- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Voix d'entrepreneur du droit by FEDLégal. Dans ce podcast, nous recevons des acteurs du même du droit, leurs points communs, une vision entrepreneuriale de leur métier, des parcours toujours inspirants et emprunts de sincérité et d'optimisme. Bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour à tous, je suis Audrey Deleris et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de Voix d'entrepreneur du droit, le podcast de Faites Légales. Aujourd'hui, je reçois Malak Tazi, secrétaire générale de ClubMed. Malak, tu as commencé ta carrière en tant qu'avocate en M&A Corporate Finance au sein du cabinet UGGC et où tu y es resté quatre ans. Puis tu as rejoint le cabinet Brandfort Griffiths en Capital Market avec un détachement de presque un an à la Caisse des dépôts, donc premier passage hors cabinet. Et en 2011, c'est le cabinet Holzwang que tu as rejoint. Toujours une activité M&A, Corporate Finance, qui sont tes matières de prédilection au départ. Et en 2013, tu as décidé de quitter la robe, comme on dit, et tu as rejoint l'entreprise, et plus particulièrement Areva, en tant que VP General Counsel Governance, Corporate, Securities et Finance. Quatre ans plus tard, en 2017, tu deviens VP Group Legal and Tax Director du groupe Corian, avant d'en devenir groupe General Counsel, secrétaire général et secrétaire du board, dix mois plus tard. Tu restes 4 ans à ce poste et depuis 2023, tu es la secrétaire générale groupe et secrétaire du board du groupe Clemed. Bonjour Malak, comment tu vas ?
- Speaker #0
Bonjour Audrey, écoute, je vais très bien, merci de me recevoir.
- Speaker #1
Alors, j'ai en effet commencé ce podcast par une présentation. Est-ce que j'ai oublié quelque chose ou est-ce que tu voudrais rajouter quelque chose ?
- Speaker #0
Écoute, c'est assez complet. Non, je pourrais rajouter que je suis née au Maroc et que je suis arrivée en France après mon... bac et que j'ai enchaîné directement des études de droit en France, donc c'était déjà un gros changement. Et voilà, c'était important pour moi.
- Speaker #1
Merci en tout cas pour cette précision. Et alors, question que j'aime bien poser, parce que tu as un parcours très juridique en étant avocate au départ et aujourd'hui côté entreprise, comment ça s'est fait justement ce choix d'étudier le droit ?
- Speaker #0
Alors en fait, c'était pas vraiment un choix, ça s'est un peu imposé à moi. En fait, depuis toujours, J'ai un caractère assez assertif et je suis toujours en train de défendre une position et ne pas lâcher. C'était le cas avec mes parents, c'était le cas avec mes professeurs. J'étais déléguée de classe en conseil de classe et je ne lâchais jamais. Et j'ai toujours entendu les personnes m'appeler l'avocate. Tu seras avocate, l'avocate. Donc en fait, ça m'a influencée, ça a influencé mes lectures, ça a influencé malheureusement mes choix vestimentaires aussi. J'étais en tailleur en troisième. Pour autant, j'ai quand même passé un bac scientifique. Mes parents ne souhaitaient pas que je me ferme des portes au cas où je changeais d'avis. Et je les en remercie parce que même si je n'ai pas changé d'avis, ça m'a quand même bien formée en termes d'esprit analytique, qui est très important quand même dans les matières que nous faisons aujourd'hui.
- Speaker #1
D'accord, donc c'était depuis enfant, en fait, naturellement, que tu as embrassé cette carrière. Ok. Et tu as commencé, après tes études, justement par être avocate. Est-ce que pour toi, c'était important de commencer par cette voie-là ? Parce qu'il y a des gens aussi qui... prennent la voie directement de l'entreprise, qui ont une très belle carrière aussi. Pourquoi ce choix d'avoir commencé l'avocature ?
- Speaker #0
Ce n'était pas vraiment un choix. Pour être honnête, à l'époque, on connaissait très peu la fonction de jury d'entreprise. Quand on voulait faire du droit, on pensait directement à être avocat. Parce qu'au début, quand on fait du droit, on a envie de défendre des grandes causes. Et après, on se rend compte qu'il y a plusieurs voies à suivre, toutes aussi intéressantes. Donc, ce n'était pas un choix, mais c'était, je pense, nécessaire. Je pense qu'en termes de résilience, d'adaptabilité, de gestion du stress, Diversité de dossiers, de secteurs, je trouvais que c'était extrêmement formateur. Après, il n'y a pas de vérité absolue de commencer directement en entreprise, mais je pense que c'est quand même une recommandation de passer quelques années en cabinet d'avocat.
- Speaker #1
Ok. Et justement, peut-être que tu as commencé un petit peu à répondre à cette question, mais pourquoi est-ce que tu as choisi au bout de quelques années de passer côté entreprise ? Justement, ce que tu disais, que tu ne connaissais pas trop le métier de juriste d'entreprise au départ, parce qu'il y a beaucoup qui arrivent dans la fac de droit avec la vocation d'être avocat. toi tu as fait ce choix justement de quitter la robe pour ensuite partir côté entreprise. Comment ça s'est fait ce choix ?
- Speaker #0
Alors ça a commencé par un sentiment de... En fait j'avais le sentiment que ce n'était pas complet, que mon travail n'était pas complet. Donc il y avait tout ce sentiment, j'avais besoin d'un engagement collectif, d'une appartenance, d'un environnement, d'une culture d'entreprise, d'un projet commun. Il y a tout ce sentiment-là un peu. Des trous dans l'individualité en cabinet, ça m'a beaucoup manqué, l'état d'esprit et la culture d'entreprise. Il y a eu aussi, alors au début on a toujours cette inquiétude de s'ennuyer peut-être en entreprise, ce qui n'était pas du tout le cas, et je le répète ici, c'est vraiment pas du tout le cas. Et le passage à la Caisse des dépôts m'a fait comprendre que même en dehors des cabinets, on pouvait avoir des dossiers très intéressants et avoir un niveau d'exigence très important. Et ensuite l'opportunité, quand on est venu me proposer le poste de DJ chez Areva. Donc voilà, c'était plutôt... Un alignement des étoiles entre la meilleure compréhension de l'entreprise, mon souhait d'appartenir à une entité de manière totale et l'opportunité qui se présentait.
- Speaker #1
Merci de le rappeler, c'est important de dire qu'on ne s'ennuie pas en entreprise. J'ai même des anciens avocats qui sont aujourd'hui en entreprise qui me disent qu'ils n'ont jamais autant travaillé. Est-ce que c'est ton cas de penser là justement qu'on travaille encore plus entre guillemets ? Côté entreprise, est-ce que tu as ce sentiment-là aussi ?
- Speaker #0
Alors... Pour moi, il y a deux choses. Il y a travailler plus et il y a l'intérêt du travail. L'intérêt, pour moi, est beaucoup plus important. On est vraiment impliqué des dossiers de bout en bout. On suit des enjeux, on supporte une stratégie. Je trouve que le travail est beaucoup plus important, beaucoup plus diversifié. On est sur des problématiques vraiment opérationnelles et pas uniquement high-level corporate. Donc, véritablement, le travail est plus intéressant. Travailler plus, je pense qu'on travaille mieux. C'est-à-dire qu'on n'est plus dans le présentéisme. On n'est plus dans cette espèce de sentiment que si on ne reste pas jusqu'à 2h très tard le soir, on n'est pas bon. On travaille mieux, on travaille plus efficacement. On peut se retrouver à travailler souvent. Moi, je couche mes enfants, je retravaille à la maison. Mais voilà, c'est ma propre obligation, ma propre exigence et pas celle d'un environnement.
- Speaker #1
Oui, c'est différent. Mais c'est bien aussi d'avoir cet aspect-là pour le coup. Je pense que c'est vraiment... passer cette vision de juriste d'entreprise qui n'est pas grand chose et que c'est très très court. Ah non, on travaille beaucoup. On travaille beaucoup,
- Speaker #0
mais on est dans un environnement qui respecte l'équilibre vie personnelle et vie professionnelle, où on a des formations de management, où on a une législation du travail.
- Speaker #1
Ok. Il y a un point maintenant que j'aimerais aborder, qui me tient vraiment à cœur. C'est en effet le différent secteur d'activité que tu as eu depuis ton passage dans l'entreprise, justement. que tu as découvert. C'est un sujet sur lequel j'ai déjà pas mal parlé, déjà parce que ça me tient vraiment à cœur, comme je le disais, mais notamment avec Philippe Andraud, qui est l'ancien directeur de Suez et de Thomson. Donc j'avais déjà posé la question et dès que je peux, je le fais justement. Parce que toi, tu es quand même passé dans des secteurs, si je n'ai pas oublié, le secteur nucléaire, les maisons de retraite, le tourisme, c'est quand même extrêmement différent. Qu'est-ce qui a guidé tes choix, justement, de carrière par rapport à tout ça ?
- Speaker #0
Alors, en fait, il y a deux choses. Il y a les opportunités, ça on ne peut pas... passer à côté quand on vient nous appeler, mais à chaque fois je me suis toujours vraiment astreinte à voir si ce secteur résonnait en moi, si j'étais si j'ai besoin d'adhérer au projet, j'ai besoin d'adhérer à la culture, donc à chaque fois je me suis vraiment posé la question de qu'est-ce que ce secteur est-ce qu'il me parle, est-ce que je m'y sens bien, est-ce que je vais m'y investir. Donc la première fois c'était une opportunité sur Areva, mais j'avoue, j'avais un grand intérêt pour tout ce qui est énergie, production d'énergie et j'ai aussi un grand intérêt sur les sujets, tout ce qui touche à la chose publique. Et je ne te cache pas que j'ai passé mes moments intellectuels les plus intéressants au conseil d'administration d'Areva, avec des directeurs qui représentaient le budget, la direction générale du climat, la direction générale des entreprises, on avait le secrétaire général des affaires étrangères, on avait l'agence des participations de l'État, et de pouvoir vivre en direct tous ces débats sur des sujets aussi importants que la politique du nucléaire en France, le parc nucléaire, ça a été pour moi extrêmement passionnant. Mais pour ça, il faut adhérer au projet parce que, voilà, si c'est... Sinon, on reste un petit peu à côté du travail et de la valeur qu'on peut apporter. Opportunité encore, puisqu'une administratrice d'Areva m'a proposé de la rejoindre chez Corian. Et là, je retrouve aussi le sens. On a tous quelqu'un dans sa famille qui a eu un sujet d'Alzheimer ou des personnes âgées. Donc, j'ai beaucoup, beaucoup de respect pour les soignants qui accompagnent nos aînés. Et je trouvais que ça avait beaucoup de sens d'être aussi dans ce métier-là. Pour Club Med, c'est un petit peu différent. Club Med, c'était un véritable choix, une véritable envie. Club Med, ça a accompagné mon enfance, ça a accompagné ma vie de parent. C'était très cher à mon cœur et quoi de plus agréable que de participer à son niveau au bonheur des gens parce que c'est quand même une marque qui véhicule beaucoup de bonheur. Et sur les deux, il y avait quand même beaucoup de liens entre Corian et Club Med. Il y a beaucoup de sujets de service à la personne. Il y a aussi des sujets immobiliers, de développement. Donc finalement, ce n'était pas si éloigné que ça. Et ça m'a permis de rejoindre ça d'autant plus facilement.
- Speaker #1
Est-ce que c'est facile d'échanger de secteur d'activité ?
- Speaker #0
Je pense que ça dépend véritablement du background qu'on a. En travaillant en cabinet d'avocat, je pense que ça aide, parce qu'on a déjà beaucoup de dossiers, beaucoup de clients, beaucoup de secteurs différents. Moi, j'ai travaillé en capital market. Et en capital market, toutes les sociétés cotées ont un document d'enregistrement universel avec la totalité des informations qui concernent l'entreprise, le secteur, les enjeux, la stratégie. Et donc, avant chaque opération, je me plongeais dans ce gros livre extrêmement intéressant. Donc, j'ai gardé un petit peu cette capacité à passer d'un secteur à un autre et avec des visions différentes. J'ai gardé ça, alors ce Clubman n'est pas coté, mais j'ai gardé ça, notamment dès que je fais un travail, d'aller voir du benchmark, ce que font les autres entreprises. Notamment, là, je fais la cartographie des risques, donc je regarde aussi un peu les risques du secteur. Donc voilà, il y a cette habitude-là qu'on acquiert en cabinet d'avocat. Après, moi, je recommande et j'encourage beaucoup les entreprises à mettre en place des process pour les nouveaux arrivants, des organigrammes, des circuits de décision, des plaquettes pour chaque département. On peut arriver, ça peut être compliqué de changer de secteur. Et au Club Med, deux choses qui m'ont beaucoup aidé et pareil que je recommande pour ceux qui ne les ont pas. Une semaine d'intégration directement sur le terrain. Alors, c'est beaucoup plus sympa quand on est chez Club Med d'aller sur le terrain.
- Speaker #1
Exactement. Les hôtels. Exactement.
- Speaker #0
On va dans les resorts. Après, ça dépend comment on le fait. Moi, je faisais les réunions d'équipe à 8h du matin. Après, je faisais une heure avec chaque service. Et vraiment comprendre le terrain. Moi, je suis très, très dans l'opérationnel. Et comprendre le terrain, comprendre les personnes sur place, c'est quoi leurs problématiques, c'est quoi leurs enjeux, et aussi se présenter à eux, c'est très important. Ça crée du lien et ça permet ensuite de mieux travailler ensemble. Et aussi du coaching d'intégration. Les premières semaines, en tout cas pour les dirigeants qui arrivent, ça, ça a été d'une grande aide.
- Speaker #1
Ok, d'accord. En effet, c'est bien de mettre le focus sur l'intégration et comment ça se fait parce qu'on arrive comme ça dans tous les cas qu'on connaisse le secteur ou pas. Il y a tellement de choses très spécifiques à chaque entreprise, donc c'est bien que tu le mettes en avant et en tout cas que tu as plus de difficultés pour tout ça. Et c'est vrai que je me permets de remondir aussi, avant même le parcours d'intégration, c'est aussi avoir une ouverture pour des personnes qui ne viennent pas du secteur. Moi, je l'ai vu chez l'incrutement, les équipes sont petites et très resserrées, donc ils ont besoin d'un directeur ou d'une directrice juridique ou secrétaire général qui viennent du secteur, qui connaissent vraiment tous les usages, les réglementations associées, etc. Et parfois, ils peuvent se laisser l'opportunité d'aller chercher ailleurs dans le secteur parce que les équipes sont très spécialisées en dessous, il y a des vrais experts et ils ont besoin de quelqu'un qui va faire le lien entre la direction générale et les équipes. Et c'est justement ça. Vraiment bien, je trouve aussi d'avoir cette ouverture, d'aller chercher des gens qui viennent d'ailleurs pour apporter un regard nouveau. Et puis ces personnes-là qui ne connaissent pas le secteur, c'est aussi un moyen de les fidéliser, parce que peut-être que tu mets un peu plus de temps aussi à rencontrer les gens, à comprendre les enjeux. Et peut-être que c'est moins plug and play, comme on dit avec cette belle anguisse, mais c'est aussi une manière des gens de grandir avec la structure et de les garder un peu plus longtemps aussi.
- Speaker #0
Non, non, mais c'est tout à fait. Je pense qu'effectivement, ça montre une belle ouverture d'esprit. Ça permet d'avoir cet apport externe et cet éclairage externe, une vision neuve par rapport à ceux qui vivent ça tous les jours. Après, peut-être que ça sera plus compliqué dans des domaines comme la tech où il y a vraiment besoin d'une compétence particulière. Mais au niveau de poste de directeur juridique ou secrétaire général, c'est aussi la hauteur de vue qui importe plus.
- Speaker #1
Et justement, merci pour cette transition parfaite. Tu as été directrice juridique, aujourd'hui tu es secrétaire générale. Est-ce que, selon toi, il y a une différence entre les deux ?
- Speaker #0
Alors, il y a une différence peut-être de scope. Je ne dirais pas de statut, mais vraiment de scope, parce que sur le principe, un directeur juridique s'occupe plus de ce qui est légal et compliance, alors qu'un secrétaire général démarre par ses matières fondamentales et ensuite peut élargir son scope à l'infini. En ce qui me concerne, j'ai les sujets d'hygiène, santé, sécurité, les risques, les assurances, la coordination opérationnelle des contrats hôteliers. Le légal et la compliance, mais ça peut aller aux affaires publiques, ça peut aller sur la RSE, ça peut aller sur la communication. Donc c'est vraiment un directeur juridique qui élargit au maximum son scope. Au moins c'est ça la différence. Mais certains directeurs juridiques sont au comèque, des secrétaires généraux ne le sont pas. Certains directeurs sont juridiques, assurance et compliance. Donc finalement, c'est vraiment qu'une question de dénomination. Et on fait de son poste ce qu'on souhaite en faire.
- Speaker #1
Oui, je suis totalement d'accord avec toi. pour le coup là-dessus. Et c'est vrai qu'il y a des secrétaires généraux qui ne sont pas juristes en plus à la base et puis il y en a qui sont directeurs juridiques avec des titres à rallonge qui font deux lignes pour le coup. Et ça pourrait être ramené à quelque chose de beaucoup plus court, secrétaire générale aussi. Donc c'est vrai que chaque entreprise, c'est hyper bien.
- Speaker #0
Mais tout le monde ne connaît pas vraiment aussi la notion de secrétaire générale. Moi, très souvent, on est venu de... J'étais chez Corian, on tapait à mon bureau, j'avais mon bureau entre... La directrice générale et le président, il y avait écrit secrétariat général et tout le monde pensait que j'étais la secrétaire de l'un ou de l'autre. Et donc, on venait tout le temps me voir pour des histoires de rendez-vous.
- Speaker #1
Et tu ne pouvais pas les aider du coup ? J'ai l'air peut-être mieux.
- Speaker #0
Pas sur la prise de rendez-vous, je n'avais pas accès à l'agenda.
- Speaker #1
Voilà, je ne vais pas être partout non plus. Et on va revenir sur la notion de directeur juridique qui est une composante quand même de ton quotidien. Une grosse composante. Voilà, et c'est quoi déjà un bon directeur juridique selon toi ?
- Speaker #0
Je pense que c'est aussi adapté à l'entreprise, à l'environnement et à l'attente. Mais je pense qu'il y a quand même un certain nombre d'exigences importantes pour bien faire son métier. Alors elles ne sont pas forcément dans l'ordre chronologique ou d'importance. Je pense qu'il y a une exigence vis-à-vis de soi-même, une exigence vraiment d'être passionné par son métier, d'être toujours curieux, d'être investi, de se remettre en question, d'aimer trouver des solutions. C'est ce que je préfère dans mon métier, vraiment aimer trouver des solutions, toujours essayer d'être anticipé. globalement, d'être dans une énergie positive et un esprit innovant. Il y a une autre exigence qui est par rapport à son équipe, vraiment sortir la tête de leur dossier, leur ouvrir les chakras, les former, les développer, les rendre visibles. Ça c'est hyper important, c'est des matières qui sont très souvent en support et donc rarement visibles et c'est important aussi pour notre population de sentir visible et reconnu, partager avec eux la stratégie, la connaissance. Il y a une troisième exigence par rapport à nos partenaires. qui est comprendre leurs enjeux, aller les voir sur leur terrain, c'est ce que je te disais tout à l'heure par rapport au parcours d'immersion, parler leur langage, créer les bons outils à leur service, se mettre à leur place et finalement ne plus être un support imposé, mais plus un binôme choisi, vraiment travailler de cette façon-là. Et enfin, par rapport à l'entreprise, à ses dirigeants, ce côté gardien du temple, tour de contrôle, qui rassure, qui accompagne, qui maîtrise, pour que tous les autres métiers puissent se concentrer justement sur leur métier. Et tout en restant, et ça c'est peut-être la partie la plus importante d'un bon directeur juridique, rester indépendant. Toujours être indépendant, être la voix forte qui s'élève de manière indépendante.
- Speaker #1
Ok, merci beaucoup. Je voudrais revenir sur la partie rendre visible tes équipes justement. Comment tu fais pour les rendre... En interne, en externe, éventuellement ?
- Speaker #0
Beaucoup de marketing. On a créé une newsletter qui met en valeur, mais de façon pragmatique. Ce n'est pas « voilà ce qu'on a fait » . C'est « voici les bonnes pratiques qu'on voudrait partager avec vous. Voici les formations qu'on vous propose. Voici les dossiers sur lesquels on a bien travaillé ensemble. » C'est toujours en termes de création de valeur par rapport à nos partenaires. Donc, on a une newsletter quatre fois par an, trois fois en français et une fois en anglais parce qu'on inclut toutes les BU internationales et on fait participer tout le monde. On essaie de se rendre visible aussi, on fait beaucoup de formations. On a créé un parcours de formation qu'on a intégré dans le menu de notre université des talents. On a créé une identité propre, avec un slogan, avec un logo, etc., pour être parfaitement reconnaissable. On poste beaucoup de choses aussi, sur les choses qu'on propose. Là, j'ai ma super équipe Compliance qui a posté pour la journée de l'anticorruption, qui a fait un poste. On va chercher des parrains. auprès d'autres membres des dirigeants pour porter nos projets.
- Speaker #1
Comme ça, c'est aussi une manière de les saluer, de les remercier.
- Speaker #0
Exactement, l'énorme travail qu'ils font derrière. Et je les remercie parce que c'est toujours de qualité et avec une super énergie.
- Speaker #1
J'imagine tout ça, ce que tu dis, une partie de ton quotidien aussi, tu as le marketing, parce que directeur, j'aurais dit que ce que tu as fait, c'est aussi être directeur marketing de sa position en interne et externe. Et d'ailleurs, vous savez que je le vois avec des candidats que je recrute pour mes clients. Souvent, ils font aussi attention à la visibilité de l'équipe juridique et ça les intéresse de plus en plus, même des profils juniors. Aujourd'hui, ils sont intéressés par la visibilité d'une équipe juridique, d'un directeur d'une équipe juridique pour le coup, parce que ça montre aussi l'importance qui est donnée aux juridiques au sens large dans une entreprise. Et de plus en plus, en tout cas, c'est un des critères, en tout cas, ce n'est pas le premier, il y a la rémunération notamment et ce que la personne va faire, mais en tout cas, on en parle assez souvent.
- Speaker #0
C'est très important parce que la place qui est laissée à ces matières juridiques, compliance et autres, c'est très représentatif de la façon dont on va réussir à travailler ensuite en interne. Si c'est une place qui est importante, on va être là vraiment en soutien-projet, en partenaire, alors que si le juridique est peu considéré, ça va être imposé, ça va être en pompier à la fin et pas en prévention au début. Et c'est vrai que ça rend le travail beaucoup plus facile. plus difficile et moins intéressant.
- Speaker #1
Oui, et l'idée, c'est de faire le... J'aime beaucoup cette idée de binôme choisi. Je l'ai marqué, l'ai entouré plein de fois sur ma feuille. Du coup, j'aime beaucoup cette idée, justement, de... C'est le cas chez ClubMed. C'est clair, vraiment,
- Speaker #0
chez ClubMed, on travaille vraiment en binôme. Je le vois sur les projets de développement. Je vois... Les signatures sont faites à deux. La mise en avion est faite à deux. Et c'est très agréable.
- Speaker #1
Ok. T'as déjà répondu à une partie, en effet, de ma question, mais ton quotidien, c'est quoi ? J'imagine qu'il n'y a pas forcément de journée type, mais... En plus de tout ce que tu nous as dit, du marketing, de la fonction, mettre main dans la main avec les équipes, notamment en développement, est-ce qu'il y a d'autres choses qui composent mon quotidien ?
- Speaker #0
Comme tu dis, c'est vraiment une bonne question. On ne sait jamais à quoi va ressembler sa journée. Moi, j'essaie de partager mon temps entre du temps de management, du temps de dossier et du temps de gestion d'imprévus. Et du coup, je pense que le fait d'avoir du télétravail, ça aide énormément. Parce que là, par exemple, chez Clomène, on a deux jours de télétravail. Et donc, le sachant, je m'organise énormément en fonction de ça. que quand je suis les trois jours sur site, je passe plus de temps avec mon équipe, je passe plus de temps en réunion avec les parties prenantes, avec les partenaires, avec les dirigeants. Et quand je suis en télétravail, toute la semaine, j'imprime des choses, je fais ma liste, etc. Et quand je suis en télétravail, j'ai vraiment du temps de fond. Je rentre dans les dossiers, j'ai de la réflexion, quand même à ces niveaux de passe, on a besoin de réflexion stratégique, de trouver des solutions, etc. Du temps de réflexion, du temps de dossier de fond, du temps de lecture, du temps de validation de toutes les choses qu'on nous demande de valider. Et aussi, je fais les calls avec Merci beaucoup. mes collègues de BU, les directeurs juridiques de BU qui sont à distance. J'essaie un petit peu de partager mon temps comme ça. Et vraiment, je recommande d'avoir ce temps-là de réflexion et de lecture qu'on n'a pas souvent quand on est en open space en train de courir d'une réunion à une autre. C'est un peu comme ça que je tente, en tout cas, de travailler.
- Speaker #1
Avec tout ce que tu fais et ce qui compose ton quotidien, j'ai aimé le même. Est-ce que tu te considères comme une entrepreneur du droit ? C'est le titre de ce podcast, justement. Donc, quelle est ta vision par rapport à ça et par rapport à ce que tu fais ?
- Speaker #0
Alors, ce que je disais tout à l'heure sur le logo et le slogan, ça me ramène à ça, parce qu'en fait, le secrétaire général, c'est comme une entreprise dans l'entreprise. On a notre slogan qui date de l'esprit libre, qui est sur la base de la publicité Club Med, qui est l'esprit libre. Club Med, nous, c'est l'esprit SG. Donc, on a aussi un petit logo qui est un SG avec une espèce de lumière, et la lumière qui sort de l'ampoule, ce sont des... branches, donc il y a le côté innovation et le côté développement durable. On a toutes les problématiques que peuvent avoir les autres, le budget, les outils partagés, on a une feuille de route commune, on a des partenaires qu'on doit satisfaire. Voilà, c'est tout ce côté petite entreprise en entreprise et le marketing de soi aussi qu'on doit faire. Donc voilà, on fonctionne un peu comme une PME et je trouve qu'aussi, au même titre qu'un entrepreneur, on est un département qui agit en toute indépendance. Je reviens toujours sur ce sujet important de l'indépendance. qui essayent de proposer des solutions innovantes et qui cherchent toujours à se développer et à grandir.
- Speaker #1
Merci. C'est très clair. J'aime bien cette idée d'avoir un logo pour ton équipe et toutes tes équipes, justement.
- Speaker #0
Oui, ça crée l'adhésion et ça crée aussi un parcours de formation uniquement pour les personnes du secrétariat général. C'est toujours sur la base de notre hashtag confivialité et performance. On essaie vraiment de construire autour de ça.
- Speaker #1
D'accord. Ok. On fait un petit retour en arrière, ou pas, tu vas me dire. Est-ce que tu as eu des mentors dans ta carrière, et peut-être que tu en as d'ailleurs encore aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, je veux dire, j'ai un mentor, mais j'ai eu des belles rencontres. J'avoue, j'ai eu vraiment des belles rencontres qui ont compté pour moi, et je suis contente de pouvoir en parler, parce que de cette façon-là, je les remercie. Et je parlerai des personnes avec lesquelles j'ai gardé un contact régulier, même depuis 20 ans, depuis 30 ans, et ça m'emmène loin, puisque le premier, c'est le professeur Didier Martin, qui était mon professeur en DEA droit des contrats et qui était mon maître de... de rapports de fin d'année que je vois encore très régulièrement et qui m'a vraiment appris, c'était une espèce de rebelle qui m'a appris à déconstruire le droit pour mieux l'appréhender et ne pas juste prendre pour acquis ce que dit la doctrine ou la jurisprudence. Donc ça, ça a été un moment très fort pour moi dans ma construction juridique. Ensuite, en mentor, il y a eu Pierre Charton, ancien secrétaire général d'Areva et qui a été aussi dans d'autres entreprises comme Thalès et Orange. Et lui, il m'a vraiment aidée dans ma transition avocate à juriste d'entreprise. Et aussi dans le rôle du secrétariat du conseil, qui est vraiment un rôle complètement inconnu quand on est avocate. Et aussi beaucoup sur le positionnement du juriste. Ça, ça a été une très belle rencontre et de même, je continue à le voir et à bénéficier de ces précieux conseils. Et ensuite, c'était deux personnes que je continue de voir et dont la bienveillance et le soutien continuent de m'accompagner. C'est Claudie Mouvin, qui est l'actuel président d'Orano, ancien Areva et Christian Chotard, ancien président de Corian, qui m'ont toujours accueillis, écoutés, challengés et encore aujourd'hui soutenus dans des très belles conversations lors de nos déjeuners. Donc voilà, ça c'était des belles rencontres et c'est je pense les meilleurs moments d'une carrière. Ces personnes-là, ces constructions qu'on fait avec ces personnes qui vous aident sans rien attendre un retour, mais juste par plaisir d'accompagner, par bienveillance.
- Speaker #1
C'est important ces rencontres pour le coup parce que c'est ça qui façonne les carrières aussi. et la manière dont on aborde les choses. Et c'est pour ça que j'aime bien poser cette question qu'on retrouve souvent dans les podcasts, je l'avoue, c'est pas une question très originale, mais c'est vrai que c'est intéressant de se dire que c'est grâce aux rencontres que peut-être que ton travail était un petit peu différent que ce qu'il aurait été si tu ne les avais pas rencontrés. Peut-être que tes choix de carrière étaient un petit peu différents aussi. Donc c'est bien aussi de les mettre en lumière aussi, de les saluer. Maintenant, j'aimerais te poser une question. Si tu n'étais pas devenue juriste, tu aurais fait quoi ?
- Speaker #0
Alors comme je te disais, c'est difficile de répondre parce que c'est un peu le métier de mes rêves, mais l'idée c'est aussi de continuer à le faire évoluer. Après si je reste sur les choses que j'aime bien, donc le conseil, l'accompagnement au pire niveau, le sens et la valeur, et tout ce que j'aime bien aussi dans mon travail qui est l'organisation et l'esprit créatif, il y a effectivement trois autres choses que j'aurais bien aimé faire. Alors ça va paraître bizarre, mais je m'intéresse beaucoup à la chose publique et politique, donc j'aurais bien aimé. directrice de cabinet ministériel. Il y a tout ce côté accompagnement et conseil dans l'ombre des dirigeants que j'ai dans mon métier actuel et que j'aime beaucoup. Organisatrice d'événements artistiques. Parce que ça demande beaucoup d'organisation d'être secrétaire générale. Et il y a tout ce côté créatif qu'on ne connaît pas chez nous, les juristes mais qui existent. Et donc je trouve que ma sœur fait ça. Et donc je l'envie, elle a un métier qui me donne vraiment envie. Et sinon pour la partie sens, J'ai déjà dit dans une interview, c'est diriger une ONG. Ça permet un petit peu tout ça, de pouvoir mettre l'organisation, l'investissement, les valeurs au sein de son métier, et quel plus beau métier que de faire quelque chose qui est aligné avec ses valeurs. Donc c'était un peu les trois choses que je ne m'interdis pas de faire un jour.
- Speaker #1
Oui, la vie est longue, donc il y a plein de choses à faire.
- Speaker #0
Ça passe vite.
- Speaker #1
Là tu disais qu'il y avait une spécréative pour le coup, que peut-être tu aurais un peu plus trouvé, et il y en a quand même qui... Je trouve qu'il faut être créatif justement quand on est juriste. C'est vrai qu'on ne peut pas non plus créer la loi. Non,
- Speaker #0
je disais que c'est méconnu, mais au contraire, c'est très créatif. C'est très créatif, mais c'est méconnu.
- Speaker #1
Ok, je suis contente d'être venue dessus parce que le juriste peut être créatif aussi, il même doit l'être, je pense. Tout à fait,
- Speaker #0
on vient avec des problématiques tous les jours très complexes. Et à chaque fois, il faut trouver une solution différente à un problème complexe dans un environnement concret. Donc bien sûr qu'on est très créatif.
- Speaker #1
C'est quoi tes inspirations dans la vie ? qu'est-ce que t'aimes faire à part justement être avec tes équipes euh Au sein du travail général, qu'est-ce qui t'inspire ?
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce qui m'inspire ou qu'est-ce que j'aime faire au quotidien ?
- Speaker #1
Les deux, alors.
- Speaker #0
Être avec mes enfants, encore et toujours. L'équilibre familial, et je le dis et je le répète, extrêmement important pour donner le meilleur de soi dans son travail. Même si mes enfants travaillent au Club Med, pensent que je passe ma vie dans des resorts à faire la fête. C'est assez amusant. Je fais énormément de sport. Je viens de me faire une entorse, mais je fais énormément de sport. Je trouve que c'est très important de se maintenir une hygiène de vie parce qu'on a des métiers qui demandent beaucoup d'investissement, qui sont quand même facteurs de stress. Et donc le fait de pouvoir le dégager, ça permet de garder du recul, une hauteur de vue, une sérénité. importante aussi pour ces équipes, pour pouvoir aussi les protéger du stress qu'on peut nous recevoir. Et en termes d'inspiration, moi j'ai beaucoup beaucoup d'admiration pour les gens qui donnent leur temps sans attente de retour. Toutes les personnes qui s'engagent bénévolement dans des actions humanitaires, etc. Moi je suis très admirative, un peu jalouse pour ces personnes-là, et ça remet l'église au milieu du village, ça remet les choses en perspective. Je me rappelle toujours qu'on fait un très beau métier, très important, mais que ça n'est rien du tout à côté de ces personnes-là.
- Speaker #1
Quel conseil tu aimerais donner à un jeune étudiant ou une jeune étudiante qui sort de la fac de droit ?
- Speaker #0
J'ai un conseil à donner à toutes les personnes qui travaillent en général et dans ces matières en particulier, que j'ai reçu tard, que j'ai reçu 11 ans après avoir commencé à travailler. Je voudrais en faire profiter tout le monde. En fait, j'ai toujours énormément travaillé. Quand j'étais avocate, j'ai toujours beaucoup travaillé nuit et jour, et quand on y pense avec du recul, c'était même assez inhumain. Des fois, pendant trois nuits sans dormir, quand on est en perte de closing, avec beaucoup de sacrifices personnels, parce que dans ces milieux-là, c'est une norme, c'est un curseur de valeur, c'est une attente, c'est une évidence, et du coup on est tellement dedans qu'on ne se pose plus la question. Et quand je suis passée en entreprise, j'ai continué à garder ce rythme parce que je pensais que c'était normal. Et c'est là que Pierre Charton, c'est pour ça que je parlais de mentor, je suis allée m'en ouvrir à lui, il m'a dit une phrase qui m'a marqué, qui est une phrase vraiment simple, évidente. Il m'a dit, si tu pars à 19h, le monde ne va pas s'écrouler, il va juste s'adapter. Toutes ces personnes qui ont pris l'habitude que tu répondes à la seconde, à chaque fois, le soir, le week-end, pendant les vacances, vont prendre en compte ce nouveau paramètre et vont s'adapter. Et dans le tact. Et il avait tout à fait raison. Bien sûr, je ne finis pas toujours à 19h. Bien sûr, je m'arrive souvent de retravailler quand j'ai couché mes enfants ou le soir, le week-end. Mais c'est mon enjeu, mon exigence, ma priorité et pas parce que quelqu'un a été désorganisé ou met une pression inutile. Donc, c'est quelque chose que je répète régulièrement à mes équipes. Organisation, efficacité, priorité, mais vraiment équilibre familial. Et s'il y a un conseil que je peux essayer de passer à travers ce micro, et je te remercie Audrey, c'est bien celui-là. Privilégier la qualité à la quantité. Et ça ne fera pas de vous, rester très tard le soir, ne fera pas de vous un meilleur juriste ou une personne plus appréciée. Travaillez efficacement et trouvez un bon équilibre.
- Speaker #1
Merci. J'allais te demander un dernier mot, Malak, mais j'ai l'impression que ça sonne un peu comme un dernier mot, à part si on a un autre. Non,
- Speaker #0
à part te dire que j'espère que mon expérience peut être utile et te remercier pour ton invitation et tes questions toujours très pertinentes.
- Speaker #1
Merci à toi, Malak. J'espère que tu as passé un bon moment.
- Speaker #0
Toujours.
- Speaker #1
Merci, je te retourne le compliment. J'étais ravie vraiment de te recevoir à ce micro et j'ai l'impression de le dire à chaque fin de podcast. Moi, j'adore en fait écouter ces parcours de vie et je te remercie d'avoir été aussi sincère pour le coup avec moi et du coup avec nous tous et vous tous qui nous écoutez. Donc vraiment un grand merci d'avoir dit oui et merci pour ta participation. J'espère que vous avez aussi aimé, chers auditeurs, et du coup, je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Bon Entrepreneur du Droit by FEDLégal. À bientôt.
- Speaker #0
Merci pour votre écoute. Nous espérons que ce temps de partage vous a plu. Abonnez-vous pour plus d'histoires professionnelles et de témoignages enrichissants. Suivez-nous sur LinkedIn et retrouvez nos offres d'emploi sur notre site carrière, www.fab-group.fr.