- Speaker #0
Bienvenue dans une dose d'avance, le podcast 100% officine proposé par Giphar, animé par Tina Kraszkowski.
- Speaker #1
Bienvenue dans une dose d'avance, la voix des pharmaciennes et des pharmaciens qui façonnent leur métier, votre nouveau podcast 100% officine. Ici, on donne la parole à celles et à ceux qui vivent la pharmacie au quotidien. Chaque épisode explore une thématique essentielle. Des témoignages terrains, des partages de bonnes pratiques et un éclairage sur les évolutions du métier et de notre secteur, la pharmacie. Le tout grâce à la vision d'un réseau fédéré, la coopérative Giphar, qui se veut résolument engagée. Ensemble, nous allons décrypter les enjeux d'aujourd'hui pour encore mieux préparer les défis de demain. Dans ce troisième épisode, nous allons parler d'une étape clé pour de nombreux pharmaciens, le parcours d'installation. Des étapes cruciales à ne pas rater, les erreurs à éviter, comment se faire accompagner pour un tel projet. Pour nous éclairer, j'ai le plaisir d'accueillir Emmanuel Maarek, pharmacien Giphar installé à La Rochelle depuis un an et demi, qui va nous raconter son parcours, et David Verdier, responsable de projet officinaux, pour nous expliquer chaque étape de ce parcours. Bonjour à tous les deux.
- Speaker #0
Bonjour. Bonjour.
- Speaker #1
Alors Emmanuel, on va commencer tout de suite avec vous. Comme on le disait, vous êtes réinstallé depuis peu, un an et demi. Est-ce que vous pouvez nous faire une petite rétrospective de ce parcours ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. Alors moi, j'ai commencé mes recherches dans le but de m'installer il y a plusieurs années sur la Rochelle directement et ses environs. Ça n'a pas été toujours simple. J'ai étudié d'autres villes d'ailleurs. Je suis parti un peu sur Royan, sur Bordeaux. J'ai visité plusieurs pharmacies, une dizaine, une quinzaine, jusqu'à la dernière, donc sur la Gour.
- Speaker #1
Et ça a duré combien de temps cette vie ?
- Speaker #2
C'était assez long. C'est plusieurs années. Je n'ai pas en tête exactement, mais bien six ans. Ça a été long parce qu'il y a eu beaucoup de recherches, beaucoup de transactionnaires contactés, beaucoup de courriers envoyés. On a discuté avec David un peu tout à l'heure sans passer par les transactionnaires aussi, sans trop de succès. Et la dernière, finalement, donc celle où je me suis installé, elle est venue sans que moi je cherche, puisque... Un transactionnaire a contacté mon ancien patron. C'était en avril 2023. Et du coup, ça s'est fait, je crois, le lundi. Le mercredi, on visitait. Le vendredi, on signait l'offre, la promesse de vente.
- Speaker #1
Et donc, soudainement, tout se décante, tout va très vite. Est-ce que pendant ces six années de recherche, vous avez reconstruit votre demande, vos besoins ? Comment est-ce que vous avez ciblé les pharmacies qui étaient intéressantes pour vous ?
- Speaker #2
le fait de... D'avoir pas mal travaillé en étant assistant au préalable m'a permis de savoir aussi ce que je voulais. J'ai bossé dans des officines de Sanko, des officines de quartier, des officines touristiques sur l'île de Ré. Ça a permis de voir un peu ce que je voulais, ce que je ne voulais plus. Et puis du coup, j'ai essayé de composer un peu l'officine vraiment idéale. Voilà, je recherchais un peu ce genre-là d'une taille raisonnable. Puis, à un moment donné, on pensait aussi faire un projet en installation à deux. Et puis, ça ne s'est pas fait parce qu'on a eu plusieurs déconvenues. Il y a eu des visites, il y a eu des signatures et des annulations.
- Speaker #1
D'accord. Et finalement, c'est un projet individuel que vous avez choisi ?
- Speaker #2
Individuel, mais en ayant quand même un associé. Donc, toute la partie amont, en fait, on l'a fait à deux.
- Speaker #1
D'accord. Et c'est à ce moment-là que vous avez fait la connaissance de David, peut-être ? Ouais,
- Speaker #2
on s'est rencontrés sur le... quand j'ai commencé à vraiment rencontrer les personnes de GIFAR qui aident à l'installation.
- Speaker #1
D'accord. David, c'est à ce moment-là, en général, que vous rencontrez les pharmaciens qui veulent s'installer en tant que responsables de projets officinaux ou est-ce que ce sont des étapes encore plus précoces ou parfois même plus avancées ?
- Speaker #0
Alors, les pharmaciens et les pharmaciennes qui veulent s'installer, on les rencontre souvent bien avant, puisqu'on est présent également dans les facultés. Donc, on fait de l'information et de la formation auprès essentiellement des étudiants en sixième année sur l'installation, mais même parfois avant. Donc, on en rencontre parfois pendant leurs études. Et ensuite, notre service organise six séminaires installation par an. On rencontre plus d'une centaine d'adjoints et d'adjointes qui viennent se former à l'installation. On les rencontre souvent durant ces événements. On a également des after-work, des formats plus courts, un peu plus conviviaux, sur lesquels on parle de l'installation avec des partenaires, des experts comptables, des transactionnaires, des assureurs. On les rencontre souvent avant. Et puis certains arrivent avec un dossier qui est déjà quasiment prêt, ou en tout cas avec une officine qui est déjà identifiée. Et là, on se penche. plus précisément sur l'analyse de l'environnement. Très souvent, ça commence avant que le projet soit concret.
- Speaker #1
Une recherche comme ça, comme Emmanuel, qui a duré six ans, avec un projet qui s'est affiné, ça vous paraît commun ? Ou est-ce que vous êtes aussi là pour aider à affiner plutôt ces projets ?
- Speaker #0
Moi, j'ai le coutume de dire qu'on est capable de donner un timing d'installation à partir du moment où l'offre d'achat est signée. C'est environ six, sept mois. Tout le temps avant. cette offre d'achat, ça peut être six mois, ça peut être six ans. Il n'y a pas de règle.
- Speaker #1
Tout profil.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Tout existe.
- Speaker #0
Oui, tout existe. On conseille très souvent à nos adjoints et adjointes de commencer à réfléchir à ça et d'affiner le plus possible leurs choix. Entre eux, je souhaite exercer dans une petite officine, une plus grande, en milieu rural, en ville, et d'essayer de faire des choix. Ce qui est rédhibitoire de le noter. Je ne veux pas travailler, par exemple, en ville ou en centre-co. Et puis, ce qui peut être négociable ou ce qui peut permettre de trouver une officine plus facilement. Donc, il y a des points souvent qui sont clés pour les adjoints et les adjointes. Et puis, il y en a d'autres où parfois, on est obligé de revenir un peu parce que la pharmacie idéale qui coche vraiment toutes les cases, c'est quand même très difficile à trouver. Et si on la trouve, on risque de mettre beaucoup plus de temps que prévu.
- Speaker #1
La pharmacie idéale est aussi le projet idéal. Là, on voyait avec Emmanuel aussi que l'association avait été envisagée. Quelle concession est-ce que vous avez faite, en tout cas pour votre installation, et quelles étaient vos idées finales, c'est-à-dire sur le projet ? Est-ce que vous souhaitiez plutôt une pharmacie touristique, une pharmacie rurale ? Comment vous l'avez finalement déterminée ?
- Speaker #2
Je ne voulais plus être en milieu vraiment très touristique, parce que j'avais vu que c'était dur à gérer au niveau saisonnalité, au niveau personnel. Je trouvais qu'une pharmacie homogène, c'était plus intéressant. Et surtout pour une première installation plus facile, parce qu'on a une équipe qui prend ses vacances, mais qui n'a pas forcément en plus dans une saison besoin de recruter 3-4 personnes en plus pour assurer la séance.
- Speaker #1
Alors on a vu ensemble en effet comment germe l'idée d'installation et comment finalement on se lance avec un timing suite à la définition du projet qui peut durer jusqu'à un an, disons. Mais aussi... Plusieurs étapes avant l'installation, c'est beaucoup d'obligations, notamment financement, management, comme on vient de l'évoquer, rachat de clientèle, les inquiétudes aussi qui entourent le monde de la pharmacie. Comment est-ce que vous avez vécu, vous, tout ce côté administratif de l'installation ?
- Speaker #2
C'est lourd, en fait. C'est un peu ce qu'on disait juste avant. En fait, ça fait vraiment comme une petite spirale qui prend. qui prend de l'ampleur plus on avance dans le temps des mois qui arrivent, on sent que ça s'intensifie sur vraiment les 3-4 derniers mois. C'est lourd parce qu'il y a beaucoup de choses à faire en amont, il y a la banque, l'assurance du prêt, une fois que la banque a dit OK, il y a rendez-vous médicaux, il y a de l'humain derrière tout ça, donc finalement il y a le vendeur qui relance sur plein de choses. L'acheteur qui peut avoir des doutes, c'est des projets de vie dans les deux cas. Il y en a un pour lequel, moi, c'était un couple qui est parti à la retraite. Il fallait que j'assure certaines choses aussi.
- Speaker #1
Est-ce que les occupations étaient particulièrement stressantes ?
- Speaker #2
Pas vraiment stressantes, plutôt intenses et lourdes. Lourdes parce qu'en fait, on essaie de toujours avoir plusieurs avis et toujours avoir plusieurs comparatifs. Parce que c'est important de voir plusieurs banques, c'est important de voir plusieurs assurances. Et donc c'était le cumul, en plus en travaillant à côté, donc le cumul de tout ça était plutôt lourd. Il fallait se former au nouveau logiciel que je ne connaissais pas, il a fallu constituer quasiment une équipe en amont, puisque moi quand j'ai signé l'offre en avril, il y avait un couple de pharmaciens qui partaient et trois préparatrices, et quand j'ai repris en janvier, il ne restait plus qu'une préparatrice, et donc il fallait structurer l'équipe pour l'avoir à peu près dispo. Savoir que ça rentrait...
- Speaker #1
On l'a vu, du coup, Emmanuel, il a beaucoup comparé les typologies de pharmacie, beaucoup de sujets à traiter, certains chronophages. Mais quels sont finalement les sujets aussi les plus cruciaux, les plus importants, David, dans la préparation de ce projet ? Au-delà de la formation sur le logiciel ou même des questions de management qui peuvent être réajustées au moment même de l'installation ?
- Speaker #0
Je dirais que le plus important, c'est de... Bien analyser l'officine qu'on souhaite acquérir, son chiffre d'affaires bien sûr, mais surtout sa rentabilité. Et puis bien bâtir son projet pour pouvoir correctement l'expliquer devant le banquier. C'est souvent le point sur lequel on passe un peu de temps, parce qu'il ne s'agit pas simplement de faire un prévisionnel avec l'expert comptable. de remplir des cases, mais il s'agit surtout de savoir présenter son projet. Parce que le banquier, en fait, et c'est souvent ce que je dis, c'est qu'il s'attache beaucoup plus au porteur de projet qu'au chiffre. C'est-à-dire que bien avant le rendez-vous, il aura déjà analysé le prévisionnel, il aura déjà analysé la pharmacie. C'est généralement des gens qui sont spécialisés, donc ils connaissent très bien l'activité économique des pharmacies. La question qui se pose, en fait, c'est... la personne en face de moi, est-ce qu'elle est capable de porter le projet qu'elle est en train de porter ? En fait,
- Speaker #1
c'est ça. Maintenant, c'est un pitch de projet au même titre qu'une start-up ou une entreprise portée par la personnalité de son titulaire.
- Speaker #0
C'est ça. Donc, en fait, ça se prépare. On a, nous, des outils qu'on appelle des business plans, mais qui, bien sûr, reprennent les chiffres et la projection économique, mais qui, surtout, présentent le projet en partant du début. Pourquoi on s'installe ? Pourquoi on s'associe pour s'installer ? Pourquoi le choix de cette pharmacie ? Quels sont ses atouts ? Quelles sont ses faiblesses ? Qu'est-ce que je vais faire, moi, pour pallier éventuellement les faiblesses ou pour la développer ? Sur quel timing ? Qu'est-ce que je vais faire en arrivant ? Qu'est-ce que je vais faire à deux ans, à trois ans ? Est-ce que derrière, il y a un projet de transfert ? Est-ce qu'il y a un projet d'agrandissement, etc. ? C'est-à-dire qu'il faut essayer de faire en sorte de projeter le banquier et qu'il soit certain qu'effectivement, il y a du développement à faire et que vous êtes la bonne personne pour gérer l'équipe. suivre les chiffres et assurer la pérennité de l'entreprise. Donc, ça se prépare. Les outils dont nous disposons permettent de présenter ça correctement. Et on accompagne justement nos adjoints et nos adjointes pour remplir et préparer ce rendez-vous bancaire. Il y a pas mal d'appréhension, mais en fait, avec de la préparation, ça se passe souvent bien.
- Speaker #1
Avec le recul, Emmanuel, est-ce que vous auriez aimé être accompagné plus tôt ?
- Speaker #2
Non, je considère avoir été bien accompagné. Donc non, pas forcément plus tôt. Et je confirme ce que David dit sur le business plan. Giphar, il m'a vraiment aidé à soutenir le projet au niveau de la banque. Ça a été apprécié. C'est un plus.
- Speaker #1
Une mise en forme un peu plus lisse de votre projet pour une présentation finalement plus professionnelle aussi.
- Speaker #2
C'est ça. Il faut convaincre. Donc il faut essayer d'avoir... mettre ses atouts là et le business plan, moi je sais qu'il m'a aidé. C'est une analyse démographique, médicale, vraiment une analyse à tout niveau de la pharmacie. On fait un petit prévisionnel sur quelques années, puis en non commercial, on analyse vraiment beaucoup de choses et le profil des dus ou des titulaires reprenants. Je sais que les banques ont apprécié aussi d'avoir ça en plus.
- Speaker #1
Oui, d'autant plus que maintenant la pharmacie est considérée par... Beaucoup de banques comme un commerce presque à risque. L'analyse géomarketing, est-ce que ça fait partie vraiment d'un point crucial de cette installation ?
- Speaker #0
Oui, bien entendu. Il faut analyser l'environnement économique. Il faut se pencher aussi sur les flux, sur les projets éventuellement qui peuvent toucher l'environnement proche de la pharmacie, comme des travaux, des réorganisations de sens de circulation dans les villes ou des choses comme ça. Elle est indispensable quand il s'agit d'un transfert ou d'un regroupement. Parce que là, on doit pouvoir prouver aux banquiers que le site sur lequel on va transférer une pharmacie a un potentiel, peut générer tant de chiffre d'affaires et tant d'activités. Donc là, on doit passer par une étude vraiment en géomarketing. Donc nous, on travaille avec des prestataires qui font ça très professionnellement. On a, nous, dans Giphar, notre façon d'analyser, on a des outils. qui nous permettent d'avoir vraiment une segmentation de toute la population sur la zone, les tranches d'âge, les niveaux de revenus, la commercialité, tout l'environnement médical, puisque l'armature médicale est très importante pour la pérennité d'une pharmacie. Donc on a déjà une étude qui est ultra précise. Pour le cadre de transfert ou de regroupement, on fait en plus appel à des prestataires qu'on connaît bien et qui sont capables de rendre une étude sur des flux, notamment de passage piéton, de passage de véhicule. sur lequel il est important de se pencher avant ce type de projet.
- Speaker #1
Et Emmanuel, avec le recul, est-ce que vous avez fait des erreurs lors de ce parcours d'installation ?
- Speaker #2
J'en ai fait plusieurs, dont une qui reste en tête, c'est le fait d'avoir signé une offre un peu trop rapidement. Et donc voilà, je voulais mettre une petite alerte sur les offres que potentiels pharmaciens acquéreurs peuvent être amenés à signer. Il y a des offres qui peuvent être fermes et définitives, qui sont assez engageantes. Et pour s'en défaire, c'est un peu plus délicat. Si on n'est pas sûr de son choix, prenez le temps de la réflexion. Il n'y a rien d'urgent dans l'achat d'une pharmacie, il n'y a vraiment rien d'urgent parce que si ce n'est pas cette pharmacie-là, c'est une autre. Et ça fait partie du parcours et du processus pour trouver celle qu'il faut. Il n'y a rien d'urgent dans le sens qu'en fait, je pense que c'est comme dans la vie tout ça, on a plein de rituels, des activités physiques, des activités... musicales qui permettent de retrouver du sens et de se reconnecter pour savoir si c'est la bonne décision. Et donc prenez le temps de... Ça c'est un petit conseil, mais prenez le temps de signer et regardez bien ce que vous signez.
- Speaker #1
Et dans votre cas, ça a conduit à un rétro-pédalage finalement ? Oui,
- Speaker #2
ça a conduit à un rétro-pédalage, sans rentrer dans le détail, mais voilà, on a dû passer par des avocats pour casser l'offre. Le vendeur a dû derrière retrouver d'autres acquéreurs et c'est sûrement... Plus de notre faute que de la sienne, mais en tout cas, prenez le temps, ne faites rien dans la rapidité sur ça. Même si c'est vrai qu'il y a des territoires peut-être un peu plus tendus, ou des transactionnaires qui font miroiter que les pharmacies seront vendues très rapidement, prenez toujours le temps.
- Speaker #1
David, vous êtes aussi là pour accompagner les futurs titulaires et les aider à lire entre les lignes ?
- Speaker #0
Oui, on conseille bien évidemment de faire attention aux offres d'achat. La première chose à faire, en fait, et un des premiers conseils qu'on donne, c'est de bien constituer son équipe projet. Il ne faut pas y aller seul. Il faut s'entourer d'avocats spécialisés pharmacie, d'experts comptables spécialisés en pharmacie, parce qu'aujourd'hui, c'est une activité qui a des spécificités, justement pour avoir une relecture, avoir des avis. et pouvoir avancer sereinement. Et en fait, une offre d'achat, oui, comme on dit souvent, il est urgent d'attendre. Donc, prenez le temps de bien relire, de bien voir tout ce que ça implique, de vous faire conseiller par des spécialistes parce qu'honnêtement, les pharmaciens sont formés à être de très bons professionnels de santé, mais ce ne sont pas des juristes, donc il ne faut ni des experts comptables, même s'il y en a qui se révèlent après. de fin connaisseur des comptes de résultats ou des documents comptables, mais il faut s'entourer de personnes compétentes sur ces sujets pour pouvoir avancer sereinement et sécuriser le projet.
- Speaker #1
Se faire accompagner, mais également se former. Et il me semble, Emmanuel, que vous avez souhaité, vous aussi, enrichir vos compétences à l'aide de diplômes universitaires. Vous pouvez nous expliquer sous quelle modalité, et ensuite, avec le groupement, comment vous avez pu être accompagné sur ces formations ?
- Speaker #2
Bien sûr. En premier lieu, j'avais fait un séminaire en 2016 d'installation d'assistants qui était proposé par GIFAR à l'époque. Et donc, ça a déroulé sur quelques jours, il me semble. J'ai rencontré à ce moment-là Bruno Robert, qui m'a d'ailleurs accompagné sur tous les projets que j'avais. Et c'était, je crois, son premier séminaire. Donc voilà, moi, j'ai découvert quelqu'un d'humain et j'ai trouvé quelqu'un de très profond. Et je me suis dit, j'ai compris pourquoi. De transactionnaire, il est passé à accompagnateur de projet Giphar. En 2019, j'ai fait un diplôme universitaire à Lille. Je crois qu'il n'y a qu'à Lille qu'il est présenté. C'est un diplôme qui est appelé gestion de l'officine, mais c'est surtout orienté sur l'achat de pharmacie.
- Speaker #1
Avec un expert comptable ?
- Speaker #2
Avec un expert comptable qui anime le DU. Il y a des avocats et des intervenants qui sont vraiment partie juridique. Un DEU qui est intéressant, ça permet vraiment d'apprivoiser les bilans, de commencer à lire les liasses, de voir un petit peu les formes de société, les choses qu'on voit peu à la fac. Et je le conseille, c'est un DEU qui est intéressant à faire.
- Speaker #1
Ce format de séminaire ou d'accompagnement, David, vous y participez, vous aussi, même dans les facultés ?
- Speaker #0
Oui. On intervient dans les facultés à leur demande, effectivement, sur un premier niveau d'information sur l'installation. Et puis ensuite, il y a plusieurs niveaux, c'est-à-dire que notre service organise des after-work sur l'installation, donc un format court en fin de journée, où on commence à parler, effectivement, des étapes de l'installation. On invite très souvent des experts comptables qui... Également, on donne de l'information sur la valorisation des pharmacies, les pièges à éviter quand on souhaite devenir titulaire. Et puis, on a également les séminaires installation qui se déroulent sur deux jours avec intervention, pareil, d'experts comptables, de notre service également, les étapes de l'installation, le compte de résultats, le bilan, etc. Et puis, la deuxième journée, elle est destinée à s'attaquer à un cas concret d'installation où on met en situation nos adjoints et nos adjointes. dans une ville avec des pharmacies à la vente, des pharmacies à regrouper, éventuellement à transférer. Et chacun va choisir un peu sa stratégie, parce que s'installer, ce n'est pas forcément acquérir une officine et l'exploiter. Ça peut très bien être acquérir une officine pour la transférer ailleurs. Ça peut être un regroupement, une fusion. Donc, il y a plusieurs possibilités pour devenir titulaire. d'élargir le champ des possibles et de présenter toutes ces possibilités à nos adjoints et adjointes. Donc, c'est deux jours assez denses, mais c'est deux jours qui apportent pas mal de prérequis, en tout cas, et puis de pistes pour affiner un peu la réflexion. On présente également beaucoup de partenaires, donc des transactionnaires, des experts comptables, des assureurs qui permettent, j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure, de commencer peut-être à créer son équipe projet pour avancer. Et puis au sein de GIFAR, il y a un troisième niveau de formation qui est un cursus qui s'appelle Audencia et qui est en partenariat avec une école de commerce de Nantes et qui se déroule sur 19 jours de formation où on aborde des thèmes comme le management, le leadership, le merchandising, le pilotage financier, bref, toute la partie vraiment chef d'entreprise. Une fois ce cursus approuvé, avec un mémoire et une soutenance à tenir, nos adjoints et adjointes valident deux blocs. de compétences RNCP du master de cette école de commerce. Donc ça, c'est une possibilité qu'on offre à certains de nos adjoints et adjointes, des promotions d'environ une quinzaine de personnes tous les ans. Donc on essaie de porter le plus haut possible la formation sur ce côté chef d'entreprise qui devient de plus en plus essentiel pour l'exploitation d'une pharmacie.
- Speaker #1
Donc à plusieurs échelons, on le voit, forme de séminaire, formation un peu plus longue ou des formations ? Au sein des facultés, est-ce qu'au niveau local aussi, il existe des choses pour soit réunir les pharmaciens et partager les compétences ou les expériences ? Et est-ce que vous en avez bénéficié, Emmanuel ?
- Speaker #2
Au niveau local, peu.
- Speaker #1
Je crois pourtant savoir que vous êtes installé pas très loin de votre ancien titulaire.
- Speaker #2
Alors effectivement, j'ai rencontré un de mes premiers patrons, Sébastien Ausha, en 2013. Je travaillais avec lui au début que pour des remplacements. Et puis après, j'ai travaillé avec lui dans trois officines différentes, puisqu'il a eu plusieurs officines.
- Speaker #1
Donc dans la région de votre officine actuelle, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, c'était proche. Et donc, suite à cette rencontre, il y a des patrons qui marquent un peu plus que d'autres. Et c'est vrai qu'il y a eu tout de suite un bon lien qui s'est tissé. et en fait... Ensuite, on était plus ou moins sur la même longueur d'onde, sur la même façon de travailler, la même façon de voir, à travailler en équipe. Et du coup, quand l'occasion s'est présentée, alors moi je travaillais encore pour lui en 2023, quand l'occasion s'est présentée de racheter la pharmacie tout près de la sienne, on a sauté sur l'occasion.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, est-ce que ça a été un vrai partenaire ? Au-delà de l'expérience pratique, où est-ce que ça s'est arrêté là ? Et plus loin encore, est-ce que les pharmacies qui sont adhérentes de votre regroupement font partie d'une sorte de réseau que vous avez pu constituer, avec qui vous échangez régulièrement ?
- Speaker #2
Oui, alors effectivement, ça a été bien plus qu'un partenaire financier, parce qu'au-delà d'avoir des parts dans la pharmacie... que j'exploite, il m'a suivi sur tous les plans, il m'a aidé à tout niveau, que ce soit pour constituer du stock très vite, donc ça a participé à vraiment gagner du temps sur le début. En plus, j'étais de garde très tôt après avoir repris, et je n'avais pas forcément le stock qu'il fallait, donc on a vraiment pu se dépanner rapidement, même si j'avais des demandes ponctuelles, je pouvais. Aller très vite chez lui, entre midi et deux, chercher ce qu'il fallait, c'était vraiment facile. Et puis on a pensé ensemble un petit peu l'intérieur, l'aménagement intérieur, le relooking interne qu'on a fait. C'est vrai que ça a été une aide précieuse. Et je crois que le premier jour de mon installation, je suis rentré dans le WhatsApp local de l'intergroupement. Et puis ça m'a permis de voir plein de confrères. Giphar , certains que je connaissais, d'autres que je ne connaissais pas. Du coup, ça a permis vraiment de les voir comme des confrères bienveillants. C'est un peu la mentalité du réseau local, c'est vraiment de s'entraider, de se faire de la rétro quand c'est possible. Plutôt bonne ambiance.
- Speaker #1
Plutôt confraternelle. Et c'est vrai que ça peut être surprenant dans la mesure où on se dit... À l'installation, je fais attention aux groupements alentours pour éviter d'être dans la même zone de chalandise qu'un groupement soit identique, soit trop concurrentiel. Est-ce que c'est une question qui est souvent relevée par vos futurs installés, David ? Et comment est-ce que vous levez ce frein ? En tout cas, comment vous aidez les pharmaciens à mieux appréhender cette même zone de chalandise, même s'ils deviennent tous deux coopérateurs du réseau ?
- Speaker #0
Oui, c'est parfois des questions qui se posent. En fait, il y a quand même derrière aussi un avantage, c'est que comme pour d'autres activités, il y a aussi une logique d'enseigne qui est assez forte. Et le fait d'avoir plusieurs Giphar sur un même territoire renforce l'image et la notoriété. Donc en fait, en termes de trafic ou d'affluence, c'est plutôt un point positif. Le second point positif, c'est qu'effectivement, très souvent, les pharmacies font toute partie du groupe. du même groupement local. Donc, c'est des pharmaciens qui se connaissent, qui peuvent s'aider, s'entraider sur des produits manquants, sur des commandes groupées qui seraient hors référencement Giphar et qui peuvent être aussi passées à plusieurs. Donc, en fait, il y a une solidarité et une bienveillance, je te rejoins Emmanuel là-dessus, qui est liée aussi au fait que on est une coopérative et que... Ça se ressent forcément sur le terrain. Donc, ce n'est pas un frein. C'est rarement vu comme un frein par ceux qui sont déjà installés. L'installation d'un nouveau Giphar, au contraire. Donc, on a plutôt des profils qui sont accompagnants et bienveillants sur ce sujet.
- Speaker #1
Et pour la suite, on a vu, Emmanuel, que votre ancien titulaire vous a aidé sur plusieurs leviers, notamment cette garde assez précoce et puis sur des rétrocessions. Est-ce que, David, vous continuez aussi ce suivi dans les premiers mois de l'installation ?
- Speaker #0
Alors, le suivi chez Giphar se poursuit, bien entendu, à la demande pour notre service des pharmaciens. On a dans notre équipe également deux personnes qui sont des responsables d'intégration des nouveaux adhérents, qui vont être là un peu avant l'ouverture et la prise de possession, voire même le jour de la prise de possession. brancher les outils, faire en sorte que tout se passe bien, former les équipes également et puis accompagner le pharmacien sur ces journées qui sont souvent un peu stressantes et c'est bien normal. Ça leur permet de se consacrer, eux, à l'accueil de leurs patients, de leurs clients, en ayant quelqu'un qui s'occupe des outils et de l'équipe. Donc effectivement, il y a cette partie d'accompagnement qui est importante. Et puis ensuite, c'est le rôle des responsables de développement commercial qui sont eux. effectivement au quotidien dans les pharmacies avec nos adhérents pour les aider sur les outils, le merchandising, le fonctionnement général de GIFAR. Et puis pour être là, on supporte vraiment terrain. Et puis nous, on intervient quand il y a des projets ensuite qui se dessinent sur du développement, du transfert, du regroupement, de la session. Mais effectivement, on a un accompagnement un peu 360 sur la vie des pharmaciens.
- Speaker #1
Emmanuel, vous travaillez, il me semble, avec un adjoint et des préparateurs. Est-ce que tout cet accompagnement leur a été aussi bénéfique ? Quels ont été les retours qu'ils ont pu vous faire, notamment sur cet accompagnement, sur le merchandising ou sur la mise en place de votre projet officinal ?
- Speaker #0
Les retours ont été très bons.
- Speaker #2
On a changé beaucoup de choses, quasiment l'intégralité, ou du moins, on a rajouté beaucoup de gammes nutrition, de dermato, de cosmeto.
- Speaker #0
Avec une équipe qui était en place avant que vous soyez titulaire ou est-ce que c'était l'objet d'un recrutement ? Non,
- Speaker #1
toute l'équipe a été l'objet d'un recrutement. J'ai changé toute l'équipe puisque la dernière de l'équipe est partie six mois après. Pour la reprise en tout cas, on avait une équipe qui venait d'arriver.
- Speaker #0
De quoi encore mieux bénéficier de cet accompagnement sur la première année d'installation.
- Speaker #1
Oui. L'accompagnement était vraiment très bon. Dès la première quinzaine, je crois que j'ai eu Patrice qui est venu pendant deux jours pour un check-up sur la partie informatique, si la liaison avec le logiciel se faisait bien, avec Giphar sur la sélection du générique, la partie reprise des comptes Google, reprise des... Des mots de passe Facebook, la création de l'Instagram et la liaison, la remontée sur la plateforme de commande si tout se faisait bien en temps et en heure. Et donc, ça a été très utile. Et après, j'ai une accompagnatrice terrain qui s'appelle Géraldine qui vient tous les deux mois, grosso modo. On fait le point avec elle sur tous les indicateurs de performance de la pharmacie, du triplex, de toutes les nouveautés. On est vraiment... On est vraiment, même si on souhaite ne pas être à l'affût aux dernières infos, on a quand même les infos qui viennent à nous. C'est très pratique et c'est facile. L'accompagnement est vraiment bon sur le terrain, je trouve.
- Speaker #0
Transversal, avec une veille assez complète. Emmanuel, vous avez évoqué un certain Patrice qui vous a accompagné ces premiers jours. Est-ce que vous pouvez nous dire de qui il s'agit et quel était son rôle ?
- Speaker #1
qui s'appelle Patrice Brech. C'est un accompagnateur GIFAR au tout début de l'installation, dans les premiers jours de l'installation. Pour ma part, il est venu le 15e et le 16e jour, quelque chose comme ça. Il est vraiment spécialisé sur la reprise des comptes Google, Insta, Facebook,
- Speaker #0
la visibilité. Il était là au quotidien.
- Speaker #1
Il est resté deux jours entiers. à la pharmacie et il a vu le quotidien de la pharmacie, comment ça se passait. Il a débloqué plein de choses. Il a assuré la liaison sur la sélection générique au niveau du LGO que je n'avais pas encore. Donc, on commandait des génériques sans savoir lequel était identifié au mieux par la plateforme. Il nous a vraiment aidé sur le plan informatique.
- Speaker #0
Oui, c'est votre monsieur. À tout faire, je sais tout, qui aide à l'installation. David, des patrices brèches comme ça, vous en avez dans chaque région ? Ou est-ce que c'est l'individu national pour GIFA ?
- Speaker #2
Il est unique, mais il est accompagné aussi de Karine, la deuxième personne qui accompagne les... les adhérents qui rentrent chez GIFAR et ils partagent le territoire national au fil des nouvelles astuces. Et sur toutes les installations, vous avez Patrice et Karine qui sont là avant pour vous brancher les outils, pour former les équipes, pour être là pour l'ouverture. Et c'est vrai que c'est souvent rassurant. Et ce sont des personnes qui connaissent très bien GIFAR et très bien le métier.
- Speaker #0
Ils jouent le bras droit du titulaire. Tout à fait. Pour l'anecdote,
- Speaker #2
Patrice a dit... diplômé d'idée préparateur en pharmacie.
- Speaker #0
En plus du métier à 100%. Écoutez, merci pour cet échange et ce partage d'expérience qui, je pense, pourra inspirer des futurs titulaires, jeunes ou moins jeunes, qui veulent se réinstaller. Avec le recul, quel conseil, David, est-ce que vous pourriez donner justement à ces personnes qui sont dans un projet d'installation officinale ?
- Speaker #2
Le premier, je l'ai évoqué, c'est de prendre de l'information le plus possible et de s'entourer de personnes qui soient spécialisées dans la pharmacie, que ce soit les experts comptables, les avocats. Prendre un maximum d'informations et constituer une bonne équipe projet pour se lancer et sécuriser. La deuxième, c'est ne pas mettre de barrière, pas de frein à l'installation. Sur l'année dernière, on a accompagné 34 primos. installant au sein de Giphar. Et je vous garantis que ce soit en termes d'apports financiers, d'expérience, tout le monde avait des caractéristiques très, très différentes. Donc, on peut s'installer avec un apport réduit. On peut aller chercher des boosters de financement. On sera là pour vous accompagner. On peut aller chercher des investisseurs aussi pour vous aider à réaliser votre projet. Donc, il y a toujours une solution pour quelqu'un qui est motivé, qui veut s'installer. À partir du moment où le projet est structuré et où l'accompagnement se fait de manière fluide avec des spécialistes. Donc voilà, il ne faut pas se mettre de barrière, pas de frein. Tout le monde n'a pas forcément un apport très conséquent, mais c'est possible de s'installer à tout moment. Et puis, l'âge moyen de la première installation en France, c'est 35 ans. Ça a baissé d'un an par rapport à il y a quelque temps. Donc voilà. Vous avez le temps aussi d'étudier le projet, mais surtout entourez-vous de spécialistes.
- Speaker #0
Emmanuel, des conseils pour vos futurs confrères titulaires ?
- Speaker #1
En fait, je suis tombé sur l'étude d'Eriksson ce matin dans le train, qui dit que dans n'importe quel domaine, il suffit de pratiquer 10 000 heures pour atteindre l'excellence. Et donc ça, c'est sur du domaine artistique ou du domaine sportif. 10 000 heures, ça correspond à 3 heures. 3 heures par jour pendant 10 ans. Et en fait, en faisant le lien juste au travail, si n'importe quel pharmacien assistant travaille à temps plein, donc 35 heures, 150 heures par mois, en 5 ans, il est excellent. Donc en fait, ça veut dire que même s'il n'a pas été confronté à toutes les situations, il sait comment gérer une situation plus qu'une autre. C'est ce que je disais à David. Ce matin, hier, j'ai eu mon compresseur frigo qui a lâché. J'avais été confronté à cette situation, mais je savais à peu près ce qu'il fallait faire, ce que j'avais en tête pour dépatouiller la situation. Juste pour dire qu'en fait, n'importe quel pharmacien peut... Alors certains sont même peut-être un peu plus doués et arriveront à s'en sortir très bien dès le sorti de la fac. D'autres... Avec un petit peu d'expérience, n'ayez de crainte. Il n'y a rien de sorcier dans la gestion du quotidien. C'est juste, vous serez capable quoi qu'il arrive.
- Speaker #0
Donc n'ayez pas peur, tout le monde peut s'installer, tout le monde a la force, en tout cas les ressources pour le faire. Et au pire, on a Patrice et Karine qui seront là pour vous aider à vous lancer les premiers jours de l'installation. Merci à tous les deux. Merci pour cet échange.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
S'installer n'est pas une simple formalité. Un bon accompagnement peut aider à démarrer une belle aventure qui peut débouler sur de belles choses. Emmanuel, David, merci. Vous nous avez montré que des démarches parfois complexes, des choix stratégiques, mais aussi un vrai soutien humain peuvent conduire à de belles aventures. Dans le prochain épisode, on parlera d'ailleurs essentiellement d'humains avec la thématique de la relation client. un épisode. à ne surtout pas manquer. Vous venez d'écouter une dose d'avance, la voix des pharmaciennes et des pharmaciens qui façonnent leur métier. Merci pour votre écoute et merci à tous les professionnels qui font vivre la pharmacie chaque jour. Vous pouvez retrouver cet épisode de la saison 1 sur toutes vos plateformes d'écoute habituelles. Nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir le réseau Giphar sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, LinkedIn et sur sa chaîne YouTube. Je vous dis à très bientôt.