- Speaker #0
Bienvenue dans une dose d'avance, le podcast 100% officine proposé par GIPHAR, animé par Tina Kraszkowski.
- Speaker #1
Bienvenue dans une dose d'avance, la voix des pharmaciennes et des pharmaciens qui façonnent leur métier, votre nouveau podcast 100% officine. Ici, on donne la parole à celles et à ceux qui vivent la pharmacie au quotidien. Chaque épisode explore une thématique essentielle. Des témoignages terrains, des partages de bonnes pratiques et un éclairage sur les évolutions du métier et de notre secteur, la pharmacie. Le tout grâce à la vision d'un réseau fédéré, la coopérative GIFAR, qui se veut résolument engagée. Ensemble, nous allons décrypter les enjeux d'aujourd'hui pour encore mieux préparer les défis de demain. Bonjour à toutes et à tous, je suis Tina Krakowski, je suis pharmacienne et journaliste spécialisée en santé. J'ai le plaisir de vous accompagner sur cette première saison du podcast Une dose d'avance, le podcast 100% officine. Dans cet épisode, nous allons faire le zoom sur les nouvelles missions du pharmacien. Prévention, vaccination, entretien santé, accompagnement personnalisé. Les missions du pharmacien ne cessent de s'élargir et avec elles, de nouveaux défis apparaissent. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Lucie Durand, étudiante en pharmacie et assistante chef de projet santé chez GIPHAR. Bonjour Lucie.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #1
Elle coordonne chaque mois des dispositifs santé déployés en officine pour accompagner les pharmaciens sur le terrain. Et à ses côtés, Aurore Flippe. Bonjour Aurore. Aurore est pharmacienne GIPHAR installée à Hachicourt, dans le Pas-de-Calais depuis 6 ans. Elle vit ses nouvelles missions au quotidien avec son équipe et ses patients. Le métier de pharmacien a profondément évolué ces dernières années avec la vaccination, les dépistages, les entretiens, la prévention. Ses missions renforcent son rôle de professionnelle de santé de proximité, mais posent aussi de nouveaux défis organisationnels. Aurore, vous qui êtes installée depuis 6 ans maintenant, comment est-ce que vous avez vu évoluer ce métier ?
- Speaker #0
C'est vrai que surtout depuis le Covid, ça s'est vraiment accéléré. Parce que forcément, avec les dépistages, la vaccination, les gens sont venus aussi pour d'autres raisons à la pharmacie. Ils ne sont pas venus que chercher leurs médicaments avec leurs ordonnances ou demander des conseils. On avait un autre rôle. Et depuis, on voit vraiment que déjà, on nous a octroyé des nouvelles missions, mais aussi le regard des gens a changé. Et ils viennent parfois nous demander des choses. pour lesquels on n'est même pas forcément qualifiés. Et ça leur paraît très normal que ce soit le cas. Donc c'est ça qui est assez amusant, de constater qu'auprès même du public, ça a complètement changé. On n'est plus du tout perçus de la même manière.
- Speaker #1
On peut dire un peu que le pharmacien est devenu réellement le pivot du système de santé qui va orienter le patient dans une boucle vers le médecin, vers l'infirmier, en tout cas dans le système de soins. Lucie, vous qui avez commencé vos études justement pendant cette période Covid, qu'est-ce que vous avez vu se dessiner pour le métier de pharmacien ? Et en tout cas, est-ce qu'il vous a paru changé et pourquoi pas plus attractif ?
- Speaker #2
Alors, c'est vrai qu'au début, quand je suis arrivée en pharmacie, pour moi, il n'y avait qu'une seule voie, c'était le pharmacien d'officine qui dispense les médicaments. Ce n'était pas forcément plus que ça. Et c'est vrai qu'au fur et à mesure d'être entrée dans les études, d'avoir un petit peu pu découvrir les différentes filières et les cursus qui se dessinaient, je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup plus à ça que seulement ce que je connaissais de prime abord. C'est vrai que ça pique la curiosité dans un premier temps, parce qu'on se demande qu'est-ce que c'est ces missions, c'est un peu mystique. Et je pense que c'est important qu'aujourd'hui on en parle, parce qu'il y a très peu de gens qui sont vraiment au courant. Et je pense que ça donne plus de cachets, ne serait-ce qu'à la filière pharmacie, tout simplement. et aux métiers de formation.
- Speaker #1
Et c'est vrai qu'on le voit même avec les patients au quotidien qui s'orientent facilement vers la vaccination, notamment en officine. Est-ce que c'est justement la vaccination qui a lancé la mode de ces nouvelles missions ? Ou en tout cas, ça a mis le pied à l'étrier pour développer tout un pan clinique du métier ?
- Speaker #0
Oui, je pense qu'en effet, la vaccination, ça a vraiment été le point de départ. Parce que dès qu'on s'est vraiment mis à faire en masse les vaccins grippe et Covid, en fait, les gens étaient un peu étonnés qu'on ne fasse pas le reste. Donc, quand on a pu faire les autres vaccins, en fait, ça a coulé de source. Je compte plus le nombre de fois où on m'a dit « C'est vraiment pratique quand même qu'on puisse le faire à la pharmacie » . En effet, pour eux, c'est une logistique moins compliquée, on va dire. Ils se posent moins de questions. Et on est dans une société maintenant où il faut que tout aille vite. Et puis, on sait aussi les difficultés au niveau des médecins généralistes de prendre un rendez-vous, etc. Enfin, voilà, on sait que les médecins sont surchargés. Donc, en fait, c'est vraiment une solution qui a... apporter une réponse, je pense, à un problème qui existait vraiment, aussi bien pour les médecins que pour les patients. Et puis au final, ça marche très très bien.
- Speaker #1
Et vous faites d'ailleurs référence aux médecins qui apparemment autour de vous, en tout cas l'ont accueilli de façon avec enthousiasme, peut-être pour dégager du temps médical. Comment ça a été abordé auprès des autres professionnels de santé qui vous entourent, médecins, infirmiers ? Est-ce que vous avez fait une annonce particulière au décours d'une association de collaboration de professionnels de santé ?
- Speaker #0
Dans un premier temps, non. Mais c'est vrai que les professionnels savent à peu près, ils savent très bien qui fait quoi en partie. Et puis d'ailleurs, même les infirmiers font de la vaccination. Le processus, ce n'est vraiment pas d'aller « piquer le patient d'un autre » , c'est vraiment collaborer. Donc on ne va pas marcher sur les plates-bandes des uns et des autres. Mais c'est vrai que moi, personnellement, récemment, je suis en cours pour créer une EMSP. Et en fait, le fait de mieux communiquer avec les professionnels de santé qui nous entourent, ça facilite notre pratique au quotidien. Parce qu'en effet, on communique mieux, on sait mieux qui fait quoi, comment, etc. Et du coup, il y a une confiance qui se crée. Et du coup, chez certaines personnes qui peuvent être réticentes, par exemple, ça peut mieux passer. Après, vous avez toujours des personnes qui resteront sur leur position. Il existe toujours des médecins qui refusent, qui veulent pratiquer la vaccination eux-mêmes et qui refusent que ce soit délégué. Mais vous en avez d'autres qui, au contraire, disent « Ah, mais moi, je suis super contente que tu le fais, parce que moi, franchement, je suis débordée. Donc, si je peux avoir ça en moi à faire et me consacrer sur des choses plus importantes, je ne dis pas que la vaccination n'est pas importante, mais je veux dire, ils peuvent se consacrer à des cas peut-être un peu plus lourds, qui demandent un peu plus de temps, et au moins, ils peuvent le faire. »
- Speaker #1
Et vous, Lucie, alors vous n'avez peut-être pas été confrontée aux dernières réformes des études de santé. N'empêche que, voilà, devenir un pharmacien qui va faire des tests, qui va vacciner, qui va peut-être, du coup, entrer plus en contact, même physique, avec des patients, c'est quelque chose qui vous a séduit ?
- Speaker #2
Oui, je pense que ça donne une valeur ajoutée, on va dire, aux pharmaciens officinaux. Je ne peux pas parler pour tout le monde, parce que je pense qu'il y en a qui étaient aussi rassurés par cette distance derrière le comptoir. Mais à mon sens, quand on choisit de faire un métier dans la santé, c'est pour aider ses patients. Et c'est dans une démarche de vraiment améliorer leur santé au quotidien, surtout en tant que pharmacien, vu qu'on est le premier relais techniquement du patient, en tout cas le plus accessible. Donc, je pense que moi, ça me séduit plus. Et je pense que d'une façon générale, ça fait quand même plus plaisir de gagner en responsabilité aussi dans son métier. Ça permet aussi dans un sens de modifier ses journées. On ne vit pas tous les jours la même chose. Il y a des jours où on va faire des entretiens, on va faire de la vaccination, du dépistage.
- Speaker #1
C'est vrai que ça ouvre le champ des possibles, mais on entend tout à fait loin d'avoir des journées qui sont segmentées d'autres missions que celles du comptoir. Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Et ça permet aussi de développer l'activité parce qu'en pharmacie, ce n'est pas toute l'année qu'il y a une grosse activité. Donc, je pense que ça permet de bien remplir les journées, puis de se diversifier, puis aussi de travailler son contact patient, de fidéliser la patientelle également. Je pense que c'est du positif.
- Speaker #1
Et est-ce que vous pensez, comme Aurore, que sur l'aspect interpro, du fait que vous ayez nourri peut-être des... Des relations avec des futurs médecins, futurs sages-femmes sur les bancs de la fac, alors que maintenant les études de santé sont communes, contrairement aux générations comme Aurore, ça facilite le dialogue entre les professionnels de santé.
- Speaker #2
Oui, alors déjà, moi, je suis très partisane du fait qu'on est un seul, les mêmes groupes d'étudiants, c'est les étudiants en santé. Même si, évidemment, les filières sont très différentes. Au final, on a tous un but commun. Donc, déjà, qu'on soit mélangé au travers de notre cursus, pour moi, c'est une amélioration par rapport au cursus précédent. Et que ça puisse se poursuivre dans la carrière professionnelle de chacun. Pour moi, c'est primordial, en fait, dans le suivi patient. De toute façon, c'est ce qu'on essaye de mettre en place avec le dossier médical partagé, ce genre d'outils. C'est que le patient, il ne doit pas réexpliquer son histoire à chaque fois qu'il va chez un professionnel de santé différent. Et donc, c'est très important pour nous d'avoir une communication aussi entre nous, que ce soit pharmacien, médecin, etc.
- Speaker #1
Et est-ce que du coup, au cours de vos études maintenant, vous êtes formé à ces outils et d'Interpro et à ces nouvelles missions qui vont permettre... de les déployer plus rapidement dans les officines que vous allez rejoindre ?
- Speaker #2
Alors oui, tout à fait. Dans la filière officine, ça a été intégré au cursus. Des formations, que ce soit vaccination, où en fait, il y a une certification à obtenir. Donc, on apprend à piquer, tout simplement. Il y a aussi des formations sur les dépistages et sur les entretiens pour qu'un pharmacien officinal diplômé puisse être opérationnel. dès la sortie de la fac ?
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
c'est hyper intéressant pour les titulaires que je suis, parce que c'est vrai que c'est pas mal de souligner le fait que je ne suis pas forcément fan du nouveau cursus tel qu'il est fait, mais le point fort qu'il y a, c'est ça, c'est que sur les bancs de la fac, vous allez retrouver, je pense, plein de futurs professionnels qui ne seront pas forcément dans votre branche. Nous, on était cloisonnés, c'est-à-dire que nous, on n'a pas connu les médecins, on n'a pas connu les infirmières, etc. On ne se rencontrait pas. Donc, il faut vraiment créer la relation après. Et c'est là où ça a été plus compliqué, beaucoup plus long. Enfin, voilà. Donc, la MSP, elle est là pour ça et elle fonctionne bien. Mais le fait, en effet, que maintenant, les étudiants sont un peu mélangés, puis sont formés tout de suite aux nouvelles missions, c'est hyper intéressant. Parce qu'en fait, nous, on a dû se former sur le tard, pendant nos heures de travail. Enfin, je veux dire, il faut trouver les formations, il faut les financer, etc. C'est chronophage. Fouf ! il faut le faire de même pour l'équipe. Donc forcément, avoir un jeune pharmacien qui en plus sait à quoi s'attendre, parce que quand vous êtes d'une ancienne génération où les missions changent, le métier change, on peut se poser la question, finalement, est-ce que moi j'ai signé pour ça ? Est-ce que j'avais envie de faire ça ? Il y a peut-être des gens qui ne se retrouvent plus dans ce métier-là et du coup, qui vont être démotivés. Alors que là, les étudiants forcément, dès leurs études, ils savent ce à quoi ils vont être confrontés sur le terrain. Je pense qu'on va avoir, Merci. on va avoir une nouvelle génération de pharmaciens qui va arriver, qui va être beaucoup plus motivée, beaucoup plus moteur que peut-être une ancienne génération. Donc ça, pour nous, en tant que titulaire, c'est quand même rassurant. Et puis, on se dit qu'on aura un peu moins de travail aussi à faire par la suite.
- Speaker #1
Et cette génération, d'ailleurs, pourra peut-être participer à la mise en place, tout simplement, de ces missions. Parce que c'est vrai que le défi, c'est aussi de les intégrer au quotidien, déjà dans des officines, entre la délivrance, La gestion d'équipe pour le titulaire, tout ce qui est le volet administratif, les commandes. Comment maintenant trouver le temps de déployer ces nouvelles missions au comptoir et surtout comment le faire savoir aux patients ?
- Speaker #2
Chez GIPHAR, on développe des outils pour aider le pharmacien à communiquer sur ses nouvelles missions. Notamment, je pense à la PLV, qui sont des supports type affiches, leaflets, flyers, qu'on propose aux pharmaciens de mettre dans sa pharmacie. c'est vrai que Non seulement ça peut attirer la curiosité du patient, et puis c'est un bon relais, un outil pour que le pharmacien ait toutes les informations à donner, parce que forcément, ils n'ont pas forcément le temps de tout savoir sur tous les entretiens, etc. Donc, ils ont un support qui les aide. Et nous, c'est comme ça qu'on fait pour aider à communiquer au patient. Ce sont des outils que vous avez déployés, Aurore, dans votre pharmacie ?
- Speaker #0
Oui, j'en ai développé certains. Après, la complexité, c'est qu'il faut communiquer sur beaucoup de choses. Des fois, on n'a pas forcément la place. Quand il y en a trop, les gens ne regardent plus non plus. Donc, moi, je suis plutôt à dire, je vais communiquer sur ce que je maîtrise et ce que vraiment je sais faire. Parce que même si on propose pas mal de choses, on ne va pas forcément tout montrer. comme ça au public de but en blanc.
- Speaker #1
Et sur ce sujet d'ailleurs, est-ce que vous pensez qu'on peut faire toutes les missions ou est-ce qu'il y en a avec lesquelles vous vous sentez plus à l'aise et vous avez commencé par lancer un grand item dans votre officine ?
- Speaker #0
Moi, je pense que la priorité, c'est surtout de pratiquer ce qui se fait surtout pour répondre à des situations d'urgence. Par exemple, les trodes, trodes en gine, trodes cystites. la vaccination, parce que la vaccination, ce n'est pas forcément de l'urgence, mais on sait très bien que si la personne dit oui, je le ferai plus tard, elle ne le fera jamais. Donc, il vaut mieux que ce soit fait à l'instant T et on n'en parle plus. Pour moi, ces missions-là, il faut les mettre en place.
- Speaker #1
Vous communiquez sur les réseaux sociaux, par exemple ?
- Speaker #0
Alors, Très peu. J'avoue que je ne suis pas forcément à l'aise avec tout ça, mais très peu. Mais en effet, ça peut se faire.
- Speaker #1
En tout cas, ce sont des outils qui existent et qui permettent aussi d'atteindre une autre cible.
- Speaker #0
Oui, après, on a aussi des petites vidéos qu'on peut mettre sur les écrans, des choses comme ça. Donc, en effet, moi, je suis pharmacien GIPHAR, donc j'ai des outils via GIFAR. Mais on est aussi aidé par l'URPS pharmacien. En tout cas, moi, dans les Hauts-de-France, c'est une URPS qui est très active et qui nous donne beaucoup d'outils. Donc, c'est vrai qu'on a notamment sur les écrans des petits messages qui passent pour que les gens sachent ce qu'ils peuvent faire.
- Speaker #1
C'est là que peut-être en homogénéisant le message via une PLV, on peut atteindre une cible plus large. Lucie, ça se présente comment ? C'est plutôt des messages d'accroche ou c'est vraiment des fiches pratiques pour l'équipe officinale qui après est censée faire le relais au comptoir et attirer les patients ?
- Speaker #2
En fait, on va avoir les deux. On a une affiche qui est vraiment pour l'équipe officinale, qui reprend, parce qu'en fait, nous, ce que je n'ai pas dit, c'est qu'on segmente l'année, mois par mois, avec un thème qu'on va mettre en avant. Donc chaque mois, ou à chaque fois qu'on veut mettre un thème en avant, il y a un poster pour l'équipe qui refait le point global sur le but de l'opération. Qu'est-ce qui est concrètement demandé ? du pharmacien, quelle est la mission qui est mise en avant, par exemple si c'est un entretien particulier. Je pense notamment pour illustrer au mois du souffle, où on avait mis en avant des entretiens asthme. Et donc on explique via cette fiche à l'équipe leur rôle. Et ensuite on va avoir aussi des supports qui vont être plutôt affichés dans l'espace client, dans la pharmacie, où là ça va plus être en effet des phrases d'accroche, des visuels, aussi sur les écrans. il y a des messages qui sont Oui, très visuel pour attirer l'œil et pour intriguer la curiosité. Et ensuite, amener le patient à rentrer dans la pharmacie, à poser la question. Mais pourquoi j'ai vu sur l'écran vaccination ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que c'est les entretiens ? Le but du jeu, c'est vraiment de piquer la curiosité du passant qui passe dans la rue. Et ensuite, qu'il ne rentre pas dans la pharmacie. qui propage l'information à son entourage, de dire « c'est marrant, la pharmacie du quartier ou du village, j'ai vu qu'ils faisaient ça, est-ce que vous saviez ? » C'est aussi ça le but fondamental, c'est de faire connaître les nouvelles missions à tout le monde.
- Speaker #1
Le faire savoir. Et vous avez évoqué les entretiens, donc ça nous permet de voir aussi que dans les missions, il y en a qui sont plutôt courtes à réaliser, la vaccination, je pense qu'au comptoir, ça ne vous prend pas énormément de temps.
- Speaker #0
Non, ça se fait bien.
- Speaker #1
En revanche, il existe des entretiens plus longs. et qui parfois peut-être sont appréhendés par les pharmaciens qui ont envie de se lancer. De votre côté, qu'est-ce que vous avez mis en place et comment vous êtes formée au ROR ?
- Speaker #0
Alors en fait, moi je pense que pour pouvoir bien se lancer dans l'émission, il faut y aller pas à pas et faire ce avec quoi on est à l'aise. Donc pour par exemple, on va dire, quelqu'un qui ne saurait pas trop par où commencer, on a les entretiens femmes enceintes. et les entretiens opioïdes, qui sont vraiment des entretiens très courts. On va dire qu'en cinq minutes, c'est fait. Il n'y a pas besoin, en plus de connaissances, on a les connaissances suffisantes pour pouvoir les réaliser. Donc ça, ça se fait assez bien. Nous, par exemple, les entretiens femmes enceintes, on a réussi à le mettre dans nos habitudes. En fait, il y a aussi ça, il y a aussi le fait de comment l'ancrer dans notre quotidien. Pour nous, ça devient une habitude. C'est-à-dire qu'on n'est pas à se dire, ah oui, tiens, là, j'aurais pu faire ça, j'aurais pu proposer. Il faut que ça devienne comme n'importe quel conseil qu'on donne pour autre chose qui se fait naturellement sans qu'on s'en rende compte. Il faut que ça devienne comme ça. Mais c'est une longue démarche, en fait.
- Speaker #1
Mais ça, le digital peut vous apporter une aide ? Est-ce que vous avez des pop-ups ?
- Speaker #0
Par exemple, avec Giphar, on avait fait au mois de mai, je crois, le mois du souffle pour justement lancer les entretiens. Et moi, je n'en faisais pas. Pourtant, j'en fais d'autres, mais celui-ci, je ne le fais pas parce que ce n'est pas quelque chose qui me vient naturellement. Donc, en effet...
- Speaker #1
Entre le pharasme, il y a un entretien plus long. Oui, là,
- Speaker #0
on est sur un entretien un peu plus long, en effet.
- Speaker #1
Ça dure 5 à 10 minutes.
- Speaker #0
Voilà. Oui, après... En fait, ça nous paraît, c'est vrai qu'au premier abord, on se dit, oh là là, ça va nous prendre du temps, etc. Mais en vrai, on ne fait que des choses qu'on fait déjà, en fait. Donc, sauf qu'on le fait au comptoir, entre guillemets, comme... tout ce qu'on fait et qu'on n'est pas rémunéré pour, là, il faut juste le replacer dans un cadre un peu officiel pour pouvoir être rémunéré. C'est là où il faut prendre conscience que c'est dommage de faire des choses « gratuitement » alors qu'on pourrait être rémunéré si on le fait dans un cadre un peu plus officiel. Et c'est comme ça aussi, le fait d'avoir fait ça. Moi, ce que j'avais fait, c'est qu'en effet, j'avais mis des messages bloquants à chaque fois qu'on... qu'on délivrait une boîte d'un corticoïde inhalé chez un patient avec une ordonnance, forcément. Il y avait le petit message qui disait « Appelez Aurore, on va proposer un entretien asthme » . Donc, en effet, on a réussi à en faire. Et c'est vrai que quand je l'ai fait, je me suis dit « En fait, c'est complètement idiot de ne pas le faire. » Parce qu'en fait, tout ce que je fais, c'est déjà ce que je fais au comptoir.
- Speaker #1
Et c'est sur un temps de délivrance, finalement.
- Speaker #0
finalement. Donc en fait... Mais c'est vrai qu'on a toujours un peu ce truc de dire, ah oui, mais il faut aller dans le local de confidentialité, la personne, elle va raconter sa vie, ça va prendre du temps, et au final, c'est pas rentable, enfin, excusez-moi du terme, mais c'est pas rentable, parce que ça va monopoliser du temps, et voilà. Ça, je pense que ça s'apprend au fur et à mesure, en fait. C'est-à-dire qu'au fil des entretiens qu'on fait, on acquiert, en fait, des nouvelles techniques, et puis une façon de faire, et ce qui fait qu'au bout d'un moment, on arrive, en fait, à... le faire sur un temps qui est correct et puis à l'intégrer finalement à notre panier de vie pour moi vraiment ça se fait à part être vraiment déjà fort dans toutes ces nouvelles missions là de se sentir vraiment à l'aise mais les gens qui ont un peu plus de mal moi je sais que je les ai pris vraiment un par un j'ai commencé par ceux avec lesquels je me sentais le mieux et une fois que j'en maîtrise un qu'il est devenu comment dire automatique dans ma façon de travailler je m'attaque à Merci. nouveau thème et je me dis bon allez maintenant ça on a compris, on sait comment on le fait, on arrive à l'intégrer dans notre pratique, lequel on va attaquer maintenant quoi en fait.
- Speaker #1
Et quand vous disiez j'ai créé un pop-up disant appelez Aurore pour tel entretien, est-ce que ça veut dire que vous avez attribué une spécialité aux membres de votre équipe, c'est-à-dire est-ce que c'est toujours le même qui va faire les entretiens opioïdes, femmes enceintes ou alors Alors,
- Speaker #0
le gros souci, c'est que ces entretiens-là, légalement parlant, ils ne peuvent être faits que par le pharmacien. Et moi, je suis toute seule. J'ai une assistante, mais qui est là à mi-temps. Et donc, du coup, la plupart du temps, quand je suis au comptoir, il n'y a pas d'autre pharmacien. Donc, en fait, il n'y a que moi qui peux faire l'entretien. Après, j'ai formé quand même mon équipe pour qu'ils puissent me déléguer certaines choses qui peuvent être faites en amont. Pareil, c'est-à-dire un questionnaire ou des choses comme ça. Par exemple,
- Speaker #2
il y a aussi les dépistages, la remise de kits. Voilà.
- Speaker #0
Alors, quand tu regardes les textes, c'est le pharmacien qui fait le pharmacien. Mais en effet, ça, on l'a démocratisé pour tout le monde. C'est-à-dire que mes préparatrices, maintenant, font les kits de dépistage de cancer colorectal. Clairement, tout le monde le fait à la pharmacie. Et en plus, elles sont super contentes de le faire. Donc, c'est là où c'est un peu frustrant de se dire, en fait, il faudrait que je m'octroie toutes les missions parce que je suis la seule pharmacienne dans l'officine. Mais en fait, mes collègues, elles ne demandent que ça, de faire une...
- Speaker #1
De la prévention. Voilà,
- Speaker #0
de participer. Et donc, du coup, c'est aussi comment on arrive à les intégrer dans notre pratique aussi pour qu'elles puissent faire un bout du chemin. Et donc, moi, c'est ce que j'ai fait. Par exemple, pour les trotsistites, elles posent toutes les questions, etc. Et finalement, quand on a écarté tous les critères d'inégibilité, finalement, moi, je fais le reste. Mais il y a déjà une partie qui a été faite au comptoir. Elles sont autonomes, en fait. Et ça, ça peut se reproduire sur pas mal de choses.
- Speaker #1
Est-ce que certains entretiens ont nécessité une vraie formation de votre part ? Ou en tout cas, une formation plus longue ?
- Speaker #0
Moi, j'ai une appétence pour l'oncologie. Donc là, je me forme actuellement pour vraiment, on va dire, perfectionner mes connaissances en oncologie. Parce que pour le coup, j'avais commencé les entretiens. Entretien en co ? Voilà, les personnes sous traitement chimio-oral. Et en fait, je ne me sentais pas forcément très utile dans ce que je faisais parce que je n'avais pas l'impression qu'il y avait une plus-value réellement, à part un soutien psychologique. Je n'ai pas fini la formation, mais déjà, avec ce que j'ai fait, je me sens vraiment beaucoup plus à l'aise avec le sujet. Et puis, c'est rigolo parce que du coup, je dis aux gens, parce qu'en fait, on en voit un nombre, c'est même triste à dire parce qu'on en voit de plus en plus. Finalement, là, je leur dis... Vous savez, je suis en train de faire une formation en oncologie et j'aimerais vraiment vous accompagner au mieux pendant tout le processus pour que ça se passe au mieux, que vous soyez bien entourés, etc. Et les gens, en fait, je les vois, leur visage, ils s'illuminent. Ah oui, oui, oui, je veux bien, etc. Venez avec moi, on va passer à côté et on va prendre cinq minutes pour discuter. Et ils me donnent tout leur compte rendu, etc. Et en fait, je pense qu'ils sont déjà bien entourés. La prise en charge médicale, elle est quand même excellente. on ne va pas dire que... Mais par contre, une fois qu'ils rentrent chez eux, ils sont tout seuls. Et en fait, on est le seul professionnel de santé qui peut aller voir à n'importe quelle heure. Bien sûr, sur les heures d'ouverture, mais je veux dire, ils ne sont pas bien ou ils ont une question, ils ont un doute. Ils savent qu'ils peuvent nous appeler. On va forcément répondre. passer le pas de la porte de la pharmacie, ils vont forcément trouver un pharmacien à leur écoute. Et ça, c'est hyper rassurant pour eux. Et du coup, ils accueillent vraiment cet accompagnement les bras ouverts. Donc, c'est pour ça que quand on voit vraiment ce côté-là, on se dit que c'est dommage qu'il y ait encore des pharmaciens qui ne se sensent pas dedans parce que c'est vraiment du plus.
- Speaker #1
Et au même titre que la vaccination, il serait important même que ces entretiens se démocratisent auprès des patients. Dans votre cas, Aurore, comme vous l'avez dit, c'est compliqué si le temps pharmacien au comptoir est assez restreint, surtout pour les équipes restreintes. Cependant, quand ils sont plusieurs, c'est vrai que l'enjeu sera peut-être d'harmoniser cet entretien. Est-ce qu'il existe des outils pour que tout le monde suive un petit peu le même fil conducteur, pour que chaque patient ressorte avec les mêmes informations ou même avec un rendu patient ? Est-ce que, via la coopérative, vous avez mis en place ce type d'outils ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. On propose à nos pharmaciens une plateforme, un outil digital qui s'appelle Bimidoc. Sur cette plateforme, on a tous les entretiens conventionnés et également d'autres entretiens qu'on a développés avec eux, qui sont des outils clés en main pour le pharmacien qui n'a plus qu'à suivre la trame et à poser des questions avec des conseils associés. Et à la fin, il y a effectivement un remis patient pour que, en général, ça fait toujours son petit effet de repartir de la pharmacie avec sa petite fiche du remis du pharmacien. Et ça, je pense que c'est un outil qui aide pas mal, qui ne se veut pas non plus remplaçant du pharmacien, parce que ce n'est pas le but de dire vous n'êtes pas capable d'avoir ces connaissances. Non, mais c'est juste que je pense que dans la journée d'un pharmacien, comme tu disais Aurore, On n'a pas forcément le temps d'être à jour sur tout, de toujours être 100% aligné avec l'entretien en question. Donc, c'est quand même plus pratique d'avoir une trame.
- Speaker #0
Ça fait professionnel.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. C'est un peu plus officiel, comme tu disais tout à l'heure. Alors aussi, ce que je voulais dire, c'est que la coopérative proposait des formations pour justement, formation flash et formation plus longue, pour aider aussi le pharmacien. dans cette démarche. Donc en fait, d'une part, il peut aller se renseigner de lui-même et être à jour sur ses connaissances. Et en plus, il a ce fameux support qui l'aide à ne pas trop se perdre. Et je pense aussi à ce que l'entretien ne soit pas trop chronophage parce qu'à mon sens, peut-être qu'il n'y avait pas cette trame, on pourrait se perdre.
- Speaker #1
Oui, c'est pour ça que ça permet de... C'est ça. Et peut-être d'ailleurs que les étudiants devraient évoluer dans leur formation au niveau des stages. Parce que sur cette formation continue, en tout cas l'évolution des recommandations, ce genre de choses, on pourrait imaginer une formation aux étudiants et même des titulaires par le biais de ces stages qui développeraient.
- Speaker #0
Ce serait super. Et en même temps, j'ai envie de dire, c'est comme Lucie me faisait penser, c'est vrai que quand on va en formation, en plus, on rencontre d'autres pharmaciens. Et du coup, on échange et en fait, le partage des connaissances et des idées, c'est-à-dire moi pour... pour faire ça. Ou par exemple, il y en a, ils vont nous dire, moi, pour pas que ce soit trop court, je me mets une petite alarme. Je calcule un temps et je mets une petite alarme. Tout le monde va donner sa façon de faire. Et du coup, ça nous fait réfléchir sur notre façon de pratiquer et de se dire, ah tiens, ça, c'est pas mal. Moi, je pense que je pourrais peut-être faire ça, par contre. Et en fait, ça donne des idées. Et le fait de pouvoir échanger aussi avec les étudiants qui, eux, sont formés par la fac, etc., ça donne aussi un autre point de vue. Et ça... Je pense que le partage des connaissances et des expériences, c'est toujours bénéfique.
- Speaker #2
Après, je pense qu'à la fac, la formation est très solennelle dans un sens très officiel. Scolaire. Voilà, scolaire. C'est-à-dire qu'on apprend vraiment le texte réglementaire. C'est le pharmacien qui fait ça, de telle manière. Donc oui, c'est intéressant que l'étudiant sorte formé avec les bonnes règles en tête. Mais comme tu dis, il y a aussi le sphin. C'est ça, il y a les bonnes pratiques qui se propagent. Et nous, c'est aussi le but de la coopérative. C'est que quand on voit, par exemple, une officine qui bat tous les records sur une période, sur un temps fort, par exemple.
- Speaker #1
Les temps forts, ce sont les campagnes que vous menez dans l'année.
- Speaker #2
Et en fait, on va leur demander, mais comment vous avez fait ? Parce qu'à la fois, on a des résultats, on a des quantités d'entretiens réalisés qui sont... Franchement, pas.
- Speaker #0
Impressionnant.
- Speaker #1
Vous êtes impressionnante, justement, à nous donner. Par exemple,
- Speaker #2
pour le mois du souffle, mon plus gros faiseur, il avait plus de 100 entretiens asthmes réalisés sur un mois qui était déjà troué par les jours fériés. Oui, c'est vrai. Donc, je lui avais demandé, mais comment vous avez fait pour être aussi bon ? Alors qu'on leur demandait de faire... quatre à six entretiens, normalement. Et en fait, il m'a partagé ses bonnes pratiques. Et ensuite, moi, j'ai pu les partager au réseau. Et à mon sens, c'est vraiment ça l'objectif final de la coopérative. C'est que oui, il y a la réglementation qui donne une idée de ce qu'on doit faire, mais il y a aussi ce qui se fait bien. Et l'impulsion donnée au réseau. Moi,
- Speaker #0
je sais que j'ai une équipe qui répond bien à ces challenges santé. Je les avais un peu challengés sur... On avait fait Mars Bleu, donc on avait... Je leur avais dit, l'année dernière, on a délivré autant de kits de dépistage. J'aimerais que cette année, on en fasse plus. Et en fait, ça permet aussi, comme je le disais tout à l'heure, il faut que ça devienne un automatisme d'y penser. Et en fait, pour que ça devienne un automatisme, il faut l'avoir fait plein de fois. Et donc, ces périodes-là, elles servent vraiment à booster ça. C'est ça. Et donc, les filles, pendant ce Mars bleu, elles se sont motivées. Et maintenant, elles le font sans s'en rendre compte. Alors qu'avant, jamais elles n'auraient pensé à faire ça. Et c'est vrai que ces temps forts-là, ils servent aussi à ça, à s'entraîner un peu. Oui,
- Speaker #2
ça ancre le rouage, on va dire. Et ensuite, ça continue une fois que la machinerie est bien huilée. Nous, c'est ce qu'on essaye de faire, en tout cas, c'est de mettre un objectif, comme tu disais, pour challenger. C'est ça, parce que c'est vrai que les pharmaciens sont au courant qu'il y a des missions, mais ils n'ont pas forcément. Ils se disent, je n'ai pas trop le temps, je ferai ça plus tard. Et puis,
- Speaker #1
comme on l'avait dit, peut-être qu'ils se restreignent à cause d'un cadre réglementaire qui paraît confirmé sur une durée d'entretien, sur des modalités de réalisation. Ces nouvelles missions, c'est aussi une question d'espace. au revoir Est-ce que vous avez dû mettre en place des travaux, un réaménagement de l'officine pour pouvoir les accueillir de façon plus confidentielle ?
- Speaker #0
Alors pour le coup, oui. Comme justement, je voulais vraiment me consacrer à ces nouvelles missions et les faire bien, cet été, j'ai fermé deux semaines la pharmacie pour refaire vraiment des travaux, pour réaménager mon back-office de manière à pouvoir recloisonner des espaces. Parce qu'en fait, avant, je n'avais qu'un local orthopédie. dans lequel on faisait la vaccination, on faisait les trottes, l'orthopédie, la contention. Et on a aussi une bande de téléconsultation dedans. Donc, je vous laisse imaginer. Un banc local, quand même. Pas si grand que ça, mais... C'est bien aménagé. On va dire. Mais du coup, le problème, c'est que dès qu'on faisait une démission, on ne peut pas en faire... Enfin, voilà, c'était assez complexe. Donc, l'idée, c'était de recloisonner l'espace avec différents locaux. donc on a Par exemple, on a mis la borne vraiment dans un petit local qui fait un peu office de cabine pour dire que si une personne vient faire une téléconsultation, ça ne gêne en rien la pratique d'une autre chose. Et notamment, j'ai refait un petit local orthopédie dans lequel, parce qu'il n'y avait pas d'ordinateur, j'ai mis un ordinateur, j'ai mis de quoi mettre une petite table pour vraiment se poser. Et donc, vous voyez, c'était cet été et j'ai déjà fait. Là, j'ai eu un bilan de prévention. J'ai eu deux bilans cardio. qu'on fait en partenariat avec Malakoff-Médéric. Et j'ai fait des entretiens en co. Parce que justement, comme pour moi, logistiquement parlant, c'est beaucoup plus facile. En fin de compte, j'ai plus envie de les faire aussi. Parce que je ne me pose pas la question de me dire est-ce que j'ai le local de libre ? Là, j'ai tout sur place et c'est nettement mieux pour la pratique.
- Speaker #1
Est-ce que vous pensez qu'à terme, il faudra sacrifier le préparatoire ?
- Speaker #0
Pour le coup, le préparatoire, pour moi, il n'a vraiment plus lieu d'être... Moi, le mien, déjà, il n'est pas aux normes. D'ailleurs, à cause de ça, je ne peux même pas être maître de stage. Là, il faut vraiment revoir les choses. Parce que moi, je ne demande que ça à former un jeune de sixième année comme Lucie, par exemple, en officine. Je ne peux pas juste parce que mon préparatoire n'est pas aux normes, alors que mon étudiant ne va pas. Je veux dire, pour ce qu'il va faire dedans... Je préfère nettement qu'il soit dans l'officine, au comptoir ou dans le local de confidentialité à faire les nouvelles missions.
- Speaker #2
C'est vrai ça Lucie ? Oui, c'est vrai que le préparatoire, je pense qu'il a perdu de sa valeur d'antan. A l'origine, la pharmacie c'était vraiment le préparatoire avant tout et le patient allait chercher sa préparation. De nos jours, ce n'est plus du tout le cas. En fait, il y a des pharmacies qui se sont spécialisées vraiment dans la préparation magistrale et toutes les autres pharmacies envoient leurs commandes. Ah bah oui, c'est vrai. Et c'est tout centralisé, en fait. Donc, moi, je pense que c'est quand même important, dans l'ADN du pharmacien, de ne pas oublier d'où le métier vient à la base. Parce que si, dans la formation, nous, on a beaucoup de TP de Galénique et on apprend beaucoup à préparer des médicaments, donc c'est aussi... Je pense qu'il ne faut pas penser que ça ne sert plus à rien d'avoir un préparatoire parce que ce serait changer complètement l'ADN du métier. Mais c'est plus une relique du passé.
- Speaker #1
Ça paraît presque discordant à l'heure où justement le métier est en train d'évoluer, d'imposer, d'avoir un préparatoire aux normes, aux titulaires qui pourraient développer des nouvelles missions, en tout cas qui pourraient avoir de l'espace pour le faire, soutenu par les étudiants.
- Speaker #2
Je trouve ça vraiment, pour moi, c'est pas trop logique de bloquer, par exemple, un maître de stage, de ne pas pouvoir donner l'accréditation de maître de stage. Parce que le préparateur n'est pas aux normes, alors que d'expérience, dans tous les stages que j'ai faits, à part si le stage est réalisé dans une pharmacie magistrale, sinon on n'a pas du tout d'initiation aux préparations, parce que c'est une activité que la plupart des pharmaciens ne pratiquent plus. Mais tout comme certaines pharmacies vont se spécialiser dans un certain type d'entretien, par exemple. Moi, je sais qu'il y a des pharmacies qui se spécialisent sur l'oncologie, qui se spécialisent sur... Le suivi par exemple des patients qui ont des cancers, je pense notamment à une pharmacie qui s'est spécialisée dans les cancers du sein et qui a donc toute une partie avec des bustes, avec des perruques, qui a vraiment aménagé un espace spécialisé là où dans d'autres pharmacies ce n'est pas du tout le cas. Et donc tant il y a des pharmacies qui se spécialisent dans certains types d'entretiens, dans certaines missions vraiment particulières qui font un focus dessus. Je pense que c'est l'équivalent de pharmacie magistrale. Et je pense que c'est ça le futur des pharmacies. Parce qu'au final, il faut faire tourner son entreprise, il faut faire tourner sa pharmacie. Et pour avoir des clients qui sont toujours attirés, pour avoir une attractivité de sa pharmacie, il faut avoir une spécialité.
- Speaker #1
Ou alors plusieurs pôles de spécialisation, selon les membres de l'équipe en tout cas.
- Speaker #2
Exactement. Et justement, après, ça dépend aussi d'un point de vue personnel. Il y en a qui sont très, comme toi Aurore, qui est très sur l'oncologie. Et puis, il y en a qui préfèrent l'orthopédie ou qui préfèrent, je ne sais pas, la vaccination, les dépistages. Le préparatoire, c'est au même titre que les nouvelles missions. C'est la continuité, c'est diversifier le métier. Mais voilà, ce n'est pas toutes les pharmacies qui font toutes les mêmes choses.
- Speaker #0
Surtout qu'au niveau économique. Moi, je... Moi, je viens de faire des travaux, etc. Là, économiquement parlant, je ne pourrais pas refaire des travaux pour refaire un préparatoire en bonne et due forme, etc. Pour ce que, moi, ça va m'apporter en plus. Puisque de toute façon, les préparations, je les sous-traite. Et du coup, je ne vais pas mettre de l'argent, qui reste à mon avis une certaine somme assez conséquente, juste pour pouvoir être maître de stage. Et puis, voilà. Donc, c'est là où je pense quand même que les instances, il faut que la préparation.
- Speaker #1
Vous ne pouvez pas former des jeunes à... tout votre savoir-faire sur ces nouvelles missions. C'est dommage. Vous ne pouvez pas les accueillir dans votre officine. Et par rapport aux patients, est-ce que le format, c'est-à-dire de les recevoir dans un espace de confidentialité, change votre relation avec eux par rapport à ce que vous pouvez faire au comptoir ?
- Speaker #0
Déjà oui, ils se sentent en sécurité. Et ils se sentent, je pense, au même titre que quand ils vont chez le médecin ou chez un autre professionnel. Ils sont en rendez-vous avec un professionnel de santé. Merci. Et comment je l'ai remarqué, comment j'ai ressenti le changement du coup du regard, c'est que j'ai été surprise d'entendre que certains patients m'appelaient docteur. Alors oui, on est docteur en pharmacie, mais on ne nous appelle jamais docteur. Et en fait, ça m'a fait...
- Speaker #2
Vous portez une blouse ou pas au contraire ?
- Speaker #0
Alors moi, je porte une blouse.
- Speaker #2
Avec le badge, normalement.
- Speaker #0
Avec... Alors moi, c'est brodé. Moi, j'ai le...
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
au brodé.
- Speaker #0
Voilà, c'est brodé sur la blouse. Mais oui, ça me paraît important pour garder le côté professionnel. Parce qu'en plus...
- Speaker #1
Vous n'avez pas appelé docteur auparavant, malgré... Non, on ne nous appelle jamais docteur.
- Speaker #0
Non, on ne nous appelle jamais docteur. Et là, c'est vrai que... On me dit au revoir docteur, merci docteur. Et c'est là où on prend conscience que les gens sont venus en rendez-vous comme ils auraient été en rendez-vous chez le médecin ou chez leur spécialiste. Et je pense que le fait un peu bureau, en effet cloisonné, etc., ça fait vraiment un rendez-vous médical.
- Speaker #1
Dans votre bureau, vous êtes assis, il y a un petit point d'eau. Un poste de comptoir aussi, un poste avec votre logiciel métier ?
- Speaker #0
C'est ça. Comme c'est vraiment tout petit, parce que je n'ai vraiment pas beaucoup de mètres carrés, tout est fait de manière optimale. Donc, en fait, c'est une table qui est rétractable. C'est-à-dire que quand je ne suis pas en entretien, on est plus à l'aise pour pouvoir faire de l'orthopédie, des orthopédies ou des choses comme ça. Par contre, quand on relève la table, j'ai vraiment l'espace pour avoir mon clavier, etc. Et du coup, avoir une chaise de part et d'autre. Du coup, c'est vraiment un échange en face-à-face avec le patient. J'ai le logiciel sous la main. On parlait par exemple de Bimedoc ou d'autres choses. Moi, ça me permet de gagner aussi du temps. C'est-à-dire que, parce qu'avant, je n'avais pas d'ordinateur. J'utilisais une tablette quand même. Mais c'est vrai que c'est quand même plus pratique d'avoir mon logiciel métier parce qu'en fait, sinon, je passais beaucoup de temps après le rendez-vous à refaire des petits trucs et me dire, oui, il faut que je note ça. C'était assez chronophage. Donc là, le fait d'avoir l'ordinateur, le logiciel métier, ou mes outils à disposition. Ou même, là, par exemple, j'ai fait, je ne sais plus si c'était dans le bilan de prévention. Non, je crois que c'était pour le rendez-vous bilan cardio. Non, non, excusez-moi. C'était pour le bilan de prévention. La personne, je lui ai délivré un kit pour le dépistage de cancer colorectal. J'avais mon ordinateur et je lui ai montré la petite vidéo qui avait été faite, je ne sais plus si c'était par le ministère de la Santé ou autre, où ils expliquaient comment utiliser le kit. Je me suis dit que c'était assez rigolo et c'est ludique. Et comme ça, au moins, la personne voit vraiment concrètement. Parce que nous, on lui explique au comptoir, mais on a toujours peur que les gens ne comprennent pas forcément ou n'osent pas dire qu'ils n'ont pas compris. Là, au moins, il avait la vidéo. Donc, en fait, c'était fluide. Et au moins, on ne perd pas de temps. Et moi, je suis sûre que les infos, elles sont bien données. La personne repart avec les idées bien claires. Donc, c'est vraiment un outil. Pour moi, les locaux, ils sont vraiment importants.
- Speaker #1
Pour conclure, parce que le sujet est quand même vaste et on espère d'ailleurs que ces missions vont encore. plus progresser au sein des officines. Quel conseil, Aurore, vous pourriez donner à vos confrères qui ne se sont pas encore lancés ?
- Speaker #0
Déjà, je leur dirais que s'ils aiment le comptoir, s'ils aiment vraiment l'accompagnement de leurs patients, ça va vraiment les valoriser et ils vont aimer ça. Et de ne pas avoir peur de se lancer et de ne pas vouloir se lancer dans tout. C'est-à-dire vraiment aller chercher le thème, le sujet dans lequel on va se sentir bien et Merci. Et commencer par un, et le développer, trouver son rythme, trouver sa façon de faire. Et puis en fait, pourquoi pas après le répéter avec un autre et ainsi de suite. Mais pas se mettre la pression en fait, vraiment y aller à son rythme.
- Speaker #1
Et vous Lucie, est-ce que ça vous engage un peu pour la suite ?
- Speaker #2
Moi, si j'ai un message à faire passer, ce serait surtout auprès des étudiants. Moi, je pense que cette nouvelle mission, c'est avant tout une opportunité d'ouvrir les portes de la pharmacie à plus de monde parce que c'est une filière qui est encore méconnue. Je pense que si on est intéressé par la santé et qu'on est intéressé par l'accompagnement patient, ne pas se dire qu'il n'existe qu'une filière qui peut nous apporter ça et qu'on peut aussi trouver son bonheur en faisant pharmacie. Et moi, je suis ravie qu'on puisse enfin mettre plus de lumière sur cette belle filière. Donc voilà, je pense que c'est que du positif.
- Speaker #0
Rejoignez-nous.
- Speaker #1
C'est ça. Merci beaucoup, Lucie. Merci, Aurore, pour ce partage riche et surtout complémentaire avec vos deux expériences qui montrent que le métier de pharmacien évolue et qu'il évoluera sans doute encore. Ce premier épisode nous a montré combien le métier évolue constamment et surtout combien la notion d'accompagnement est devenue essentielle. Et pour résumer, des missions qui s'élargissent, mais avec les bons outils, une bonne organisation et une méthodologie optimisée. Un réseau solide pour vous accompagner, c'est aussi une opportunité d'aller plus loin. Merci à vous de nous avoir écoutés. Dans le prochain épisode, nous explorons une nouvelle facette du métier, celle du pharmacien entrepreneur. Vaste sujet dont nous discuterons ensemble sur ce plateau d'une dose d'avance. Vous venez d'écouter une dose d'avance, la voix des pharmaciennes et des pharmaciens qui façonnent leur métier. Merci pour votre écoute et merci à tous les professionnels qui font vivre la pharmacie chaque jour. Vous pouvez retrouver cet épisode de la saison 1 sur toutes vos plateformes d'écoute habituelles. Nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir le réseau GIPHAR sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, LinkedIn et sur sa chaîne YouTube. Je vous dis à très bientôt !