- Speaker #0
qui a fait au bonsoir. Qui a fait au bonsoir.
- Speaker #1
Mon invité du jour est un artiste dont le nom résonne comme un écho à des influences multiples et éclectiques. Ce jeune talent a su s'imposer avec une voix unique. Alimenté de références variées par son père, grand fan de métal, qu'il a initié à des groupes tels que Nine Inch Nails et Silmarils, il a créé un univers sonore profond qui puise aussi bien dans la variété. que dans le rock ou la techno. A 12 ans, on lui a fait découvrir Hallelujah de Jeff Buckley. Le titre bouleverse sa perception de la musique. Trois mois d'apprentissage intensif plus tard, le jeune Léo se lance dans l'aventure musicale. Et c'est là que naît son amour pour la chanson. Il poursuit des études de musique à Bordeaux tout en travaillant code AMP, aide médico-psychologique. Ce qui l'amène à s'impliquer dans un milieu qui le bouleverse et le nourrit. Mais à un moment donné, la musique s'impose irrésistiblement. Léo commence à se produire dans les cabarets bordelais, une scène nocturne où il explore la fusion entre électro, chant et DJing. C'est là qu'il décide de se réinventer et se trouve un nom de scène, un clin d'œil au Monty Python et à l'artiste Saint-Germain. Et il met en avant un personnage libre et non conventionnel. Son style musical est une rencontre entre plusieurs univers oscillant entre pop, chansons françaises, électro et des touches de grunge. Il crée une musique hybride mêlant guitares électriques et rythmes électroniques avec des refrains entêtants. Ce mélange audacieux et sans compromis devient vite sa marque de fabrique. Le véritable déclic survient en 2021 avec « Les Dauphins » , un morceau devenu viral sur TikTok qui lui apporte une reconnaissance internationale. Un immense succès d'Inntal qui se concrétise également sur scène, avec un prix du public aux inuits du printemps de Bourges en 2022. Ce moment marque un tournant dans sa carrière, une consécration pour un artiste qui n'a jamais cessé d'explorer les thèmes intimes et personnels. La masculinité, la bisexualité, la construction de soi et des passages plus sombres de son histoire. Aujourd'hui, cet artiste se présente comme une voix singulière dans l'industrie musicale. Quelqu'un qui dénonce les normes, déconstruit les attentes. Il surprend son public, incroyablement varié. Même l'écrivain Nicolas Mathieu s'est déclaré fan. Alors, en 2026, il poursuit son chemin en restant fidèle à lui-même, sans compromis. A l'occasion de la sortie de son album, Les histoires d'amour de Saint-Graal. Eh bien oui, je reçois Léo Ménard, connu sous le nom de Seine-Saint-Graal, pour prendre avec lui... Un café au comptoir. Bonjour Léo, Saint-Graal, comment on dit ?
- Speaker #2
Tu peux, celui que tu veux. T'es trop fort, franchement c'est la meilleure intro que j'ai jamais eue.
- Speaker #1
Magnifique. Clairement,
- Speaker #2
je vais te la piquer lorsqu'il pourra te présenter.
- Speaker #1
J'enverrai le texte à votre attaché de presse.
- Speaker #2
Avec plaisir.
- Speaker #1
Donc, Saint-Graal, aujourd'hui, c'est bientôt la sortie d'un double album. C'est ça. Beaucoup de temps passé, en fait, quand on lit toute cette bio, on se dit que beaucoup de temps a passé.
- Speaker #2
Ouais, de ouf, il y a eu beaucoup de temps. de temps avant la construction de ce WP qui forme l'album. Je ne sais jamais trop comment le définir en vérité, mais il est là et je suis trop fier.
- Speaker #1
Je disais, beaucoup de temps a passé, une carrière qui, à la fois, pour certains, on dirait que c'est un jeune artiste, il débute. Pour d'autres, c'est, je le connais plus de dix ans. Vous parlez à un public plutôt adolescent, c'est-à-dire que vous parlez de galères adolescentes, vous parlez de ressentis émotionnels qui est proche de ce qu'on peut éprouver quand on a entre 15 et 21 ans. Pourtant, vous, finalement, vous n'êtes plus trop un adolescent. On garde tout ça en soi.
- Speaker #2
Le but du premier EP, justement, des Extraordinaires, c'était ça, c'était de parler des premiers émois, des premiers amours, des premières recherches, un petit peu. Je voulais relater un petit peu ça parce qu'en fait, je ne me reconnaissais pas trop dans les histoires d'amour chantées actuelles. Et j'étais en mode, vas-y, je vais écrire les miennes. À un moment donné, je n'ai pas envie d'écrire du générique pour écrire du générique. Et si je parle d'amour, j'ai envie de parler, comme tu l'as si bien dit, de bisexualité, de polyamour, de choses que j'ai vraiment pu expérimenter, pu vivre. Et c'est arrivé du coup vers les années de découverte, donc vers les années plus jeunes où j'avais 20, 21 ans, etc. Entre 18 et 21 ans surtout. Et là par contre le deuxième EP, il parle plus de quelque chose d'un peu plus adulte on va dire. Où ça parle plus de qu'est-ce qu'on fait une fois qu'il y a la rupture, après toutes ces années de recherche de soi, un peu à travers l'amour. Et qu'est-ce qu'on fait quand on ne se sent pas représenté, quand on ne sait pas comment faire simplement. Et ça aussi c'était une expérimentation. Et non je pense que... Ouais. Ça fait 8 ans, 9 ans que le projet existe et on ne dirait pas, puisque les gens ont appris à me connaître, la grande majorité, il y a 3, 4 ans, quelque chose comme ça. C'est vrai que ça fait un bail maintenant. Je m'en rends compte.
- Speaker #1
Ça va vite, ça va très vite finalement. Est-ce qu'aujourd'hui, on ne reste pas également adolescent plus longtemps ? On voit des personnes qui ont, comme moi, entre 40 et 50 ans, et que finalement, on s'habille toujours avec un hoodie. On a d'autres marqueurs physiques. On a l'impression finalement de la jeunesse, c'est en plus, que le troisième âge ne ressemble plus du tout au troisième âge que je connaissais. En tout cas, moi, je connaissais quand j'étais petit.
- Speaker #2
Moi, j'ai l'adolescence plus longtemps. Je pense qu'en fait, les ados qui sont devenus adultes se rendent compte que les adultes, ils jouaient bien le rôle de l'adulte, mais qu'au final, ça n'existe pas. Moi, en grandissant, je me dis, putain, mais mes parents, qu'est-ce qu'ils improvisaient ? Comment ils faisaient ? J'en avais aucune idée, j'en parlais avec ma mère l'autre jour, et justement, elle me disait, ah mais on n'avait aucune idée de ce qu'on faisait, c'est un jeu d'être adulte. Il n'y a rien de précis. On fait croire aux enfants qu'on est les grands tout-puissants, mais... C'est un jeu, personne ne sait comment on fait. Et je pense que là, actuellement, il y a peut-être une déconstruction aussi de ce que c'est d'être adulte. Pour ceux qui deviennent adultes et tout, qui portent encore des hoodies, qui sont encore dans quelque chose d'assez libre, il y a moins de cases, peut-être. Peut-être qu'on s'assume un peu plus aussi, et qu'il y a moins l'espèce d'image limite christique des adultes, en mode ils sont intouchables et tout. Ça n'existe plus vraiment, j'ai l'impression. Ou peut-être c'est parce que je deviens adulte. que ça me touche moins du coup.
- Speaker #1
Donc, plus de maturité dans les textes, est-ce que ça demande plus de travail ? Est-ce qu'on se pose plus de questions ? J'imagine que vous avez participé à des ateliers comme le font un peu beaucoup d'artistes aujourd'hui. Je pensais par exemple, je ne sais pas si vous l'avez fait, mais il y a des ateliers comme les chantiers des Franco ou des choses comme ça. Il y a beaucoup d'accompagnement qui se passe autour des artistes. On a souvent plus de... travaille sur les textes, on devient plus exigeant avec soi-même.
- Speaker #2
En vrai, non, je n'ai jamais fait des trucs comme ça, des camps d'écriture et tout, machin, parce que on ne m'a jamais proposé, et je ne suis jamais allé chercher, forcément, enfin, on a essayé de faire chanter des franco, de faire le faire, etc., mais on ne m'a jamais pris, du coup, du coup...
- Speaker #1
Vous faites les gars,
- Speaker #2
mais merde ! Non, mais du coup, je me suis juste dit, bon, bah écoute, j'ai eu le prix du public du Printemps de Bourges, ce qui est fou, Je pense que je dois au public en premier lieu, donc je vais tout donner pour le public. Mais j'ai quand même des gens qui m'aident, je ne suis pas tout seul non plus, je ne suis pas à poil. Et en vérité, j'ai signé un label il y a pas si longtemps que ça, il y a 2-3 ans maintenant, qui s'appelle Glorybox. Et il y a plusieurs personnes qui m'aident un petit peu dans ce label et tout. Parce que je fais tout chez moi en fait, dans mon home studio où c'est vraiment le bordel pas possible. Il faut que je range à chaque fois, je me dis. Et il y a souvent Sylvain Taillé, qui est le directeur du label et qui est le DA, qui vient chez moi, qui se pose dans le canapé et qui écoute et qui peut me conseiller, qui peut m'aider et tout. Donc non, je ne suis clairement pas tout seul. Et là, pour ce dernier EP qui est sorti, les dernières histoires d'amour, c'est la première fois que j'ai travaillé avec des gens, notamment, pour la composition de trois morceaux. Donc pour Stay Talk, je vais le faire, j'ai composé avec Théa. qui est une artiste, une chanteuse en fait,
- Speaker #1
à peu près le même style musical que vous, je dirais, en punk,
- Speaker #2
en 10 fois plus punk, 10 fois plus hyper pop et tout. Et justement, on l'a composé ce morceau, pour l'anecdote, dans une église désacralisée, il n'y a aucune vanne là-dessus, c'est ça qui est très drôle. Je voulais un lieu pour composer justement, sortir un peu du studio parce que j'étais trop dans le studio, j'étais en déménagement, j'habitais à la porte de la chapelle, c'était compliqué. Il y avait des travaux partout, dès que j'enregistrais, ça s'entendait dans le micro. Et du coup, j'ai trouvé une vieille église sacralisée vers Chartres. Et j'ai dit à Théa, tu veux passer ? Elle a fait ouais, go ! Et elle est venue une nuit, et puis on a composé ça, voilà, en une nuit. Et c'était très drôle, il y avait un orage en même temps, donc là on a des images de fou furieux. C'est trop drôle. Ensuite, il y a Goodbye, que j'ai composé avec Elodie Chardança, du groupe Horos, qui je trouve écrit ultra bien. et très très forte et du coup c'est la première fois que j'écrivais avec des gens vraiment dernier extra avec Lionel Busac qui vit à La Rochelle qui est un compositeur mixeur celui aussi qui mixe mes morceaux j'étais à l'amusé un soir pendant qu'on mixait mes morceaux à composer un truc et au final ça restait et
- Speaker #1
voilà du coup je suis plus tout seul maintenant vous évoquiez votre DA Sylvain Taillé c'est quelqu'un qui a accompagné beaucoup beaucoup beaucoup d'artistes ouais c'est ouf vous avez comme ça des je sais pas des Merci. des producteurs de rêve avec qui vous aimeriez travailler éventuellement ? Ou est-ce que c'est juste l'idée d'être totalement... rester maître soi-même de ce que l'on fait parce que l'on crée quelque chose qui ressemble à peu de... peu de choses qui ont déjà été faites.
- Speaker #2
Eh bien justement, je pense qu'avant, j'avais peut-être, j'idéalisais peut-être des producteurs ou en tout cas des artistes avec qui j'aimerais travailler, je me disais, dans mes rêves les plus fous. Mais plus ça passe, plus je me dis qu'en fait, j'ai pas envie parce que j'aime trop juste vraiment être avec mes amis, être avec mes potes, travailler même le live par exemple. Le live est très différent de ce que je sors en termes de CD, de streaming et tout. Et ça, je le taffe vraiment avec mes ingé-sons. et avec mes ingénieurs, on s'amuse, ils me donnent de vrais conseils, il n'y a aucune histoire d'ego, et c'est ça que je trouve cool en fait, quand on travaille avec ses amis, c'est qu'il n'y a pas cette histoire d'ego, c'est juste du ça c'est pas une bonne idée, je pense, ok, ça c'est une trop bonne idée, ok, et c'est tout, et c'est trop bien. Et c'est la première fois que je commence à découvrir ça, et du coup je me dis qu'en fait la meilleure idée peut venir de moi, je pense, de base, et après on peut l'étendre avec... mes amis, avec des Sylvain Taillé, avec les gens qui m'entourent, avec qui je m'entends vraiment bien, et avec qui je considère aussi comme des amis, comme des collègues de travail vraiment très proches.
- Speaker #1
Dans les années 90, on avait certains artistes qui représentaient la scène queer, la scène LGBT, qui ne s'appelait pas encore comme ça, mais souvent c'était des artistes qui étaient hétéros, je pense à Mylène Farmer, je pense à Indochine même, et aujourd'hui, est-ce que Euh... Vous voyez que cette scène, elle est... Il y a des nouveaux artistes, je pense même à Lady Gaga, qui représente finalement une sorte d'icône. Est-ce que c'est important aujourd'hui pour certains artistes d'avoir des étiquettes et de se dire, je représente telle scène ? Ou est-ce que finalement, l'artiste en lui-même, tout ça, c'est une grande famille, et puis juste des courants de pensée, des chansons qui rendent hommage au genre en général ?
- Speaker #2
Eh bien, j'aimerais te dire que c'est... Merci. c'est libre et qu'il n'y a pas d'étiquette. Parce que moi, je sais qu'en tout cas, je n'ai pas envie de m'en mettre. Je n'ai pas envie d'être un porte-parole, un porte-drapeau ou un étendard ou ce que tu veux. Parce que je n'ai pas vécu, tu vois, avec toutes les références queer, en fait. Moi, je viens justement de petites villes où, clairement, il ne valait pas mieux dire que j'étais bi à l'époque au collège. Je l'avais fait une fois et je suis un peu mordu les doigts. Moi, mes icônes queer, pour le coup, c'était mes grand-mères, elles sont lesbiennes, et la série Glee, tu vois. C'était un peu tout, en vrai. Et quand j'ai appris, tu vois, que Green Day, le chanteur, il était bi, j'ai fait « Oh, wow ! » Dis donc, ça me fait quelque chose. Mais je pense que dans les artistes aujourd'hui, il est toujours important de continuer à s'identifier à... à revendiquer, on va dire, un petit peu ce qu'on est. De toute façon, ce qu'on est est politique dans tous les cas, et dans tous les cas, ce sera quelque chose à défendre. Mais je pense que c'est... J'aimerais qu'on y soit un jour, au stade, de normaliser ça, parce que je pense que c'est un peu le combat qu'on essaie de mener. À un moment donné, j'espère qu'on n'aura plus à se battre, en fait, à dire, oui, je suis comme ci, je suis comme ça, je suis... J'aimerais juste normaliser le truc. Et c'est pour ça que je le fais, en tout cas, dans mon projet. C'est-à-dire que je ne défends pas quoi que ce soit. Parfois pendant les concerts, je vanne sur le fait que je suis bi. Je suis en mode, deux fois plus de choix que vous. Je fais que des petits trucs comme ça. Mais je n'ai pas envie d'être porte-étendard de quoi que ce soit. Pour moi, en tout cas, j'ai vraiment envie juste d'être. Et je pense que c'est une manière de combattre à sa façon.
- Speaker #1
De combattre quoi ? L'intolérance ? Oui, c'est ça,
- Speaker #2
l'intolérance. Ou même juste le fait que ça se normalise aussi pour les gens. qu'il n'y ait même plus de « alors attends mais Saint Graal, est-ce qu'il est attiré par les mecs, par les meufs, par les deux ? » qu'il n'y ait même plus ce genre de questions, que ce soit juste « ouais Saint Graal, il fait des chansons d'amour » moi j'aimerais qu'on en soit à ce stade, mais c'est vrai que ce n'est pas toujours le cas il y a des fois où, j'espère, il y a des gens qui sont encore surpris parfois ou quand je balance une chanson ultra gay pour le coup, il y a des gens qui vont être en mode homophobe qui vont arriver dans les commentaires ou quoi que ce soit, eux ça dégage direct et puis voilà pas masculiniste ou Non, clairement pas. Alors là, on est loin, ce cliché-là.
- Speaker #1
Saint-Graal, on va faire un vrai ou faux.
- Speaker #2
Let's go.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce qu'elle fait au fond de soi ?
- Speaker #1
Alors, vrai ou faux, Saint-Graal, vrai ou faux. Au collège, quand les profs vous demandaient ce que vous voulez faire plus tard, vous répondiez intermittent.
- Speaker #2
C'est totalement vrai. Bah c'est en fait, j'ai dit à ma mère depuis que je suis petit, je veux être chanteur. Et je disais, bah je veux être chanteur, voilà. Et elle, elle me disait, pour être chanteur, il faut être intermittent, mon fils. Et j'étais en mode, ok, c'est quoi intermittent ? Elle fait, c'est ce qui va te permettre de gagner ta vie, de gagner de l'argent. Tu es intermittent aujourd'hui ? Ouais, je suis intermittent, j'ai réussi mon rêve. Et du coup, quand j'arrivais devant les profs, au début de l'école, il fallait marquer son nom, son prénom, ce qu'on voulait faire plus tard, etc. Je m'étais intermittent et je me souviens que ça faisait toujours beaucoup rire les professeurs.
- Speaker #1
Mais c'est pas facile d'être intermittent.
- Speaker #2
Non, c'est super dur.
- Speaker #1
Il y a toujours une galère administrative.
- Speaker #2
Ah non, mais oui. Et puis surtout, la première année, devenir intermittent, on parle pas assez ça. Mais c'est fou comme à quel point c'est dur. Je comprends pas. On en parle pas plus parce que moi, j'ai dû une année entière à ne plus travailler, à faire que des concerts et à ne pas avoir d'intermittence du coup, parce que tu fais l'année où tu essaies de devenir. J'avais... aucun argent j'étais à un mois de 200 euros par mois je me suis fait la vache donc pfiou c'est vrai le rester pas toujours simple non plus oui c'est vrai vrai ou faux vous êtes fan du titre de Blur Girls and Boys ouais j'adore ce titre mais non c'est trop bien en même temps ça se ressent un peu c'est une inspiration je
- Speaker #1
sais pas titre de la fin des années 90 qui est sur un rythme un peu disco ouais guitare très saturée c'est vrai qui part un peu dans des anharmonies Merci.
- Speaker #2
Ouais, je sais pas, en fait, j'aime trop ce morceau, le clip, l'esthétique, je le trouvais trop chouette, et c'est une de mes grosses références, tu vois, ce côté un petit peu up-tempo, et en même temps assez calme, étrangement, enfin, moi en tout cas je le trouvais assez calme, tu vois, et je sais pas, c'est une grosse référence.
- Speaker #1
Faut faire un duo avec Damon Elbar l'un jour.
- Speaker #2
Ouais, voilà le rêve.
- Speaker #1
Vous avez une playlist chialade sur votre téléphone, est-ce que c'est vrai ?
- Speaker #2
Alors, j'ai une playlist où elle... Pas vraiment chialade, mais elle s'appelle quasiment comme ça. Avec que des musiques, moi, qui me font chialer. Alors des trucs, voilà.
- Speaker #1
À quoi une playlist avec des musiques tristes ?
- Speaker #2
Attends, mais le moment où tu... Moi, je me souviens, j'ai depuis très longtemps, j'allais monter cette playlist. Le jour où je m'étais fait larguer au lycée, tu sais qu'elle a la grande peine de cœur, c'est du premier amour, tu vois, ce truc que tu revivras jamais, tu vois, où tu te dis, oh mon Dieu, qu'est-ce que j'étais mal. Je peux te dire que là, j'ai écouté tous les trucs tristes. Mais non ! Dix-deux frais, Keane, etc. J'ai écouté et j'ai vu trois morceaux qui sont dedans. Trois morceaux ? Alors, c'est vraiment très, très stéroclite. Il y a du Keen, par exemple, Somewhere Only We Know, tu vois, un grand classique et tout. Il y a l'affiche rouge de Léo Ferré.
- Speaker #0
Oh merde ! Non mais ça n'a rien à voir entre eux. Tu mets du Keen et du Léo Ferré à côté. Et il y a à voir, je ne sais pas, il y a quoi ? Je crois qu'il y a une instrumentale de Yom.
- Speaker #2
Ça doit être encore plus différent. Je ne vois pas du tout. C'est un groupe avec un clarinettiste... Une carinette aux gamaras bisantes et tout, machin. C'est magnifique ce qu'il fait. Et c'est que l'instrumental, c'est très beau.
- Speaker #1
Triste, quoi.
- Speaker #0
C'est triste.
- Speaker #1
Quand on est triste. Triste et beau, tu vois. C'est la tristesse quand on est triste.
- Speaker #2
C'est ça, il faut pleurer. Et après, t'es en mode, ah, tu es bien.
- Speaker #1
Vrai ou faux, vous avez beaucoup de tatouages, mais surtout, vous en avez un où c'est écrit l'aigle noir. Ou c'est un aigle noir.
- Speaker #2
Oui, j'ai un... Bon, c'est peut-être pas du tout podcast phonique, mais je vais le montrer.
- Speaker #1
Il découvre son bras. et c'est écrit aigle noir et alors référence à Barbara ou pas du tout ?
- Speaker #2
totalement référence à Barbara c'est une chanson qui m'a énormément marqué et de plus comme beaucoup de gens quand on a découvert vraiment ce double sens absolument atroce d'un inceste d'un inceste ça m'a dix fois plus touché et c'est mon premier tatouage que j'ai fait au dot je sais pas si tu vois ce que c'est c'est vraiment c'est à l'aiguille c'est plus à la machine c'est vraiment à l'aiguille et c'est un on voulait y avoir mal quoi. Ça fait moins mal, juste ça. Je n'y connais rien. En tout cas, ça fait moins mal. La machine, en gros, c'est plein de petites aiguilles qui frappent 15 fois à la seconde. Tu vois vraiment ça et tout. C'est ça, en gros, les machines. Tandis qu'une aiguille, c'est vraiment point par point, comme ça. Et c'est beaucoup plus doux, ça agresse moins la peau, etc. Et du coup, Aigle Noir tatoué sur l'avant-bras. C'était Barbara, je me suis fait abreuver à ça par ma mère quand j'étais petit. C'était ma mère qui coûtait beaucoup Barbara. Et ouais, j'adore. le personnage, tout ce qu'elle représente ce qu'elle était, comment elle parlait je trouve ça super
- Speaker #1
Barbara c'est beaucoup de piano voix et ça me permet une habile transition sur la sortie de ce double pay, double album vous l'appelez comme vous voulez en tout cas double sortie, je sais qu'il sort en CD également, pour les personnes qui ont encore une platine, vous êtes où ? Nous sommes là ! Ok ! Double vinyle ou pas ?
- Speaker #2
Double vinyle, non, il n'y aura pas parce que comme on a déjà vendu le vinyle du premier EP tout seul, on ne va pas faire un double vinyle et les gens ne vont pas avoir le premier vinyle. Donc, il y aura le vinyle du deuxième EP et du premier EP toujours disponible. Et ouais, le double...
- Speaker #1
Le physique est toujours là ?
- Speaker #2
Le physique est toujours là, ouais. Même moi, j'ai une petite collection de CD. Moi, j'aime mon lecteur CD avec mes belles enceintes.
- Speaker #1
Donc, avant de parler du fond, parlons de la forme. C'est important d'avoir toujours un peu de... de physique à revendre. Pas de votre physique à vous.
- Speaker #2
Je fais ce que vous voulez. D'avoir de physique à vendre, carrément, moi j'aime bien, parce que c'est les objets qui m'ont marqué, le CD et tout. Les livrets, notamment des CD, c'était ultra important pour moi. Moi, d'avoir un beau petit livret. Moi, je me souviens que quand j'étais au collège, je découpais les livrets, je les collais.
- Speaker #1
Et tu l'as prédit également, qui a bossé dedans avant ?
- Speaker #2
Ah bah bien sûr, moi j'ai mis dessus. Ah ouais, bien sûr. Même sur le premier EP, quand tu vas jouer, ouais, du vinyle, le premier EP du vinyle, tu regardes à l'arrière, j'ai tout marqué à la main, tous les trucs, c'est moi qui ai marqué à la main et tout, derrière et tout. Et ouais, non, je sais pas, j'aime trop le fait d'avoir devant moi un peu du physique et tout. Déjà, bon, évidemment, ça va aider à l'économie du projet, ce qui est normal. mais aussi c'est un petit souvenir pour les gens et c'est pour ça que je le design moi-même avec Margot Jodignot qui est une graphiste et on le fait ensemble et ouais c'est important je trouve d'amener un peu de soi dans quelque chose qu'on va offrir aux gens quelque chose aussi qu'on va vendre aux gens
- Speaker #1
Donc maintenant le fond et je reviens sur Barbara qui faisait beaucoup de piano voix C'est possible d'avoir un piano-voix à Saint-Graal un jour ?
- Speaker #2
Oui, totalement, mais il y en a quasiment un. Quasiment ? À la fin du dernier repas, sur la chanson qui s'appelle « Sont les plus belles de toutes » , où je commence en piano-voix, avec un piano un peu désaccordé, j'aime bien quand ça respire chaud. Moi, j'adore me faire un petit piano-voix, des fois. Je m'en fais à chaque fois que je peux. Dès que j'ai une répète dans un studio où il y a un piano, je me pose dessus et je me fais des petites reprises à droite à gauche. Mais ouais, j'aimerais bien. C'est un truc que j'admire toujours, les prises de risque des artistes qui se disent, vas-y, là, je vais faire un virage à droite. Et comme, tu vois, je ne sais pas ce que Rosalia a fait. Non, surtout pas. Un virage à l'extrême gauche dans ce cas-là, comme Rosalia a pu faire, où justement, elle s'est mise à faire chanter un opéra, tu vois, d'un coup, après un truc qui était ultra summer hit qu'elle a fait. Moi, j'adore. et ouais je pense que j'aimerais beaucoup à un moment arriver sur un truc ultra calme, une belle formule à proposer aux gens
- Speaker #1
L'album en fait est un double album, comment ça se fait ?
- Speaker #2
Bah en fait c'était pas vraiment prévu comme ça mais en gros, le premier EP que on voulait sortir un EP, donc les Extraordinaires Histoires d'Amour et en fait c'est parti de Je T'emmènerai qu'on a fait en live et c'était un petit peu improbable parce que c'est un peu ça qui a donné la C'est l'Extraordinaire Histoire d'Amour de Saint-Graal Ouais, un peu inspiré C'est une histoire C'est ça Merci. En fait, c'est qu'on l'a vraiment, je sais pas comment dire, mais on l'a vraiment construit un peu le fil rouge, quoi. C'est-à-dire que je t'emmènerais à sortie, il y a eu un engouement avec le public, et il y a eu aussi une prise de conscience de mon côté où je me suis dit, en fait, c'est la première fois que je me suis assumé autant avec un titre aussi pop, aussi pop-rock, tu vois, avec ce côté un peu hymne dans le refrain, tu vois. Et je me suis dit, en fait, mais moi j'aime ça, le public, s'ils ont encore pu s'apprécier ça, que les autres morceaux, je me suis dit, bah il y a une raison, c'est parce que je me suis fait kiffer, en fait. Bah du coup, on va partir là-dessus. Et j'ai décousu un petit truc, j'ai essayé de trouver des thématiques, je me suis dit, vas-y, je vais raconter un petit peu ces premières expériences, ces premières fois. Et à un moment, du coup, au final, il y avait neuf titres dans l'EP. On s'est dit, putain, c'est quand même un gros EP, là, qu'on propose presque un album, mais ça passe encore en EP, et je n'avais pas envie encore de faire mon album. Et puis, à un moment, il s'est venu la question du deuxième album, mais je ne me sentais pas encore, enfin, du premier album, je ne me sentais pas encore le courage de faire le premier album. Je me suis dit, tu sais quoi, on va faire un deuxième EP, et on va le lier au premier. Et du coup, c'est là que sont nées les dernières histoires. Parce que j'avais encore des choses à dire sur le sujet. Et je n'avais pas envie de faire non plus un album qui ne parlait que d'histoires d'amour. À un moment donné, je pense que je vais changer de thématique un peu. Mais j'avais encore des choses à dire sur le sujet. Et du coup, les dernières histoires d'amour sont nées comme ça. Et ça a créé cet enchevêtrement de deux EP qui forment un album, on peut le dire. Mais en tout cas, qui forment une histoire.
- Speaker #1
Un côté opéra rock même.
- Speaker #2
C'est ça. Et il y a un côté un peu où ça se suit. Il y a vraiment une histoire de... prise de conscience un peu dans les histoires d'amour et tout. Il y a même la dernière chanson où je dis que je me suis trompé lors de la première chanson de l'EP. Donc en gros, c'est les histoires d'amour, la première chanson de l'EP. Et la dernière s'appelle « Sont les plus belles de toutes » , donc elle a 18e chanson. Et en fait, dedans, je dis qu'en fait, je me suis trompé et que les histoires d'amour qui se terminent un jour sont pas les plus belles de toutes. Parce que quand je vois la personne qu'il y a dans mes bras aujourd'hui, je m'imagine plus sans elle et du coup, c'est toute seule. Voilà.
- Speaker #1
Je parlais d'opéra rock, on a presque l'impression que ces chansons, on pourrait tirer un fil entre elles et imaginer sur scène des personnages. C'est des choses qui vous titillent de dépasser le cadre musical, d'aller sur le cadre théâtral. En vous voyant en face de moi, en vous ayant vu sur scène, j'ai l'impression d'avoir souvent une sorte de personnage de larger than life, C'est-à-dire qui va tirer presque de la comédie à Del Arte, quelque part, qui est... qui est truculent, qui est...
- Speaker #2
Je sais pas, en fait, je mets très peu de barrières entre Saint-Graal et moi, en vrai, sur scène. C'est expansif, bien sûr, parce qu'il y a plein de yeux braqués sur toi, donc tu montres un peu le meilleur. de toi-même, c'est évident. Mais j'aime le fait aussi d'être expansif dans la vraie vie, de pouvoir montrer vraiment aussi qui je suis en n'essayant pas de bouffer tout l'espace et toute la place pour les autres aussi, évidemment. C'est le problème de tous les artistes. Mais je sais pas, je pense que... Je sais pas de quoi demain sera fait. Je sais que j'écris beaucoup de mon côté, des histoires, des livres, des trucs que j'aimerais, voilà. Mais j'ai rien de prévu d'autre pour l'instant. Je pense que ce genre de discussion font parfois naître des idées dans la tête des gens et peut-être qu'un de ces cas, je me dirais c'est quoi, let's go, pièce de théâtre, une comédie musicale, j'en sais rien. Mais pour l'instant, juste, ouais, j'aime vivre avec ce qu'il y a actuellement et ce qu'il y a actuellement, ça me convient totalement. J'ai pas les envies de grandeur, tu vois, de faire tous les zéniths de France, ce truc comme ça. J'aime ce qu'il y a aussi là, actuellement.
- Speaker #1
Comment sur scène, Saint-Graal ?
- Speaker #2
C'est... C'est énergique. Et déjà,
- Speaker #1
le setup.
- Speaker #2
Setup, là,
- Speaker #1
vous êtes tout seul avec un clavier.
- Speaker #2
Au tout début, c'était tout seul avec un clavier. Ensuite, ça a été tout seul avec une guitare. Et là, pour le prochain live, ça va être tout seul avec un clavier et une guitare. Et un écran LED de 3 mètres sur 2. Et un peu plus de personnes avec moi derrière. J'aime bien le fait d'être tout seul. Le fait d'avoir commencé tout seul dans ma chambre avec le Ableton, comme on disait. Bah je sais pas, je me sens tellement à l'aise avec ça. Et le fait qu'il y ait l'équipe avec moi, genre vraiment mes ingés c'est très important pour moi. C'est vraiment une équipe que je me suis fait au fur et à mesure. J'ai découvert l'importance d'avoir un ou une ingé son, d'avoir un ou une ingé lumière. Et c'est vraiment, outre le fait que ce sont mes amis, c'est vraiment des gens avec qui je communique même en live quoi. Des fois ils me font des vannes dans mes oreillettes, du coup je me tape des barres et je raconte la vanne au public. Des fois juste je rigole tout seul dans mon coin et je continue à chanter, enfin... C'est vivant même entre nous et je pense que ça se ressent aussi dans le live. J'ai envie que les gens se sentent chez eux pendant le live. Et c'est vraiment cette micro-impression que j'essaie de mettre dans la tête des gens. J'ai envie que quand ils arrivent, ils se disent « Putain, trop bien, je peux danser, on s'en bat les couilles. Putain, je peux arrêter d'avoir peur du regard des gens. On s'en fout, il y a un mec là qui est en train de sauter partout et qui dit qu'il n'a pas confiance en lui et pourtant il s'en bat les couilles. Donc let's go, je vais faire pareil. »
- Speaker #1
Vous êtes plus libre tout seul ?
- Speaker #2
Etrangement, en fait je suis plus connecté avec le public. J'ai peur qu'en rajoutant des musiciens ou des musiciennes, j'ai moins le truc avec le public et je sois aussi un peu focus sur les musiciens et musiciennes. Ce qui arrivera un jour, je pense qu'à un moment je serai accompagné. On m'a déjà proposé plusieurs fois et là récemment j'ai dit non. Ce qui est un peu bizarre mais je me voyais pas encore continuer. Je me suis dit on va mettre tout dans la scénographie, on va créer des trucs. Là je suis en train actuellement de créer des médias pour l'écran led et tout, en train de faire des trucs. C'est trop bien.
- Speaker #1
C'est votre projet ?
- Speaker #2
Ouais, j'apprends plein de trucs et j'aime bien. Et le fait que tout soit un petit peu DIY, c'est plutôt chouette.
- Speaker #1
Écoutez, on vous souhaite énormément de succès pour ce non-album, ce double EP, cette musique tout simplement. Ouais,
- Speaker #2
c'est ça, c'est de la musique, on va dire. Je compose toujours et je n'arrête pas de composer. J'ai 15 000 morceaux dans le disque dur. Et je pense que oui, c'est sûr qu'il y aura un album, un de ces quatre. Et je pense que petit à petit, je me sens de plus en plus prêt pour commencer à le créer. Donc écoute. On va partir au charbon.
- Speaker #1
Ça va nous permettre beaucoup de succès. Merci beaucoup, Saint-Gral.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #1
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