- Speaker #0
Bonjour, vous écoutez le podcast de Virage. On vous donne des pistes pour aller de l'avant, parfois à contre-courant. Si face à un problème, vous vous êtes déjà dit, j'ai tout essayé, je ne sais plus quoi faire, vous êtes au bon endroit. Je suis Marina Blanchard, psychologue, formatrice et fondatrice de Virage. Mon école s'inscrit dans la lignée de sel de Palo Alto, c'est-à-dire de la thérapie brève systémique. Je suis avec Antoinette Van de Kerco aujourd'hui. Antoinette est neuropsychologue. et spécialisé dans les traumatismes. Nous allons donc essayer de vous aider, de vous donner des pistes autour de ces problématiques de trauma que nous vivons tous un jour ou l'autre.
- Speaker #1
Bonjour Antoine. Bonjour. On se retrouve aujourd'hui pour parler, toujours du trauma, mais du bon timing finalement et des conditions un peu pour qu'un travail sur le trauma se fasse de la meilleure manière qui soit. pas plus de dégâts qu'autre chose. Et donc, au contraire, ça aide vraiment la personne à aller mieux. Et donc, justement, au niveau du timing, quand est-ce qu'il faut se mettre à consulter ou quand est-ce qu'il ne faut pas venir consulter et prendre rendez-vous ?
- Speaker #2
Alors, je ne sais pas si c'est vraiment au niveau du timing de la prise de rendez-vous, mais en tout cas, si on décide de commencer un chemin thérapeutique, que ce soit le thérapeute ou le patient, d'avoir deux choses importantes à garder en tête. c'est le fait de vraiment pouvoir se sentir suffisamment en sécurité d'une façon externe et d'une façon interne. Donc si je veux un peu développer, le fait de se sentir en sécurité de façon externe, c'est-à-dire vraiment avoir l'impression que mes besoins primaires sont vraiment remplis, c'est-à-dire de pouvoir avoir un endroit où je me loge, de savoir que j'ai de quoi garder une certaine hygiène de vie, pouvoir me toucher quelque part, aussi de pouvoir avoir de l'argent pour payer mes factures. d'avoir de quoi manger, etc., qui peuvent paraître la base pour plein de gens, mais parfois on se rend compte qu'on va accompagner des personnes en thérapie, mais qui sont dans des situations financières dramatiques, qui recherchent un emploi depuis des années, qui n'ont pas quatre enfants à charge. Tout ça, évidemment, va être la priorité pour pouvoir ensuite travailler sur quelque chose qui est plus difficile, parce qu'évidemment, aller se remettre en contact avec l'énergie traumatique nécessite... de se sentir bien en sécurité pour pouvoir être en contact avec quelque chose qui va nous déstabiliser. Et donc, si effectivement la base vraiment n'est pas là, ça peut vraiment mettre la personne en danger. Donc ça, c'est hyper important d'avoir conscience en tant que thérapeute, mais aussi soit en tant que patient, d'avoir ça en tête, en espérant évidemment que le thérapeute se porte garant de ça. Évidemment, c'est quand même une idée, mais voilà. Et la deuxième chose, c'est la sécurité interne. Donc c'est vraiment la capacité de se sentir... en sécurité avec soi-même. On a parlé dans les épisodes précédents de cette énergie du trauma qui reste dans le corps. C'est une énergie qui est extrêmement envahissante et souvent douloureuse. Et donc, pour pouvoir avoir l'occasion de se connecter à elle pour qu'enfin elle puisse être purgée et sortir de nous, d'abord, il faut être certain qu'on a la capacité de sentir d'autres choses dans le corps qui ne sont pas aussi envahissantes et déstabilisantes, à savoir de la sécurité. Et donc, c'est important de s'assurer qu'on peut suffisamment s'attribuer des compétences, reconnaître en soi des ressources, des forces, des choses qui sont positives, qui sont agréables et qui vont nous permettre d'affronter les choses.
- Speaker #1
Oui, mais alors, je te prends un instant, parce que du coup, s'attribuer des compétences, etc., mais ça fait partie du travail que le thérapeute va faire, parce que je pourrais me dire, mais Quand j'entends ça, moi je ne suis pas capable, je ne vais pas les consulter, je ne suis pas prêt, je ne vois pas bien mes ressources. Mais en fait, le thérapeute va faire ce travail de faire émerger mes ressources, de me faire prendre conscience de ces ressources-là.
- Speaker #2
Oui, bien. Merci de préciser que c'est super important. Là, je parle évidemment de mon expérience de thérapeute, donc c'est évidemment le chemin qu'on va emprunter avec le patient. Mais évidemment, ce n'est pas quelque chose de prérequis pour la thérapie. Merci de le souligner.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai qu'en fait, oui, c'est ça ce qui est important, c'est de se dire Pour les ressources externes, ça, le thérapeute ne peut pas faire grand-chose quelque part.
- Speaker #2
Ou bien la compagnie est quand même dans le fait de faire des démarches, peut-être de se renseigner sur ses droits ou de pouvoir... Oui,
- Speaker #1
ok. Mais c'est en train de la thérapie, alors ça serait plus... Oui, c'est ça. Ok, ok. Alors que la partie interne, ce n'est pas un acquis en venant au travail. D'ailleurs,
- Speaker #2
c'est souvent la première partie de la thérapie. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est ça pour moi. Exactement.
- Speaker #2
Et donc, c'est vraiment l'idée de « ensemble » avec le thérapeute. de pouvoir être capable d'identifier ça. Et c'est seulement dans un second temps, du coup, qu'on va pouvoir travailler sur cette énergie qui est restée stockée.
- Speaker #1
Et donc, pour travailler ça... tu vas, je ne sais pas, parce que moi je travaille avec l'hypnose aussi, on va partir, par exemple, de la safe play, ça fait partie de ça, c'est-à-dire aller aider les gens à retrouver un lieu, un endroit, un moment où ils sont bien, où ils ont des sensations positives, agréables, etc. pour pouvoir partir de ce moment de bien, pour aller vers ce qui est plus difficile, et pouvoir aussi revenir à cet endroit, à ce lieu sécure. Il y a un peu cette idée-là, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, exactement. Donc, on va utiliser la Safe Play. Donc, c'est vraiment un endroit de sécurité. Et on va vraiment aller sonder le corps. On a vraiment un travail au niveau des sensations corporelles qui est essentiel. Et donc, ça va vraiment être de pouvoir se projeter dans un endroit et de vraiment faire le travail, d'aller sentir à l'intérieur du corps, en fait, où est-ce que je sens cette sécurité, cette légèreté, cet espace, et de vraiment, en fait...
- Speaker #1
Le faire vivre.
- Speaker #2
Oui, le faire vivre à l'intérieur, que ça vibre à l'intérieur et que la personne puisse vraiment avoir ça comme... Enfin, que ce soit accessible très facilement. Et donc, on va aussi utiliser la thérapie des états du moi, qui est vraiment une thérapie sur laquelle on va travailler avec des parts, les parts de soi. Et donc, avant de travailler sur les parts qui portent les blessures ou qui ont l'information des traumas, on va d'abord faire en sorte que la personne puisse aller à la rencontre et vraiment se connecter pleinement aux parts d'elle-même qui ont des compétences.
- Speaker #1
Qui ont des sources, etc.
- Speaker #2
notamment par exemple la capacité qu'on a en soi de prendre soin de l'autre, la capacité qu'on a en soi de défendre l'autre, etc. En fait, dans un second temps, on pourra aussi être utilisé pour prendre soin de soi.
- Speaker #1
Évidemment.
- Speaker #2
C'est une ressource qu'on a tous et toutes, mais parfois, effectivement, ce n'est pas toujours facile en début de thérapie d'y avoir accès et même dans notre quotidien. Donc, c'est aussi ça le rôle de la thérapie, c'est de vraiment baliser, faire en sorte que ce soit sécure au niveau interne et externe pour pouvoir ... dans un second temps, quand on sera prêt, accueillir les blessures, accueillir cette énergie traumatique, sans que ça nous déstabilise.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est ça. On verra mieux, et pas de déstabilisation, effectivement.
- Speaker #2
Je pense qu'il y a aussi quelque chose d'intéressant qui peut être dit ici, c'est qu'aujourd'hui, il y a plein de pratiques différentes qui vont stimuler cette énergie traumatique. Par exemple, ça peut être des séances d'hypnose, ça peut être... des séances de respiration intense, des séances parfois d'ayahuasca, etc., qui sont en fait des points médicinels qu'on va ingérer et qui vont nous mettre dans des états qui sont parallèles à l'hypnose, qui vont permettre que les connexions neuronales se développent. On appelle ça la synaptogénèse. Donc, ce sont des pratiques qui sont super, dans le sens où toutes, elles permettent de pouvoir recréer des nouvelles connexions. Et donc, si elles se font dans un cadre qui est suffisamment sécure, on va pouvoir être en contact avec les choses qui nous ont blessées et les traumas qu'on a vécus, mais en venant soigner quelque chose, mettre du baume là-dessus, mettre une réparation. Et donc, les nouvelles connexions qu'on va créer sont de l'ordre de la réparation et vont vers la guérison. Mais le problème de ces pratiques, c'est que si au préalable, on ne sait pas suffisamment... axé sur la sécurisation interne et externe et vraiment à baliser un maximum de sécurité, ce sont des pratiques qui peuvent aussi être dangereuses, puisqu'on va réexpérimenter d'être de nouveau en contact avec cette énergie traumatique, mais sans avoir des ressources sur lesquelles se rattraper si on sent que ça devient vraiment trop intense. Et donc, les connexions qui vont se faire, c'est un peu comme on se re-traumatise. Oui,
- Speaker #1
donc ça devient plus dangereux.
- Speaker #2
Ça devient plus dangereux. C'est pour ça que c'est hyper important. Je crois vraiment dans le fait que tout type de pratique, à condition évidemment qu'elle soit validée et que les gens aient été formés pour ça, et qu'il y ait une éthique de travail derrière, mais que je pense que vraiment énormément de pratiques peuvent aider les gens et surtout aussi aider le traumatisme. Mais c'est hyper important de le faire dans un bon timing et en étant certain qu'il y a une sécurité qui est suffisante. Parce que si ce n'est pas le cas, peu importe la pratique, ça peut être très bancal et ça peut mettre la personne en danger.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et donc, aggraver potentiellement l'état de trauma. Et donc, le travail suivant sera encore plus compliqué pour aider la personne. OK, mais c'est intéressant et c'est important, je pense, d'avoir pu mettre un peu ces balises et que des personnes qui nous écoutent puissent se dire, si je veux consulter, voilà ce qui est important et voilà ce à quoi je peux aussi veiller. en regardant mon thérapeute de travail, finalement, est-ce qu'il me balance tout de suite un outil ou est-ce qu'effectivement il a pris le temps de vérifier que je suis dans un état où je peux... commencer à aller, j'ai envie de dire jouer avec le trauma, c'est pas tout à fait ça parce que le mot jouer est peut-être un peu léger, mais un peu réouvrir ça pour aller nettoyer ce trauma. Oui,
- Speaker #2
effectivement, évidemment, on souhaite que dans un monde idéal, chaque thérapeute puisse vraiment s'en soucier et en faire une priorité. Mais c'est sûr que puisqu'on est dans un monde, c'est pas toujours facile de trouver le bon thérapeute, la bonne personne, d'avoir ces petites antennes à l'intérieur et de se dire tiens, mais en fait, est-ce que je... J'ai l'impression qu'on a bien identifié toutes les ressources et ma sécurité avant d'aller travailler sur quelque chose qui me confronte. Ça peut aider pour soi quand on cherche un chemin de guérison en psychotraumatologie et qu'on cherche un thérapeute.
- Speaker #1
Super, merci beaucoup. À bientôt.
- Speaker #2
À bientôt.
- Speaker #0
Et si vous avez aussi des questions à nous proposer ou des sujets que vous voudriez entendre développer, n'hésitez pas à nous contacter via le site de Virage.