Pauliner, à Naïs Nin, Pauline Réage. Et en même temps, on a toujours cette crainte, quand on se lance dans la littérature érotique, qu'on se moque un peu de nous, que notre entourage voit en nous quelqu'un de pervers, quelqu'un qui a des fantasmes un peu particuliers, quelqu'un dont on peut se moquer. Est-ce qu'on arrive à s'affranchir de cela assez facilement ?
- Speaker #1
Moi étant du genre un peu téméraire, je fais d'abord et je réfléchis ensuite par rapport à ça. Mais sur les noms que tu as cités, que ce soit Paul Diner, Anna Eastman et tout ça, je vais en référer à ce qu'avait dit mon ami Emma Cavalier, qui écrit aussi des romans érotiques, en me disant que c'est une littérature de l'héritage. L'autisme qui est souvent dans la violence, dans des choses qui sont parfois un peu traumatisantes et dramatiques, et ce sont des classiques importants, mais je pense que ce qui est bien aussi, c'est qu'aujourd'hui, maintenant, on se rend compte que ça n'est pas que ça, et ça peut aussi être des choses beaucoup plus joyeuses, ou en tout cas, moins portées sur le trauma, sur la noirceur, même si ça fait partie de... Ça fait partie de l'érotisme aussi, puisque on est dans la transgression, etc.
- Speaker #0
Il y a peut-être également plusieurs formes de littérature érotique, parce que Troma et Noircer, vous, vous êtes beaucoup écrits là-dessus.
- Speaker #1
Oui, pour le fait d'écrire sur le salaud masochisme, oui. Alors, on peut le lier à ça, mais oui, moi, c'est des choses qui m'intéressent beaucoup, dans le sens où j'ai toujours travaillé l'écriture érotique, ou en tout cas la littérature érotique, comme une littérature de genre. on se dit que le sexe est un élément de suspense, qui fait avancer l'intrigue, qui dit des choses sur les personnages. Et comme j'ai tendance effectivement à chercher l'intensité, le côté peut-être un peu transcendant, etc., ça va forcément amener à traiter parfois des sexualités qui peuvent être alternatives. théâtrales, qui nécessitent de la mise en scène et surtout qui mettent en branle beaucoup le cérébral et pas uniquement le physique. Je constate que souvent les romans érotiques les plus marquants ou les plus intéressants sont ceux où on ne va pas se contenter de raconter de manière factuelle ce qui se passe, mais on va beaucoup s'attacher aussi à ce qui se joue dans la tête des personnages. comme dans la vraie vie et c'est l'exercice le plus difficile. Mais justement, pour moi, c'est l'espace où on peut se permettre quand même de traiter la transgression, pas forcément pour faire de la provoque, mais juste parce que les fantasmes qui nous constituent sont pas toujours des choses polies ou propres. Et c'est peut-être la différence avec la romance telle qu'on la soit aujourd'hui, qui, pour moi, souvent répond plus à un cahier des charges qui... qui est ce qu'il est, qui est très calibré, mais qui ne se permet pas de fois d'aller aussi loin qu'on pourrait le faire.
- Speaker #0
On va voir sur certaines romances, la dark romance par exemple, des scènes parfois très crues, presque dérangeantes. Mais vous, j'ai l'impression que c'est autre chose. C'est-à-dire, j'ai l'impression que ce que vous me racontez, c'est que finalement, dans ces livres-là, il y a plus une mise en scène de la sexualité sans exploiter. ce qu'elle représente pour les personnages, psychologiquement, j'entends ?
- Speaker #1
Oui, sur ça, je pense que oui. Moi, j'ai essayé de lire ces livres-là en tant que... C'est pour faire joli, quoi. Ouais, je ne sais pas si c'est pour faire joli, mais en tout cas, je l'ai fait en tant que romancière de lire ces livres, parce que je voulais comprendre comment ils étaient fabriqués, même, parce que j'utilise le mot fabriqué sans méchanceté, mais on sait que ça correspond à quelque chose qui est calibré. Et c'est des livres dans lesquels moi je m'ennuie en tant que lectrice, parce que j'ai l'impression que je sais toujours à peu près où je vais, que les personnages sont souvent assez stéréotypés. Et c'est pour ça que je suis très étonnée d'ailleurs qu'on ne puisse lire que ça, et presque m'en contenter parce que voilà, je pense que ça...
- Speaker #0
Il faut être intellectuel à ne lire que ça.
- Speaker #1
Sans aller jusque-là, je me dis que ça ne provoque pas des émotions de lecteur qui pourront être aussi fortes que tout un tas d'autres livres. C'est du même niveau pour moi que regarder certaines séries sur des plateformes de streaming qui sont très confortables et on sait à peu près où on va. Et là, c'est la même chose. Mais ça fait partie de cette littérature de genre.
- Speaker #0
Est-ce que c'est jouissif ? pour une autrice de provoquer l'inconfort chez son lecteur ?
- Speaker #1
Ah oui, bien sûr ! Oui, évidemment, c'est ce qu'on cherche aussi, à provoquer quelque chose qui fait que le livre, vous allez vous en souvenir, il va vous accompagner. Peut-être même que quand vous allez le poser, parce que vous devez faire autre chose, vous serez encore en train d'y penser en disant « mais qu'est-ce qui va se passer ensuite ? » Je pense qu'on a réussi quelque chose quand les lecteurs vous disent qu'ils ont été troublés, ou qu'ils ont été gênés, ou qu'ils ont tout simplement été excités, et qu'au-delà de ces émotions qui sont les premières qu'on ressent, ensuite peut-être ça les amène à se... poser des questions sur leur propre fantasme, sur leur propre relation, sur ce qu'ils peuvent intégrer dans la manière dont ils agissent, dont ils vivent leur sexualité. Oui, sur ça, c'est très intéressant.
- Speaker #0
Est-ce qu'on pourrait s'accorder à dire qu'il n'y a pas de bonne littérature avec des bons sentiments ?
- Speaker #1
Ah, c'est l'éternelle question ! Je vais répondre de manière lapidaire. Non, on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, mais on peut nuancer aussi dans le sens où, par exemple, dans les romans que j'ai écrits, La règle de Troyes était une comédie érotique où les personnages, je les avais conçus presque comme des personnages de sitcom. Et vous avez donc une sexualité qui, certes, était intense, mais elle était plus accessible et on était sous tous les tropes de la comédie romantique. Donc voilà, ils n'étaient pas méchants entre eux, ils étaient même plutôt débeurveillants. Mais encore une fois, il ne fallait pas tomber dans la mièvrerie ou dans la facilité et arriver à jouer avec ces codes-là pour les subvertir et pour intéresser le lecteur. Donc est-ce qu'il y avait des bons sentiments dans ce livre ? Peut-être qu'il y avait beaucoup d'amour, mais il fallait pousser un petit peu plus loin que... que de la romance classique ou du telle ou de quoi.
- Speaker #0
On va venir dans quelques instants vraiment à discuter de ce dernier roman, le cinquième roman déjà,
- Speaker #1
de
- Speaker #0
Chloe Sapie, qui s'appelle La vocation. Mais avant, ce que je voulais vraiment savoir, c'est, est-ce qu'il y a un vocabulaire particulier pour faire de la bonne littérature érotique ? Est-ce que ça se travaille ? Est-ce que le mot se travaille ? Est-ce que le mot se choisit davantage qu'un autre ? pour déterminer. Un peu comme dans le sketch des inconnus, il y a le bon chasseur et le mauvais chasseur, il y a la bonne littérature érotique et la mauvaise littérature érotique.
- Speaker #1
Ah oui, alors ça, je ne sais pas s'il y a vraiment des règles très établies, mais je constate qu'en fait, la métaphore ne rend pas toujours service à la littérature érotique. Et je crois qu'on peut se permettre d'utiliser Merci. des termes très crus, des termes très explicites. Et ce qui va faire la différence, ce sera la manière dont ils sont amenés dans l'histoire et surtout de ne pas les laisser seuls et vraiment de créer toute une scène autour de ces mots-là. Ce n'est pas évident à expliquer. Ce que je peux te dire par rapport à ça, c'est que quand j'écris ce genre de scènes, même quand je vais utiliser des mots, je ne sais pas si on peut les dire, si on va se faire striker. On ne les dit pas du tout ? Non, on peut les dire. On peut les dire ? Je veux dire, quand on dit des trucs comme queue, chatte, visite, etc. En fait, ce qu'il faut mettre autour, ça va être tout le reste du corps. Donc, on va parler de la transpiration, de la... la peau chirurgie, du souffle, etc. Et c'est ce que je peux expliquer des fois à des personnes en disant que si vous voulez écrire une scène comme ça, ne vous contemplez pas d'écrire, même, enfin comment dire, ne décrivez pas ça uniquement avec des mots crus. Mettez tout le corps et tout l'esprit parce que tout ça participe en fait dans la scène. Et voilà, je pense que c'est peut-être là que ça se situe. la manière peut-être d'écrire une bonne scène qui va emporter le lecteur et à laquelle il va pouvoir se raccorder, parce qu'il y a tout un tas de détails qu'il reconnaît aussi comme les siens.
- Speaker #0
Chloé Safi, nous allons faire un vrai ou faux ?
- Speaker #1
Un café au consommer.
- Speaker #0
Chloé Safi, vrai ou faux ? Vous pleurez l'époque où l'écrivain était une vraie rockstar. et que vous enviez aux auteurs américains la façon dont ils sont reçus dans les talk shows.
- Speaker #1
Ah oui, ça c'est totalement vrai. Je ne sais pas, aujourd'hui en France, je me pose la question, est-ce que ça n'a pas un peu changé avec les réseaux sociaux, où maintenant justement les auteurs sont peut-être un peu plus dans la maîtrise de leur image et peuvent un peu plus se mettre en scène ? Mais moi, j'aime beaucoup effectivement le fait de se créer, comme pour les acteurs, ce qu'on va appeler une star persona, c'est-à-dire une manière de s'habiller, une manière de se présenter, les photos qu'on met en avant, etc. Je constate que c'est beaucoup justement dans la littérature de genre. qu'on fait, que ce soit dans... Regardez les auteurs de DSF ou de Polar. C'est souvent eux qui ont vraiment des beaux portraits. On sait qu'on a affaire presque à des personnages autant qu'à des personnes. C'est quelque chose que j'aime beaucoup. Je suis toujours un peu triste quand je vois que certains auteurs font des portraits de presse qui sont assez... assez neutre, assez triste. Et je me dis, je pense qu'il faut en profiter et y aller avec le petit lapin possible.
- Speaker #0
Vous, votre portrait de presse, il n'est pas piqué des hannetons ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est très drôle parce que comme en plus, la photo qui a été choisie sur le bandeau, c'est la seule où je porte un blouson en cuir. Alors tout le monde s'est imaginé que j'étais... J'étais une dominatrice, ce qui n'est pas du tout...
- Speaker #0
Un petit côté bourgeoise.
- Speaker #1
Oui, bourgeoise. Ah ouais,
- Speaker #0
moi je la ressentis ainsi.
- Speaker #1
Ouais, d'accord.
- Speaker #0
Peut-être le ton hautain, en fait, la posture. Ah,
- Speaker #1
la posture un peu, ouais, Mais parce que je pense que ça fait aussi partie de ma personnalité. Donc,
- Speaker #0
dominatrice bourgeoise.
- Speaker #1
Alors non, ni dominatrice, ni bourgeoise, pas hautaine, mais toujours un peu... Genre, j'ai conscience de ma valeur. Je pense que je ne vais peut-être pas me faire des... Ce n'est pas la question de ne pas se faire des amis, mais on va se dire, celle-là, elle ne se prend pas pour n'importe qui. Ben non, je ne me prends pas pour n'importe qui.
- Speaker #0
Pourtant, bourgeoise, non, pas du tout. Moi qui ai pu vous voir un peu dans la vraie vie, je connais même vos engagements, parce que des engagements qui sont politiques. Une vision de la vie, une vision de ce que c'est être écrivaine. Il y a une littérature... Est-ce qu'on peut classer l'érotisme plutôt de droite ou de gauche ?
- Speaker #1
Ah là là, ça c'est une vraie question. Oui, on est à la fois posé des vraies questions. Est-ce que ce serait plutôt de droite ou de gauche ? Alors, je ne sais pas pour la littérature. Mais en tout cas, je constate que, que ce soit par exemple pour déborder dans le milieu libertin ou dans le milieu SM, il y a des fois une question financière qui va un petit peu faire le tri, en fait, dans les gens qui vont se retrouver là-dedans.
- Speaker #0
Est-ce qu'on est obligé d'être pauvres quand on est de gauche ?
- Speaker #1
J'espère pas.
- Speaker #0
Alors ?
- Speaker #1
Non, au contraire, j'espère pas. Parce que là... Mais... Je tranche pas sur la question, mais non. Là, j'avoue que je suis coincée. Je sais pas quoi dire.
- Speaker #0
Peut-être en voyant ce que font les personnes en face, les acteurs, tout simplement. En les regardant, en essayant de trier et de voir qui on a en face aussi, ça peut aider. Mais j'ai un deuxième vrai ou faux. Pour vous, vrai ou faux ? Vous auriez écrit « Ah, Bunel, le roi de la brosse à reluire » .
- Speaker #1
Alors là, c'est vraiment salaud de me sortir. C'est vrai.
- Speaker #0
Elle aurait écrit « Le pense-t-elle toujours ? » Peut-être pas.
- Speaker #1
Pour être tout à fait honnête, je trouve que maintenant qu'il y a la comparaison avec la formule reprise par Augustin Trapenard... Je trouve que Bunel, finalement, dans l'exercice, malgré ce côté où on avait l'impression qu'il y avait quatre chédants par semaine qui arrivaient à la grande librairie, il y avait une manière de mener les entretiens qui était peut-être un peu plus...
- Speaker #0
Moins flagorneur ?
- Speaker #1
Oui, moins flagorneur, je pense.
- Speaker #0
En fait, moi, ce n'était pas temps pour parler de Bunel. Sinon, pour parler de vous. À un moment, vous étiez une sérieuse commentatrice, notamment sur des forums comme Arrêt sur image, mais à chaque fois avec un sens aiguisé de l'analyse de ce que vous voyez. J'ai l'impression que vous essayez d'analyser tout ce qui vient à vous et qui vous touche. C'est important pour l'écriture de se nourrir de tout cela ?
- Speaker #1
Oui. Alors, c'est vrai qu'à l'époque, je le faisais énormément. Ça m'a un peu passé. C'est pour ça que, contrairement peut-être à une jeune génération, moi, j'ai connu, je pense qu'on est un peu pareil à ce niveau-là. On a connu Internet avant. Il y avait non des réseaux sociaux, donc on avait les blogs et on avait les forums. Ce qui faisait qu'il y avait une espèce de côté de liberté de ton. Et un plaisir de la discussion qui allait très très loin. Moi, j'ai passé des fois des soirées entières à discuter sur des forums, tout un tas de choses. Mais oui, effectivement, j'essaie de sortir de ce côté trop analytique des fois, parce que sinon, ça empêche d'avancer, y compris dans l'écriture. Mais bien sûr, oui, c'est important. Moi, j'aime découvrir ce qui est caché. J'ai beaucoup de curiosités, ce qui, des fois, m'a posé des problèmes. Mais je suis toujours à l'affût d'une bonne histoire ou de quelque chose qui va réveiller un truc en moi que je n'avais peut-être pas soupçonné.
- Speaker #0
Ché Safi, vrai ou faux, votre film préféré est Lune de fiel de Roman Polanski.
- Speaker #1
Oui, ça fait toujours partie des films les plus importants de ma vie. Et d'ailleurs, ce film est cité en épigraphe de la vocation.
- Speaker #0
J'ai trouvé cela en fait sur des archives bien cachées de votre blog de l'époque, que je ne citerai pas. Ce blog n'existe plus, parce que vous étiez blogueuse pendant longtemps. Où vous citez ce film ? En même temps, dans l'épigraphe de la vocation, vous en parlez à nouveau. C'est un réalisateur mal aimé, conspué, montré du doigt. Vous n'avez pas peur de vous attirer finalement à une sorte de...
- Speaker #1
Ah, est-ce que ça prêterait le flanc à la vindicte ? Bah écoutez, jusqu'à présent personne ne me l'a reproché, donc j'ai envie de dire tant mieux.
- Speaker #0
Est-ce qu'on est obligé de faire attention à tout ça en fait ? où est-ce qu'on peut... comme vous, on peut réussir à s'en moquer des convenances, des modes.
- Speaker #1
En fait, je crois qu'il faut accepter qu'il y a des choses qui nous construisent et que vouloir, on peut des fois les questionner ou y réfléchir, parce qu'en vieillissant, bien sûr, on évolue et on n'a pas toujours le même regard. Mais à un moment, il y a des choses de ma vie, que ce soit des livres que j'ai lus, que j'ai aimés, des films. C'est eux qui m'ont construit. Et si je devais les renier ou les couper, ce serait couper une partie de moi-même.
- Speaker #0
Ça fait mal.
- Speaker #1
Oui, ça fait mal. Et puis c'est là, c'est comme ça. Oui, c'est un film que je revois, peut-être pas autant maintenant, mais je le revois de temps en temps et je continue à le trouver extrêmement intéressant. Il faut savoir qu'en plus, c'est un film qui a flopé à la sortie. et qui est devenu culte presque après, mais comme ça se faisait plutôt à une époque où il y avait quand même la possibilité d'avoir une deuxième vie sur la location vidéo. D'une déchète, c'était 92, et qui maintenant est un film qui est reconnu par beaucoup de cinéphiles à sa juste valeur, comme l'un des plus réussis de Polanski. Et c'était intéressant parce que dans ce film-là, le livre est assez différent dans son approche. C'est globalement la même histoire, mais il y a un ton qui est beaucoup plus ironique. Et dans le film de Polanski, il y avait ce côté où, en gros, c'était de démonter cet amour-passion où on s'imagine qu'une histoire ne pourra tenir que sur la sexualité et que sur une passion érotique dévorante, mais qui forcément, à un moment, si elle ne repousse pas sur des vagues, commune des deux personnes ou complicité qui dépasse le cadre intime ne pourra pas fonctionner et on se retrouve avec ces deux personnages qui, une fois qu'ils s'en rendent compte, sont complètement désarmés et au contraire qui vont prendre d'autres armes extrêmement fortes pour aller au bout de la relation de manière même tragique.
- Speaker #0
Il y a un lien avec la vocation. Donc votre dernier roman aux éditions du Church, je me l'ai dit, Maison d'édition qui n'est pas du tout spécialisée dans la littérature érotique, vous êtes allé chercher un éditeur hors des sentiers battus quelque part, hors de ce qu'on pourrait penser être toutes ces maisons d'édition. Enfin, il y en a très peu finalement, mais il y en a quelques-unes qui sont spécialisées dans le genre. C'était important pour vous ? Ça fait partie de la reconnaissance de votre statut d'autrice ?
- Speaker #1
Alors, pour l'anecdote, quand j'ai commencé à écrire le livre, j'en avais déjà un petit peu parlé à Anne Autocœur, qui est la directrice générale de la Musardine et l'éditrice de mes livres. de mes romans précédents, et qui m'avait dit « Oui, vu le sujet traité, nous, on pourrait te le prendre, mais... » Elle m'a tout de suite encouragée plutôt à chercher un éditeur de littérature générale en me disant « Ce serait intéressant que tu aies une plus grande force de frappe et de visibilité que nous, on ne peut pas forcément t'offrir avec la maison telle qu'elle est, en fait. » Et ce qui s'est passé pour le ChercheMidi, c'est que... On va parler en vue de transparence. Je travaillais pour eux comme lectrice de manuscrits. Donc, je connaissais un petit peu la maison et j'ai proposé le livre. J'avais écrit 30 pages à ce moment-là. Et en plus, en partant vraiment pas gagnante, en me disant, bon, ils pourront peut-être me conseiller d'autres personnes. Et en fait, au bout d'une semaine, ils l'ont signé. Donc, ils ne voulaient vraiment pas que ça aille ailleurs. Et ça, c'était deux ans avant la sortie. Donc, on a vraiment beaucoup travaillé en amont sur ce livre-là. Et j'avais encore jamais eu un feu vert aussi enthousiaste et aussi média. Donc je me suis dit, bon, c'est quand même qu'a priori, le sujet a quelque chose de marquant et qui va interpeller. Et voilà, deux ans après, il est là et on l'a quand même sorti en rentrée littéraire. qui est souvent un moment où on est confronté à des livres qui sont beaucoup plus sérieux, où c'est plutôt la famille, la guerre, des choses comme ça. Et effectivement, celui-ci est arrivé là. La journaliste de Télérama dit comment cet ovni est arrivé au Cherche-Médie, parce que ce sont des personnes où ça a marché à la confiance et qui ont eu une certaine audace de le récupérer et de dire, nous on va on va miser dessus. Et voilà, j'en ai été très heureuse parce que c'était ma passerelle, en fait, entre la littérature égotique et la littérature générale. Et j'ai réussi à apporter tous les sujets qui me tiennent à cœur auprès de lecteurs qui n'auraient peut-être pas eu, finalement, la curiosité de se pencher dessus.
- Speaker #0
Finalement, les thématiques guerre et famille, On te... presque, en tirant un peu, presque les retrouver dans ce roman, dans ce livre. J'entends, on va reprendre un peu le sujet. Vous, en tout cas, la narratrice, vous recevez, vous êtes contacté sur Facebook par une personne qui, peu à peu, vous explique qu'elle est sous l'emprise d'une relation sadomasochiste. Et ça vous aspire, vous êtes aspiré là-dedans. Et moi, j'ai eu l'impression que ce roman, c'est également un essai. Qu'est-ce qu'on pourrait en dire de cela ? On est un peu entre... Peut-être que ça tient à ça, ce côté of me. C'est-à-dire que ce récit est un peu à cheval entre deux genres.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est surprenant parce que moi, quand je l'ai écrit, je n'avais pas l'impression de faire quelque chose de si inédit ou de si nouveau dans le sens où j'ai la sensation que maintenant, il y a énormément de livres où on écrit roman sur la couverture et qui, en fait, sont des autofictions. Et souvent, d'ailleurs, ce sont des livres d'enquête où l'auteur va se mettre en scène. enquêter sur un sujet qui l'intéresse, soit qui le touche directement, soit qui l'a interpellé et où il va mêler sa propre expérience, etc. Donc moi, je n'avais pas du tout la sensation de faire quelque chose qui était en dehors des coups, finalement, de beaucoup de livres actuels. Et au contraire, ça a été revu comme quelque chose qui ne s'était jamais fait avant. Alors, pour l'ego, c'est super. On se dit « Waouh ! On a fait un truc génial ! » mais j'ai présenté ça plutôt comme une autofiction, puisque c'est moi l'auteur et je me mets en scène avec cette personne. Mais j'ai même quelqu'un qui m'a dit que c'est presque de laisser fiction, puisque tu te fais toutes ces références littéraires, cinématographiques et tout ça. Mais pour moi, c'était une manière de me raccrocher à de la fiction pour essayer d'expliquer. ce que me racontait cette personne. Et à chaque fois, de toute façon, la fiction à laquelle je me rattachais déraillait par rapport à son récit. Et ça venait en plus me remettre en question en tant que femme, en tant qu'auteur de fiction érotique, en tant que personne, tout simplement, qui reçoit des confidences qui sont... extrêmement puissante et extrêmement choquante, et de se dire, maintenant, qu'est-ce qu'on fait avec ça ? Et de se retrouver avec cette matière extrêmement riche, extrêmement inflammable aussi, et qu'il fallait manipuler, à la fois avec précaution, mais avec le plus d'honnêteté possible.
- Speaker #0
Donc, on a compris une autofiction, une enquête. Est-ce que... On ne se pose pas toujours la question de... Est-ce que quelqu'un, un jour, va dire « Ah ben moi, je vous ai écrit ça et vous vous êtes servis de ma vie pour raconter des choses » . Est-ce que ça peut arriver ? Est-ce que vous y avez pensé à cette possibilité ?
- Speaker #1
Ah, que ça puisse se retourner contre moi ? Alors, bon là, on va parler de choses tout à fait juridiques, on va dire. Bien évidemment, ce texte a bien été relu par le service juridique du Cherche-Midi. Ça, c'est la petite cuisine interne. Mais moi déjà, au moment où j'ai... pris la décision d'écrire le livre, c'est dès que j'ai pu, je l'ai informé en lui disant je voudrais le faire, à la fois parce que d'un point de vue éthique, il me fallait l'autorisation de cette personne, et aussi entre guillemets pour me protéger, parce qu'il fallait une trace écrite du moment où la personne dit, oui, je vous autorise, donc voilà. Mais ça, je pense que c'est le dilemme de beaucoup d'écrivains quand ils sont face à une très bonne histoire, où ils ont absolument envie d'écrire dessus. Et il y a toujours la question qui se pose de est-ce que je demande la permission ? Ou est-ce que j'y vais ? Et puis c'est comme ça, et puis c'est pas autrement. Et voilà, il y a des personnes qui vont vous dire non, vous fréquentez un écrivain, vous assumez, et vous pourrez éventuellement vous trouver dans un livre. Et c'est comme ça. Mais si, quand c'est en plus sur du témoignage, ou en tout cas du récit qui ne vient pas de nulle part, Et évidemment, on se pose la question de, est-ce qu'on a le droit ou pas de le faire ?
- Speaker #0
Quand on écrit, en fait, justement, on enjolive les choses. Est-ce que souvent, la fiction rend les choses plus belles ? J'entends par là, il y a beaucoup de personnes qui sont persuadées que leur vie est formidable. Quand ils se mettent à écrire leur vie, c'est parce que leur vie ne ressemble à, selon eux, aucune autre, et que, évidemment, ça passe par-dessus tout ce qui a déjà été écrit. On le voit ça dans, si on va, je ne sais pas, par exemple sur Substack en ce moment, si on va sur beaucoup de plateformes, ça a été sur Wattad pendant des années de la même façon. Chacun a l'impression de réinventer le genre ou d'avoir quelque chose de formidable à raconter. Est-ce que finalement, il n'y a pas des personnes qui, quand elles vont vous écrire, ne sont pas juste en train d'essayer d'attirer l'attention, même si ce qu'ils racontent, c'est d'une banalité affligeante ?
- Speaker #1
Je me pose souvent cette question parce qu'il est vrai que souvent, je reçois des confidences que je n'ai pas du tout sollicité de lecteurs. Alors ça vient, ce n'est pas tous les jours comme ça dans ma boîte Instagram. Mais j'avoue que parfois, effectivement, il y a des lecteurs, au bout du deuxième message, ils vont se livrer avec un abandon qui est extrêmement déstabilisant. Il faut toujours leur rappeler que... Concrètement, je ne les connais pas. Je leur dis, si un jour, on arrive à un niveau d'échange plus poussé, peut-être qu'on pourra se faire ce genre de confidences. Mais là, non, c'est trop tôt. Et c'est vrai que c'est très surprenant, la facilité avec laquelle ils peuvent se livrer parce qu'ils nous supposent... Je dis non parce que... Je pense que ça arrive à d'autres auteurs qui écrivent sur l'intime ou qui trouvent de la littérature érotique, où on se dit que ce sont des personnes qui sont ouvertes d'esprit, qui ont peut-être un œil un peu plus avisé pour voir ces choses-là ou pour répondre à certaines questions. Mais oui, des fois, c'est très surprenant. Est-ce que ce sont des lecteurs qui espèrent, à un moment, qu'on va pouvoir utiliser leur histoire ? Je ne pense pas que ce soit aussi conscient, honnêtement, mais peut-être, parce que je crois que c'est très humain d'être flatté de se retrouver dans un livre. Et je vais jusqu'à dire que même les gens qui se retrouvent dans un livre dépeint de manière détestable, en fait, en sont l'apprécient dans le sens où ils se disent « ah là là, j'ai marqué la personne au point de devenir un personnage » .
- Speaker #0
Et vous-même, vous êtes un personnage dans ce livre. Vous vous représentez comme un personnage. Je suis pris par le doute. Est-ce que vous le voyez vraiment comme ça ? Parce que tout à l'heure, vous me parliez d'assurance, mais j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de remises en question dans ce livre, au sujet de vous-même.
- Speaker #1
Alors, oui. Je pense que les deux ne sont pas contradictoires, d'être travaillé par le doute et malgré tout d'avoir l'assurance. L'assurance pour moi, elle était dans le fait que... Je savais que j'écrirais un livre sur le sujet, sur cette histoire, très rapidement. Le doute après, ça a plus été sur quelle était la bonne manière de structurer ce récit et d'approcher la manière de l'écrire. Parce que moi, dès le début, je n'ai jamais été dans le jugement vis-à-vis de cette personne, même si je ne cache pas les émotions qui me traversent et qui sont extrêmement fortes dans ce qu'elle dit. et dans ce qu'elle me confie, mais on ne peut qu'être travaillé par le bout quand quelqu'un vous amène une histoire de cette nature.
- Speaker #0
Vous faites vivre ce personnage. Moi, en tant que lecteur, j'ai toujours un doute sur la véracité des choses, et c'est ce qui est bien, en fait. C'est-à-dire que quand on lit un livre, on a envie d'y croire, on ne sait pas si c'est vrai ou si l'histoire est vraie ou si l'histoire est fausse. Vous-même, dans l'interview, finalement, vous laissez supposer. que cette histoire est totalement réelle. Et c'est ce qui rend l'exercice jubilatoire également, j'imagine, pour vous, pour les personnes qui nous écoutent. Ça participe à l'attrait du livre, indubitablement. Ce que je me demande, c'est pourquoi ne pas en avoir fait une enquête totale ?
- Speaker #1
Alors, je pense peut-être par une humilité dans le sens où je ne suis pas une journaliste. et aussi par des pures questions pratiques, dans le sens où, comme je ne suis pas une journaliste, je n'ai pas des outils, tout simplement, pour enquêter, comme le ferait quelqu'un qui a vraiment étudié pour et qui a cette formation. Et aussi parce qu'il y avait quand même une obsession qui était aussi de l'ordre littéraire, où on a l'impression qu'on est dépassé par un personnage. Enfin voilà, moi j'ai l'impression d'être face à quelqu'un qui... que je n'aurais même pas pu imaginer dans mes propres romans, où ça prenait une ampleur jour après jour qui me débordait. Donc la forme de l'enquête, pour moi, n'avait pas de sens dans le cadre de ce livre. Et je pense que quelque part, ça aurait presque... retirer son pouvoir de fascination, en fait, de le faire presque trop froidement. En tout cas, comme une journaliste. Même si, effectivement, il y a une part d'enquête dans le livre, parce qu'à un moment, vous essayez de savoir qu'est-ce que vous raconte la personne, si c'est vrai ou pas. Aujourd'hui, ce que je dis, c'est que j'ai la conviction que c'est vrai, mais je n'ai pas de certitude que ce soit le cas. Pour plein de raisons, je pense que ça l'est. Mais je n'aurai jamais la vérité. À l'heure actuelle, je n'ai pas la vérité.
- Speaker #0
C'est un livre qui n'est pas écrit de façon attendue. C'est un livre qui ne répond pas aux codes de production de ces livres qui sont voués à être ensuite repris par le cinéma. Pourtant, il y a une part cinématographique. On sent votre fascination pour le chant, le contre-chant. Et pour tout ce qui a trait au 7e art, vous auriez pu essayer de faire quelque chose comme un scénario pour cela ? Vous le voyez, vous voyez ça comme un film également ?
- Speaker #1
Moi, j'adorerais que ça devienne un film parce que je pense qu'effectivement, il y a tout qui s'y prête en termes de fantasmatique, même simplement visuelle. Ce décor, que ce soit le cabinet de gestion de fortune où s'est retrouvée cette jeune femme, les vêtements qu'on lui fait porter, la propriété dans laquelle elle se retrouve ensuite. Il y a vraiment, ça convoque tout un imaginaire qui est extrêmement fort d'un point de vue visuel. Après, je pense qu'il faudrait des réalisateurs, des producteurs qui soient extrêmement audacieux euh... pour le mettre en scène parce que on ne va pas cacher au lecteur le fait qu'il y a énormément de choses dans ce livre quand il est question de chirurgie esthétique, quand il est question de châtiment corporel, de punition. Voilà, il faut quand même oser le faire. Et aujourd'hui, je constate qu'il y a quand même beaucoup de livres, quand ils sont adaptés, des fois ils sont adaptés de récits où l'auteur se mettait en scène et finalement, des fois, dans l'adaptation, l'auteur, cette dimension-là disparaît totalement au profit de l'histoire en elle-même et de l'histoire qui est racontée par l'auteur, même dans une autofiction. Moi, je pense que ce serait intéressant d'arriver à faire une adaptation où il y a vraiment les deux. les deux et quelle serait la part de vérité et ça, on peut le faire à l'écran. Alors actuellement, il se trouve qu'il y a un interviewer qui m'a dit, moi je verrais bien Yann Gosselin pour adapter votre livre. Je fais, oui, alors effectivement c'est quelqu'un qui joue beaucoup sur la vérité et les illusions dans ses thrillers, à voir. Encore une fois, je pense qu'il faudrait beaucoup d'audace pour le faire. Mais j'en serais ravie. Avis aux producteurs qui nous écoutent, aux réalisateurs.
- Speaker #0
Voilà, l'appel est lancé. Bien sûr, ils écoutent tous un café au comptoir. Ah non, point de vue. En tout cas, c'est tout ce que je vous souhaite, c'est de pouvoir donner une seconde vie à ce livre qui est déjà en train de vivre sa première et qui trouve déjà un public nombreux. Ça s'appelle La vocation. aux éditions Le Cherche-Midi. Et Chloe, sa fille, je vous remercie en tout cas d'avoir participé à ce café au comptoir.
- Speaker #1
C'est moi qui vous remercie, Alexis.
- Speaker #0
Vous avez écouté un café au comptoir. Petit mot habituel de chaque fin de podcast, allez sur Apple Podcast, mettez 5 étoiles, c'est encore mieux. Et puis surtout, laissez-nous un petit mot pour expliquer comment c'était bien ce podcast, comment vous l'avez aimé. Vous mettez n'importe quel pseudo, on s'en fout. En tout cas, ça nous offre de la visibilité. Allez partager ce podcast avec vos amis, vos collègues, votre famille, qui vous voulez. En tout cas, merci d'être ici et à très, très, très, très bientôt pour un nouveau café.