- Speaker #0
FED Group
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Voix d'entrepreneur du droit by FED Légal. Dans ce podcast, nous recevons des acteurs du monde du droit. Leurs points communs ? Une vision entrepreneuriale de leur métier. Des parcours toujours inspirants et emprunts de sincérité et d'optimisme. Bonne écoute !
- Speaker #2
Bonjour à tous, je suis Audrey Déléris et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de Voix d'entrepreneur du droit, le podcast de Fed Legal. Aujourd'hui, je reçois Pauline Bouchayer, directrice juridique et conformité, membre du COMEX de la Société des grands projets. Vous avez étudié, Pauline, le droit public à l'université Panthéon-Assas. Vous commencez ensuite votre carrière comme juriste au Conseil Régional d'Ile-de-France, avant de devenir responsable juridique et financière de la commune de Saint-Michel-sur-Orge, puis toujours au même poste au sein de Pleine-Commune. Et vous avez vécu une expérience inédite en Irak, dans le cadre d'une mission de solidarité internationale. De retour en France, vous intégrez la Société de Grands Projets comme adjointe à la directrice juridique, avant de reprendre en 2022, vous-même la direction juridique et conformité de la Société des Grands Projets, donc poste que vous occupez aujourd'hui, et toujours en tant que membre du COMEX. Pauline, merci beaucoup d'être avec moi aujourd'hui.
- Speaker #0
Avec joie.
- Speaker #2
Comment est-ce que ça va ?
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #2
Est-ce que j'ai oublié quelque chose dans cette présentation ?
- Speaker #0
Non, c'est parfait, je m'y retrouve totalement.
- Speaker #2
Ça va, c'est bien vous ? C'est moi. Ok, bon déjà ça commence plutôt bien. On parlait juste avant d'ailleurs, c'était votre deuxième podcast, je dis deuxième parce qu'il y en aura d'autres du coup après, avec Delphine Bordier, on a été toutes les deux interviewées par Delphine, donc c'est une petite occasion de la salut. Exactement. Ensuite, pour commencer d'ailleurs, j'aimerais bien qu'on revienne déjà sur la société des grands projets. Est-ce que vous êtes ok pour nous expliquer ce que c'est ? Oui, bien sûr. Merci.
- Speaker #0
Alors, la Société des Grands Projets, c'était plus connu sous le nom de Société du Grand Paris, qui est un établissement public de l'État qui a été créé en 2010 pour concevoir et réaliser le Grand Paris Express. Le Grand Paris Express, c'est 200 km de nouvelles lignes de métro automatiques, 68 gares, donc 80% en correspondance avec le réseau existant, 68 quartiers de gares aussi. Et donc, c'est la création des lignes 15, 16, 17. et 18. Et puis, il y avait aussi le prolongement de la 14 qui a été mis en service lors des JO 2024.
- Speaker #2
Donc, énorme projet. Voilà,
- Speaker #0
très très gros projet.
- Speaker #2
La question n'est pas préparée, mais pourquoi ça a changé de nom ? Alors,
- Speaker #0
ça c'est très important, pourquoi ça a changé de nom, c'est qu'en 2023, les compétences de la Société du Grand Paris ont été élargies au territoire national. Et la mission nouvelle qui a été rajoutée pour la société du Grand Paris, qui devenait la société des grands projets, c'était ce qu'on appelle les SERM, les services express régionaux métropolitains, qui sont des projets dans un très grand nombre de villes de France, d'intermodalité basée sur du ferroviaire. Et donc c'est transformer la mobilité du quotidien et permettre aux citoyens de moins utiliser leur voiture. parce qu'on leur crée le système de transport en commun. Et ça va de la piste cyclable au train. En passant par le tram. Extrêmement large.
- Speaker #2
Et très concret. Exactement. Merci beaucoup. Quand on s'est rencontrés la première fois, vous m'avez déjà un petit peu expliqué le grand projet. Et moi, ce qui m'a fait poser comme question, c'est que ce projet-là, il a une fin. Parce qu'à un moment donné, les métros vont être... terminé. Et tous les autres projets que je vous évoquais. Ça me fait penser aussi à des expériences, vous parliez des JO, avec Romain Valmo, ex-directeur juridique du comité d'organisation des JO 2024, que j'ai eu dans notre podcast Legal Club Sandwich, que j'ai aussi. De François Guéant, qui est venu à ce podcast-là aussi, qui est l'ex-directeur juridique de la Coupe du Monde de rugby. Et c'est vrai que c'est une question qui est revenue aussi pas mal sur comment on intègre comme ça un projet où on sait que ça va s'arrêter. Comment est-ce que vous avez... Vous avez envisagé ça quand vous avez rejoint la Société des Grands Projets ?
- Speaker #0
Alors, c'est très particulier, parce que lorsqu'on intègre la Société des Grands Projets, alors même qu'on est en CDI et qu'on sait qu'on en a pour plusieurs années, parce que le projet est quand même long, c'est très clair qu'on ne fait pas carrière à la Société des Grands Projets, dans le sens où on ne reste pas 20 ans, puisque la société elle-même n'a pas 20 ans. Alors, 20 ans est un mauvais exemple parce que je pense qu'au contraire, on y arrivera. Mais dans le sens où ce n'est pas une industrie ancestrale ou un établissement public de l'État qui va durer, Donc, en fait, les choses sont très claires et on a, nous, des lignes à mettre en service avec des dates. On a mis en service les prolongements de la ligne 14, qui n'étaient pas nos plus gros tronçons à la SGP. Mais là, les grosses échéances commencent en octobre 2026. Avec le premier tronçon de la ligne 18 sur le plateau de Saclay entre Massy-Palaiso et le Christ de Saclay. Premier tronçon mis en service dans quelques mois. Et ensuite, dans un an, en avril 2027, ça sera un plus gros tronçon de la ligne 15 entre Pont-de-Sèvres et Noisy-Champs. Et donc là, c'est quand même des centaines de collaborateurs qui sont mobilisés jusqu'au dernier moment pour la livraison, pour la mise en service. et après en effet on a Ils ont ce qu'on appelle une fin de mission. Et donc, à la Société des grands projets, on travaille assez librement et on le dit, on est assez transparent sur le fait, on est le plus transparent possible même, sur le fait que les missions ont une fin et qu'avec ces livraisons, notamment celles d'octobre 26 puis celles de 2027 et ensuite toutes celles qui vont suivre jusqu'en 2030, la SGP va se transformer puisqu'il y a des collaborateurs qui seront en fin de mission. et non combat. accompagner ces fins de mission. Et c'est au sein du COMEX. En fait, chaque directeur COMEX essaye de faire sa trajectoire d'effectifs, de diminution d'effectifs. Après, c'est jamais très facile parce qu'on essaye d'imaginer quelles vont être les missions dont on n'aura plus besoin. Voilà. Et on essaye de l'anticiper au maximum. C'est pas toujours évident, notamment pour des fonctions support comme les fonctions juridiques.
- Speaker #2
Au quotidien, est-ce que justement le fait que... Vous sachiez tous qu'il y aura une fin à ce projet, ces projets. Est-ce que c'est une manière différente d'exercer le droit, d'exercer votre fonction, vous, avec votre équipe ? Est-ce que c'est plus urgent ?
- Speaker #0
Est-ce que c'est différent ? Non, je ne pense pas. Je pense que, étonnamment, je ne pense pas que ça change quelque chose au quotidien, parce qu'il y a une implication. Je dirais même qu'on a tendance à l'oublier au quotidien, ça. En fait, on travaille pour respecter ses coûts. Ces délais, pardon, on est toujours dans le coup des délais qualité en permanence. Donc on travaille pour respecter ces délais, mais on sait aussi que poste mise en service, notamment pour des juristes, il y a encore du travail. On ne vit pas avec une échéance en tête forcément très précise en permanence, en tout cas pas pour les fonctions juridiques.
- Speaker #2
Il n'y a pas un sujet de temporarité tous les jours ? Non, ce n'est pas tous les jours. Après,
- Speaker #0
on voit arriver avec la livraison du gros tronçon de la ligne 15 dans un an, évidemment qu'il va y avoir une bascule. Cette bascule, on la voit tous arriver, on est en train de la préparer. Ce qui va se passer n'est pas encore extrêmement figé, mais on la voit tous arriver et ce n'est pas un secret.
- Speaker #2
Ok. Quand on s'est rencontrés aussi, moi j'ai été assez touchée par cette approche très business du droit public. Le droit public, et je me permets de le dire, ce que je disais à la base, moi je suis juriste en droit public, donc je me permets, ils sont formidables les juristes du droit public, je ne veux pas dire le contraire. Mais ce n'est quand même pas forcément perçu comme une matière très sexy à la base. Et justement, je trouve que vous en parlez, vous, avec beaucoup d'approches business qu'on trouve beaucoup dans une entreprise plus classique, entre guillemets, privée. D'où ça vient cette Ausha ?
- Speaker #0
Alors, c'est, je pense, la conviction profonde que le droit, quel qu'il soit, doit être apporteur de valeur. Et que des juristes dans une entreprise, dans un établissement public, en fait, peu importe, sont là pour être... au service d'un projet, au service du business. En fait, ils sont là pour que le projet se fasse. C'était notre grande phrase quand on a recruté, donc en 2020-2022, on s'est recruté une quinzaine de juristes à cette époque-là. Et à chaque fois, dans les entretiens d'embauche, on leur disait, voilà, la posture du juriste, on est là pour que le projet se fasse, en toute légalité, évidemment. Mais c'était cet état d'esprit, c'est toujours cet état d'esprit. Et je pense qu'il y a deux choses. Il y a d'une part le fait que la SGP soit un petit peu un ovni dans le paysage des établissements publics français, parce qu'il y a une culture très start-up du départ. Et en fait, il y a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup de collaborateurs qui sont des salariés de droits privés, qui arrivent du privé, qui retourneront dans le privé. Donc on a une culture du privé quand même. même si on reste un établissement public de l'État, on reste sous tutelle de ministères, etc., il y a quand même cette culture. Et on fonctionne avec un objectif coût, donc respect des coûts du projet, délai, respect des délais et qualité. Et en fait, ça, c'est quand même un ADN qu'on va aussi retrouver dans le privé. Donc ça, c'est une première chose qui est, je dirais, interne. Et puis la deuxième chose, c'est que moi, sur mon approche du droit, en fait, ça s'est venu... de mes rencontres, pour le coup, à l'extérieur, dans des cercles de directeurs juridiques. Et j'ai rencontré beaucoup, beaucoup de directeurs juridiques et d'acteurs du monde du droit avec qui j'ai partagé cette vision du juriste opérationnel et ces gens-là étaient en écrasante majorité du secteur privé. Mais tout ce qu'on a pu partager ensemble est... tous ces gens avec qui je partage ces convictions de transformation du métier juriste, etc., toutes ces personnes-là sont venues nourrir une vision du droit comme apporteur de valeur. C'est vraiment ça. Et donc, que ce soit du droit public ou du droit privé,
- Speaker #2
c'est pareil. Peu importe, oui. Merci de remettre le point sur les lignes, pour ceux qui penseraient le contraire. On va refaire un flashback, quand on parle du droit public. Vous vous êtes retrouvée à faire du droit public et aussi comment vous vous êtes retrouvée sur le banc de la fac ? Est-ce que c'était une passion dès le départ ?
- Speaker #0
Oui, alors absolument pas. En terminale, j'étais complètement perdue. Donc, grande pensée pour tous les jeunes qui doivent remplir Parcoursup. Je trouvais que c'était hyper dur d'être confrontée à ça. J'avais envie d'être sage-femme. J'étais en...
- Speaker #2
Ah oui, pardon, rien à voir.
- Speaker #0
J'étais en L, donc c'était quand même vachement compliqué. Je me suis inscrite en sage-femme pour être sage-femme en Belgique en juillet après le bac. Ça n'a pas fonctionné. Je me suis retrouvée le 1er septembre inscrite en infirmière. Il n'y avait rien qu'à aller. Heureusement, mes parents m'avaient dit, tu fais ce que tu veux, mais tu t'inscris en droit et en histoire au cas où. Donc, évidemment, infirmière, ce n'était pas pour moi. Sage-femme, je ne saurais jamais, mais a priori, non. Et donc, je me suis retrouvée sur les bancs de la fac le 20 septembre. Et là, pour le coup, révélation. Parce que j'étais dans un amphi et des étoiles dans les yeux. J'ai eu la chance d'avoir Denis Mazot en professeur de droit civil en première année. Et alors là, l'émerveillement de la mécanique intellectuelle. Et donc, j'ai eu beaucoup de chance parce que c'était un hasard total. Mais c'était là où je devais être.
- Speaker #2
D'accord. Donc, n'accouchez pas de bébé, mais de beau projet. Exactement. C'est superbe. je ne m'attendais pas à cette révélation comme quoi je découvre avec ce podcast plein de choses j'adore du coup donc merci par rapport à ce projet qui était en effet un peu le hasard mais comme beaucoup de gens quand je rencontre le droit pour le coup moi aussi c'est pareil et en fait ce sont de heureux hasards c'est des belles rencontres aussi à chaque fois grâce aussi à ce passage là du droit donc ça c'est le droit vous me parliez Merci. de la partie, donc ce prof de droit civil que vous avez adoré de l'IMASO, et vous avez quand même choisi le droit public. Et oui ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
Eh bien, c'est que je sais que nous sommes peu nombreux, mais le droit administratif, pour le coup, en deuxième année, je confesse,
- Speaker #2
j'ai adoré.
- Speaker #0
Moi, je me suis complètement retrouvée là-dedans. Et puis, un chargé de TD m'a dit à ce moment-là, vous savez, Pauline, il y a des esprits mateux, des esprits littéraires, il y a des esprits privatistes et des esprits publicistes. Je ne sais pas si c'est complètement vrai, parce qu'aujourd'hui, je fais du droit privé, du droit des sociétés, j'aime beaucoup ça, je m'y retrouve, et voilà. Toujours est-il qu'à l'époque, je me suis dit, bon, super, c'est juste que c'est ma tournure intellectuelle ou c'est celle dans laquelle je me retrouve. Et c'est pour ça que j'ai continué dans cette voie-là. Et en fait, parce que je me retrouvais dans la gymnastique intellectuelle du droit administratif, qui, en général, ce qui rebute ceux qui vont aimer le droit privé. Parce que la casuistique, apprendre le gaja, etc., c'est en général ce qui fait filtre. On ne va pas se mentir.
- Speaker #2
Mais c'est vrai que c'est drôle ces révélations-là. J'ai une de mes meilleures amies, que j'ai connue en fac de droit aussi, qui voulait absolument être pénaliste. Pénaliste, à la juge pour enfants, c'était vraiment son truc, c'est pour ça qu'elle faisait du droit. Et en fait, elle a une révélation quand elle a commencé les cours du droit à la fonction publique. Et elle a continué dans cette voie, et une vraie passion pour le coup, et c'est encore le cas aujourd'hui.
- Speaker #0
Il faut suivre ses instincts, comme ça. Elle ne leur regarde pas du tout.
- Speaker #2
Donc, droit public, ça, très clair. Et donc, vous avez commencé naturellement après en collectivité. Ça s'est fait comme ça ou ? Oui. Parce qu'il y en a qui commencent aussi en société privée aussi en tant que publiciste.
- Speaker #0
Tout à fait. Collectivité parce qu'une fois que j'ai mis le droit public et que j'ai persévéré dans cette voie, après, je me suis dit, bon, quels sont les métiers ? Qu'est-ce qu'on en fait ? On avait des conférences à Assa sur les débouchés du métier du droit. Et je me suis dit que les collectivités, pourquoi pas ? Je suis quand même d'une famille assez... Enfin, il y a une partie très artistique, peintre, etc. Travail du bois, machin. Et puis préfet, serviteur de l'État.
- Speaker #2
Donc il y avait un peu de ça.
- Speaker #0
Et donc c'est venu assez naturellement. J'ai passé le concours. J'ai passé le concours d'attaché territorial, j'avais trouvé ça super facile, je me suis pas... À cette époque-là, il s'avère que moi, à 25 ans, j'avais des camarades qui, à 25 ans, étaient sur les meilleurs cabinets. Moi, ce n'était pas ça. C'était qu'est-ce que je vais aimer faire et comment est-ce que le droit va être opérationnel.
- Speaker #2
Dans la présentation que j'ai faite au début du podcast, j'ai parlé de cette expérience, très brièvement, en Irak. assez hors du commun. J'imagine, en tout cas, bien plus qu'on peut l'imaginer. Est-ce que cette expérience-là, je ne sais pas si vous en parlez, mais en tout cas, déjà, comment est-ce que ça a changé, peut-être dans votre métier ou dans votre vision quand vous êtes revenue après ?
- Speaker #0
Alors, je pense que c'est une expérience. Je suis partie deux ans à Erbil entre 2016 et 2018, après l'invasion de Daesh en Irak. Et c'est une expérience de vie complètement hors du commun, évidemment. C'est aussi lâcher mon métier, qui j'étais, mon identité, les prises de décisions. Pendant deux ans, c'est se confronter à quelque chose de complètement différent. Je dirais que ce que ça m'a appris fondamentalement dans la vie, et je m'en sers tous les jours dans le cadre de mon métier, c'est l'écoute. Mais une écoute que peut-être on qualifie d'écoute active, je pense, mais... C'est-à-dire que d'abord, j'écoute le besoin de la personne qui est en face de moi. Ça ne sert à rien d'arriver avec des solutions que j'ai apprises à la fac ou dans un bouquin. En fait, le vrai sujet, c'est quel est le besoin de l'autre. Et d'être à l'écoute de ce besoin, d'être au clair sur le fait que je ne peux pas nécessairement le satisfaire. Une expérience qui m'a profondément marquée, c'est le fait que quand on allait voir... Nos amis, je dis on parce que j'ai vécu cette mission avec mon mari, qu'on était tous les deux dans cette mission. Et lorsqu'on allait rendre visite à des amis dans un camp de déplacés, parfois on avait des demandes du style « Dis à ton président de la République de vaincre Daech » . Oui, c'est-à-dire « J'ai pas son numéro, donc je vais pas pouvoir accéder à ta demande » . Ou « Est-ce que tu peux m'avoir un visa pour la France ? » Non plus. Néanmoins, on peut être présent. On peut écouter et en fait, l'écoute complètement active en n'arrivant pas d'emblée en se disant j'ai la solution, permet d'accéder à ce qu'il y a derrière la question. Et ça, évidemment que dans ma pratique, pour le coup, de manager, ça c'est évident, ça me sert tous les jours. Et dans ma pratique, c'est ce qu'il y a derrière le legal design. Alors le pont peut être complètement hallucinant. Mais c'est ce qu'il y a derrière le legal design, c'est-à-dire vous avez quelqu'un qui arrive avec une demande, mais donc l'écoute active et le fait de prendre le temps dans une première approche, de dire ok, j'entends ce que tu me dis, de prendre le temps de discuter, qu'est-ce qu'il y a derrière ton besoin, de quoi as-tu réellement besoin ? Et une fois que j'ai compris, reformulé de quoi tu avais réellement besoin, alors voilà ce que moi je suis en mesure de faire. je suis en mesure de répondre à ta question ou alors tu veux qu'on aille prendre un café parce que tu as peur à un moment dans ma carrière il y avait des gens qui arrivaient dans mon bureau Pauline j'ai fait une énorme bêtise et puis la personne arrivait me racontait son truc tout va bien merci d'avoir flippé mais tout va bien après on connait complètement l'inverse aussi Merci.
- Speaker #2
évidemment en tant que juriste excuse moi mais je crois que tu n'as pas vu que tu as fait une énorme bêtise ok donc c'est plus comment placer le curseur sur quel est le vrai sujet et comment est-ce que je peux aider est-ce que 1 je peux le faire et après si oui comment je peux le faire et d'être au clair aussi sur le fait que parfois on n'a pas la réponse à tout ok parfait je ne sais pas quoi dire après ça en effet donc on n'a pas la réponse à tout je ne m'attendais pas à ce pont entre l'Irak et le Négal Design donc merci de le faire On va s'attarder quand même sur la partie legal design pour le coup. Je sais que c'est une vraie passion pour vous, le côté transformation des équipes juridiques, des outils. Comment c'est né justement ?
- Speaker #0
Alors je pense que ça s'est né toujours de me dire comment est-ce qu'on rend le droit intelligible ? Comment est-ce qu'on se fait comprendre et comment est-ce qu'on va être utile ? Comment les juristes vont être utiles ? et de rendre au droit ces lettres de noblesse, notamment en entreprise, en collectivité, peu importe, dans une structure professionnelle. Les juristes ont été pendant des années vus comme une forteresse, des gens qui disent non, etc. Après, on le sait maintenant, notre profession a largement dépassé ça. Heureusement. Et ça, c'est super, mais on l'a dépassé en se rendant utile et en se rendant compréhensible. Moi, je suis. convaincu qu'une des clés, c'est d'être compréhensible. Et c'est de rejoindre son interlocuteur dans son besoin.
- Speaker #2
Il y a quelqu'un,
- Speaker #0
dernièrement, qui me disait, non mais moi, Legal Design, je suis pas du tout compatible avec le Legal Design. Qui est un client interne. Je dis, ben en fait, si. Mais parce que le Legal Design, c'est pas des pictos, des jolis dessins et d'avoir mis en police 22 pour que tu vois mieux. C'est pas ça. Le Legal Design, c'est comprendre quel est ton besoin et qu'on réponde. que le juriste réponde en fonction de ce besoin et qu'il réponde à ce besoin. Et quelque part, là où on a réussi en Legal Design, c'est là où la personne dit juste « Merci beaucoup, c'est super clair, c'est exactement ce dont j'avais besoin. » Et qu'elle s'est à peine rendue compte qu'on avait fait tout un effort derrière.
- Speaker #2
Donc, ce n'est pas une question forcément de forme, c'est une question de fond aussi. Et de comment les juristes appréhendent le sujet et toujours le besoin.
- Speaker #0
Oui, exactement. Après... Il y a quand même beaucoup de sujets, il y a beaucoup de tips qui sont très intéressants sur la forme. Notamment, je pense qu'avec mon équipe, lorsqu'on s'est formé en Legal Design, on était très surpris d'entendre des choses sur les polices de caractère, les empattements, comment est-ce que l'œil, avec toutes les sciences cognitives, on va mieux repérer telle ou telle forme que telle police, en fait, c'est pas agréable à l'œil nu, etc. C'est des choses, tant qu'on ne les a pas expérimentées soi-même, on n'y penserait pas, on ne le voit pas. Et voilà, nous, ça nous a pris trois ans, mais aujourd'hui, on a un modèle de note juridique. Je salue ma directrice juridique adjointe Aurélie Benachverag, qui est une excellente légalops et qui a travaillé avec d'autres collaboratrices de la direction un modèle de note. qui met en lumière justement ces sujets d'empattement. Et quand on est lecteur, c'est extrêmement agréable. On a ce qui est important, ce qui est secondaire, etc. Mais ça, c'est des années de travail aussi pour arriver à cette finesse.
- Speaker #2
Il y a quelque chose de très important, c'est qu'il faut se former. Et ce n'est pas inné. Ces trois ans, c'est quand même un long investissement pour l'équipe. Est-ce que vous savez dans quelle mesure... il faudrait l'intégrer et comment s'intégrer dans les universités justement parce que il y a plein de questions qui se posent pour les juniors aujourd'hui qui sont formés déjà avec d'autres sujets évidemment l'IA qui arrive et qui ça va être un grand bouleversement déjà première chose sur l'essence même d'être juriste junior aujourd'hui ou avocat junior c'est un gros sujet aussi qui m'intéresse beaucoup parce que j'entends qu'ils se disent on a des outils, on a l'IA donc maintenant ça remplace les juniors sauf que Merci. Pour utiliser ces outils-là, pour utiliser l'IA, il faut quand même avoir assez d'expérience et de recul pour pouvoir poser les bonnes questions, bien prompter, challenger les réponses. Donc, si dans cinq ans, on n'a plus de juniors qui sont formés, il n'y aura plus ces juristes-là qui vont être capables d'utiliser ces outils-là, ces premières choses-là. Donc, il faut savoir, je pense, les former exactement sur ces outils, sur l'IA, sur le Legal Design. Je sais que certaines universités ont intégré déjà des formations, mais j'ai l'impression que c'est encore un peu à la marge pour le coup. et que le virage est énorme et qu'il faut vite, C'est très facile à dire en extérieur, mais moi je rencontre les gens qui sont déjà sur le marché du travail la plupart du temps. Mais c'est vrai que c'est un gros sujet qui doit être porté par les universités aussi pour préparer les juristes qui ont cours de formation aujourd'hui pour demain, pour qu'ils puissent, un, être formés à tous ces nouveaux sujets, et puis deux, être employables dès la fin de son cursus.
- Speaker #0
Oui. Je pense qu'en fait, déjà, à mon avis, il y a évidemment ce socle universitaire dont les juniors ont forcément besoin pour aller challenger une IA, par exemple, ou pour s'en servir correctement. Et ensuite, c'est sûr que sur le Legal Design, là, je refaisais une formation pour les juristes qui ne l'avaient pas suivi dans notre équipe, parce que je considère que c'est le socle commun de la direction juridique de la SGP. Et la réaction, c'était à la fin, dans des juristes, c'était... Pourquoi on ne nous apprend pas ça à la fac ? Et je pense en effet que oui, il faut l'intégrer, notamment parce que c'est important de comprendre que juriste, c'est le socle. Mais si on n'est pas capable de se faire comprendre, ce n'est pas qu'on ne sert à rien, mais pas loin en fait. Et en fait, si on n'est pas capable de dire, voilà, ça c'est la règle de droit, je vous explique comment elle s'applique, etc. et qu'on a des... des aptitudes à la communication. En fait, il faut savoir, il y a son expertise, et puis rendre lisible l'expertise. Et donc en fait, c'est ça sur lequel je pense que la fac pourrait travailler, tout le monde universitaire pourrait travailler. C'est ce volet que moi je trouve fondamental chez un juriste, c'est qu'il y a l'expertise, mais il y a aussi ce que nous on a appelé l'impact. On a un plan stratégique de direction juridique qui est un espèce de socle qui est qui on est et comment est-ce qu'on rend le droit. On a deux piliers. On a un pilier, c'est l'expertise juridique. Et on a la chance d'avoir des experts de très, très bon niveau dans cette belle direction. Et on a un pilier qui est l'impact. Alors on a appelé ça impact, on a tergiversé des lustres sur le thème, mais l'idée c'est comment est-ce qu'on est intelligible, comment est-ce qu'on se fait comprendre, comment est-ce que... notre expertise va être utile à la personne qui en est destinataire.
- Speaker #2
Ok, c'est très inspirant pour le coup, et je vous sens passionnée par le sujet. Je pense aussi au côté intelligible, façon de présenter les choses, de comprendre le besoin, et aussi de présenter les choses aussi. Vous allez voir cette transition pas très subtile du coup vers le comex pour le coup, mais c'est vrai qu'un juriste, en formation, n'est pas en plus formé, s'il n'a pas fait l'école de commerce, à faire des présentations orales pour le coup. On n'en fait pas à la fac, à part quelques exposés parfois. C'est quand même très très léger. Et c'est vrai que ça devrait être aussi dans le socle, aussi une présentation au quotidien avec les autres personnels, mais aussi savoir présenter un sujet. Et c'est là que j'en viens à parler du COMEX, justement. Donc, vous faites partie. Est-ce que ça change quelque chose pour vous dans votre quotidien de directrice juridique d'être au COMEX par rapport à votre équilibre, par rapport au sujet que vous portez ?
- Speaker #0
Alors, je pense que oui. Alors, je n'ai jamais vécu l'inverse, le fait de ne pas être au COMEX. Moi, ce que je trouve que ça change, c'est l'alignement stratégique. Le fait d'être au COMEX, déjà membre du COMEX, ça veut dire que les directeurs et les directrices construisent la stratégie, mettent en œuvre la stratégie. Donc c'est une réflexion commune la plupart du temps. Et avoir participé, moi en tant que directrice COMEX, à la construction de cette stratégie... me permet évidemment de la transmettre, de la déployer et de permettre aux juristes d'être au plus près de cette stratégie. Donc ça, c'est la première chose. Ensuite, la deuxième, c'est la circulation d'informations. Et le fait d'être au COMEX, d'avoir accès à cette proximité sur nos enjeux du moment, et bien notre hiérarchie, nos priorisations, ça va me permettre de positionner les juristes aussi, de leur dire, là, en ce moment, votre priorité, ce n'est pas celle-ci, ça va être celle-là. Parce que nos enjeux du moment, c'est ci, ça, ça. Donc ça me permet de les positionner au plus près du besoin. Et puis après, il va y avoir tout ce que je vais construire en transversalité, en bilatéral, pour être à l'écoute des besoins des opérationnels, redescendre en disant voilà, vous êtes sur tel et tel dossier, les priorités, ci, ça, ça. Ça me permet de reprioriser et puis d'être ouverte aussi. à tous les autres sujets. Je ne suis pas dans mon couloir de nage du juridique point barre. Je fais partie d'un collectif de direction qui conduit une structure. Et en fait, ça, c'est fondamental parce que c'est ce qui va me permettre de donner aux juristes... un regard qui est plus large que simplement le droit.
- Speaker #1
Et ça, c'est un point évidemment extrêmement important. Ça fait écho à des conversations que j'ai souvent avec des directeurs juridiques, dont beaucoup m'expriment leur envie de changer aussi. Et il y en a qui me disent, je vais absolument être attachée justement au directeur général, être au COMEX, pour justement être en phase avec tout ça et être au cœur même du réacteur. Et j'étais assez étonnée, il n'y a pas très longtemps justement. d'un directeur juridique qui m'a dit « Moi, je ne suis pas rattachée au directeur général. » Je lui ai dit « Ah, c'est peut-être un objet pour vous d'évolution interne, entre guillemets. » Il m'a dit « Non, non, moi, ça ne me dérange pas de rattacher au directeur financier. » Je lui ai dit « Bon, écoutez, c'est que ça se passe bien, donc génial. » Il me dit « Non, non, mais même, je ne sais pas quoi, ça servirait que j'y sois au COMEX, je ne sais pas ce que je pourrais apporter. » Et j'étais assez surprise de cette réponse-là, compte tenu de tout ce que vous venez de me dire, parce que j'imagine que vous ne parlez pas que de droit quand vous êtes en COMEX. En tout cas, vous, personnellement, vous n'êtes pas rappelé. tous les sujets juridiques, c'est une vision beaucoup plus globale que vous avez et ce que vous apportez aussi j'imagine.
- Speaker #0
Oui et en fait c'est que le sujet ça va être comment est-ce que les interventions en comex comment est-ce que ça se raccroche à tout le reste c'est pas juste donner une information on a gagné tel contentieux c'est on a gagné tel contentieux qui avait tel impact est-ce qu'il avait un impact sur les délais du projet, toujours très très très important pour nous Sur les coûts, nous les comptes en secondaire en général n'ont pas d'impact sur la qualité. Mais voilà, c'est un exemple. C'est-à-dire que c'est de replacer le fait juridique, l'enjeu juridique dans la stratégie globale. Mais donc ça, c'est un enjeu de communication et d'impact.
- Speaker #1
Est-ce que vous diriez qu'il faut être entrepreneur quand on est directeur juridique ?
- Speaker #0
Alors, je ne sais pas s'il faut. En tout cas, j'ai découvert qu'on peut. Et ça c'est fantastique, c'est qu'on peut dans le sens où si on a l'envie et si on a ce sens de l'entrepreneuriat, en fait il y a plein de choses à faire, de projets à lancer. Alors bon moi je suis du genre hyper active en termes d'idées, de créativité et de projets. Et si certains de mon équipe m'écoutent, parfois je sais que je les fatigue, je suis désolée de ces milliards d'idées à la seconde. Mais heureusement on est un collectif. qui se régulent. Mais effectivement, on peut lancer plein de choses. Alors nous, on a lancé un dernier manche. Un des derniers trucs qu'on a fait, ça a été un site intranet de la direction juridique avec des ressources documentaires, des procédures, des fiches pratiques où en fait, sur des sujets récurrents, on fait une fiche en legal design. On travaille beaucoup la façon dont on va délivrer l'information. Ce sont des fiches pratiques sur les questions récurrentes pour que les opérationnels puissent gagner du temps. On leur dit, tu pourras trouver l'info à tel endroit, on a un qui fait quoi, qu'on tient strictement à jour, qui est affecté sur quoi, pour trouver le juriste référent le plus simplement possible. Tout ça, ça a été un projet. C'est un petit projet avec une équipe projet, avec un chef de projet, avec des participants. Et puis on a notre petite locomotive de tête qui commence à construire. Et puis après, on raccroche les wagons de la direction juridique pour que tout le monde s'implique dedans. Et donc on l'a lancé en juin dernier. Et puis sur les mois qui ont suivi, en fait, c'est devenu l'objet de la direction juridique dans le sens où chacun s'est embarqué dans ce truc-là, a fait sa fiche pratique. à donner des idées en disant tiens on pourrait faire ci, faire ça, ça a l'air de correspondre à un besoin, etc. Voilà, petit exemple.
- Speaker #1
Oui, des projets d'équipe aussi en plus, donc à destination du reste des équipes au sein de la IGP. Des équipes-projets. Et en plus un projet même pour la direction juridique qui j'imagine en plus rassemble aussi. Exactement,
- Speaker #0
exactement.
- Speaker #1
Ok. Vous avez déjà répondu à la question, mais peut-être que vous aviez un autre rêve avant d'être sage-femme. Est-ce qu'il y avait, quand vous étiez petite fille, un autre métier que vous vouliez exercer ?
- Speaker #0
Oui, alors, sage-femme, c'était vraiment venu très tard. Je pense qu'il fallait que je trouve une passion. C'est quand même pointu. C'est un peu pointu, oui. Mais bon, ça ne m'a pas duré très longtemps. Non, il y a quelque chose qui m'a duré très longtemps et que je trouve amusant. Parce qu'en réfléchissant à ça, non, j'avais envie d'être chef d'orchestre.
- Speaker #1
C'est pointu aussi, quand même. Oui.
- Speaker #0
Mais alors, ça, pour le coup, c'est... Le grand rêve de la synchronisation, et c'est ce que je retrouve finalement aujourd'hui, c'est voir ces instruments tous différents qui vont chacun jouer leur partition. Et le chef d'orchestre, ça va être celui qui va donner du corps à l'ensemble pour une mélodie. Alors dans la musique, c'est pour rendre une émotion. Mais quelque part, finalement, moi dans... Mon métier de directrice juridique aujourd'hui, je fais un petit peu ça, d'être chef d'orchestre, de mettre les talents aux bons endroits. C'est de reconnaître les talents, de les placer là où ils vont donner le meilleur d'eux-mêmes, de faire une synergie entre les équipes, d'ajuster aussi, d'ajuster à chaque fois en fonction des besoins. Donc quelque part, ça ressemble à ce rêve de chef d'orchestre. C'est peut-être plus silencieux.
- Speaker #1
quotidien. Vous avez réalisé vos rêves de chef d'orchestre et en plus de donner naissance à des beaux projets. La boucle est bouclée. Est-ce que vous avez des inspirations particulières, peut-être la musique a priori, professionnelles, personnelles, choses qui vous animent, qui vous plaisent, même en dehors du droit et cette passion que vous avez pour la transformation des directions ?
- Speaker #0
Effectivement, moi, ce qui m'anime particulièrement aujourd'hui, c'est accompagner la transformation des métiers. Je suis assez convaincue que ce que j'ai mené ces dernières années s'applique à d'autres fonctions support. Je sais que c'est un peu polémique parfois, mais en tout cas, je pense que ça s'applique à d'autres. le fait d'être à l'écoute du besoin, de s'ajuster. Derrière, il y a aussi du bien-être des équipes. Ça, on n'en a pas parlé. Mais... des fonctions support sont parfois en souffrance, et ça a été le cas de notre direction juridique il y a quelques années, d'être un peu pressurisé à devoir donner une réponse absolue, hop, on livre la réponse, on passe à une autre réponse, une autre question sur laquelle on doit répondre, et hop, hop, hop, hop, on enchaîne, parfois sans reconnaissance, parfois en étant saisi en urgence, ou on nous dit pas tout, ou au compte goutte, etc. Ça c'est quelque chose où je pense nous aurons à lutter toute notre vie professionnelle, mais placer, enfin, accompagner les métiers du droit ou les métiers support pour les placer au plus près de leur valeur ajoutée et considérer qu'ils vont avoir une valeur ajoutée dans le projet, dans l'entreprise. Et derrière, il y a du bien-être au travail, donc il y a de la performance. Et en fait, ça, ce cercle vertueux, ça, c'est sûr que c'est mon aspiration aujourd'hui professionnelle. C'est d'accompagner les équipes pour qu'elles donnent le meilleur d'elles-mêmes. En fait, voilà. Et moi, je leur donne leur envol.
- Speaker #1
Et on revient au chef d'orchestre.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a d'autres inspirations, des choses que vous aimez faire dans la vie ? En général.
- Speaker #0
En général, j'aime créer. Voilà. J'aime créer. Créer, j'aime partir de rien. Et donc, en fait, presque... C'était un peu comme l'aventure du Grand Paris Express il y a six ans. C'est, viens, on va faire un truc impossible. D'accord, j'arrive.
- Speaker #1
Génial. Est-ce que vous avez eu des mentors dans votre carrière que vous avez eus par le passé et que vous avez peut-être encore aussi maintenant ?
- Speaker #0
Alors, je n'en ai pas eu tant que ça, finalement. Enfin, au niveau professionnel, je n'en ai pas eu tant que ça. J'ai quand même le souvenir de mon premier maître d'apprentissage. Comme quoi, c'est très important. Ça qui était un vrai mentor. Dans mon début de carrière, et puis aussi ma première directrice juridique quand j'étais à Pleine-Commune, au service des assemblées, qui m'a aussi beaucoup appris, beaucoup transmis, et je dirais sur un panel plus large, parce qu'elle aussi avait cette vision plus large que le droit, et on se retrouvait là-dessus.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un conseil que vous aimeriez donner à un jeune juriste qui sort de la fac de droit ? qu'on vous a donné ou peut-être qu'on vous aurait aimé qu'on vous donne à l'époque ?
- Speaker #0
Alors, je pense que j'aurais aimé qu'on me le donne et ça m'aurait rassurée. C'est de s'intéresser à d'autres matières que le droit. Parce que le droit, c'est une matière qui est passionnante, mais qui donne toute sa valeur lorsqu'elle est appliquée. Donc je pense que c'est très important de s'ouvrir aux problématiques de finances, aux problématiques RH, aux problématiques évidemment techniques. Ça, on va avoir l'occasion de le faire lorsqu'on est juriste au sein d'une entreprise, d'une administration. De comprendre, dans un premier temps, ça a été comment est-ce qu'on fait une route, les couches en dessous, et pourquoi est-ce qu'il faut du blanc, du noir, puis la couche de roulement, puis je ne sais pas quoi. Mais ça va être s'intéresser à d'autres matières, parce que c'est ce qui donne son sens au droit, et je pense que c'est ce qui permet au droit de se déployer. Voilà,
- Speaker #1
merci pour le conseil, Pauline. Est-ce que vous auriez un dernier mot pour les gens qui nous écoutent aujourd'hui ?
- Speaker #0
Peut-être dernier mot, c'est que notre métier se transforme aujourd'hui. On vit des choses passionnantes et je dirais qu'il ne faut pas avoir peur de ce qui est en train de se passer, qu'on a tout intérêt tous ensemble à embrasser ces modifications, ces changements importants. Effectivement, n'ayons pas peur de ce qui se passe. Évidemment, il faut aller le regarder avec une certaine lucidité, tester. Je pense qu'on est dans une phase où il faut tester. tester l'IA comme assistant, ne pas se dire que les choses sont figées. Je pense que ça va encore beaucoup, beaucoup changer dans les mois et les années qui vont venir. Et ne pas chercher à se dire, le droit de demain, c'est ça. En fait, je pense qu'aujourd'hui, c'est trop tôt. Il faut continuer cette phase d'observation, d'expérimentation. Et je pense qu'on a un avenir radieux devant nous, mais il va être différent. Ça, c'est vrai. Mais voilà, je dirais de ne pas avoir peur.
- Speaker #1
Merci pour ce mot de la fin très positif du coup et très projectif. Pauline, c'était un plaisir de vous avoir dans le podcast. Merci beaucoup. J'espère que vous avez passé un bon moment.
- Speaker #0
Un très bon moment.
- Speaker #1
On espère que vous aussi qui nous avez écouté vous avez passé un bon moment. Merci Pauline pour votre sincérité, pour toute cette passion que vous avez transmise aujourd'hui et merci à vous tous qui nous avez écouté, peut-être durant un footing ou peut-être parce que je sais qu'il y a beaucoup de gens qui écoutent des potes. C'est très bien. Donc, bon footing à vous pour ceux qui sont en train de courir. Sinon, on vous souhaite à tous une très bonne journée. Et moi, je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode de Voix d'entrepreneur du droit by FedLegal. Merci Pauline.
- Speaker #0
Merci Audrey.
- Speaker #1
Merci pour votre écoute. Nous espérons que ce temps de partage vous a plu. Abonnez-vous pour plus d'histoires professionnelles et de témoignages enrichissants. Suivez-nous sur LinkedIn et retrouvez nos offres d'emploi sur notre site carrière fed-group.fr FED