- Speaker #0
FED GROUP
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Voix d'entrepreneur du droit by FED Légal. Dans ce podcast, nous recevons des acteurs du monde du droit. Leurs points communs ? Une vision entrepreneuriale de leur métier. Des parcours toujours inspirants et emprunts de sincérité et d'optimisme. Bonne écoute !
- Speaker #2
Bonjour à tous, je suis Audrey Deliris et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de Voix d'entrepreneur du droit, le podcast de FEDLégal. Aujourd'hui, un jour un peu particulier pour moi, est-ce que je reçois Mélanie Rouillon, responsable juridique et DPO de FEDGROUP. Avant que je parle de ton parcours, Mélanie, il se trouve qu'on se connaît bien puisqu'on travaille ensemble au sein de FED Group, dont fait partie FED Légal, mais on y reviendra. Alors Mélanie, tu as étudié le droit à Bordeaux avant de poursuivre à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne et d'intégrer ensuite l'EFB, donc l'école d'avocats de Paris. Tu débutes ta carrière comme avocate en droit social, d'abord chez PDGB Avocats, puis chez BG2V, beaucoup d'acronymes aujourd'hui, où tu accompagnes tes clients en conseil comme en contentieux, toujours donc en droit social. Et après plusieurs années en cabinet, tu fais le choix de rejoindre l'entreprise en 2023 en tant que responsable juridique et DPO, comme je le disais, de FED Group. Et aujourd'hui, tu interviens toujours en droit social sur des sujets très variés, avec aussi le droit des affaires, en data privacy, comme on en parlait, contentieux, et sur toutes les problématiques qui intéressent notre groupe. Merci d'être avec moi aujourd'hui, Mélanie.
- Speaker #0
Merci Audrey de me recevoir.
- Speaker #2
Comment tu vas ?
- Speaker #0
Je vais bien et je suis vraiment contente. C'est la première fois pour moi cet exercice et donc je suis ravie.
- Speaker #2
Moi aussi, je suis très contente de t'avoir dans ce podcast-là. Est-ce que j'ai oublié quelque chose dans ce que j'ai présenté de ton parcours ?
- Speaker #0
Non, c'est assez complet. La seule précision peut-être que je ferai, c'est que j'ai eu un parcours très pluridisciplinaire, généraliste. C'est-à-dire que je me suis spécialisée en droit social très tardivement. C'était par choix. parce que j'aimais beaucoup, beaucoup de matière. Et donc, j'ai choisi de faire du droit privé général jusqu'à mon master 2. Voilà, donc le droit social est venu tardivement, mais on va certainement en reparler.
- Speaker #2
Tout à fait, c'est une de mes questions. Et justement, j'aimerais sur ton quotidien aujourd'hui, pour nous aider nous, du coup, dans ton groupe. Alors, je fais une petite précision pour ceux qui ne connaissent pas, il y en a qui connaissent FEDLégal. Mais on n'est pas tout seul FEDLégal puisqu'on appartient à FEDGroup qui existe depuis 25 ans maintenant, si je calcule bien. Et d'ailleurs, petit clin d'œil, c'est aujourd'hui jour de l'enregistrement de l'anniversaire de l'Alexandre Tamagno, notre cofondateur et notre président. Joyeux anniversaire. Joyeux anniversaire Alexandre. Et donc le groupe est composé de plus de 300 personnes et c'est ce groupe-là dont tu es aujourd'hui la responsable juridique et DPO. Donc c'est quoi ton quotidien aujourd'hui
- Speaker #0
Mélanie ? Alors mon quotidien est très varié et c'est justement ce qui me plaît. Il y a à la fois des sujets qui sont très quotidiens, qui peuvent être des sujets très facilement traitables et puis rapides, des questions de consultants sur des sujets qui sont vraiment variés, souvent en lien avec leurs clients, du commercial plutôt. Et puis des sujets de fonds, les contentieux bien sûr à suivre, des sujets en lien avec la conformité, des mises en place de projets, d'accords, etc. Il faut jongler entre ces différents sujets, donc déjà différentes matières, et puis des sujets du day-to-day et du plus long terme. Les journées sont assez rythmées. Je travaille aussi avec Liam, qui est juriste au sein de FED Group. On est toutes les deux au sein du service juridique. Il y a aussi un travail en collaboration pour mettre en place des projets. pour l'entreprise.
- Speaker #2
Une question qui me vient que je voulais te poser, mais je te la pose maintenant. Tu viens du droit social, on va revenir avant, ensuite sur le pourquoi, le comment, etc. Comment tu t'es arrivée justement, t'arrivant d'entreprise en 2023, donc chez Fed, tu viens d'un parcours comme en tant qu'avocate, uniquement droit social. Comment ça s'est passé d'avoir toujours du droit social, mais aussi d'élargir un panel énorme de matières en fait ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. C'était le principal challenge, à vrai dire. Et c'est vrai que j'en avais envie, parce que comme je le disais, j'avais ce parcours pluridisciplinaire et j'aimais beaucoup de matières différentes. Donc j'avais envie de retoucher à d'autres matières que du droit social. Et comment j'ai fait ? J'ai déjà compté aussi sur Liam, qui elle avait aussi des connaissances en droit commercial, puisqu'elle a un parcours plus affairiste que moi. J'ai aussi des partenaires, des avocats. Donc voilà, il ne s'agit pas d'outrepasser ma compétence. Il y a des sujets sur lesquels j'ai besoin d'assistance, clairement. Et puis des sujets où je suis capable de monter en compétence. Et je pense notamment à la protection des données et à mon rôle d'IPO, où je me disais, c'est un sujet vraiment que je ne maîtrise pas. Donc j'ai fait une formation. dans un premier temps. Et puis, c'est vrai que petit à petit, je me suis formée, on va dire, sur le tas, sur ce sujet. Et d'ailleurs, c'est un sujet qui me plaît de plus en plus. Là où, au départ, je me disais, ça ne va pas forcément être ce que je vais préférer. Et finalement, je découvre un aspect du métier qui me plaît. Je pense que la clé, c'est vraiment d'avoir envie de monter en compétence sur des sujets qui sont variés. et donc de... Quitter un petit peu le droit social pour d'autres matières et donc se former. Et puis s'entourer, bien s'entourer de professionnels du droit et ne pas penser non plus qu'on peut tout faire tout seul.
- Speaker #2
Merci de dire ça. Il y a quelque chose qui me tient vraiment à cœur, c'est que parfois on rencontre en entretien chez FEDLégal des personnes qui nous disent « Je suis généraliste, je sais tout faire » . Je comprends que tu n'es pas d'accord avec ça.
- Speaker #0
en tout cas on peut tout faire mais pas forcément tout faire bien c'est surtout ça déjà si on arrive avec 2,
- Speaker #2
3 voire 4 compétences dans des matières différentes et bien les faire c'est déjà super et puis être capable d'avoir le bon regard sur un autre sujet où tu te dis j'imagine ça c'est pas ma matière principale mais je sens qu'il y a un truc qu'il faut creuser il faut à minima en fait je pense s'intéresser c'est à dire que il
- Speaker #0
faut avoir un minimum de connaissances d'intérêt pour la matière Avoir quelques réflexes, c'est vrai, il faut quand même savoir vers quoi se diriger, et puis parfois il y a des décisions à prendre rapides. Mais ensuite, il faut savoir aussi se dire qu'on a besoin de quelqu'un qui est plus compétent sur le sujet.
- Speaker #2
C'est le moment où on fait un flashback. Je te pose la question, comment tu t'es retrouvée sur les bancs de la fac justement ? Est-ce que tu as toujours voulu faire du droit depuis que tu es toute petite ?
- Speaker #0
Pas du tout. Pas du tout. En fait, au lycée, j'aimais pareil toutes les matières. J'ai fait un bac ES, mais j'aimais l'économie. Même les maths, ça ne me déplaisait pas. Je ne savais pas trop quoi faire. J'étais prise dans plusieurs prépas, prépa Hippocagne et prépa HEC. Je suis allée en prépa HEC, pas par défaut, mais en me disant que c'est bien. Je me suis rendue compte que les gens qui étaient là avaient en tête d'avoir une super école de commerce. Je ne m'étais jamais dit que je voulais faire une école de commerce. Le cadre de la prépa, qui est quand même très strict et assez difficile, le... du coup, je ne me sentais pas forcément à ma place et j'avais vraiment besoin de liberté. Du coup, j'ai pris vraiment le chemin inverse de me dire en fait, j'ai besoin de la fac où je vais être justement libre de travailler un peu comme je veux, à mon rythme, etc. Et la fac de droit, ça me semblait être encore une fois le plus généraliste pour me permettre ensuite de choisir un métier, mais je ne l'avais pas encore en tête. Et puis à la fac, le droit m'a plu. Encore une fois, je suis restée très généraliste en restant sur du droit privé. Je faisais du droit des sociétés, du droit de la famille, du droit du travail. Il y avait vraiment une richesse au niveau des matières. Et quand on a fait 4 ans de droit, 5 ans de droit, on se dit pourquoi pas avocat. Et donc c'est venu finalement sur le tard où je me suis dit ça peut me plaire.
- Speaker #2
Et le droit social, tu disais tout à l'heure que c'est venu assez tard du coup, parce que c'est vrai qu'il y a des gens qui se qualifient assez rapidement, dès le master 1, qui prennent des options, etc. Toi, c'est assez tard. Comment tu as découvert cette matière-là ?
- Speaker #0
Alors, je l'ai découverte en stage, dans le cadre de mon école d'avocat, puisque mon master 2, je le fais à Paris. Ensuite, je rentre à l'école d'avocat. Et à l'école d'avocat, je comprends que pour trouver des stages et ensuite une collaboration, à Paris, il faut se spécialiser. Ce qui n'est pas forcément vrai en région, où on peut être plus généraliste. Mais à Paris, on fait comprendre qu'il faut choisir. Et là, je ne sais pas. C'est le dilemme, il y a plein de choses qui m'intéressent. Je me dis, pourquoi pas de droit pénal ? Pourquoi pas...
- Speaker #2
Vraiment, ce n'était pas encore du tout décidé.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est le fait de ne pas aimer... Je pense que ce n'est pas le fait de ne pas aimer choisir, c'est le fait d'aimer trop de choses. Il y avait vraiment plein de choses qui m'intéressaient. Donc j'ai fait un premier stage dans un... petit cabinet qui faisait du droit de la presse. J'aimais beaucoup aussi tout ce qui était... J'avais fait mon mémoire de Master 2 sur les sources journalistiques. Donc j'aimais beaucoup tout ce qui tourne autour du droit de la presse. Donc j'ai fait un premier stage dans un petit cabinet sur ce thème-là très niche en fait. Et un deuxième stage dans un beaucoup plus gros cabinet et en droit social et en contentieux plus précisément. Et en fait, ce qui m'a plu, c'est vraiment le contentieux. Donc le fait d'aller plaider, de découvrir ce côté-là. Et j'ai découvert le droit social à ce moment-là. Et ce qui m'a plu... C'est que je trouvais que c'était... En fait, je trouvais que le pénal, c'était trop humain. Et le droit des affaires, le corporate, pas assez humain. Je m'explique. Je trouvais que le droit pénal, j'avais l'impression que les sujets étaient tellement lourds que je n'aurais pas forcément les épaules pour. En tout cas, que ça aurait peut-être trop d'impact sur moi. Le droit des affaires, je trouvais que c'était trop business et qu'il y avait... pas assez d'humains justement au cœur des dossiers. Et le droit social, c'était en fait, j'ai découvert l'entre-deux, c'est-à-dire il y a des enjeux business, puisque quand on défend un employeur, il y a vraiment des enjeux stratégiques, etc. pour l'entreprise. Et en même temps, de l'autre côté, il y a un salarié et pour lui, c'est de l'humain, c'est une question qui est... qui est importante pour lui. Et donc, je trouvais que c'était un bon équilibre. Et c'est comme ça, en fait, que j'ai choisi cette matière. C'est en me disant, ça m'a plu pendant mon stage. Et en plus, je trouve que finalement, ça répond bien à ma recherche d'avoir une matière à la fois humaine et à la fois avec des enjeux stratégiques côté entreprise.
- Speaker #2
Et quand tu as vraiment eu l'occasion de te plonger dans cette matière pendant toutes les années en tant qu'avocate, tu as continué à trouver justement cet équilibre-là ?
- Speaker #0
Oui, vraiment. Et encore aujourd'hui, quand je fais du droit social dans le cadre de mes fonctions, je trouve que c'est répondre à des enjeux de l'entreprise qui a besoin de gérer la gestion de ressources humaines avec des enjeux stratégiques. Mais aussi derrière, il y a des salariés qui sont en poste, qui ont une situation personnelle. donc c'est Il faut toujours trouver une solution qui va pouvoir rapprocher finalement les deux parties.
- Speaker #2
Je rebondis justement là-dessus. En 2023, tu as fait le choix de passer côté entreprise. On est très content parce qu'on travaille ensemble. Qu'est-ce qui t'a donné envie de passer le pas justement ? C'était quelque chose qui était là depuis longtemps ?
- Speaker #0
Alors non. Parce que je ne savais pas, d'ailleurs au moment de te rencontrer, je ne savais pas encore que j'allais quitter la robe, comme on dit. En fait, je pense que c'est vraiment justement notre rencontre, la rencontre avec les différentes personnes que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans le cadre de mon processus de recrutement, qui m'ont convaincue que l'entreprise pouvait me convenir. Je n'en étais pas forcément convaincue, je me disais que je pouvais avoir une autre expérience en cabinet. mais j'étais un peu... on va dire à l'écoute de tout ce qui pouvait se présenter à moi. Oui, ce qui m'a convaincue, c'est à la fois le fait de revenir sur quelque chose de pluridisciplinaire, donc de m'éloigner un peu du droit social, de continuer à en faire quand même beaucoup, mais voilà, de revenir à d'autres matières. Et puis la vision de FED avec les personnes qui la composent. Et le projet de rejoindre l'entreprise m'a plu, les personnes que j'ai rencontrées.
- Speaker #2
Et qu'est-ce qui t'a plus plu ? Quelle était un peu la découverte un peu sympa en tant juriste en entreprise, en responsable, et donc du coup juriste en entreprise, où tu t'attendais pas forcément à ça de manière globale, pas forcément chez Fed, mais est-ce qu'il y a un truc où tu te dis, tiens, je pensais pas que ce serait comme ça et c'est chouette ?
- Speaker #0
Je me rappelle que lors de mon premier échange avec Alexandre, je lui avais dit, j'ai peur d'être seule. Parce que j'avais peur que le juridique en entreprise soit finalement la personne qu'on va voir quand il y a un problème, donc qu'on évite, et que je travaille un petit peu dans mon coin, et donc que je n'ai pas forcément beaucoup de relations avec les équipes. Et moi, je n'aime pas être seule. Donc voilà, ça, c'était une inquiétude. Et en fait, pas du tout. et je suis moins seule que j'ai... que je l'étais en tant qu'avocate. Parce que finalement, mon travail, il est au quotidien avec les équipes. Là où, quand on est avocate, parfois, quand on se met dans des conclusions, par exemple, on va être tout seul face à son ordinateur pendant parfois de nombreuses heures. Là, c'est très rare que je passe de nombreuses heures d'affilée sans interaction. Donc ça c'était la bonne surprise Et qu'est-ce qui au contraire
- Speaker #2
Peut te manquer de ta vie d'avant En tant qu'avocate justement Que t'adorais faire Je dirais la plaidoirie
- Speaker #0
Parce que c'est vrai que c'était un exercice Qui était très particulier Je trouvais que c'était vraiment l'aboutissement du travail Qui avait été fait en amont De préparer le dossier De bien connaître son dossier et son client D'avoir rédigé etc Et puis ensuite de le plaider Et j'aimais ce côté et L'adrénaline, de prendre la parole en public, de convaincre. C'était vraiment un exercice qui me plaisait. Donc ça, ça peut me manquer. Maintenant, c'est vrai que j'ai l'occasion, si je le souhaite aussi, quand il y a des contentieux éventuellement, de m'en occuper, notamment devant le conseil de Prud'homme, puisque c'est une procédure orale. Bon, ce n'est pas toujours évident de gérer les deux. Et de manière générale, je préfère faire appel à des avocats. Mais voilà, si je souhaite, une fois de temps en temps, garder des contentieux et éventuellement aller plaider en première instance, c'est possible.
- Speaker #2
Et maintenant que tu connais les deux côtés, côté cabinet et côté entreprise, est-ce qu'il y a des choses que tu ferais différemment si tu étais avocate, maintenant que tu sais comment ça se passe côté entreprise ?
- Speaker #0
Oui, je pense. En fait, je me suis rendue compte que quand j'étais avocate, je n'avais pas une très bonne connaissance de l'entreprise. Alors déjà parce que... pendant mon école d'avocat, j'ai choisi d'aller en Australie dans le cadre de mon autre stage en cabinet d'avocat plutôt que d'aller en entreprise parce qu'il y a deux stages à faire dans le cadre de l'école d'avocat en cabinet et un généralement qu'on fait ailleurs en juridiction, en entreprise. Et donc moi, j'ai fait les deux en fait en cabinet d'avocat donc je n'avais jamais mis un pied en entreprise. Et je pense que c'est un tort quand on veut devenir avocate et conseiller des entreprises. Parce qu'en fait, moi, mes clients, c'était des employeurs, des entreprises. Donc, le fait de ne pas connaître bien le monde de l'entreprise et comment ça fonctionne et quels sont les enjeux pratiques, je pense que ça peut être un frein pour bien conseiller son client. Et donc, ça, c'est quelque chose que je changerais. C'est de mieux connaître le monde de l'entreprise. Et ça, je pense que ce serait une force aujourd'hui si je devais redevenir avocate. Parce que maintenant, je vois les enjeux, je vois comment ça fonctionne. Et effectivement, j'essaierai de conseiller mon client vraiment en ayant conscience de ses enjeux pratiques et business et opérationnels.
- Speaker #2
Et justement, il y a notre directrice marketing, Cécilia Krumeneker, qui a fait un post LinkedIn, qui t'a qualifié, toi Eliane, d'équipe juridique de Yes Team. on peut dire, ou la Oui Team, du coup, l'équipe qui dit oui. Pour le coup, est-ce que pour toi, c'est vraiment... maintenant que tu es côté introvertie c'est obligé qu'on dise oui tout le temps, parce que déjà bravo parce que le post était vachement sympa donc je vous encourage à regarder c'est vrai qu'il est très flatteur est-ce que c'est quelque chose que tu as découvert un peu par hasard comme ça en disant il faut que je dise oui et vous trouvez des solutions est-ce que c'est une condition sine qua non,
- Speaker #0
est-ce qu'il t'arrive de dire non quand même Mélanie il m'arrive de dire non mais souvent pas à Cecilia du coup souvent en fait c'est pas un non catégorique Merci. C'est plutôt un non. Non parce que le droit dit ça, mais peut-être qu'on peut voir les choses différemment, peut-être qu'on peut en échanger, trouver une solution. Peut-être que là, tu as ça en tête, mais est-ce que tu as bien tout regardé ? C'est en fait essayer de ne pas dire non catégoriquement et puis ne pas apporter, de laisser finalement la personne qu'on conseille sans solution. Et ça, c'est vrai que je l'ai découvert en prenant ce poste, de savoir si j'allais avoir la faculté de répondre aux enjeux business, opérationnels. Je savais que c'était quelque chose qui était attendu. Alexandre me l'avait dit. « Je veux quelqu'un qui puisse… » On dit fonction support. Dans fonction support, il y a support. C'est vrai que ce n'est pas un terme qui est toujours très flatteur, mais il y a support. Et support, ça veut dire aider. Enfin voilà, c'est une collaboration. Et je trouve ça agréable, en fait, parce que je me dis, si on est sans arrêt en train de dire non, ça met aussi dans une position où on n'a pas l'impression, en fait, d'aider les équipes. Et donc, je trouve ça challengeant. Et moi, j'aime ça au quotidien. Et ça, c'est aussi quelque chose que j'ai découvert en entreprise et qui me plaît, de me dire que je suis là pour trouver des solutions pour les équipes et de dépasser un petit peu parfois le droit, c'est vrai. et d'avoir une vision plus pratique, plus opérationnelle. Et ça nécessite de bien s'intéresser vraiment à ce que font les équipes, de comprendre ce qu'ils font et d'aller dans le même sens. C'est-à-dire qu'on veut la réussite de nos consultants. On est content quand ils placent, on est content quand ils trouvent une solution pour leurs clients. Donc voilà, c'est ça notre enjeu.
- Speaker #2
Et ça, tu disais que tu en avais vraiment confiance avant d'arriver en entreprise. Est-ce que ça a été quand même... dur, même si tu avais confiance qu'il fallait le faire, parce que c'est quand même différent quand tu es avocate, justement, tu ne dois pas forcément dire oui tout le temps.
- Speaker #0
Alors, quand tu es avocate, tu ne dois pas forcément toujours dire oui, parce qu'en fait, et d'ailleurs, finalement, quand tu es avocate, il faut aussi trouver des solutions pratiques à tes clients, et c'est ça, je pense, un bon avocat. C'est-à-dire que tu peux dire le droit dit que non. Mais tenter d'ouvrir un petit peu.
- Speaker #2
Si on le fait un peu différemment.
- Speaker #0
C'est ça qu'on attend d'un bon avocat, à mon avis. Et du coup, ça a été dur. Je dirais oui et non. C'est-à-dire qu'au départ, c'était plus une question de positionnement, aussi de responsabilité. C'est-à-dire que parfois, je me disais, bon, là, je vais essayer de trouver une solution, mais qui n'est pas du coup... totalement conforme à ce que dit le droit ? Est-ce qu'on ne prend pas des risques ? C'est plus réussir aussi à se libérer de peur qu'on peut avoir en tant que juriste parce que nous, on voit les risques. On voit tout de suite les risques et les risques, ils ne sont pas que théoriques. Donc, c'est réussir aussi à prendre le risque. Et ça, généralement, les opérationnels et les chefs d'entreprise aussi et avancent dans leur projet parce qu'ils prennent des risques. Et ce n'est peut-être pas forcément la qualité qu'ont les juristes. Et donc, en fait, j'ai découvert que finalement, prendre des risques de temps en temps, oui, c'est possible. Alors, des risques qui sont mesurés, qui sont pesés, qui sont étudiés et documentés, etc. Et j'ai effectivement... Finalement, ça s'est fait assez facilement. C'est-à-dire qu'au départ... J'avais un peu peur et puis là, je me sens assez à l'aise dans l'exercice.
- Speaker #2
Toujours sur le côté, sans les opposer, mais tu as connu le statut libéral en étant recate, le salariat en étant aujourd'hui responsable juridique et DPO. Selon toi, est-ce qu'une vision entrepreneuriale que tu as connue en tant qu'avocate, elle est nécessaire pour exercer en entreprise ?
- Speaker #0
Alors, je ne suis pas certaine. Je pense que quelqu'un qui n'est pas passé par le statut libéral et qui ne connaît que le statut salarié peut très bien s'adapter en entreprise. Après, moi, ce que je trouve intéressant, c'est que dans la relation que j'ai avec les avocats, nos partenaires, c'est intéressant de connaître aussi ce statut, de savoir comment ils travaillent, quels sont leurs enjeux. Ça facilite aussi le dialogue. mais une fois qu'on est en entreprise, on a moins cet enjeu entrepreneurial. On n'a pas ce développement commercial à faire, on n'a pas les mêmes préoccupations. Donc pas forcément, je pense qu'il n'y a pas besoin de passer systématiquement par la case libérale pour ensuite exercer en tant que salarié dans ces fonctions-là.
- Speaker #2
Et... Même si on n'est pas passé par la case justement qu'elle vient d'avocat et donc avec le statut libéral, j'ai déjà rencontré des directeurs et directrices juridiques qui m'ont déjà dit que malgré tout, il faut avoir une vision entrepreneuriale quand on est en entreprise sans être forcément entrepreneur soi-même.
- Speaker #0
Ou intrapreneuriale. Je pense que la vision entrepreneuriale, elle est intéressante quand justement on veut s'aligner sur les enjeux stratégiques de l'entreprise. Donc en fait, On travaille pour une entreprise et pour un chef d'entreprise qui a une vision entrepreneuriale. Donc forcément, il faut l'avoir pour comprendre les enjeux. Je pensais plus dans le sens, je comprenais la question statut. Est-ce que le responsable juridique doit forcément être passé par la case d'avocat ? Je l'avais plus compris.
- Speaker #2
Il y en a très bien qui n'ont pas fait aussi.
- Speaker #0
C'était ça mon propos. Mais effectivement, je comprends mieux la question. Oui, le fait d'avoir une vision entrepreneuriale. En fait, je ne sais pas si c'est vraiment entrepreneurial, mais c'est en tout cas avoir une vision business.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Comprendre comment une entreprise fonctionne, comment elle va gagner de l'argent. Ça, c'est important pour pouvoir conseiller au mieux sa direction. Ça, c'est évident.
- Speaker #2
J'ai discuté il n'y a pas très longtemps avec une directrice juridique qui m'expliquait justement aussi que ces équipes, en fait, ne comprenaient pas pourquoi une partie de leur bonus était dépendant, justement, des résultats de l'entreprise. Ça, c'était quelque chose, en tout cas, quand j'ai commencé, il y a 16-17 ans, qui était... Très beau le cas en fait, et de plus en plus le cas aujourd'hui. Et justement, elle ne comprenait pas que ses équipes ne comprennent pas justement ça. Et au contraire, moi je trouve ça très bien. Alors quand l'entreprise ne va pas très bien, il est clair que c'est beaucoup moins sympa à la fin de l'année. Maintenant, ça montre aussi, je trouve, l'importance du juriste, juriste responsable de toutes les équipes pour le coup. au quotidien tout ce que toi tu fais, ce que Liam fait. Oui,
- Speaker #0
contribuer à la réussite de l'entreprise.
- Speaker #2
Et que chacun, peu importe ce qu'il fait, va contribuer au succès de l'entreprise. Oui,
- Speaker #0
je trouve qu'il y a une logique à cela. Et effectivement, je pense que quand c'est expliqué comme ça, c'est plutôt même encourageant pour l'équipe juridique de savoir qu'elle participe vraiment à l'effort collectif et à et à la réussite de l'entreprise. Oui, je partage cet avis.
- Speaker #2
On revient à avant, du coup encore flashback, mais que tu as les retours dans le temps. J'ai déjà un peu ma réponse, donc tu ne rêvais pas d'être avocate quand tu étais enfant. Ça, j'ai déjà ma réponse. Est-ce que tu peux nous partager le métier dont tu rêvais enfant ?
- Speaker #0
Alors, le problème, c'est qu'il n'y en a pas eu qu'un seul,
- Speaker #2
parce que tu aimais plein de choses.
- Speaker #0
Exactement, on revient toujours à la même chose. Je crois que le... premier métier, c'était agricultrice. Alors moi, je disais fermière. Mais voilà. Je pense que c'est le tout premier. Ensuite, ça a évolué vers le métier de maîtresse d'école. Je crois que ça, c'est quand même un grand classique. Et puis, un peu plus tard, ça a été professeur de physique chimie, parce que j'avais un prof de physique chimie qui était génial et que j'adorais, du coup, faire de la physique chimie. Puis l'année d'après, le prof était moins bien. Donc finalement, j'ai changé. Et je suis quand même passée par la case présidente de la République.
- Speaker #2
C'est marrant parce que je me disais ce qu'elle va le dire du coup. Tu l'avais déjà raconté ? Non, je crois pas. Mais je me suis dit, comme ça touche plein de choses. Il y a une vidéo,
- Speaker #0
je crois qu'on le sait un peu plus tard, c'est pas vraiment enfant. C'était au collège, la dernière année de collège, où il y a une vidéo où tout le monde disait « Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? » Et moi, je déclare de manière très solennelle, présidente de la République. Et le dernier en date, je pense que c'était quand même le plus réaliste, c'était journaliste. Et d'où le lien aussi avec le droit de la presse. Et c'est un métier, je pense, qui m'aurait plu, que je n'ai pas choisi finalement. Mais c'est un métier qui m'aurait plu.
- Speaker #2
Il y a beaucoup de gens qui veulent journaliste qui font du bien. Et nous sommes dedans cette pièce d'avoir fait du droit et d'avoir des journalistes. Merci pour ce retour de tous tes métiers de rêve du coup Présidente, je ne savais pas pour le coup mais je me suis dit que vu que tu avais plein de choses et que peut-être que c'est le temps
- Speaker #0
Pour le coup c'est pluridisciplinaire
- Speaker #2
Tout à fait La vie est longue Il y a encore des métiers que tu peux réaliser Donc
- Speaker #0
Tu nous as dit que tu étais intéressée par plein de choses. Qu'est-ce qui t'inspire dans la vie en général, quand tu ne lis pas des bouquins de droit ? Tu n'êtes pas les consultants de fait.
- Speaker #1
Je pense que la première chose qui m'inspire, c'est quand même les personnes qui m'entourent. C'est un peu un béaba, ma famille, mes amis. Je trouve que c'est déjà une source d'inspiration au quotidien. Déjà de voir évoluer des personnes dans des domaines différents. Je pense notamment à une amie qui évolue dans le social. Et je crois que d'ailleurs, qui avait été interviewée dans un podcast pour Fed médical. Et je trouve que c'est passionnant de voir des personnes qui font le choix de consacrer leur vie professionnelle à aider les autres. Donc, je dirais les personnes qui m'entourent. Et puis, j'aime beaucoup quand même les grands sportifs. Je trouve ça très inspirant. J'aime bien les suivre. J'en suis beaucoup parce que... pour leurs exploits, mais aussi par rapport au fait que souvent, les grands sportifs qui ont aussi de l'esprit, c'est-à-dire que j'aime bien, j'aime bien quand les deux vont de pair et je trouve ça, tu sais que j'aime bien le sport et donc je trouve ça enrichissant de voir comment on peut mener une carrière de haut niveau et d'aligner le corps, l'esprit. Je trouve que c'est des choses qui peuvent m'inspirer. Donc j'aime le sport. De manière générale, j'aime en faire, j'aime en regarder.
- Speaker #0
Tu regardes quoi ? Tous les sports aussi ?
- Speaker #1
Je regarde beaucoup de sports. Évidemment, j'ai une préférence pour le rugby, puisque j'ai de la famille dans le sud-ouest, que j'ai un mari ancien rugbyman. Donc voilà, c'est un sport qui me tient à cœur. Mais je m'intéresse, on va dire, à peu près à tous les sports.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que tu as des mentors qui t'ont suivi ou qui te suivent encore d'ailleurs aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors... Pas forcément des mentors, mais en tout cas des personnes qui m'inspirent dans le milieu professionnel, oui. Je pense notamment à mon ancienne équipe chez BG2V, à mon ancienne associée Marie Contant et à Nicolas Lerossignol, qui est conseil et avec qui je travaillais beaucoup. C'est des personnes qui ont contribué à ce que je suis devenue comme avocate et comme professionnelle du droit aujourd'hui. et avec qui j'ai gardé de très bons contacts, et à qui je peux m'ouvrir de certains sujets, en tout cas éventuellement demander des conseils. Et puis je m'intéresse à leur pratique encore en droit social. Et puis beaucoup aussi d'anciens collègues, des cabinets dans lesquels je suis passée, des deux cabinets. Pareil que je vois évoluer dans leur pratique. Et oui, j'ai encore beaucoup d'amis avocats. avec qui je peux échanger, qui me conseille. Ça, c'est aussi une richesse de pouvoir avoir des conseils et échanger de sujets juridiques quand j'en ai besoin.
- Speaker #0
Oui, ce que tu disais aussi, c'est bien s'entourer. Bien s'entourer, pas forcément même sur les matières que tu ne connais pas au moins. C'est aussi bien s'entourer dans sa carrière du quotidien. Oui,
- Speaker #1
exactement. Oui, et ne pas... Ne pas rester seule, enfermée dans ses croyances ou dans ses acquis, de s'intéresser à ce que font les autres.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un conseil que tu aurais aimé recevoir au tout début de ta carrière, quand tu es sortie de la fac ou de l'EFB ?
- Speaker #1
Je pense que ce que j'aurais aimé qu'on me dise quand justement je n'arrivais pas à choisir, c'est ne choisis pas. De ne pas effectivement... Alors même si je ne regrette pas du tout d'avoir choisi le droit social et de m'être spécialisée en droit social, mais j'ai... pas vraiment reçu de conseils sur le fait que j'aimais beaucoup de choses et du coup de ce que je pouvais en faire alors que je suis persuadée avec un peu de recul que quand on aime plein de choses et qu'on a un profil généraliste ou pluridisciplinaire c'est pas une tare et qu'au contraire ça peut être vraiment un atout et que ça peut amener à faire, à choisir un parcours professionnel qui est adapté à ce qu'on aime donc là où j'avais eu plus l'impression qu'il fallait au contraire que je choisisse et que je rentre un peu dans le moule de me spécialiser. J'aurais aimé qu'on me dise, bah non, ne le fais pas. Et du coup, je ne sais pas du coup ce que je ferais, mais peut-être que j'aurais été en entreprise plus rapidement. Bon, mais je ne regrette pas d'être passée par la case avocat, bien entendu. Mais ouais, je pense que c'est un bon conseil de suivre un peu son intuition et ce qu'on aime faire.
- Speaker #0
C'est un très bon conseil. Est-ce qu'il y a un dernier mot que tu aimerais partager avec nos auditeurs, Mélanie ?
- Speaker #1
Je voudrais te remercier. Audrey, déjà pour m'avoir invitée dans ce podcast parce que comme je disais c'était la première fois, je trouve que c'est un exercice très chouette et je suis ravie et honorée que tu aies pensé à moi et puis ravie et je te remercie aussi d'avoir pensé à moi pour ce poste de responsable juridique et d'Ipio puisque c'est aussi grâce à toi c'est toi qui m'as parlé et... de ce poste. C'est grâce à toi que je suis là aujourd'hui en face de toi. Un grand merci. J'espère que ce podcast intéressera le plus grand nombre.
- Speaker #0
J'en suis persuadée. Comme je te le disais en tout début, avant qu'on appuie sur le bouton enregistrer, je ne propose qu'à des gens. Je suis sûre que ça va intéresser. Moi aussi, je vais passer de bons moments. C'était vraiment super. Merci pour ta sincérité. Je pense que les gens qui écoutent, peu importe leur niveau de carrière, même des gens qui ne sont pas dans le niveau du... dans le domaine du droit, même peut-être des étudiants, des gens qui font du droit dans plein d'entreprises différentes, tous les cabinets, ils ont besoin de ces retours sincères, pour le coup, sur des choix de carrière différents, pour le coup, et ton témoignage en fait partie. Donc un grand merci.
- Speaker #1
Merci Audrey.
- Speaker #0
Merci Mélanie, et merci à tous de nous avoir écoutés. Et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Devois d'entrepreneurs du droit by FEDLégal. Bonne journée. Merci pour votre écoute Nous espérons que ce temps de partage vous a plu Abonnez-vous pour plus d'histoires professionnelles et de témoignages enrichissants Suivez-nous sur LinkedIn et retrouvez nos offres d'emploi sur notre site carrière fed-group.fr FED GROUP