- Speaker #0
groupe.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Voix d'entrepreneur du droit by FEDLégal. Dans ce podcast, nous recevons des acteurs du même du droit, leurs points communs, une vision entrepreneuriale de leur métier, des parcours toujours inspirants et emprunts de sincérité et d'optimisme. Bonne écoute ! Bonjour à tous, je suis Audrey Deliris et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de Voix d'entrepreneur du droit, le podcast de Faits de l'égal. Aujourd'hui, je reçois Béatrice Plas-Faget, EVP Legal Affairs et Internal Audit du bureau Veritas. Alors Béatrice, vous êtes diplômée d'une maîtrise à l'université de Créteil, puis en droit anglo-américain à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et ensuite d'un Master of Laws à Georgetown. Votre premier poste de juriste était chez France Télécom, vous êtes restée un peu plus de 5 ans. Puis vous avez rejoint le groupe ERI Danya Begincey en tant que juriste senior, avant de devenir le responsable juridique de CERESTAR après la scission de cette activité. En 2002, vous rejoignez le groupe CGG, aujourd'hui Viridienne, qui intervient dans le développement géothermique et le stockage de carbone. Ensuite, il s'agit d'une très grosse étape dans votre carrière, on en parlera, car vous y restez 16 ans, d'abord en tant que responsable juridique corporate, puis directrice juridique groupe, puis également en tant que secrétaire générale. En 2018, vous quittez le groupe et passez par plusieurs sociétés, Atalien, Score, Technicolor, et depuis 2020, vous êtes EVP Legal Affairs, Internal Audit, comme je le disais, du groupe Bureau Veritas. Alors bonjour Béatrice, comment allez-vous ?
- Speaker #0
Je vais très bien, bonjour Audrey, merci de me recevoir aujourd'hui, je suis ravie d'être avec vous.
- Speaker #1
Merci à vous d'avoir accepté surtout mon invitation. Est-ce que j'ai oublié de mentionner quelque chose dans cette présentation ?
- Speaker #0
Non, c'est complet, juste peut-être une... Une petite précision concernant CGG, c'était une société vraiment... Alors, je crois que maintenant, ils ont un peu recentré leur activité, mais c'était vraiment de l'industrie sismique. C'était de l'industrie sismique à l'époque. Donc, c'était vraiment de l'exploration des sous-sols pour les industries pétrolières et gazières. Donc, des relevés de sous-sol, des relevés pour trouver, pour aider à trouver de nouveaux gisements.
- Speaker #1
Ok, merci beaucoup pour cette prise. Voilà, j'en ai fait. Je commence par la première question. Si vous écoutez souvent le podcast, c'est souvent la question que j'aime bien poser à mes invités. Pourquoi avoir embrassé une carrière de juriste ? Comment vous vous êtes retrouvée sur les bancs de la fac de droit ?
- Speaker #0
Probablement un peu par hérédité familiale, parce que mon père était directeur juridique, lui aussi dans l'industrie pharmaceutique. Il s'occupait plus particulièrement des activités contentieuses. Donc ça n'était pas un métier qui m'était inconnu, comme ça peut l'être pour certains jeunes étudiants. qui choisissent le droit sans connaître le métier de juriste auquel les études peuvent mener. Donc il y avait ça, certainement. J'avais hésité au début avec plutôt la partie gestion-économie, mais j'ai pensé que ça correspondrait bien à mon esprit. Je n'étais pas entièrement littéraire, pas entièrement non plus scientifique, mateuse. J'ai trouvé que c'était un bon mi-chemin avec un raisonnement très logique, néanmoins dans le droit. Voilà, j'en ai parlé avec mon père. Enfin voilà, j'avais quelqu'un qui pouvait m'expliquer ce sur quoi ça pouvait déboucher. Puis voilà, j'ai tenté pour voir si ça m'intéressait et ça a été le cas. A priori, oui, ça vous a intéressé. Oui, oui, je l'ai tout à fait intéressé.
- Speaker #1
Et justement, là, vous parliez de ce choix de faire ces études-là. En début de carrière, c'est une grosse question que se posent les étudiants. Est-ce qu'on doit passer le capa ou pas ? Est-ce qu'on doit devenir avocat ? Vous êtes passé directement en entreprise. Est-ce que ça a été un choix spécifique de ne pas passer justement le barreau ?
- Speaker #0
Alors, d'abord, moi j'ai fait mes études il y a longtemps. et à l'époque il y avait la profession d'avocat, il y avait la profession de juriste d'entreprise, il y avait même les conseils juridiques encore à l'époque, c'est une profession qui a été fusionnée avec la profession d'avocat au début des années 90 si je me souviens bien. Donc c'était... Il y avait moins de passerelles, on voyait moins d'avocats qui passaient en entreprise, c'était deux professions qui évoluaient parallèlement, donc la question se posait moins que maintenant. Maintenant, je dirais à un étudiant en droit, oui, il faut passer le CAPA et puis après, vous l'exercez en cabinet ou pas, c'est autre chose, mais c'est bien de le faire. À cette époque-là, c'était moins important. J'ai quand même hésité à passer le barreau de New York, puisque j'étais à l'époque à l'université à Washington, donc je ne l'ai pas fait. Je suis rentrée en France, j'ai cherché un travail, j'ai trouvé une entreprise. Voilà, ça s'est un peu déroulé comme ça. Mais voilà, à l'époque, c'était une décision qui était moins importante que ça l'est maintenant.
- Speaker #1
Et comme vous disiez qu'aujourd'hui, vous conseilleriez justement de passer le CAPAP, pourquoi aujourd'hui ? D'abord,
- Speaker #0
je pense parce que c'est vous qui êtes la professionnelle du recrutement dans les fonctions juridiques. Mais je pense que c'est quand même les employeurs, même les entreprises, demandent très souvent maintenant une expérience en cabinet. Donc c'est recherché. Moi-même, dans mon département juridique, j'ai un certain nombre d'anciennes avocates qui, au bout de quelques années, ont souhaité passer en entreprise. Ce sont quand même les gens qui passent par des cabinets d'avocats, ont des formations très rigoureuses. Il leur manque la partie contact avec des opérationnels, monde de l'entreprise. Mais d'un point de vue juridique, le passage en cabinet d'avocat est quand même une formation rigoureuse, d'experts. Et je pense que c'est un plus quand on cherche un travail en entreprise.
- Speaker #1
D'accord. C'est vrai que je me permets de rebondir, comme je connais bien le sujet, on pose souvent la question. C'est vrai qu'à la fois, c'est une très bonne formation, ça c'est indéniable. Pour le coup, si une personne est vraiment persuadée de vouloir rester uniquement en entreprise et de ne pas être avocat, je voulais aussi rassurer ceux qui ne passent pas le concours d'avocat ou qui le ratent. Ça arrive à beaucoup de gens.
- Speaker #0
Oui, je ne voulais pas être en clé de l'aide. Dans mon équipe, j'ai aussi des gens qui ne sont pas avocats. Mais c'est vrai que, par exemple, j'ai une directrice du contentieux, c'est une ancienne avocate, ça a un sens sur ce genre de fonction. Mais j'ai aussi des gens qui sont venus directement de l'université. Oui, une espérance. Pas de... L'épreuve en elle va aussi. Exactement, pas de soucis là-dessus.
- Speaker #1
Et justement, j'aimerais bien m'arrêter sur un point très important quand même de votre carrière, 16 ans chez CGG. Comment ça s'est passé de rester 16 ans ? Est-ce que c'était un choix ? Comment ça s'est déroulé ? Dites-nous tout.
- Speaker #0
Quand je suis rentrée chez CGG, honnêtement, on m'aurait dit que j'allais y rester 16 ans. J'aurais ri. J'étais chez Rydania Béguin-Sey, qui était un groupe dans l'agroalimentaire, très diversifié, très intéressant. Malheureusement, il a été cédé peu de temps après que je sois arrivée. Il a été scindé en quatre entités cotées. qui sont chacune. qui ont chacune vécu leur vie. Et moi, je suis partie sur une structure qui a très vite été vendue, donc j'ai dû partir. Je suis rentrée chez CGG, j'étais juriste corporette en droit boursier. C'était ma première expérience tant que responsable juridique corporette droit boursier, dans une société en plus qui, à l'époque, était avec une double cotation France-CUS, donc une petite complexité supplémentaire. Voilà, je faisais juste ça. Bon, je me suis dit, une fois que j'aurais fait ça pendant trois ans, la vie est rythmée par les calendriers des sociétés cotées. Bon, ça ne me paraissait pas forcément quelque chose que j'allais faire très longtemps. Cela dit, il s'est trouvé que cette société, quand je suis arrivée, elle faisait un petit peu moins d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires. Puis, en quelques années, elle est passée à 4 milliards avec des acquisitions transformantes. des projets complexes, de financement pour financer ses acquisitions. Donc tout d'un coup, l'activité dont j'avais à gérer les aspects juridiques... est devenue hyper intéressante, très très variée, des levées de fonds, beaucoup de financement. J'ai commencé à faire à cette époque-là, à vraiment apprendre aux côtés du directeur financier qui avait beaucoup d'expérience dans ces domaines-là, les levées de fonds sur les marchés obligataires, sur le marché de la dette, sur les marchés de capitaux. Donc finalement, je ne me suis jamais ennuyée en fait, il y a eu beaucoup beaucoup de choses. Puis j'ai vécu tout un cycle d'activités parce que... À partir de 2015, de la crise pétrolière, l'activité a été fortement heurtée de plein fouet jusqu'à ce que la société parte en sauvegarde, en chapter 11. Je me suis retrouvée à New York devant le bankruptcy court pour faire rentrer la société en chapter 11. Donc en fait, je pense que c'est une expérience que je n'aurais pas eue dans beaucoup de sociétés. La partie chapter 11, c'est intéressant, mais on préfère ne pas avoir à... Avoir à faire ce genre de choses. Mais voilà, donc j'ai vécu une aventure, en fait, avec une société, dans une structure relativement petite, enfin très ramassée, avec des chaînes de décision très courtes, à travailler vraiment avec la direction générale de la société. Donc l'activité s'est tellement développée, a été tellement diversifiée, que je n'ai pas vu le temps passer.
- Speaker #1
Oui, vous n'êtes pas dit, je m'ennuie.
- Speaker #0
Non, parce que ça était toujours nouveau. J'ai beaucoup appris, en fait. C'est vraiment là que j'ai appris le plus de choses. Et en réalité, comme c'était en plus une structure relativement petite, très vite, on avait accès aux boards. J'en garde un très bon souvenir.
- Speaker #1
Une très belle expérience.
- Speaker #0
Oui, c'était une très belle expérience, très enrichissante, où j'ai appris plein de choses.
- Speaker #1
Aussi, petit message à passer, plutôt à les juristes qui sortent d'école aussi, on n'est pas obligés de partir tous les trois ans, même tous les deux ans. On peut rester aussi longtemps dans une structure, et c'est OK.
- Speaker #0
Il n'y a pas de règle et il ne faut pas bouder son plaisir. Si on se plaît, dans un endroit, il n'y a pas de nécessité à nécessairement changer le tout. Moi, ce qui a un peu guidé mes choix, c'est qu'il faut s'amuser dans ce qu'on fait. Il faut avoir un certain enthousiasme. Il n'y a rien de pire que d'arriver au bureau le matin en se disant encore une journée.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Donc voilà, il faut avoir une activité diversifiée, apprendre. C'est important.
- Speaker #1
C'est un point très important parce que c'est vrai que je reçois souvent en entretien, mes équipes aussi, j'ai fait le légal, des personnes qui au bout de 2-3 ans, j'ai fait le tour, ça peut arriver, mais changer tous les 2-3 ans, c'est un petit peu dommage aussi, c'est aussi de rester dans une structure, l'accompagner, grandir avec la structure et c'est ça qui est intéressant. Voilà, alors après,
- Speaker #0
il y a des groupes où ça ne se passe pas comme ça, où on est plus grand, où on est dans des départements hyper spécialisés et où on est dans une activité qui est plus répétitive en fait. Bon. Après, on peut développer aussi une expertise sur des sujets très pointus. Tout dépend un peu de son appétit, de ce qu'on aime.
- Speaker #1
On en reviendra après, mais comment ça, Guédéo Ausha, vous avez déjà un petit peu répondu. C'était très intéressant d'avoir ce retour-là. On reste toujours sur cette étape très importante de votre carrière chez CGG. Et en 2012, deux ans après avoir été promue directrice juridique de CGG, vous êtes devenue, en plus, vous avez eu les deux fonctions, secrétaire générale. Qu'est-ce que ça a changé dans votre quotidien ?
- Speaker #0
En réalité, je pense que ce poste de secrétaire générale, c'était surtout la reconnaissance de ce que je faisais sur la partie gouvernance, puisque j'étais secrétaire du conseil, en charge de l'ensemble des comités du conseil, du conseil d'administration bien sûr. Donc j'avais aussi la partie compliance dans mes équipes. Donc en réalité, c'était un peu une continuité. Il n'y a pas eu un changement phénoménal, ni un élargissement phénoménal du périmètre. Mais voilà, c'était plus la reconnaissance, c'était moi qui souvent représentais la société vis-à-vis de l'AMF, de nos instances réglementaires. Voilà, c'était plutôt ça qu'un véritable changement de périmètre.
- Speaker #1
D'accord. Donc là, j'ai un peu déjà ma réponse. Est-ce qu'on peut cumuler les deux fonctions dans ce cas-là très présent ? En tout cas, oui. Oui, ça,
- Speaker #0
ce n'était pas un problème. Et si vous... Prenez ce que je fais maintenant chez Bureau Veritas, même s'il n'y a pas le titre, ça peut s'apparenter aussi à la Générale, parce que j'ai aussi l'audit interne. C'est pratiquement une évolution un peu naturelle pour un directeur juridique. On voit dans certaines sociétés, il y a la RSE parfois qui se rajoute à ce périmètre-là, les affaires immobilières, les affaires publiques. Il y a un certain nombre de domaines un peu connexes qui... ou une forte dominante juridique et réglementaire, qui peuvent très facilement s'agréger dans un poste de secrétariat général et constituer une évolution vraiment naturelle pour un directeur juridique.
- Speaker #1
Et ça, je vous rejoins totalement là-dessus. On voit de plus en plus de directeurs juridiques devenir, en effet, secrétaires généraux, soit pour avoir des évolutions internes, pour mieux reconnaître en tout cas leur posture, leur statut en interne au Codire, comme vous à l'époque, du coup. Mais c'est aussi un élargissement, et ça on le voit, comme vous le dîtes très justement, il y a RSE, mais aussi RH, il y a les directeurs juridiques, de plus en plus. Alors, quand je dis bifurqué, le mot n'est pas bien utilisé. Justement, qui est élargisse, ce qui garde en général le juridique. J'ai juste une DRH en tête, qui a élargi son périmètre DJ et DRH, et qui en fait a dû choisir, lors du rachat de sa société, et elle a choisi la partie DRH, donc elle a quitté. Elle a quitté le juridique. Alors, il en reste toujours, quand on est DRH. Il y a des parcours en tout cas beaucoup plus diversifiés, je trouve, en tout cas depuis que moi j'ai commencé il y a...
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Avant, le juriste n'était pas vu comme quelqu'un qui allait évoluer sur d'autres domaines. Alors, on voit moins effectivement un juriste qui va devenir directeur financier. Je crois qu'il y a quelques exemples de juristes qui sont même devenus CEO, alors si ce n'est pas en France, en tout cas à l'étranger. Voilà, ça peut arriver, ça reste des cas rares, mais le secrétariat général, maintenant, ça se voit de plus en plus, effectivement. Et c'est tout à fait légitime, je trouve.
- Speaker #1
Le directeur financier, c'est plus le directeur fiscaux, pour le coup, qui est plus épris. Oui, voilà,
- Speaker #0
parce qu'il y a cette composante financière derrière.
- Speaker #1
Oui, et DG, j'ai des exemples qui datent un petit peu. C'était Céleste Thomasson, qui était partie à l'étranger, mais d'autres aussi qui viennent de DG. Et je donne les noms comme ça qui me viennent. Sandra Lagumina aussi, j'ai des GRDF de mémoire. J'espère que je ne dis pas de grosses bêtises. Voilà,
- Speaker #0
il y a quelques exemples. En tout cas,
- Speaker #1
c'est hyper intéressant que, soit si on adore le droit, on peut rester dans la voie du droit. Très très bien. Et si on peut élargir à d'autres choses, en tout cas c'est possible, ce qui est toujours très positif.
- Speaker #0
J'ai vu une directrice juridique, alors ça c'était pour le coup au Pays-Bas, mais elle est devenue directeure opérationnelle. Ah super, ok. Ce qui est vraiment, pour le coup ce qui est assez rare quand même, mais elle est devenue directeure opérationnelle.
- Speaker #1
Dans la même structure aussi ? Dans la même structure, oui. C'est pour ça qu'il faut que vous... Elle était avocate initialement.
- Speaker #0
Elle est devenue directeure juridique de ce groupe, et ensuite directeure opérationnelle d'une des activités.
- Speaker #1
Ok, super exemple. Comme quoi, voilà. Et c'est souvent, avoir ça en tête aussi, là vous parliez de vos 16 ans chez CGG, c'est ça aussi qui est bien, d'en rester dans une structure qui vous permet aussi d'élargir à d'autres matières ou d'autres sujets. Forcément, cette personne-là n'aurait pas pu partir en tant que directrice juridique et prétendre à un poste comme ça à l'air.
- Speaker #0
C'est des expériences qu'on acquiert effectivement au sein d'une entreprise où on se trouve. Je n'aurais pas été faire du droit du financement comme ça. Out of the blue, dans une autre structure. Mais j'ai appris au contact des avocats spécialisés, du directeur financier. C'est comme ça que j'ai développé cette compétence sur deux terrains.
- Speaker #1
Là justement, vous parliez de ce poste que vous avez aujourd'hui chez Bureau Veritas. On a beaucoup parlé de CGG, parce que c'est quand même une partie importante de votre carrière. Chez Bureau Veritas, donc aujourd'hui, qu'est-ce qui fait votre quotidien ? Qu'est-ce que vous faites ? Alors,
- Speaker #0
Bureau Véritas, c'est un périmètre qui est beaucoup plus large que ce que j'avais connu par le passé. Donc, j'ai en charge toutes les activités juridiques et compliance du groupe. Donc, c'est sur un périmètre géographique très étendu. Donc, on a à peu près 150 juristes dans le groupe. Mon équipe centrale, mais aussi les directions juridiques, en rattachement fonctionnel, mais les directions juridiques de nos régions et de nos product lines. Donc, mon quotidien, c'est beaucoup de contacts, effectivement, avec notre directrice générale, une grosse partie aussi attachée à la gouvernance du groupe, puisque Bureau Vereta, c'est une société qui est cotée à Paris, avec un actionnaire de contrôle qui est le groupe Vindel. Voilà, mais nos instances... Le conseil, le comité se réunissent de façon très régulière à peu près tous les deux mois, donc ça revient quand même rapidement. La préparation de l'ensemble de ces réunions nous occupe beaucoup, avec ma directrice juridique en droit boursier. Donc il y a tous ces aspects de gouvernance et de gestion des changements qui peuvent intervenir. Et puis après, une grosse activité de compliance, d'animation de notre réseau compliance. On a des procédures groupes qui sont régulièrement... qu'on doit effectivement mettre en œuvre. Beaucoup de sujets comme ça. Les sujets aussi mis en œuvre, on est très associé à la mise en œuvre du plan stratégique, surtout sur les aspects de M&A. Donc, il y a énormément d'activités. M&A, c'est un des piliers de notre plan stratégique. Voilà. Et puis, tout ce qui peut être gestion un peu plus quotidienne de la direction juridique. Beaucoup de... de contact avec les autres membres du COMEX. Je travaille beaucoup avec la direction financière également. Puisque m'avait dit mon prédécesseur, quand je suis arrivée, vous verrez, tous les problèmes vont vous remonter. Voilà, ça ne rate pas. Donc, beaucoup de problèmes qui, effectivement, sont à gérer au quotidien. Voilà, quand on arrive. Donc, c'est un quotidien très diversifié. J'ai aussi la partie audite interne. Alors, j'ai des spécialistes parce que ce n'est pas mon métier d'être... de j'ai pas fait d'études qui me permettent de... qui m'aient spécialisé sur l'audit interne, mais on travaille aussi beaucoup sur le suivi des missions. Il y a beaucoup également d'interactions avec mes équipes compliance parce que l'audit interne, c'est pour nous aussi le contrôle de troisième niveau, donc c'est important qu'on travaille main dans la main, qu'on puisse... leur demander de faire certaines vérifications sur des sujets plus compliance. Donc voilà, c'est vraiment une gestion d'équipe, travailler, gérer un périmètre qui est très large, donc tous les jours amène son lot de nouveautés.
- Speaker #1
Et est-ce que vous savez combien en pourcentage occupe le management aujourd'hui dans votre quotidien ? Honnêtement,
- Speaker #0
c'est difficile à chiffrer. Ça m'a pris pas mal de temps, là récemment, parce qu'on a eu une réorganisation de l'ensemble de nos activités. Mais honnêtement, j'ai toujours un peu de mal à raisonner en pourcentage. Ça dépend vraiment des périodes. Donc, j'y consacre probablement pas autant de temps que je souhaiterais, parce que j'ai des choses vraiment opérationnelles à gérer. Mais je ne sais pas. au moins 15% quand même. Et puis par quoi 100% ? Oui, voilà, ça dépend un peu des moments.
- Speaker #1
Et ça fait la peine de vous poser la question et de rebondir, c'est quoi un bon directeur juridique pour vous aujourd'hui ?
- Speaker #0
C'est quelqu'un qui est flexible et à l'écoute, parce que il faut... Alors, flexible, ferme sur les flexibles, parce qu'il faut qu'il ait de l'imagination, qu'il soit inventif, créatif. pour aider au mieux les opérationnels, assister son équipe de direction, bien sûr, ne pas être, mais ça c'est vraiment le juriste d'avant qui était très conservateur, bloqué sur ses positions, donc flexible, ferme quand il faut l'être, parce qu'il y a quand même des limites. Voilà, et quelqu'un qui... Dans le monde actuel qui va très vite, c'est pour ça qu'il faut de la flexibilité. C'est vraiment quelqu'un qui s'adapte, qui doit comprendre vite, qui sait rebondir, qui sait réorienter, qui sait adapter son organisation, qui sait s'adapter au monde à traiter des sujets qui ne sont pas nécessairement dans son cœur d'expertise, qui sait s'entourer aussi, c'est important. L'équipe que vous avez autour de vous, c'est essentiel. Voilà, c'est un peu quelqu'un qui est un peu couteau suisse et qui, sans être compétent dans tout, a du bon sens et sait comment réagir face aux situations qui se présentent à lui.
- Speaker #1
Il y a deux choses que vous avez dites qui me permettent de revenir dessus. C'est la première chose, c'est en effet, il y a plein de choses, enfin tout ce que vous avez cité sur la deuxième partie de votre réponse, il y a beaucoup de choses qu'on appelle les soft skills dont on parle tout le temps pour le coup. Et ça, on n'apprend pas forcément la fac, justement ?
- Speaker #0
Non. Alors, moi, mes études remontent, comme je vous l'ai dit il y a un petit moment, mais je n'ai pas l'impression, quand je rencontre des étudiants en droit, je n'ai pas l'impression que finalement, tout ça ait beaucoup changé. C'est-à-dire qu'on apprend les textes, on apprend à interpréter la jurisprudence, on apprend l'état du droit, en fait. Mais après, la profession, le métier de... de directeur juridique, enfin de juriste initialement. La partie soft skill, ça ne s'apprend pas, ça s'apprend en entreprise. Parfois, ça s'apprend un peu durement parce qu'on ne sait pas faire, on se retrouve face à des gens, des personnalités qui ne sont pas toujours faciles non plus. Donc ça, ça s'apprend vraiment sur le terrain. Ça peut être dur au début, puisque vous rentrez dans une équipe. Il faut savoir s'adapter, il faut comprendre les mécanismes. Dans une entreprise, il y a une politique d'entreprise, il y a la hiérarchie, puis il y a ce qui est un peu moins officiel. Ça, on ne l'apprend pas, on l'apprend sur le terrain. Peut-être que dans les écoles de commerce, il y a un petit peu plus de cours d'aide sur ces sujets-là. La faculté de droit en France reste quand même très traditionnelle dans ces approches.
- Speaker #1
Ça mériterait de se pencher sur le sujet, en fait. C'est vrai que tout ce qui est stage, il y en a beaucoup plus qu'avant. Mais c'est vrai que je vois parfois en entretien, je ne reçois pas énormément non plus des tout juniors. En toute honnêteté, c'est des gens qui ont un petit peu plus d'expérience, qui connaissent déjà l'entreprise. Quand il m'arrive de recevoir vraiment des jeunes diplômés, il y en a qui veulent tout faire pour le coup tout de suite. Du M&A, des gros sujets, etc. Mais qui ne connaissent pas l'entreprise et qui pensent être opérationnels surtout. J'ai fait la fac de droit aussi, comme vous, même si je ne suis pas du tout juriste aujourd'hui depuis mon métier. mais c'est Et je sais qu'en 16 ans, ça n'a pas beaucoup... Moi aussi, c'est 16 ans, du coup. C'est un chiffre clé dans cette interview. Je pense que ça n'a pas énormément changé non plus. Parce qu'on arrive... Ce n'est pas qu'on ne sait rien faire. Parce qu'on a appris plein de choses très théoriques et très, très importantes. Maintenant, c'est vrai que c'est grâce à des stages. C'est grâce à regarder des managers, des juridiques, pour le coup. Voir comment ils interagissent.
- Speaker #0
Je pense qu'on apprend à raisonner. On apprend le raisonnement juridique à l'université. après au delà de ça euh euh C'est important d'apprendre des gens qui ont plus de séniorité que vous dans l'entreprise, de voir comment ils se comportent, comment ils abordent un problème, une problématique qui leur est présentée. Je sais que dans les cabinets d'avocats, très souvent, les jeunes collaborateurs sont dans le bureau d'un associé pour justement le voir apprendre en le voyant travailler. C'est quelque chose qui est un peu moins simple maintenant avec le télétravail. Mais moi, je trouve toujours dommage. Un stagiaire en télétravail, si vous voulez, il passe, pour moi, il passe, alors je ne veux pas être le télétravail, moi aussi j'en fais, ça a donné une certaine flexibilité. J'aurais adoré avoir du télétravail quand mes enfants étaient petits parce que ça donne de la souplesse. Voilà, tout ça c'est très bien, mais c'est vrai que quand on apprend son métier, bon, un stage en télétravail, on passe à côté d'une partie de l'apprentissage en fait. Donc c'est important d'observer. d'observer comment les gens se comportent, comment ils interagissent avec des gens qui viennent d'un environnement qui est très différent, qui souvent le droit peut ennuyer, qui n'ont pas de rigueur, il faut recadrer ces gens-là. Bon, ça, on ne l'apprend pas en fac, ça c'est...
- Speaker #1
C'est sûr. Et vous dites vraiment quelque chose aussi qui m'a dit à ce même micro, Olivier Chadutou, sur les stagiaires et d'ailleurs même des profils plus juniors pour le coup, on peut pas enfin ça paraît complètement « aberrant » , ce ne sont pas les mots qu'il a employés, mais en tout cas, je trouve ça aberrant aussi d'être stagiaire en TETRA, parce qu'on apprend forcément qu'en voyant, ce n'est pas forcément tout seul chez soi qu'on va apprendre la pratique. Et c'est vrai que là, je me fure un peu sur le sujet, mais aujourd'hui, il y a tous ces sujets d'IA qui supposent d'avoir des sessions d'outils. Alors, il y a beaucoup de juristes qui ont peur que ça les remplace. Moi, je pense, à mon niveau, de ce que je vois, que ça ne va pas remplacer les juristes. Ça va remplacer peut-être les juristes juniors, mais il ne faudra pas oublier de les former, ces juristes juniors, pour que ça devienne de bons seniors. Parce qu'on aura toujours besoin de juristes seniors. Et il faut des managers prêts à les former, même si un outil va peut-être améliorer la capacité à avoir l'information qui peut-être était obtenue par les juniors.
- Speaker #0
C'est aussi une responsabilité, quand on accepte de prendre des stagiaires, il ne faut pas être en télétravail la moitié de la semaine. Parce que du coup, voilà. S'ils sont tous seuls au bureau, ça ne les aide pas non plus. Ça marche de tous les côtés de l'ordinateur. S'ils sont chez eux ou tout seuls au bureau, ça n'a pas beaucoup de sens. Donc, c'est une responsabilité. Nous aussi, les gens qui arrivent en période d'essai, on leur demande d'être là. Pour les voir, pour qu'ils eux-mêmes se familiarisent avec l'entreprise. Et ça, je dirais, c'est quel que soit le niveau. C'est important qu'ils soient dans l'entreprise. Vous voyez, chez Bureau Veritas, il y a une politique de télétravail qui est très avantageuse, puisque les gens peuvent avoir jusqu'à trois jours de télétravail. Il faut trouver un équilibre. Et notamment pour nos jeunes recrues, on leur demande de venir, même si c'est vrai que parfois ils se retrouvent dans des bureaux un petit peu vides.
- Speaker #1
Tout à fait. mais c'est vrai que ça... On a fait une petite digression, mais quand même importante. Je trouve que ça a quand même un rapport avec le fait d'être bon directeur juridique, parce qu'aujourd'hui, de ce que je vois et les demandes aussi de mes clients, il faut être tout ce que vous avez dit pour être un bon directeur juridique. Puis c'est aussi manager et piloter des sujets qui sont en dehors aussi, parfois, du scope juridique. Oui, on est une organisation qui évolue aussi avec l'IA, avec le télétravail. Ça peut paraître anecdotique, mais en fait, je pense qu'être directeur juridique, aujourd'hui, ce n'est pas la même chose qu'il y a
- Speaker #0
15 ans ou 20 ans. C'est la gestion de l'équipe. d'arriver à vraiment amener tout un tout un réseau juridique au sein de l'entreprise, ça fait aussi partie du rôle.
- Speaker #1
J'ai une question à vous poser maintenant sur on va revenir sur vous, parce qu'on est à fond de l'eau aussi Béatrice quand même, qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ? Parce que vous en parlez quand même avec beaucoup d'enthousiasme
- Speaker #0
La diversité il y a j'ai la chance d'avoir des thèmes d'avoir un périmètre assez large avec l'audit interne. J'ai beaucoup appris aussi de mes directeurs. Il y a eu plusieurs directeurs de l'audit interne. J'ai beaucoup appris d'eux parce que je travaillais avec l'audit interne. En tant que juriste, on travaille régulièrement avec les auditeurs internes, surtout quand on est en charge du comité d'audit. Mais pour autant, je n'avais jamais eu cette charge. Donc, j'ai beaucoup appris avec mes directeurs d'audit interne. Donc, ça, c'est... Déjà un sujet nouveau, le groupe Bureau Veritas opère dans 140 pays, donc une grande diversité géographique, une grande diversité de sujets, une grande diversité de maturité dans les organisations. Donc ce qui me plaît beaucoup, c'est la diversité des sujets, tant des sujets sur le fond en fait, on fait du M&A, on fait de la compliance, la gouvernance. que la diversité géographique, le contact avec des personnes qui évoluent dans des environnements très différents, et donc des sortes de micro-cultures d'entreprise localement très différentes. C'est un groupe qui a été pendant très longtemps, qu'on essaye maintenant de créer une sorte de culture plus transverse et de mettre un petit peu plus de... de Lyon dans tout ça, mais c'est un groupe qui a été très décentralisé, donc il y a des cultures qui, d'une région à l'autre, d'une activité à l'autre, peuvent être un peu différentes. Donc tout ça, je trouve que c'est très enrichissant.
- Speaker #1
Ok. Et vous avez été dans des secteurs très différents. Est-ce que, et justement, cette question-là est importante aussi à vous poser. J'en avais parlé avec Philippe Andraud, l'ancien directeur juif de Suez, qui était avant chez Technicolor aussi, vous vous êtes passée. Est-ce que, justement, vos choix de carrière ont été conduits par ces... différents secteurs d'activité ? Comment ça s'est fait ? Il y a deux questions liées dans cette question, justement.
- Speaker #0
Quand je suis rentrée chez France Télécom, c'était un petit peu le hasard, mais c'est un secteur qui était très intéressant. Après, je n'ai pas nécessairement cherché, je n'ai pas souhaité me spécialiser dans un secteur très particulier. À la fin, je suis quand même restée plutôt dans des activités de service, puisque j'avais, en dehors d'Eridania Beguin, je n'ai pas été dans des groupes industriels. Donc c'est plutôt des activités de service dans lesquelles j'ai travaillé. Après, j'ai fait moi beaucoup de corporettes droits boursiers. Donc l'activité sous-jacente est importante, il faut la comprendre, mais on est moins au quotidien des opérationnels. Donc voilà, ce n'est pas vraiment le secteur d'activité. Je pense que quand on est juriste, par exemple dans le secteur pharmaceutique, c'est une activité très spécifique. et donc du coup... Quand on recrute dans ces secteurs-là, on demande des gens qui sont vraiment spécialisés sur ce secteur d'activité. Moi, honnêtement, ça ne m'a jamais été vraiment demandé du fait que j'étais sur les activités plus corporettes. Donc, je n'ai pas été vraiment liée par une activité ou une autre. Et en fait, c'est assez enrichissant aussi parce qu'on découvre plusieurs secteurs.
- Speaker #1
Et vous pensez qu'on peut être directeur juridique dans un autre secteur d'activité ? Je veux... Alors...
- Speaker #0
Oui, je pense que c'est tout à fait possible parce qu'au final, il y a un socle de problématiques, de risques qui sont un peu communs à l'ensemble des secteurs d'activité. Et ensuite, on apprend son secteur en rencontrant les gens avec lesquels on apprend, en contact des gens avec lesquels on travaille. Ça fait partie aussi de notre curiosité et ce qu'on doit faire pour bien appréhender des risques spécifiques à l'entreprise. mais... Ce n'est pas indispensable d'en avoir fait que de l'industrie, que du service, à mon sens.
- Speaker #1
Très intéressant comme retour. On en parlait beaucoup avec Philippe Andraud lors du podcast que je citais, que je vous mettrai d'ailleurs en lien pour ceux qui nous écoutaient aujourd'hui. Et c'est vrai qu'il y a des secteurs quand même très spécifiques en banque, par exemple l'assurance, un peu plus compliqué en effet de faire des switchs comme ça, des changements. Il y a des secteurs aussi très réglementés,
- Speaker #0
comme je disais le secteur pharmaceutique. Il y a des secteurs très réglementés où on peut... pas être directeur juridique si on n'a pas fait, si on n'a pas vraiment bien, si on ne maîtrise pas bien tous ces aspects-là. Après, il y a d'autres, on peut passer d'une industrie à une autre, chacune ayant ses spécificités, mais voilà, il faut être capable d'apprendre aussi.
- Speaker #1
Bien sûr. Ce podcast, comme vous le savez, s'appelle Voix d'entrepreneur du droit, donc je me dois de vous poser la question, est-ce que vous vous considérez comme une entrepreneur du droit ?
- Speaker #0
Je pense que maintenant, c'est assez indispensable de l'être, en fait. parce que dans les directions juridiques, vous parliez de l'IA, c'est effectivement des sujets qui nous touchent maintenant en premier lieu. Alors je ne suis pas sûre que ça fera disparaître la profession simplement parce que ça nous fera gagner du temps. Moi je le vois comme un outil qui va nous permettre de perdre moins de temps sur des tâches qui sont peu... qui sont peu valorisantes, qui vont nous aider, qui vont nous permettre aussi de prendre de la hauteur de vue. Mais voilà, il faut qu'on s'adapte à tous ces nouveaux outils. Il faut qu'on construise une direction juridique dynamique, qui est à cœur de mettre en place une excellence opérationnelle. Moi, je suis très contente parce que c'est quelque chose qui était très important pour ma directrice générale. et donc elle m'a donné elle m'a donné Donner la possibilité de créer un poste de directeur juridique au sein de mon équipe, donc sur toute la partie Legal Hop, mais également Excellence Opérationnelle, donc une activité très transverse, ça pour moi, ça va vraiment être quelque chose qui va nous permettre de passer à la vitesse supérieure. Donc on a vraiment besoin de construire une direction juridique. qui prennent en compte tous ces changements technologiques, tous ces changements dans notre façon de travailler. On est un peu une petite entreprise dans l'entreprise, en fait. Donc, on doit gérer comme ça et on doit avoir une vision qui va bien au-delà du droit.
- Speaker #1
D'accord. J'ai vu justement de qui il s'agit, parce que c'est Morgane Blouchard. Morgane, oui.
- Speaker #0
Je crois qu'elle a participé. C'est ce qu'on allait dire, justement. Oui, oui. Je suis ravie qu'elle nous rejoigne. Elle était déjà dans le groupe. Je suis ravie qu'elle ait très... spécialisée sur l'ensemble de ces sujets, très intéressée par ça, donc je sais qu'elle va faire un job super au sein de la direction juridique.
- Speaker #1
Et félicitations à elle, et je vous mettrai aussi le lien, parce qu'elle était venue expliquer son passage, justement, avocat entreprise, ce qui était aussi très intéressant. Ça me permet de vous renvoyer vers ces interviews. Philippe Andraud, aussi, je mettrai les liens. Est-ce que vous avez eu des mentors dans votre carrière, Béatrice ?
- Speaker #0
Alors, des mentors, à proprement parler, qui se sont occupés de ma carrière et tout, non. Mais j'ai eu des patrons qui m'ont, pas forcément juristes d'ailleurs, qui m'ont appris, qui m'ont permis de me développer, qui m'ont fait confiance. En réalité, je me suis trouvée très vite sans patron juridique au-dessus de moi, puisque chez CGG, j'étais rattachée à un directeur financier. Et puis chez CGG, j'ai beaucoup appris, après il y a eu un autre directeur financier, j'ai beaucoup appris des directeurs financiers auxquels j'ai été rattachée, puisqu'il y avait une grosse partie financière dans mon spectre d'activité. Voilà, donc c'est des gens qui m'ont fait confiance, qui au sein du groupe CGG m'ont poussée, m'ont permis de devenir directrice juridique. Voilà, je ne dirais pas que ce sont des mentors, mais c'est des gens qui m'ont permis d'avoir la carrière que j'ai eue en fait. Donc c'est déjà beaucoup. Je pense aussi à ma directrice juridique chez... Chérie Dania Béguin-Sey, qui elle m'a mis le pied à l'étrier sur la partie droit boursier. C'est avec elle que j'ai fait mes premières armes. Ce qui a quand même été le fil directeur et l'expertise que j'ai développée par la suite. Donc voilà, il y a eu des gens, alors je ne sais pas si on les appelle des mentors, mais des gens qui ont compté pour moi, oui.
- Speaker #1
C'est déjà beaucoup. Si vous n'étiez pas devenue juriste, est-ce qu'il y a un rêve que vous auriez aimé exercer quand vous étiez enfant ? Un métier de rêve ?
- Speaker #0
Écoutez, alors là, j'avoue que... J'ai beaucoup réfléchi à cette question, parce que vous me l'avez envoyée un petit peu en avance. Je n'avais pas un métier passion en tête. J'avais donc un père juriste, une mère enseignante. Je pense que mon cœur a un petit peu balancé entre les deux. C'est ma sœur qui est devenue enseignante, pas moi. Voilà, mais je pense que j'ai dû avoir des rêves comme toutes les petites filles, mais pas un métier. Donc là, maintenant, j'aurais pu vous dire, c'est ça que je voulais faire. C'était toujours ce petit regret dans ma tête. Non, pas vraiment. Finalement, c'est pas mal.
- Speaker #1
C'est ce que j'ai fait. Et alors, quelles sont vos inspirations dans la vie ? Alors, on plaît, c'est le faire. Quand vous n'avez pas d'or de...
- Speaker #0
Voilà, avec le temps que j'ai, parce que j'ai quand même effectivement, comme tout directeur juridique, tout ça me prend beaucoup de temps. Qu'est-ce que je fais à côté ? Je passe du temps avec ma famille, ça a été quand même ce qui était important pour moi. Alors maintenant, j'ai des grands-enfants, donc ils ont moins besoin de moi. Donc, voilà, mais quand ils étaient plus jeunes, c'était un peu le reste de mon temps leur était consacré. Voilà, j'aime aller à l'opéra de façon régulière, j'aime me ressourcer dans ma maison en Bretagne, être un peu au calme, loin de l'agitation des grandes villes, découvrir des nouveaux pays. Je suis beaucoup allée dans les pays méditerranéens, maintenant je vais plutôt dans les pays du nord, peut-être parce qu'il commence à faire un peu trop chaud dans les pays du sud. Voilà, découvrir des nouveaux endroits, prendre un peu de temps. Comme j'ai dit, mes enfants sont grands, donc on a d'autres types d'activités, plus de temps, de la lecture, du cinéma, des choses très classiques. Mais essayez un peu de profiter de la vie en dehors du bureau.
- Speaker #1
Ça paraît être de belles inspirations. Est-ce que vous auriez aimé recevoir un conseil quand vous êtes sortie de la fac de droit et que vous aimeriez donner à d'autres étudiants ou d'autres jeunes diplômés ?
- Speaker #0
Qui nous écouterait peut-être avoir, alors j'avais la chance de pouvoir un peu en parler avec mon père, mais peut-être effectivement ce qu'on se disait tout à l'heure, c'est-à-dire connaître un peu mieux les métiers du droit. alors maintenant c'est un petit peu plus quand même l'université donne quand même quelques idées sur ce qu'on peut faire après mais c'est vrai que c'est ce qu'on se disait tout à l'heure, il n'y avait pas vraiment tellement de conseils sur ce qu'allait être la vie d'après. Oui, on pouvait passer des concours administratifs, on pouvait devenir avocat, on pouvait devenir magistrat. Le métier de juriste d'entreprise, à l'époque, était finalement très peu... Enfin, on en parlait très très peu en université. Donc, j'aurais aimé être un peu plus accompagnée sur ce que je pouvais faire après, comment le faire. Moi, je me souviens, j'ai fait des stages en cabinet d'avocat avant de rentrer en entreprise, la première fois qu'on m'a parlé d'un... Le procès verbal d'Assemblée générale, le seul procès verbal que je connaissais, c'était les contraventions qu'on pouvait avoir quand on se garait mal dans la rue. Donc voilà, il y avait un décalage tel que j'aurais aimé être un peu plus accompagnée là-dessus. Et comme on se le disait, il y a beaucoup de choses à faire encore.
- Speaker #1
D'accord. On arrive à la fin de ce podcast, du coup Béatrice. Si j'ai bien compris, c'est le deuxième podcast auquel vous participez.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
voilà. Je vous mettrai le lien du premier qui est aussi avec une autre raie. Voilà, on verra du coup. Donc, voilà, je vous encourage à aussi accepter d'autres podcasts avec d'autres personnes qui ne s'appellent pas. Je suis sûre que ça va passer très bien. En tout cas, je vous remercie beaucoup d'avoir participé à ce podcast-là. Est-ce que vous auriez un dernier mot à partager à nos auditeurs ?
- Speaker #0
Écoutez, vous remerciez de vous être intéressés à mon parcours. Et puis, profitez aussi de ce podcast pour remercier les gens qui travaillent avec moi, remercier mon équipe, sans qui un directeur juridique n'est rien. Il se trouve que j'ai une équipe qui s'entend bien, qui fonctionne bien ensemble. Ce n'est pas toujours le cas. Il peut y avoir parfois des équipes plus difficiles à gérer. Là, c'est un vrai plaisir. Je la remercie. Pour ceux qui écouteront ce podcast, ils l'entendront.
- Speaker #1
Merci pour un immo très bien.
- Speaker #0
Merci Audrey, en tout cas, de votre invitation.
- Speaker #1
Merci à vous Béatrice. Merci aussi à tous ceux qui nous auront écoutés, qui vont nous écouter dans ce podcast-là. que j'adore animer. Encore une fois, c'était un plaisir de vous recevoir. Merci beaucoup, Béatrice. Merci à tous de nous avoir écoutés. Je vous souhaite à tous une belle journée et à très bientôt pour un nouvel épisode de One Entrepreneur du Droit by Feldégal. Merci pour votre écoute. Nous espérons que ce temps de partage vous a plu. Abonnez-vous pour plus d'histoires professionnelles et de témoignages enrichissants. Suivez-nous sur LinkedIn et retrouvez nos offres d'emploi sur notre site carrière, feb-group.fr Fitte Groupe !