- Speaker #0
Bonjour,
- Speaker #1
vous écoutez le podcast de Virage. On vous donne des pistes pour aller de l'avant et ça se fait parfois à contre-courant. Si face à un problème, quel qu'il soit, vous vous êtes déjà dit « j'ai tout essayé, rien ne va, je ne sais plus quoi faire » , alors vous êtes au bon endroit.
- Speaker #0
Je suis Marina Blanchard, psychologue, formatrice et fondatrice de Virage. Mon école s'inscrit dans la lumière de celle de Palo Alto, c'est-à-dire de la thérapie brève.
- Speaker #1
Et je suis Peggy Van Lierde, chef d'entreprise, journaliste et coach en développement personnel.
- Speaker #0
Ensemble, nous nous proposons des réflexions pour avancer autrement.
- Speaker #1
On n'en parle pas souvent, mais les patrons, eux aussi, peuvent avoir ce sentiment de solitude, de se sentir vraiment très très seul quand on est au top de la hiérarchie. on a moins de partage, fatalement, avec des personnes qui partagent les mêmes préoccupations. C'est sûr. Et donc, on peut se retrouver très seul dans son bureau, dans son occupation, avec aussi les attentes de ses employés à satisfaire ou pas.
- Speaker #0
Tout à fait, oui. Les décisions à prendre. Oui, c'est sûr, c'est sûr.
- Speaker #1
Aujourd'hui, on vous laisse pencher un petit peu sur le cas des patrons qui ont ce sentiment de solitude et essayer de leur apporter quelques pistes. en fait, pour se sentir moins seule. Alors, une première piste pour se sentir moins seule, c'est de parler, en fait, de son travail, des préoccupations, des questionnements que l'on a, de pouvoir, en fait, partager, que ce soit dans l'enceinte professionnelle ou à l'extérieur, soit avec des amis, soit, en fait, avec des cercles professionnels. Oui, oui,
- Speaker #0
il existe des cercles d'entrepreneurs, etc. Et je pense que c'est vrai que c'est intéressant d'échanger. Alors ce sera probablement différent d'ailleurs si on est avec des cercles d'entrepreneurs et de personnes qui vont pouvoir témoigner ou même utiliser l'intelligence collective pour vraiment aider à résoudre des problèmes que d'autres ont rencontrés, peut-être dans un autre contexte, mais qui sont finalement similaires. Et effectivement, on peut aussi en parler avec les personnes avec qui on travaille, elles-mêmes, qui ont plus de connaissances peut-être du contenu. Et pour ça, il faut évidemment sentir qu'on est en confiance avec l'une ou l'autre, peut-être pas en parler à toute l'équipe. d'emblée, si on a un gros problème, mais se dire, tiens, telle personne pourrait être une ressource pour ce problème-là, et peut-être telle autre pour un autre problème. Et ça, je pense que c'est important aussi, c'est d'adapter le confident ou la personne, le collaborateur avec qui on va échanger sur telle ou telle question.
- Speaker #1
Et d'avoir ce management qu'on voit de plus en plus aujourd'hui, un peu plus horizontal que vertical.
- Speaker #0
Voilà, je pense que ça, de toute façon, c'est clair que c'est une richesse, c'est une ressource et ça permet aussi aux personnes de l'entreprise de se sentir... valoriser, de se sentir entendue, de se sentir, voilà.
- Speaker #1
Et de s'investir.
- Speaker #0
Investir, voilà, exactement. Donc ça, c'est une chouette ressource. Et puis alors, il y a les proches aussi, qui peuvent être une occasion, qui peuvent nous permettre de prendre du recul, qui peuvent aussi parfois nous faire ouvrir un oeil sur comment on fonctionne, parce que eux nous connaissent d'une autre manière et dire, oui, mais enfin, là, si tu prends toutes les décisions tout seul, c'est normal que les gens râlent ou si tu fais ceci, c'est normal et qu'on puisse prendre conscience de certaines choses. C'est plus difficile pour nos employés de nous le dire. C'est plus difficile pour des gens extérieurs qui ne nous connaissent pas de se rendre compte. Peut-être qu'on a de toutes les difficultés. Et donc, je pense que c'est une autre ressource. Donc, c'est déjà de différentes manières qui n'empêcheront pas, évidemment, qu'on est quand même seul à la prise de risque, qu'on est quand même seul au moment de la décision finale.
- Speaker #1
Mais le fait de partager peut, en tout cas, diminuer peut-être la frustration ou la difficulté que l'on ressent face à cette solitude. Parce que ça peut amener des pistes, d'autres regards, etc. Même si au final, effectivement, comme tu le dis, on sera seul à trancher.
- Speaker #0
C'est ça. Et lorsque ça ajoute aussi, je trouve, moi, de l'expérimenter, je trouve que quand je partage une difficulté avec une collaboratrice, par exemple, ou un collaborateur, j'ai l'impression qu'il y a une prise de conscience aussi de sa part, de combien c'est parfois difficile. Parce que parfois aussi, le fait d'être seul, en fait, il y a aussi une espèce de non-reconnaissance. C'est comme si pour nous, c'était facile. Les gens qui travaillent... pour quelqu'un ont toujours l'impression que celui-là c'est facile, c'est lui qui dirige, c'est lui qui... Alors qu'en fait il y a plein de trucs qu'on fait qui ne sont pas spécialement faciles, qui sont...
- Speaker #1
Et beaucoup de choses qu'on fait dans l'ombre aussi, pour le bien-être par exemple de ses employés, mais les employés ne le ressentent pas, ne le savent pas, n'ont peut-être pas à le savoir, mais quelque part c'est quand même sur les épaules du patron.
- Speaker #0
Oui tout à fait, c'est ça. Et donc de partager ça, je pense que c'est aussi intéressant que... Il y a cette prise de conscience de comment on se préoccupe du bien-être de chacun, etc. Parce que si juste on le fait, les autres n'en sont pas forcément conscients. Et donc, je pense que c'est important de partager quand même ces difficultés, même sans demander à l'autre de nous guider dans la décision, mais au moins déjà le dire, on se sentira moins seul. Et ça permettra aussi une forme de reconnaissance quand même du statut pas si simple, pas si facile et pas toujours tout rose de patron.
- Speaker #1
Alors, dans le cas où c'est plus compliqué de vraiment partager une préoccupation, En fait, on peut partager quand même avec ses employés peut-être d'une autre façon, ce serait une deuxième piste, c'est de déléguer. Alors on voit souvent la délégation comme une diminution de charge de travail.
- Speaker #0
Ce qui est vrai aussi.
- Speaker #1
Ce qui est tout à fait vrai, mais la délégation quelque part, ça peut être aussi... Une occasion finalement de créer la discussion sur un certain sujet. Imaginons, je choisis de déléguer un dossier à l'un de mes collaborateurs qui n'est a priori pas au même niveau que moi, mais je vais échanger du coup avec ce collaborateur puisqu'il doit me faire des feedbacks sur ce dossier. Et quelque part, ça peut permettre d'avoir une autre vision. Oui,
- Speaker #0
oui,
- Speaker #1
ça fait là.
- Speaker #0
d'avoir une autre écoute et aussi de partager quelque chose et de diminuer du coup le sentiment tout à fait et je pense même en délégant vraiment si vraiment laisse l'autre gérer diriger mais alors on est vraiment au même niveau à ce moment là et c'est ça qui est intéressant aussi donc là on n'est plus du tout seul à décider puisque l'autre peut aussi prendre la décision puisqu'on lui délègue même la prise de décision même s'il en parle avec nous s'il n'est pas sûr mais on a deux oui
- Speaker #1
et au moment de la de la décision finale à prendre, on aura eu le feedback de quelqu'un d'autre et on se sent un peu moins seul en disant je dois trancher.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Je suis juste parce que quelqu'un m'a donné un peu son avis.
- Speaker #0
Oui, ou je laisserai même l'autre prendre la décision. Pour moi, la délégation peut aller jusqu'à dire à l'autre, c'est toi qui décide, si tu veux on en parle, mais je te laisse décider. Ce qui, je trouve, permet aussi de se sentir moins seul puisque je ne suis plus tout seul à décider même.
- Speaker #1
Alors, là on a donné deux pistes. Parfois elles sont applicables, parfois pas. Quelque part, ce sensinement de solitude, on ne va pas s'en débarrasser comme ça parce qu'on aura mis ces pistes en œuvre. Et donc, il y a aussi cette troisième piste, quelque part, qu'on a envie d'évoquer, qui est qu'il va falloir aussi accepter qu'on est seul.
- Speaker #0
Oui, parce qu'effectivement, à moins de choisir de partager le pouvoir, ce qui n'est pas non plus toujours simple, d'ailleurs, qu'il y a d'autres inconvénients dont on pourrait parler dans un autre épisode. Si on est seul à la tête, j'ai envie de dire, d'une entreprise, ben oui, on est seul. Donc effectivement, je pense aussi qu'il y a un travail d'accepter le fait que, voilà, je suis seul. Et ça peut, pour certains, ne pas du tout être un problème. Mais pour ceux qui ressentent comme un problème, ben oui, soit je prends un associé, ça c'est une possibilité aussi. Ça pourrait être une quatrième possibilité, je prends un associé. Tellement cette solitude, j'en souffre. Mais si prendre un associé a un prix trop cher pour moi... pour quelle que soit la raison, du coup alors effectivement, il y a ce côté où oui, il faut accepter quand même une part de solitude dans cette position qu'on a voulu garder pour nous tout seuls, entre guillemets, si on peut le dire comme ça. Pour conclure peut-être, il y a ces trois pistes, enfin ces quatre pistes finalement qu'on peut dégager, qui sont effectivement d'en parler autour de soi, d'essayer de trouver des personnes ressources à qui on peut en parler. Et ça, peut-être chacun doit choisir avec qui ça lui parle le mieux. Et peut-être des personnes différentes, ça, c'est intéressant. Puis, il y a l'idée, effectivement, comme tu l'as dit, de déléguer pour avoir un espèce d'associé sur un point ou un autre point d'entreprise et qui permette vraiment d'aller même jusqu'à lui déléguer la décision et donc plus du tout être seul dans cette décision-là. Et puis, il y a effectivement le point de se dire, j'accepte ma solitude. Et si tout ça vous est encore insupportable... Prenez alors j'ai envie de dire un associé, trouvez quelqu'un avec qui vraiment partager alors la charge complète de l'entreprise.
- Speaker #1
Et on peut ajouter une cinquième piste qui serait de suivre un accompagnement, d'aller voir un coach qui peut en fait aussi nous donner très concrètement sur notre cas personnel des pistes pour pouvoir nous aider dans la solitude, nous aider dans la délégation, nous aider dans éventuellement trouver un associé parce que toutes ces pistes là, elles ne sont pas forcément faciles à mettre en œuvre.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est vrai que si on a un coaching, on va peut-être se sentir beaucoup moins seul parce qu'on a notre coach à côté de nous, sur notre épaule quand on défend une décision, parce qu'on a préparé avec le coach comment la défendre. Donc c'est sûr que c'est aussi tout à fait une possibilité si les autres pistes ne vous conviennent pas ou que seul vous ne voyez pas trop comment les développer.
- Speaker #1
Merci beaucoup de nous écouter. Chaque semaine, vous êtes de plus en plus. de plus en plus nombreux et ça me fait chaud au cœur.