- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans le podcast de Virage, je m'appelle Valentin Ausha et comme toutes les semaines je suis en présence de Marina Blanchard. Marina qui va nous parler aujourd'hui du Diana, prénom d'emprunt. Diana a 50 ans, elle doit absolument arrêter le sport qu'elle pratique énormément mais elle est complètement à court.
- Speaker #1
Bonjour, vous écoutez le podcast de Virage. On vous donne des pistes pour aller de l'avant, parfois à contre-courant. Je suis Marina Blanchard. psychologue, formatrice et fondatrice de Viral. Mon école s'inscrit dans la lignée de celle où Padoa 2 s'est fabriquée de la thérapie brève systémique.
- Speaker #0
Marina, tu nous parles aujourd'hui de Diana. Donc Diana a 50 ans, elle est avocate, elle travaille énormément et dès qu'elle a du temps libre, elle est à la salle de sport. Elle va au sport tous les jours de la semaine. On en est à 10, 12, parfois 14 heures de sport par semaine. Le problème, c'est que son médecin lui a demandé d'arrêter et qu'elle ne voit pas. comment elle pourrait faire.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et c'est intéressant parce que du coup, elle vient consulter en disant, voilà, aidez-moi à arrêter. Et quand je lui demande ce qu'elle a déjà fait pour essayer d'arrêter, elle me dit rien, je n'y arrive pas, quoi. Je ne peux pas, j'ai trop besoin de ce sport, ça me fait du bien, etc. Bon, elle a une fois arrêté, mais vraiment, je crois que pendant deux jours, elle n'a pas fait de sport pour des raisons personnelles. Elle dit, j'ai vu, je pète un câble, ça ne va pas, etc. que le sport me permet d'évacuer mon stress, ça me fait vraiment un bien fou. Et donc, elle se retrouve face à un dilemme, si on peut dire, puisque son médecin l'a dit pour sa santé, c'est un peu paradoxal, mais en fait, elle est en risque de ne plus pouvoir marcher dans, il me semble, huit ans ou un truc comme ça, oui, dix ans, enfin le médecin dit dix ans max, mais si, parce qu'il y a un truc avec le genou, enfin bon voilà. Elle est un peu coincée entre le court terme où elle se dit j'ai besoin du sport et le long terme où elle se dit je vais perdre la loi, je ne pourrai même plus marcher. Et donc, ça va être une catastrophe, etc. Et en plus, je ne pourrai plus faire de sport à ce moment-là. De toute façon, quelque part, elle va être obligée d'arrêter un jour ou l'autre. Mais elle se sent incapable de faire ça seule, en tout cas.
- Speaker #0
Oui, parce que quelqu'un, vu de l'extérieur, on se dit bon, le choix.
- Speaker #1
il est vite fait quand on n'est pas addict ça semble moi ça me semble facile mais dans son cas tu nous l'expliques quand on voit tous les apports du sport au quotidien il y a le stress il y a la volonté d'être un peu une sœur de femme parfaite j'imagine qu'il doit avoir une vie impeccable évidemment il semble trop élevé c'est ça c'est ça et donc voilà donc elle vient un peu alors c'est intéressant parce que c'est enfin on a comme ça des patients qui viennent nous demander d'arrêter un truc qu'ils n'ont pas vraiment envie d'arrêter Et donc, voilà, c'est important. En plus, je fais de l'hypnose et donc il y en a qui viennent en disant « avec l'hypnose, vous pouvez peut-être me faire arrêter » . Non, en fait, ce n'est pas un outil magique. Et la première chose, c'est qu'il faut une certaine motivation chez la patiente. Et donc ici, la première chose que je vais essayer de faire, c'est d'aller voir s'il y a quand même un fond de motivation quelconque. Parce que s'il n'y en a pas du tout, ça va être difficile. Et heureusement, je ne vais pas pouvoir faire arrêter quelqu'un contre son gré de faire quelque chose, même si elle me le demande. Enfin, c'est un peu paradoxal.
- Speaker #0
On s'y prend alors dans ces cas-là,
- Speaker #1
Il n'y a pas beaucoup de prises. Donc, ce que je vais commencer par lui dire, je vais commencer par lui demander, on appelle ça aller voir les risques du changement, les risques d'arrêter tout ce qu'elle va perdre. Parce que je lui dis, on va aller voir ensemble si vous êtes prêts à perdre ça. Parce que voilà, j'entends bien que vous êtes inquiète pour votre santé à long terme, évidemment, et que vous avez envie d'arrêter. Et en même temps... J'entends aussi que vous n'avez pas du tout envie d'arrêter parce que ça vous fait du bien, ça dégage votre stress, ça vous maintient mince, etc. Donc, quels seraient les risques ? Imaginons que vous arrêtez le sport, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qui va être négatif ? Et là, évidemment, comme tu le disais, la liste est quand même assez longue. Enfin, la liste n'est pas si longue, mais elle est importante. Ce sont des choses importantes puisque je vais être beaucoup plus stressée, je risque de me disputer beaucoup plus avec mon mari, de crier sur mes enfants. je risque de prendre du poids. Et c'est évidemment quelque chose qu'elle veut à tout prix éviter. En plus, 50 ans, c'est vraiment un âge où, pour les femmes, c'est assez clé par rapport au poids. Et donc, elle est dans beaucoup de peur énorme à l'idée d'arrêter le sport.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a aussi la notion de la vision du monde, ce qu'on appelle la vision du monde. C'est vraiment la façon de voir les choses qui est importante pour les valeurs de la personne. Oui, tout à fait. Et là, en tant qu'avocate, en tant que grande sportive, on est dans ce du gil de... De performance. C'est ça, exactement. Il y a vraiment un truc profondément...
- Speaker #1
Oui, c'est ça, oui. Oui, parce que c'est ça, elle va à la salle, elle fait des triathlons, enfin, elle fait tout ce qu'il faut pour vraiment... Et voilà, elle est fière de mettre ça en avant, etc. C'est une partie sans image d'elle-même, effectivement, et c'est important aussi. Et bon, ça, elle ne me le cite pas elle-même spontanément comme risque de changement, mais effectivement, quand même, voilà, moi, je me rends bien compte que c'est la partie de... Voilà, par rapport... Et donc... Quand elle me dit tout ça, on va commencer à regarder si elle est prête. quelque part, à renoncer à sa ligne, à renoncer. Et voilà, en parlant avec elle, alors c'est intéressant parce qu'on voit que, par exemple, renoncer à sa ligne, à un moment donné, elle me dit, pour ma santé, oui, s'il faut, je ne vais pas non plus devenir obèse, je ferai attention, enfin voilà, c'est quelqu'un de volontaire. Mais on arrive quand même à la conclusion que le stress, ça, ce n'est pas possible. Et donc, alors... c'est pas la première séance donc moi je vais la laisser partir à la fin de la première séance avec cette question entre les risques de continuer à faire du sport et donc dans 8-10 ans se retrouver probablement invalide ou les risques de d'arrêter et donc voilà il faut la laisser cogiter un petit peu voilà parce que je lui dis voilà c'est pas une décision de se prendre en deux minutes comme ça c'est pas parce qu'on fait une séance que ça débloque tout prenez le temps d'y réfléchir et vous me revenez la fois prochaine avec... Et donc elle revient et elle me dit en fait c'est vraiment le stress qui est le gros risque. Elle dit moi je ne sais pas comment je vais gérer mon stress, ça me semble impossible, mon métier est ultra stressant, j'adore, j'adore, mais c'est ultra stressant et sinon ça retombe sur ma famille et en fait ça, elle l'avait expérimenté comme j'ai dit lors d'un week-end où elle n'avait pas pu faire de sport et donc elle dit ça c'est impossible. Et donc finalement, on a travaillé en fait sur le stress, du coup sur la gestion du stress, sur des alternatives. Et donc... Pour moi, c'est ça qui est intéressant, cette question d'aller voir les risques du changement. C'est que, du coup, quand on a les risques, il y a des risques qu'on peut se dire, je prends le risque de grossir un peu, je prends le risque, ou je le gérerai comme ça ou comme ça. Puis il y a des risques où on se dit, non, celui-là, il faut qu'on le traite avant que je ne lâche mon sport, il faut que j'ai d'autres alternatives, et c'était le cas pour le stress. Et donc, finalement, on a plus travaillé sur gérer le stress autrement pour obtenir... peut-être pas des risques là exactement semblables aux séances de sport presque deux fois par jour qu'elle faisait, mais pour quand même obtenir quelque chose de suffisamment satisfaisant pour elle, pour qu'elle puisse diminuer le sport, voir que ça fonctionne. Dans une certaine mesure. Et voilà.
- Speaker #0
Au lieu de s'attaquer aux problèmes directement, on cible dans ce cas-ci certaines sources qui sont liées aux problèmes.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Pour pouvoir faire une autre prise sur la situation.
- Speaker #1
En fait, pour moi, on est un peu dans un problème. qui était une solution à un moment, le sport était une solution, et puis qui devient un problème parce que les conséquences de la solution deviennent lourdes, trop chères à payer. Et c'est souvent le cas dans les addictions. Donc l'alcool parfois est une solution pour de l'anxiété, par exemple, ou des idées noires, je bois et alors je me sens plus léger, j'oublie et je décroche. Sauf qu'à un moment, l'alcool devient lui-même le problème parce que je ne peux plus prendre la voiture, j'ai eu un accident, enfin voilà. Et donc, à un moment donné, les gens demandent de traiter, en fait... La tentative de régression. Oui, voilà. Ce qu'on appelle la tentative de régression,
- Speaker #0
c'est-à-dire la solution mise en place pour régler un problème initial qui, elle-même...
- Speaker #1
C'est ça, devient problématique. Et donc, effectivement... Et du coup, si on travaille sur le problème initial, il n'y a plus besoin de l'alcool si on travaille sur l'anxiété à un moment donné, ou ici, du sport, si on travaille sur le stress. Et donc, en travaillant là-dessus, on peut, du coup, diminuer... Et finalement, elle n'a pas arrêté, mais elle a vraiment diminué et revenu à quelque chose de beaucoup plus raisonnable et qui lui donnait du coup beaucoup plus d'années derrière. Donc ça, c'est aussi un deal avec le médecin, parce qu'il faut aussi dealer avec les médecins. C'est quelque chose à ne pas oublier.
- Speaker #0
Parfois être compliqué. De toute façon, c'est vraiment l'option d'accès qui a été travaillée. Il y a une part acceptable et il y a une part excessive. Et dans ce cas-là, elle a trouvé un juste milieu, un équilibre.
- Speaker #1
Tout à fait,
- Speaker #0
c'est tout à fait ça. Merci Marina. Avec plaisir.
- Speaker #1
Si vous avez aimé cet épisode et que vous souhaitez nous le faire savoir, mettez-nous 5 étoiles. Vous pouvez aussi nous rejoindre sur le site www.virageaupluriel-consultationaupluriel.com pour avoir d'autres pistes pour avancer autrement. A bientôt !