Speaker #0Aujourd'hui j'ai envie de parler avec vous du syndrome du ventre vide. Alors peut-être qu'une partie de vous va tout de suite savoir de quoi il s'agit. D'autres vont être curieuses de découvrir ce concept qui n'est pas reconnu scientifiquement, même s'il fait écho à d'autres concepts, mais le mien est un peu plus global, c'est-à-dire qu'il touche au corps mais pas que, vous allez voir. Et là je suis en train de faire cet épisode en étant à quasi pile 6 mois de grand. grossesse demain. Et ça m'est venu dans la nuit, parce qu'il m'arrive de cogiter aux épisodes que je vais faire, même si j'ai ma liste de sujets au fur et à mesure, mais j'essaye de piocher le sujet qui m'inspire le plus à un moment donné. Et je sentais mon bébé bouger à l'intérieur de moi, et je pensais à après, parce que c'est mon quatrième enfant. Et je me souviens bien qu'à Chaque fois, j'avais un drôle de sentiment après, c'est-à-dire que... le bébé est né, il a passé plusieurs mois à l'intérieur de vous, donc 9 mois plus ou moins, et pas 9 mois à le sentir bouger. On est bien d'accord que les mouvements fétaux, c'est aux alentours de 18-20 semaines d'aménorée, c'est vraiment une moyenne jusqu'au terme. Et on n'a pas tous la même, toute la même relation à ces mouvements, et ça peut avoir des conséquences après. Donc ça s'appelle le syndrome du ventre vide. Encore une fois, c'est un langage... qui n'est pas reconnu par la sphère médicale, mais parce que ça ne parle pas uniquement de quelque chose de médical, ça parle d'un ressenti qui est partagé par beaucoup, beaucoup de femmes. Et voilà, j'avais besoin de parler de ce sujet-là, parce qu'on peut se sentir un peu étrange, ou alors on peut ne pas savoir que ça existe, et moi je trouve ça intéressant d'avoir l'info en amont d'accoucher, ou alors d'en parler si on sait qu'on est sujet à ça, on a déjà vécu ça. Ça permet de poser des mots et de mieux comprendre aussi. Donc, qu'est-ce que c'est que le syndrome du ventre vide ? C'est le fait que notre bébé est né, il est à l'extérieur de nous. On l'a rencontré avec nos yeux, avec nos mains. Et pour autant, on peut ressentir une forme de nostalgie. Alors là, déjà pendant la grossesse, ce que je remarque, c'est que moi, je fais partie des femmes addictes. La sensation d'avoir un bébé... qui bouge à l'intérieur de soi, je trouve ça incroyable d'avoir cette conscience qu'un être humain est en train de se développer à l'intérieur de moi et qu'il m'envoie des signaux, qu'il se développe aussi à travers moi. Ce n'est pas forcément des signaux qu'il m'envoie moi directement, mais qu'il a besoin d'exprimer dans son développement normal. Et puis parfois, c'est un moyen de communication. Vraiment, c'est quelque chose qui me fascine d'être. à la fois un moyen pour permettre à une vie de se développer, d'exister. Et je trouve ça aussi fascinant qu'un si petit être puisse être en interaction avec moi, avec mon mari, et de sentir la vie qui commence à devenir un peu autonome en fait. Pas autonome dans le sens où tout se passe à travers mon corps, mais c'est indépendant de ma volonté, indépendant de mes commandes. Et je commence déjà à tisser une relation avec ce petit être, comme avec mes enfants, mes précédents de grossesse et donc mes précédents fœtus. Et voilà, moi c'est quelque chose que je trouve vraiment fascinant, qui dépasse tout ce qu'on peut connaître de la vie de façon rationnelle. C'est une sensation unique, assez éphémère aussi sur l'échelle d'une vie. j'ai conscience aussi qu'il y a des femmes, beaucoup de femmes qui n'aiment pas ça. Alors soit qu'ils l'appréhendent complètement, j'ai même accompagné, ça m'est arrivé assez souvent, d'accompagner des femmes qui appréhendaient ce ressenti et qui pouvaient ressentir un blocage à l'idée d'être enceinte, parce que elles assimilent ça à avoir un alien dans le ventre, ça peut être très flippant. Donc ça, j'ai conscience que ça peut être aussi interprété et vécu très très différemment. Et puis des femmes qui le vivent et qui n'apprécient pas. d'avoir ces mouvements phéto à l'intérieur de soi. Donc mon propos n'est pas de dire qu'il y a une norme, qu'il y a quelque chose de standard, mais tout ça pour dire que ça crée une relation particulière avec soi, avec son corps, avec cet être aussi qu'on ne connaît pas encore, mais qu'on est en train d'apprendre à connaître, notamment avec ses mouvements. Ça met du temps à se construire, donc c'est quand même progressif, même si c'est assez fulgurant quand on y réfléchit. Mais c'est quand même assez progressif de jour en jour. Et on accouche. Et là, il y a plus bébé à l'intérieur de soi. Alors là où je disais que c'est quand même documenté un petit peu scientifiquement, c'est sur la perception des mouvements fétaux après l'accouchement. Il y a une étude australienne qui est assez vaste, qui a été faite dans les années 2019-2020 sur 200 femmes, et qui a pu démontrer que 40% des femmes ressentent des mouvements fétaux après l'accouchement, en moyenne jusqu'à 6 à 7 ans après l'accouchement. Moi ça, ça me paraît énorme. Ce n'est pas du tout ce que moi j'ai vécu, c'était plutôt dans le postpartum immédiat. Je ressentais vraiment comme des coups à l'intérieur de mon ventre. Mais la moyenne, c'est plusieurs années après l'accouchement. Donc déjà, je trouve ça assez dingue. Et d'où l'intérêt de cet épisode, c'est de vous dire, vous pouvez peut-être faire partie de ces femmes en fait, parce que 40%, c'est presque la moitié des femmes. Là, c'est vraiment dans le côté sensoriel. Je ne parle pas d'émotion, je parle vraiment de sensation à l'intérieur de soi. Comme si le bébé était encore dans le ventre. Donc ça, c'est une étude qui vient d'Australie, mais le professeur Hugo Bottman, dont je parle parfois dans mes épisodes, parce que j'aime beaucoup son travail, a pu lui parler d'interoception. Donc ça rejoint complètement ce concept d'études australiennes. D'ailleurs, peut-être qu'il en a parlé dans ses bouquins, je ne me souviens plus, mais en gros, il explique que pendant la grossesse, il y a toute une construction neurologique. une perception qui se familiarise et au fur et à mesure, on acquiert des liens de cause à effet. Le bébé bouge, j'ai une sensation. Le bébé bouge, j'ai telle sensation. C'est cette sensation-là, etc. Donc ça évolue un peu pendant la grossesse. Et à partir du moment où on accouche, c'est tellement drastique comme différence que ça peut s'assimiler à ce qu'on appelle les membres fantômes pour les personnes qui se font amputer. Donc on peut comme avoir des sensations dans un membre qui n'est plus là. Et pour la grossesse, ça peut se dérouler un peu de la même façon. Donc ça, c'est vraiment sur le côté sensoriel, corporel. Moi, là où je rajoute quand même quelque chose d'hyper important, c'est la sphère, alors je mets émotionnelle slash relationnelle. Mais pour moi, les deux sont associés. Moi, c'est plus ça qui est important pour moi, qui est vrai pour moi surtout. C'est au-delà des sensations, et je vous en reparlerai peut-être en postpartum, peut-être que je dirai, mais oui, je le sens complètement. c'est trop dingue, mais c'est le côté mon bébé est à l'intérieur de moi et ça peut me procurer tout un tas de sentiments, de reliance de sécurité, il est à l'abri à l'intérieur de moi, on vit quelque chose d'unique, de privilégié c'est vraiment un énorme privilège dans le côté relationnel c'est presque égoïste de dire ça mais c'est quelque chose d'assez réel, on a un super pouvoir de femme Et dans ce super pouvoir, on a aussi des privilèges. Et voilà, c'est mon cerveau qui l'interprète comme ça, mais il y a une relation unique qui se tisse avec ce petit être, et il y a tout le champ des possibles aussi. On ne sait pas à quoi il ressemble, on ne sait pas qui il est réellement, mais il est là et il nous apporte sa petite présence. Il s'adapte aussi à notre disponibilité. Si on est encore au travail, il va moins se manifester. Et puis à partir du moment où on se pose, là, on va ressentir beaucoup plus de choses. C'est assez dingue. Et après l'accouchement, Je sais que dans mon baby blues au sens large, il y a ce truc de mon bébé n'est plus à l'intérieur de moi. Et comme une sensation de vide, de manque, ce qui est débile quand on y pense parce que mon bébé il est juste à côté. Mais je pense que ça fait partie du deuil en fait, le deuil de la grossesse. Et notamment le deuil de mon bébé n'est plus à l'intérieur de moi. Est-ce que ça veut dire qu'il n'est plus protégé ? Est-ce que ça veut dire qu'il n'est plus en fusion avec moi ? Est-ce que ça veut dire que je ne suis plus la première à percevoir ces signaux ? Est-ce que ça veut dire que ça change notre relation ? Ça peut vouloir dire tout un tas de trucs derrière, évidemment. Mais je pense qu'aussi pour beaucoup de femmes, la sensation d'avoir ce bébé à l'intérieur de soi, c'est comme une façon de se remplir psychiquement. Quand on a connu des manques, des carences affectives, des problèmes de reliance, de lien, ce lien peut vraiment venir apaiser quelque chose. Je ne dirais pas réparer. Je ne pense pas que ça vienne réparer quelque chose. Peut-être ce qu'on en fait derrière. Mais le lien en lui-même avec un foetus, c'est éphémère. Donc ça peut nous faire pousser des ailes. Ça peut vraiment procurer quelque chose de très particulier sur le plan psychique. Et je crois que si on a connu... des carences affectives dans sa vie, notamment avec les parents, avec les proches, les donneurs de soins principaux. Notre côté petite fille peut ressortir et ça peut réveiller ce manque-là. Pensez-y. Si vous êtes concerné, vous êtes enceinte, ou vous venez d'accoucher, vous avez accouché il y a quelque temps, et que vous avez pu ressentir ça, ou que vous avez cette sensation que mon bébé à l'intérieur de moi me procure une grande force, et il y a une bascule après, ou il y aura peut-être une bascule après, questionnez-vous sur comment vous avez grandi, et est-ce que vous avez eu suffisamment de sécurité. Ça peut parler aussi de la sécurité présente. Est-ce qu'autour de moi j'ai assez de personnes qui m'enveloppent ? qui me soutiennent, qui me sécurisent. Et si ce n'est pas le cas, on peut vraiment s'attacher très très fort à ces choses. Et d'autant plus ressentir un vide après. Et la chute hormonale post-accouchement vient renforcer aussi cette perception de vide. C'est tout ce cheminement à la fois physique, psychique, relationnel et du coup émotionnel, il peut se découler plein d'émotions issues de ça, que j'avais envie de partager avec vous. Alors moi, je serais vraiment curieuse de savoir où vous en êtes, si c'est quelque chose qui vous parle, ce syndrome qui ne porte pas de nom scientifique, mais qui pour moi est très très réel, pour moi et puis pour nombreuses personnes que je vois en postpartum, et même après, à en croire les études, ça peut durer très très longtemps. Est-ce que vous, c'est plutôt physique sensorielle ? Est-ce que c'est plutôt de l'ordre de l'attachement qu'il se passe quelque chose de bouleversant pour vous ? Vous pouvez ressentir ce vide. Est-ce que vous êtes enceinte et vous redoutez de ressentir ça ? Si c'est le cas, ne redoutez pas. Ce n'est pas grave, ce n'est pas quelque chose qui va vous faire une énorme souffrance en principe. Si c'est le cas, là on a besoin d'un suivi évidemment. Mais dans la norme, ça fait partie du postpartum. Si vous ne ressentez pas ça, ce n'est pas grave du tout non plus. On est bien d'accord. Comme je le disais, au niveau sensoriel, c'est 40% des femmes. Sur le plan émotionnel, ce n'est pas étudié. Ça en dit long aussi. ce que vivent les femmes et ce qui est pris en compte. Mais en tout cas, on peut le dire ici, on peut partager tout, tout même ce qui n'est pas étudié, ce qu'on peut ressentir. Et je suis sûre que ça fera écho à plein d'entre vous. Alors dans les podcasts, j'aime bien que vous repartiez avec des clés. Mais déjà, je trouve que mettre les pieds dans le plat autour de ce syndrome, c'est pas mal. Ça permet déjà de se questionner, de conscientiser certaines choses. de pouvoir élaborer sa propre petite popote psychique, émotionnelle, et peut-être relativiser aussi ce qu'on ressent, ou se sentir moins seule, donc c'est déjà un premier pas. Et pour la suite, si vous, vous ressentez ce syndrome du ventre vide, eh bien, comme je le disais, s'interroger sur moi et mes forces, ou mes faiblesses autour du lien, mes figures d'attachement passées et présentes, et comment je crée le lien aujourd'hui avec mon bébé. Pour moi, une des clés vraiment importantes, c'est vraiment d'avoir un continuum très progressif entre la grossesse, l'accouchement et le postpartum dans les premières semaines. C'est de vous autoriser à être en peau à peau avec votre bébé, de faire une orgie de peau à peau, de ne pas vous restreindre, de ne pas vous dire « je suis trop allongée avec mon bébé, je passe trop de temps, je vais en faire quelqu'un de dépendant, de difficile » . Ça, sur les premiers mois, ça n'existe pas. et particulièrement les six premières semaines, c'est une phase très particulière où le bébé est encore dans ses réflexes de fœtus, et petit à petit, il devient un humain incarné, mais c'est progressif. Et il a aussi, lui, besoin de ce contact avec vous. C'est ce qui aide à mettre en route l'allaitement. C'est ce qui aide à créer un lien d'attachement fort. C'est ce qui aide à bien récupérer en postpartum, parce que ce mood-là de... continuum très progressif avec ce peau à peau et ce côté t'étais dans mon ventre et tu viens sur mon ventre et bien ça demande du repos donc en fait tout est logique quelque part et c'est vraiment un concept que je déploie, que j'aborde un peu sur tous les aspects dans mon atelier en ligne sur le postpartum qui va bientôt voir le jour suis-je un peu perfectionniste ? Peut-être, mais là je suis sur le fignolage des réglages, ça fait plusieurs mois que je suis sur cet atelier, parce que j'ai envie de bien faire. Et voilà, donc j'en parle pas plus, peut-être que quand vous écouterez cet épisode, vous verrez une pub au début de cet épisode pour parler de cet atelier que vous pouvez vous offrir en e-learning. Mais c'est vraiment un pilier pour moi du postpartum, cette notion de continuum, de suite logique entre la grossesse, l'accouchement, le postpartum, pour pouvoir après réémerger. vers une vie plus terrestre. Mais ne vous privez pas, d'autant plus si vous redoutez ou vous ressentez ce syndrome du ventre vide. Parfois, c'est lié aussi à une fracture trop brutale de séparation, de distance, qu'on va vouloir imposer, nous imposer, s'imposer avec le nouveau-né. J'espère que cet épisode vous parle, vous a plu. Comme d'habitude, je me tiens disponible pour qu'on échange à ce sujet. Vous n'êtes pas seul, force à vous, force à nous. Et je vous souhaite vraiment un magnifique lien avec votre bébé, qu'il soit à l'intérieur ou à l'extérieur de vous. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouveau thème. A bientôt.