- Speaker #0
Une fois n'est pas coutume, j'ai deux invités du jour. Et pour casser les habitudes de ce podcast, c'est au bar du festival Rock en Seine que je retrouve les artistes qui vont se prêter au jeu de l'interview. Le premier sort de scène, le second s'apprête à monter dessus. Deux styles, deux personnages, deux ambiances. L'un ressuscite le rock made in France, l'autre se fond dans la mouvance d'une pop française de qualité, teintée de sons électro. Ils ont en commun de faire leur premier gros festival à Rock en Seine, une étape importante, cruciale, dans la vie d'un musicien. On retrouve Max Baby, puis Andéol dans Un Café au Comptoir, spécial Rock en Seine 2025. Max Baby, bonjour. Si je dis que votre musique, en fait, c'est un peu un concentré de French touch, de Britpop et également d'influence soul de Prince, est-ce que finalement, j'ai pas un peu défini ce que c'est votre son ? Ou est-ce que je me plante totalement ?
- Speaker #1
On me l'a jamais fait, mais c'est hyper plateur. En effet, j'adore Prince et j'ai grandi à écouter, en écoutant de la soul. Et ouais, il y a de la French touch. Non, franchement, pas mal.
- Speaker #0
Je disais ça parce que c'est vrai qu'il y a un beat dont... toutes les chansons et le concert.
- Speaker #1
T'as oublié le rock quand même.
- Speaker #0
J'allais y venir, j'allais y venir. Il y a un beat dans toutes les chansons, c'est-à-dire que on se sent vraiment porté par quelque chose. C'est pour ça que je parlais de l'influence French Touch. Quelquefois, ça me faisait un peu penser à des influences comme presque Mojo et leur tube éphémère Lady Hear Me Tonight dans le premier titre qui a été joué ce soir à Rock en scène. Ensuite, quand j'évoque la Britpop, c'est parce que je me rappelle un peu de certains accents punk, de blur. quand ils font dans leur période Country House, on est vraiment là-dedans. Et il y a ce côté un peu, avec la guitare fuzz, ce côté très recherché, ce côté très j'ai envie d'un son crado, presque à la The Kills de temps en temps, dans leurs meilleurs albums qu'ils ont abandonnés aujourd'hui. Mais voilà, il y a ce truc. Et la Soul de Prince qui est toujours là parce que vraiment, on va le sentir dans les riffs que vous pouvez faire, les riffs énervés. Donc finalement, votre influence supérieure, ce serait quoi dans tout ça ?
- Speaker #1
Je ne pourrais pas dire que j'ai une influence supérieure, mais en tout cas, tout ce que vous avez dit me flatte énormément. Et tout est vrai parce que ce n'est que des choses avec lesquelles j'ai été bercé. Vous avez beaucoup parlé de Prince. C'est vrai que Prince a ce côté un peu guitare, pour moi, très sale aussi. Tout en DIY, pas d'ampli. Et le côté Kills, guitare un peu expérimentale, un peu presque électronique. Ça, c'est vraiment quelque chose que... j'explore énormément, donc bien vu.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Il y a une recherche du son. C'est-à-dire que vous êtes français, vous chantez en anglais, on va y revenir un peu plus tard, mais il y a une recherche du son, c'est-à-dire presque à la manière finalement de quelqu'un qui a envie de brouiller les pistes. Comment ça naît ? Comment naît une chanson ? Est-ce que ça naît d'un riff ? Est-ce que ça naît d'une parole, d'une envie de sujet ? C'est quoi votre façon de créer ?
- Speaker #1
Évidemment, ça dépend, mais... souvent ça vient de ce que j'ai envie de dire parce que toutes les paroles que j'écris sont vraiment des choses que j'ai vécues et donc ça part rarement d'un riff le riff vient avec une idée de ce que j'ai envie de raconter donc il y a quelque chose de très animal et de très instinctif dans ce qui se passe mais en effet le fait de brouiller les pistes c'est une volonté que j'ai dans la musique j'aime bien les choses qui ne sont pas faites comme les autres ou les choses qui sont par exemple mettre une guitare dans un ampli ok Merci. C'est cool, ça fait des années qu'on le fait et c'est magnifique parce que moi, je traite les guitares presque comme des synthés et les synthés presque comme des guitares. Donc, j'aime bien inverser les rôles et essayer en tout cas de, comme vous avez dit, brouiller les pistes ou de casser les codes. Mais voilà.
- Speaker #0
Et quand ça naît, la chanson ? C'est pour ça que je repose ma question. Je savais. C'est quoi votre... tactique pour créer une chanson ?
- Speaker #1
J'ai pas de tactique en fait, à chaque fois que je me retrouve en studio j'ai l'impression que je sais pas faire de musique et ce qui est terrifiant et en même temps hyper excitant à chaque fois c'est que j'ai l'impression de faire un morceau pour la première fois à chaque fois et j'ai pas de recette il y a une petite étincelle qui arrive et ça je sais pas comment mais il y a un moment où je me perds et c'est vraiment ça que je recherche c'est cette perdition dans le Merci. dans le morceau et à un moment, c'est un peu... Je reviens à la réalité, je me dis, oh, bah voilà, ça y est, j'ai trouvé, il est fini. Et c'est ça.
- Speaker #0
L'anglais, ça paraît, on a l'impression, un peu naturel avec ce style de musique. Est-ce que ça veut dire que... Le français, c'est « no way » , « jamais » , ou est-ce que ça veut dire que ça demande encore plus de travail et que finalement, c'est bien d'avoir ce côté un peu primal ? Ou est-ce que ça veut dire encore que finalement, oui, peut-être plus tard, mais bon, ça mérite encore une autre attention ?
- Speaker #1
Je ne dirais pas « jamais » , mais en fait, j'ai grandi avec des Anglais depuis tout petit et donc j'ai baigné là-dedans. l'Angleterre en particulier fait partie de moi C'était naturel de chanter en anglais après avoir grandi avec des anglais autour de moi. Je trouve que c'est vrai que c'est une langue qui se prête hyper bien à cette musique, mais je n'ai pas l'approche de me dire que toutes les paroles en anglais ça passe. Pas du tout. Les paroles pour moi sont autant importantes, voire plus importantes que la musique que je fais. En tout cas, je les mets clairement sur un pied d'égalité si ce n'est plus.
- Speaker #0
Vous avez sorti un EP, vous êtes un artiste qu'on appelle un artiste émergent et pourtant vous comptez déjà sur la scène française. Vous êtes là à Rock en scène, c'est un premier gros festival, à moins que je me trompe dans mes sources. Comment on se prépare mentalement pour ça ? Comment on prépare également cette liste ? Est-ce qu'on se dit, ah oui, ce morceau, je suis sûr qu'il va fonctionner. Voilà, c'est quoi, ça fait quoi de passer à Rock en scène ?
- Speaker #1
Déjà, c'est incroyable, c'est un festival que j'ai... toujours rêvé de faire, j'ai du mal à croire que je viens de descendre de scène à Rock'n'Scenes, c'est génial. Beaucoup d'anticipation, beaucoup de stress, encore aujourd'hui, avant de monter sur scène, cinq minutes avant, ça allait beaucoup mieux, j'étais dedans, j'étais prêt, j'avais trop hâte. Non, par contre, je ne me dis pas, il y a ce morceau qui va mieux marcher que les autres, non, ça c'est toujours sur le moment, et je ne prépare pas vraiment. des concerts différemment des autres il n'y a pas de traitement de faveur tous les concerts que je fais j'essaye de garder ce point d'honneur en me disant que qu'il y ait 10 ou 2000 personnes je vais faire le même concert parce que chaque personne mérite un choix à 100% voire plus et non je me donne toujours à fond pour n'importe quel concert
- Speaker #0
Moi je fais une review un peu de tout Rock'n'Scenes, je vois énormément de concerts ici et il y a quelque chose qui m'a un peu choqué, je dois le dire c'est qu'il y a beaucoup de groupes qui vont avoir toute une partie très enregistrée, je pense surtout dans les chœurs, je pense dans le traitement vocal, je pense dans les séquences. C'est quelque chose qu'aujourd'hui, de toute façon, on va travailler avec ça, on va même travailler le live avec des logiciels comme Live, d'ailleurs, qui tournent derrière. Vous, je ne sais pas s'il y a des séquences, ce n'est pas ça le souci, ce n'est pas le problème. Je sais qu'il y a du son, il y a peut-être des boucles, vous faites même des boucles en direct avec votre guitare, on le voit. Merci. Mais il y a certains groupes, je pensais à Chapel Rowan par exemple, qui jouait il y a deux jours, où on sent que l'énergie se perd, le naturel se perd. Quelle est votre vision de ces groupes qui vont jouer avec tellement de séquences, tellement de chœurs enregistrés, que finalement, est-ce qu'on est vraiment devant un concert ?
- Speaker #1
En tout cas, je ne peux pas trop parler pour les autres. chaparrones c'est C'est un show qu'on voit, c'est différent, il y a une scéno, il y a toute une réalisation autre que la musique, c'est un spectacle, c'est plus qu'un concert ce genre de choses. Moi j'en suis encore au stade où ce n'est qu'un concert et la seule chose qu'il y a de préenregistré c'est les synthés parce qu'on n'a pas le budget pour un quatrième membre. Il n'y a que les synthés mais tout est, comme vous avez pu le souligner, je fais des boucles de guitare et tout le reste est joué. Et on n'a que le quatrième membre qui n'est pas encore là, mais qui sera là un jour. Et voilà, je fais exprès d'avoir le moins de choses possibles préenregistrées. Je pense que ça se sent, j'espère en tout cas. On voit vraiment que c'est live, le batteur est vraiment un batteur, le bassiste est vraiment un bassiste. Il a son synthé aussi en plus. Moi, on entend ma guitare qui joue. Si je me plante, je me plante. Les loops, si je me plante, elles sont plantées pour tout le morceau. Donc c'est... Voilà, mais je veux vraiment garder ce truc live et d'énergie. Je ne veux pas que les gens, quand ils viennent voir un de mes concerts, qu'ils aient l'impression d'entendre exactement l'enregistrement. Ce n'est pas intéressant, pour moi en tout cas. Et puis je ne chante pas de la même manière, ce n'est pas du tout les mêmes énergies, ce n'est pas forcément les mêmes structures. On essaye de faire quelque chose de brut et de différent.
- Speaker #0
En tout cas, ça marche, c'est génial. Et on voit vraiment même l'énergie vocale. Parfois l'énergie vocale elle est encore plus forte dans vos cris Dans la façon dont vous haranguez la foule Et on se doute qu'en tout cas Sur d'autres chansons encore Vous donnerez sûrement à l'avenir encore plus de chien de cette force vocale qui est vachement puissante. C'est quoi le futur pour Max Baby ? Qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qu'on va pouvoir voir avant la fin de l'année ? Ou en 2026 ? Dites-nous tout.
- Speaker #1
Who knows ? Déjà, je vais sortir un single le 3 septembre. Ensuite, des concerts en Allemagne, en Belgique, à Londres. et mon premier headline show à Paris le 19 novembre. Main Room, c'est une nouvelle salle à Paris. Je n'avais pas envie de faire les circuits classiques et je me suis dit qu'une nouvelle salle. pour un nouveau projet, c'était intéressant de changer un peu du circuit classique de la maroquinerie, que j'adore, j'adore cette salle de la maroquinerie, je ne suis pas du tout en train de cracher dessus, j'adore cette salle, mais j'avais envie de, quitte à faire les choses différemment, continuer. Mais j'ai d'autres morceaux en stock, donc il y a des choses qui vont arriver.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup, bon courage pour la suite, et puis on vous souhaite tout le succès que vous méritez.
- Speaker #1
Merci, merci beaucoup.
- Speaker #0
Bonjour Andéol, Andéol parisien, 23 ans et un premier album qui parle de bisous, c'est un peu ça ?
- Speaker #2
Alors parisien oui, Andéol aussi, j'ai 25 ans maintenant et oui un premier disque qui parle de bisous mais pas que, mais en effet il en parle.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui en 2025 faire un album qui rend hommage quelque part à la chanson française en restant dans une tradition plutôt de chansons pop, C'est resté dans... dans les traces de plus grand que soi, mais c'est difficile de réinventer quelque chose ?
- Speaker #2
Ouais, c'est extrêmement difficile. En fait, c'est extrêmement difficile de créer quelque chose, donc de faire de la musique, que ce soit en prenant en compte de la tradition ou en essayant de ne pas la prendre en compte. Ouais, ouais, c'est difficile. En fin de compte, je ne me pose pas tant de questions que ça quand je crée. J'écoute mon instinct et je fais ce que j'ai envie de faire, ce qui me semble juste et ce qui me semble sonner juste. raisonner juste au moment où je compose en fait.
- Speaker #0
Le podcast Un Café au Comptoir, c'est un podcast où généralement je vais voir des personnes qui créent et surtout généralement dans les endroits où les personnes sont inspirées. Là on est au bar, finalement au bar VIP de Rock en Seine, juste avant le concert que vous allez donner dans quelques heures. Est-ce qu'on écrit finalement, même quand on est en tournée ? Est-ce qu'on écrit ? dans des lieux qui sont plutôt atypiques ? Ou tout simplement, comment ça se passe pour vous habituellement d'écrire une chanson ?
- Speaker #2
Ça dépend, il y a plein de processus qui sont valables. Quand je fais des concerts, en général, j'aurais l'habitude de dire que je n'écris pas et que je ne compose pas beaucoup. Mais il s'avère que... Alors moi j'habite à Paris, donc ce matin j'étais dans ma chambre, enfin j'étais chez moi quoi, et j'ai composé une chanson. Il n'y a pas vraiment de règles, ça dépend. J'aime bien partir d'une boucle mélodique, d'une suite d'accords, et d'écrire à partir de là, et d'essayer le plus possible de ne pas réfléchir, et de faire ça naturellement, instinctivement. Après, il s'avère que, comme on le sait, la création, c'est que des contre-exemples. Donc à chaque fois que j'ai un processus qui s'installe, immédiatement, il vient être destitué par la création d'après.
- Speaker #0
J'ai bien entendu que ça partait d'une boucle. Ça part jamais de la musique ? Ça part jamais du texte ? Ça part d'abord de la musique ou ça peut être un peu n'importe comment ?
- Speaker #2
Comme je disais, ça peut être un peu n'importe comment, ça fait que changer. C'est assez rare que ça parte du texte, parfois oui, mais c'est assez rare. Par contre, quand j'écris des choses à partir d'une musique que j'ai composée ou que quelqu'un d'autre a composée, il m'arrive d'utiliser des textes qui existaient avant la chanson.
- Speaker #0
Comment on se prépare pour la scène ? Est-ce qu'on va choisir des chansons qui se passent bien sur scène ? Et est-ce que même finalement quand on écrit une chanson, on se dit directement « Ah, celle-là, pour la scène, ça va être chouette ! »
- Speaker #2
Alors, il faut savoir que quand on compose, il faut le plus possible, je crois, ne pas penser au produit final et à la réception. c'est à dire que c'est la meilleure manière pour être paralysé. Si je commence à penser à moi qui joue la chanson qui n'existe pas encore devant des centaines, voire des milliers de personnes, c'est la meilleure solution pour que je finisse par jamais composer la chanson. Donc non, je n'y pense pas. Je ne pense pas à la scène quand je compose. Après, quand je choisis la setlist, les conditions pour qu'une chanson finisse sur... Cette liste d'un concert, c'est plusieurs choses. C'est comment je la sens, est-ce que j'ai envie de la chanter, est-ce qu'elle me parle, est-ce qu'elle va fonctionner sur scène, est-ce que je l'ai déjà chantée, est-ce qu'elle a marché, est-ce qu'elle résonne encore en moi, cette chanson que j'ai composée. Voilà, c'est un ensemble de raisons.
- Speaker #0
Je pose cette question notamment parce qu'il n'y a pas si longtemps que ça, Christophe Mali, le chanteur du groupe Trio, me disait que, dès le début, une chanson qui passe bien sur scène... on le sent, il y a un truc qui se passe. Et même quand on est en train de l'écrire, on se dit, ah, il y a cette intuition. Vous l'avez, vous, cette intuition sur certaines chansons ?
- Speaker #2
Pour la scène, franchement, je ne saurais dire. Peut-être que je n'ai pas assez d'expérience de la scène, il en a plus que moi. Donc peut-être que c'est mieux que moi, ça. Et peut-être que ça viendra avec le temps. Mais pour l'instant, je n'avoue pas trop. Par contre, moi, l'intuition, je l'ai plus une fois que la chanson est faite. Au moment de faire la chanson, encore une fois, je ne réfléchis pas trop à ce que ça va donner, parce que c'est un peu, encore une fois, à... la meilleure manière pour que la chanson ne finisse par jamais voir le jour. Je ne réfléchis pas trop à ce que la chanson va donner quand je l'écris. Mais par contre, une fois que la chanson est composée, que j'ai une première maquette, là, l'instinct ne trompe pas. C'est un peu comme les histoires d'amour et les coups de foot. Les plus belles chansons, celles qui résonnent le mieux, celles qui finissent par le mieux marcher, sont celles qui sont sorties d'un seul coup. Quand c'est facile, c'est évident.
- Speaker #0
C'est pas mal quand c'est facile, c'est évident. C'est peut-être un peu réducteur ce que j'ai dit au tout début quand je disais que c'est un album qui évoque les bisous parce que c'est beaucoup plus que ça. J'ai l'impression qu'il y a quand même un petit engagement dans vos paroles. Est-ce que c'est difficile finalement de parler de sujets qui fâchent aujourd'hui dans la chanson française, dans la chanson en général, dans la musique en général, quand on est un artiste ? Qu'est-ce que vous pensez de tout cela, de l'engagement en général, des responsabilités qu'on peut avoir en tant qu'artiste ou en tant que citoyen ?
- Speaker #2
Je pense que c'est au regard de chacun de vouloir s'engager ou non, de la manière dont il ou elle veut. C'est toujours difficile de s'engager parce que quand on s'engage, quand on prend position quelque part, on aura forcément tort à un autre endroit. C'est-à-dire que même si on pense défendre la chose la plus objectivement juste, Il y aura toujours un point de vue qui sera valable pour nous montrer qu'on aura tort. Donc c'est très difficile de s'engager parce que accepter qu'on s'engage, en tout cas assumer de s'engager, c'est accepter d'avoir tort quelque part. C'est ça le plus dur. C'est pour ça que la prise de position, la radicalité, c'est très difficile à avoir parce que quand on a un esprit critique et quand on est artiste, pour le coup, on est dans cette condition-là, on se pose toujours cette question de est-ce que j'ai raison ? Est-ce que je fais le bon choix ? Est-ce que le pas que je fais me mène vers la vérité ? Après la définition de la vérité, ça peut être la beauté. les émotions etc. ou la vérité scientifique, j'en sais rien. Quand on est artiste, c'est plus rare mais ça peut arriver. Mais quand on est artiste, je sais que chaque pas qu'on fait est une tentative pour essayer d'arriver à cette vérité-là. Et choisir de s'engager, que ce soit politiquement, même esthétiquement, et tout ça, c'est à voir, pour moi c'est la même chose. C'est très difficile parce que s'engager c'est accepter d'avoir tort quoi.
- Speaker #0
composer une chanson également.
- Speaker #2
Et composer une chanson c'est très difficile parce que c'est accepter aussi qu'on va faire quelque chose, c'est ne pas faire plein d'autres. J'écoutais un podcast sur le peintre Nicolas Poussin et le conférencier parlait du fait que Nicolas Poussin avait comme devoir ou comme enjeu de non pas parler à tout le monde mais de parler à chaque individualité dans ses tableaux et en fait quand on fait une chanson c'est un peu la même chose le but c'est de parler à chaque individualité parce que par exemple si on prend une position politique et que s'adresse qu'à des personnes qui sont déjà d'accord avec nous, ça n'a pas grand enjeu, et ça n'a pas grand intérêt. Donc le but, c'est de détendre les sensibilités, et que les esprits s'éclairent, pour aller vers le mieux.
- Speaker #0
Justement, là, vous allez tenter, finalement, de prêcher devant plein de non-convertis à la musique d'Andéol. Qu'est-ce qu'on ressent à quelques heures d'un premier gros festival, si je ne m'abuse ?
- Speaker #2
On ressent du stress, beaucoup de stress et en même temps de l'excitation. J'essaye de me détendre, je fais bonne figure, mais non, du stress. En même temps, je suis très content. Les meilleures scènes que j'ai pu faire, c'est celles où je suis parti du principe que ça allait bien se passer, que j'étais content de le faire. C'est quand j'essaye de passer le meilleur moment possible que je fais le meilleur concert. C'est surtout sur ça que j'essaie de me concentrer. Le stress, j'essaie de le concentrer au moment des répétitions, de la création du show. Une fois que c'est fait, là maintenant, le show, je ne vais pas le changer. Si j'oublie des paroles, si je chante faux, si je ne prends pas la parole de la manière dont je l'avais prévue, si... je danse mal, j'en sais rien, ça fera partie du moment. Donc j'essaye juste de me dire que je vais passer le meilleur moment possible et c'est tout ce qui compte pour faire un bon concert, je crois.
- Speaker #0
On arrive presque au terme de cette interview express avec Andéol avant son concert Rock en Seine. Qu'est-ce qui va suivre après cet été, fin 2025, 2026 ? Qu'est-ce qu'on va pouvoir s'attendre à écouter et à voir ?
- Speaker #2
Eh ben... Il va être temps de lancer un nouvel opus, un deuxième EP. Donc on va sortir des nouvelles chansons et surtout continuer à faire un maximum de concerts, notamment à la Maroquinerie le 22 janvier 2026, où je me produis sur scène pour le coup pour une durée plus longue qu'aujourd'hui. J'ai déjà très hâte d'y être pour pouvoir montrer les nouvelles chansons que j'ai préparées dans mon coin.
- Speaker #0
Merci beaucoup Andéol et bon concert !
- Speaker #2
Merci à vous et à bientôt !
- Speaker #0
Merci beaucoup d'avoir écouté ce podcast spécial Rock en scène. Merci aux équipes de communication du festival. Retrouvez tous les renseignements sur ces deux artistes en description de ce podcast. Vous avez écouté un café au comptoir. Petit mot habituel de chaque fin de podcast, allez sur Apple Podcast, mettez 5 étoiles, c'est encore mieux. Et puis surtout, laissez-nous un petit mot pour expliquer comment c'était bien ce podcast, comment vous l'avez aimé. Vous mettez n'importe quel pseudo, on s'en fout. En tout cas, nous, ça nous offre de la visibilité. Allez partager ce podcast avec vos amis, vos collègues, votre famille, allez, qui vous voulez. En tout cas, merci d'être ici et à très très très très bientôt pour un nouveau Café Comptoir.