- Speaker #0
FED Group
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Voix de soignant by FED Medical. Dans ce podcast, nous recevons des professionnels de la santé. Immergez-vous dans leur quotidien de passion et de vocation en écoutant leurs témoignages inspirants. Bonne écoute ! Bonjour à tous et ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Voix de soignant. Ce podcast s'adresse à tous les actuels et futurs professionnels de la santé, mais aussi à tous ceux qui souhaitent bénéficier d'informations sur ce secteur et l'ensemble de ses métiers. Je suis Maëva Ramsahai, chef de projet Content Marketing chez FED GROUP et j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Kahina Atiris, directrice générale d'un établissement de coordination sanitaire et sociale qui nous parlera de son parcours et de son quotidien. Bonjour Kahina.
- Speaker #0
Bonjour Maëva.
- Speaker #1
Alors avant de rentrer dans le vif du sujet de votre quotidien, est-ce que vous pouvez revenir rapidement sur votre parcours ?
- Speaker #0
Alors moi j'ai un parcours un peu atypique en tout cas, moins atypique aujourd'hui mais un peu plus atypique à l'époque. Je suis issue d'un bac scientifique. Options mathématiques et puis comme le champ des possibles est possible, pas trop savoir ce que je voulais faire. Et donc j'ai candidaté au concours d'infirmière qui était à côté de mon domicile et donc je suis entrée à l'école d'infirmière et j'ai adoré le milieu. Donc c'est quelque chose que j'ai découvert, le métier de la santé, le métier d'infirmier, le métier de l'environnement de l'hôpital et en fait j'ai adoré. Néanmoins, je ne me voyais pas faire infirmière toute ma vie. Le côté un peu routinier du métier, justement ces journées type qui se répètent, ne me convenait pas, ne me correspondait pas. Et à l'époque, à l'hôpital, on était sur les premières démarches qualité et j'ai participé à des groupes de travail. Et j'aimais bien l'idée que d'un dysfonctionnement, on pouvait en faire quelque chose qui était un outil de travail ensemble, du collectif, de l'intelligence collective. Et donc je me suis très vite réorientée après l'école d'infirmière dans une école d'ingénierie de la santé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc j'ai travaillé en parallèle en tant qu'infirmière et j'ai repris mes études. Mais à l'époque, le diplôme d'infirmier n'avait pas la même valeur qu'aujourd'hui. On ne nous reconnaissait pas et les passerelles étaient très compliquées à obtenir. Donc je suis repartie quasiment sur un cursus complet. J'ai refait une deuxième année de licence, ingénierie de la santé, plus spécifiquement en qualité. Donc j'ai refait quatre ans derrière pour avoir ma licence, ensuite ma maîtrise et puis continuer à travailler dans la santé parce que c'était vraiment le secteur dans lequel je me retrouvais le plus. mais d'une autre manière de prendre soin, pas forcément dans l'action quotidienne de la fonction de soignante, mais sur une autre manière d'envisager le soin. Et donc j'ai commencé très vite à être d'abord ingénieur qualité, puis directrice d'établissement de santé, comme je l'occupe aujourd'hui, depuis 20 ans maintenant.
- Speaker #1
D'accord. Donc là, vous travaillez au sein de l'ACSSO. Est-ce que vous pouvez m'expliquer en quoi consiste l'établissement ?
- Speaker #0
Alors l'ACSSO, c'est une association locale qui est situé dans le sud de l'Oise et qui est une association qui a été créée d'abord par un médecin qui souhaitait pouvoir poursuivre le projet des patients, tout ce qu'il avait mis en place, les soins, le côté contenu médical, projet thérapeutique, mais avait le besoin que ça puisse se poursuivre à la maison. Et à l'époque, les soins à domicile n'existaient pas. Donc il a créé, soutenu par à l'époque les agences régionales, Il a créé une petite structure qui mettait à disposition des infirmières, des aides-soignantes au chevet des patients pour qu'ils puissent bénéficier de soins à domicile. Et c'est comme ça que l'ACSSO a commencé. 30 ans plus tard, aujourd'hui, l'ACSSO, c'est une association locale extrêmement spécialisée expertise dans le domaine du soin à domicile, de l'hospitalisation à domicile et du maintien à domicile.
- Speaker #1
D'accord. Et donc, comment vous faites pour déléguer les infirmières ou médecins, est-ce que c'est les hôpitaux qui proposent votre association ? Ou je ne sais pas, vous avez peut-être une partie de communication ?
- Speaker #0
Alors on a deux branches au sein de l'ACSSO. On a une branche sanitaire et une branche médico-sociale. Sur la branche sanitaire, donc l'hospitalisation à domicile, on est d'abord contacté par les hôpitaux qui ont besoin d'une structure beaucoup plus cadrante, avec un niveau d'expertise un peu plus fort au niveau de la santé. pour prodiguer des soins hospitaliers à la maison. Donc le patient ne peut pas rester à l'hôpital parce que de leur côté, ils ont fait ce qu'il y avait à faire. Il faut poursuivre à la maison. Et c'est comme ça que les hôpitaux nous contactent, en général les médecins, les cadres de santé. Et on a une équipe d'infirmières que l'on appelle d'infirmières de liaison qui se baladent dans les hôpitaux et qui rencontrent ces médecins, ces cadres de santé, font les évaluations cliniques et puis identifient le bon service pour le bon patient. Sur la branche médico-sociale, C'est une branche un peu différente. Ça correspond un peu à l'équivalent d'une maison de retraite. On propose les mêmes prestations qu'une maison de retraite, mais au domicile des personnes. Vous le savez, on n'a pas tous forcément envie d'aller en maison de retraite. Elles sont nécessaires. On a besoin de ces espaces de vie. Néanmoins, certains préfèrent poursuivre leur vie à la maison. Et nous, notre boulot, ça va être de pouvoir les accompagner à se maintenir en sécurité dans leur projet de vie à domicile. Et donc... De ce point de vue-là, soit on peut être contacté par les services sociaux, soit des communautés de communes, soit des mairies, soit du département ou des hôpitaux pour nous dire, voilà, telle personne veut rester chez elle. Elle a besoin d'accompagnement pour telle ou telle raison. Et nous, de la même manière, on va évaluer le besoin et on va mettre toutes les prestations en face pour qu'il puisse vivre son projet de vie de maintien à domicile.
- Speaker #1
Ok, très clair. Et donc, dans tout ça, quel est votre rôle ? On l'a dit, vous êtes directrice générale de l'établissement. Est-ce que vous pouvez me parler de vos missions au quotidien ?
- Speaker #0
Alors moi, je suis aujourd'hui plus dans des missions de gestion, de pilotage d'activités, de stratégie. C'est moi qui vais envisager les développements, qui vais nous assurer de donner les moyens aux services, aux équipes d'intervention à domicile de pouvoir réaliser leur mission dans de bonnes conditions. Mais pour moi, en tout cas, ma vision, elle ne peut pas se détacher de ma fonction de soignante. C'est d'ailleurs comme ça que je l'ai construite. Et c'est ce qui m'a permis tout au long de mon parcours professionnel de pouvoir envisager mon travail de cette façon-là. c'est que moi, j'estime que nous sommes... au service des soignants. Donc la structure est au service des soignants. Elle est au service des soignants, elle est là pour leur permettre de pouvoir développer leurs compétences, d'avoir les moyens de réaliser des prestations de soins qui correspondent aux besoins du patient. Donc moi je pars du principe que tous les métiers de l'association sont des métiers de soignants, y compris le poste de directeur. Alors bien sûr je ne prodigue pas de soins, je ne fais pas de piqûres, je ne fais pas de... de perfusion, je ne suis pas au chevet, mais mon job, c'est de prendre soin de mes équipes, prendre soin de la structure, de l'association, de l'image de notre association et la faire grandir. Donc, mon quotidien, ça va être plutôt du pilotage d'activités, ça va être plutôt des discussions avec les autorités de tutelle, bien sûr, travailler l'image de mon association, et puis de pouvoir être, encore une fois, faire en sorte que notre association puisse répondre à la mission qui lui a été confiée, puisque nous sommes une association avec une délégation de services publics. Donc on est là pour répondre d'abord à un service public.
- Speaker #1
D'accord. Et tout à l'heure, vous me l'aviez évoqué, vous prenez soin de vos soignants. Quel est votre rapport avec eux ? Je ne sais pas, est-ce que vous avez un rapport particulier ? Est-ce que vous pouvez m'en parler ?
- Speaker #0
Alors moi, je ne suis pas toujours en contact avec les équipes. puisque l'association est une grande association. Donc, il y a d'autres directeurs, il y a des cadres de santé. Donc, je ne vais pas forcément être en direct avec les infirmiers, bien que j'en croise au quotidien. On est tous au même endroit, on a quelques antennes et j'aime bien aller d'une antenne à l'autre. Moi, les écouter, quand je les croise et qu'on papote un petit peu, ce qui m'intéresse, c'est surtout de comprendre leurs difficultés parce que parfois, on peut prendre des décisions qui peuvent être déconnectées du quotidien du soignant. Et l'idée, c'est de leur donner d'abord des espaces de dialogue, pas forcément avec moi, mais surtout des espaces de dialogue dans leur quotidien entre eux. On développe beaucoup en ce moment ce que l'on appelle les équipes autonomes, sur la possibilité que les soignants puissent eux-mêmes organiser leur propre travail, leur donner beaucoup plus de marge de manœuvre sur leur quotidien. Et en fait, on se rend compte que ça permet aux équipes d'avoir plus, de travailler le sens. Vous savez, on questionne beaucoup le sens au travail aujourd'hui. Voilà, les soignants, pendant de nombreuses années, moi je suis rentrée dans le secteur comme ça. On était beaucoup plus sur ce que l'on appelle un travail prescrit, avec des process établis, on fait ce qu'on nous demande, etc. On a retiré de plus en plus de l'autonomie dans l'organisation du travail aux soignants pour leur permettre d'avoir un peu plus de temps au chevet du patient. Mais on se rend compte aujourd'hui que ça a aussi brisé la vision qu'a le soignant de son propre travail, du pourquoi il fait ce travail-là et de l'intérêt que l'on a au quotidien. Moi, j'ai la chance d'avoir des équipes soignantes quand je les croise et qu'on a la chance de discuter ensemble. Elles ont un niveau d'expertise qui est quand même extrêmement important. On est au chevet des patients, donc on est dans leur intimité. Souvent, il y a une relation avec les bénéficiaires, avec les patients, avec l'entourage qui est différent. Donc, elles ont une vision qui est extrêmement forte. La question, c'est comment on valorise à la fois. et leur expertise et ce qu'elles voient au quotidien pour faire en sorte que notre association soit auto-apprenante et qu'elle puisse être à l'image de leur engagement. Comment on arrive à booster leur engagement pour que ça puisse correspondre à leurs attentes en tant que professionnels mais en même temps pouvoir le mettre au bénéfice de nos bénéficiaires. C'est tout l'enjeu que je crois que demain on va avoir, nous, gestionnaires de structure, pour répondre aux défis. Des recrutements, des postes vacants, des turnovers. On n'a jamais connu autant de turnovers dans notre secteur. En 20 ans de temps, je n'ai jamais connu ce que je connais depuis le Covid. Cette situation-là, elle nous challenge. Alors dans un premier temps, on l'a tous vu comme étant, bon, c'est après le Covid, ça va se remettre. Aujourd'hui, Covid passé, on se rend compte qu'on doit se challenger. Et ils savent le faire, et on est sur une phase où tout le monde doit se remettre en question pour essayer... de répondre à tous ces enjeux, à la fois RH, mais aussi de liens sociaux, de missions sociales, et surtout, comme je voulais préciser, on est dans une association, donc on porte nos valeurs assez hautes, et cette délégation de services publics doit nous conduire à donner le meilleur de nous-mêmes, qu'on soit directrice, femme de ménage, secrétaire, ou infirmière et médecin.
- Speaker #1
Oui, effectivement, je pense que là, vous êtes bien touchée par cette tension. qui existent dans la santé au niveau du recrutement, et notamment depuis ces dernières années. Est-ce que vous avez mis quelque chose en place pour surmonter ça ?
- Speaker #0
Alors, j'allais dire, on a tout le temps mis des choses en place. On essaye de mettre en place au quotidien, même annuellement, on a des projets, des plans qu'on construit. Là aujourd'hui, comme je vous le disais, cette année on travaille beaucoup plus sur la question des équipes autonomes. Les premiers retours sont plutôt très bons puisqu'on a commencé à mettre ça en place depuis le 1er janvier. Les équipes nous expriment le fait de retrouver beaucoup plus de facilité organisationnelle. Un des éléments que l'on reconnaît, qui nous était remonté par les soignants. C'est parfois la difficulté de faire concilier la vie professionnelle, la vie professionnelle. Vous savez, infirmière, on travaille la nuit, on travaille le jour, on travaille le matin, on travaille l'après-midi. Les week-ends, les fériés, c'est forcément beaucoup de contraintes. J'ai vu le regard du soignant par rapport à ces contraintes évoluer. Il y a 20 ans, elles le savaient, elles râlaient, mais ça faisait partie du système. Aujourd'hui, on est sur un modèle où elles le savent. Aujourd'hui, elles l'expriment fort comme étant soit vous prenez en compte que nous avons aussi des contraintes personnelles et nous ne pouvons pas répondre à tous vos besoins. Il y a quelques années en arrière, il y avait une sorte de conflit de vision entre ce qui se faisait avant et aujourd'hui. Là, aujourd'hui, on l'a bien compris, ce sont des générations qui remettent la boussole, je dirais, dans le bon sens. Moi, je ne le vois pas aujourd'hui comme un manque d'engagement. Moi, je ne le vois pas comme un manque d'engagement, mais plutôt la nécessité de concilier à la fois des organisations et une vie personnelle qui n'est pas que centrée sur le travail. Donc, ça nous force à bouger. On n'a pas encore trouvé toutes les règles du jeu. Néanmoins, ce que l'on a pu construire avec eux, c'est plutôt un cadre qui est un peu discuté, qui est partagé. qui est encore en cours de construction, on n'a pas tout abouti mais on y est en train de travailler, et puis ensuite les laisser évoluer dans ce cadre-là. Donc elles connaissent les exigences de façon globale, qui ne sont pas trop restrictives mais essentielles, c'est-à-dire que ce sont des impératifs à respecter, mais du coup pas nombreuses, parce que sinon le système n'y tient pas, et ensuite on les laisse s'organiser dans ce système-là. Ça veut dire qu'elles ont par exemple un planning qui leur sert de base, mais à la fin elles en font ce qu'elles veulent. Donc elles peuvent complètement chambouler leur temps de travail. Elles ont bien sûr des plages qui sont fixées. Donc elles ne peuvent pas décider de venir un jour à 8h, un jour à 9h. Ce n'est pas possible parce qu'on a des patients, il y a des horaires de soins. Par contre, elles savent que si elles ne veulent pas travailler ce jour-là, ce matin-là, elles ont des espaces de dialogue entre elles. En fait, c'est de la discussion entre équipes. Oui,
- Speaker #1
il faut se coordonner.
- Speaker #0
Et voilà, il y en a une qui est là, l'autre qui n'est pas là, etc. Donc ça leur donne beaucoup plus de souplesse. sur leur vie personnelle, sur les rendez-vous avec les enfants, sur le concert qui va arriver ce soir et du coup le lendemain matin, ça va être un peu compliqué, donc je préfère ne pas travailler le matin. Et ces petits espaces-là, finalement, leur facilitent la vie et on espère qu'elles se sentiront mieux à la fois dans leur exercice professionnel, parce que finalement, les contraintes organisationnelles ont les fait sauter. C'était des verrous inutiles. qui ne permettait pas finalement de l'expression du meilleur de chacun. Donc les premiers retours, puisqu'on est maintenant à 4 mois, on entame notre cinquième mois, il est plutôt positif. Ceux qui sont en capacité de le développer complètement, parce que forcément il faut des équipes pleines pour pouvoir avoir ce jeu-là. Mais sur les secteurs où on arrive à le mettre en place, les retours sont vraiment excellents. Et ce qui nous encourage à y aller, c'est que... Ce sont les anciennes de l'association qui nous l'expriment le mieux et d'ailleurs elles sont devenues pour nous celles qui font la publicité de ce système-là auprès des autres, qui les encouragent. Il y a une sorte d'auto-entraide qu'on ne connaissait plus. Et vous savez quand on est dans une structure à domicile comme les nôtres, les équipes ne se croisent pas tous les jours.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Elles sont au chevet des patients et donc c'est beau de les voir. Quand elles reviennent de tournée en début d'après-midi, de faire un travail ensemble, de discuter, de se challenger, d'envisager les choses autrement. Et ce que l'on trouve assez pertinent, c'est que ça a aussi désengagé les équipes d'encadrement sur cette mission-là. Pour les concentrer plutôt sur des fonctions de coaching. Donc elles sont plus là pour pas forcément réguler la pratique, le travail, la répartition de la charge de travail, mais plutôt sur « moi je suis là en soutien pour vous » . Bien sûr qu'elle a sa fonction d'encadrement quand il y en a besoin, quand il faut arbitrer. Mais qu'in fine, ça ne représente plus du tout la majeure partie de son rôle. Son job, c'est d'être dans l'accompagnement des équipes, dans la vie de cette équipe autonome. Et forcément, ça reconcentre aussi les fonctions managériales sur les missions qui sont quand même plus nobles, sur le développement de compétences, sur l'amélioration de pratiques, sur des choses qui sont plus intéressantes.
- Speaker #1
Stratégiques.
- Speaker #0
Voilà, stratégiques, plutôt que d'être sur des missions organisationnelles, du planning. Quand vous parlez au cadre de santé, elle vous dit, on en a marre du planning. On ne fait que du planning, on appelle les gens, Oui, ça existe encore, parce qu'on n'est pas magicien et on ne peut pas démultiplier les candidatures. Mais pour autant, ça redonne une valeur à cette fonction qui est quand même beaucoup plus intéressante que ce qu'elle pratiquait auparavant. Maintenant, on ne se dessaisit pas d'une mission aussi facilement que ça, ça nécessite de l'accompagnement. Mais comme on y croit, forcément, les équipes y vont. Ils se lancent là-dedans, ils ont des espaces d'échange entre eux. Et donc ça, c'est assez intéressant à voir.
- Speaker #1
Oui, mais c'est génial de mettre ça en place. Ça change aussi, je pense, le regard sur les métiers de la santé. Et ça passe par des actions comme ça. Donc vraiment, je trouve ça très cool.
- Speaker #0
Oui, et puis il y a 20 ans, les perspectives d'une infirmière, elles étaient extrêmement limitées. Une infirmière, c'était quelqu'un qui faisait infirmière. Après, au pire, elle change de service en service. C'est vrai que c'est ce qui est passionnant dans la fonction d'infirmière. c'est qu'on a plusieurs... manière de pratiquer la fonction de soignante, mais ça s'arrêtait là. Après, on pouvait être cadre de santé, cadre formateur, éventuellement acteur de soins, les fonctions un peu classiques qu'on trouve à l'hôpital. Aujourd'hui, ce modèle-là, il a complètement explosé. Le champ des possibles est tellement large. Je suis déjà un profil particulier. À l'époque, il y a 20 ans, quand j'expliquais que j'allais poursuivre mes études, on ne m'a pas comprise. Aujourd'hui, je ne suis pas du tout atypique. Et moi, le conseil que je donnerais aux jeunes, mais de façon globale, c'est allez, allez-y. Faites ce que vous avez le sentiment d'aimer faire. Tentez le coup. Même des choses que vous pensez que vous n'aimerez pas, tentez le coup aussi. Vous serez amené à changer de carrière ou rester dans le même secteur. Regardez, je suis toujours dans la santé, mais je prends soin autrement. Donc il faut qu'ils tentent, il ne faut pas qu'ils hésitent à challenger un peu les systèmes parce que c'est aussi comme ça qu'on arrive à faire progresser nos systèmes. pouvaient être un peu rigides auparavant. C'est vrai qu'on était sur des systèmes un peu rigides. Et aujourd'hui, je crois que le secteur est prêt à aller de l'avant, à revoir un peu ses paradigmes. Maintenant, il faut savoir l'exprimer. Il faut ne pas hésiter à proposer des projets. Par exemple, projet, c'était des mots. Une infirmière ne se posait même pas la question il y a 20 ans. Aujourd'hui, on a des soignants qui sont en capacité de dire « j'ai envie de faire ça, est-ce que vous pourriez me donner l'opportunité de pouvoir le développer ? » Il y a des choses qui sont possibles, même sur des constructions de projets pros. Bien sûr, il ne faut pas être complètement déconnant de la mission du service, mais c'est possible. On a par exemple un infirmier qui a chez nous le souhait de travailler un peu plus sur les plaies et cicatrisations. On travaille avec lui son projet pro, on essaie de l'aider à la formation et puis on construit un projet autour de lui pour valoriser ses compétences en interne. Donc, il ne faut pas hésiter à bouger sa structure. Alors, on peut bien entendu toujours quitter sa boîte pour aller ailleurs, pour aller goûter un peu d'autres systèmes, mais il ne faut pas hésiter aussi à faire changer les systèmes en interne. C'est apprenant pour tout le monde, à la fois pour la structure qui va aussi pouvoir développer de nouvelles compétences qu'elle n'a même pas imaginées. Donc, moi, le conseil que je donne, c'est n'hésitez pas, en fait. Allez-y. Et parfois, les intérêts se croisent. Parfois, ce n'est pas le cas, mais au moins, vous serez autorisés à envisager autre chose.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il faut tester. Puis, si ça ne fonctionne pas, il y a d'autres champs des possibles dans la santé.
- Speaker #0
Exactement. Le champ des possibles est vraiment large. La vision du soignant, elle est précieuse. qu'elle soit d'ailleurs infirmière ou aide-soignant, que ce soit médecin ou ergot, la pratique même a évolué. Il ne faut pas hésiter, en fait. Il ne faut pas hésiter à venir avec des projets en disant, voilà, j'ai ça. Il faut oser. Il faut oser. Bien sûr que vous ferez parfois, comme on est au moment d'une transformation de système entre un système rigide et un système qui s'autorise beaucoup plus de choses. Je ne dirais pas qu'on est des entreprises, je ne sais plus comment vous appelez, des entreprises libérées. On n'est pas ça. On ne sera pas ça, je ne pense pas qu'on arrivera à être un modèle comme celui-ci, ce ne serait pas trop adapté. On est quand même des structures assez agiles. Et puis le monde de la santé, entre le public, le gros mastodonte d'un hôpital APHP, ou d'une petite association comme la mienne, ou d'un EHPAD, d'une clinique, on a tous des forces et des faiblesses, on a des choses sur lesquelles on peut travailler et on a besoin de chacun d'entre eux pour nous aider à aller encore plus loin dans ce que l'on pratique aujourd'hui.
- Speaker #1
Pour conclure, est-ce que vous pouvez me dire ce qui vous plaît ? Dans votre quotidien, il y a peut-être quelque chose qui vous anime ? On a pu quand même l'entendre, mais est-ce que vous avez quelque chose qui vous anime ?
- Speaker #0
Moi, ce qui m'anime, c'est déjà l'idée de dire qu'on contribue tous à aider les personnes vulnérables à domicile. Et ça, je crois que quand on a encore un métier comme ça, où on est au service d'eux, mais dans sa plus belle valeur, je trouve que c'est déjà engageant. Maintenant, moi, ce qui m'anime au quotidien, comme je le disais, c'est aussi de pouvoir réfléchir à ce qui va arriver demain. C'est un peu la fonction du directeur général. Moi, je ne suis pas forcément dans le quotidien, mais c'est ce qui va arriver demain. C'est d'à la fois... J'aime bien l'idée, on est dans une phase où on peut se challenger. Je pense notamment aux outils connectés, à l'intelligence artificielle. On est dans une phase où, aujourd'hui, on est en train d'intégrer ces outils-là dans notre pratique, comme on peut encore faciliter la vie. Moi, j'ai toujours été un peu en décalage, un peu avec... mon temps, on m'a toujours regardée avec des grands yeux, on me demandait, mais qu'est-ce qu'elle nous amène ? Vous étiez avant-gardiste ? Je dirais pas jusque-là, mais de dire, ah ouais, qu'est-ce qu'elle nous raconte encore ? De quoi elle nous parle ? Oui, oui, mais vous savez, le fait de se challenger, c'est toujours intéressant. Je l'ai fait de bien des manières, ça peut être dans des process, des outils, du matériel, et c'est vrai qu'aujourd'hui... L'avenir qui nous est proposé avec ces outils connectés, vous voyez nous on est à domicile. J'aimerais bien travailler un peu plus les outils connectés, c'est quelque chose qui va arriver, avoir du matériel qui va nous amener de la donnée directement à distance, qui peut faciliter la vie des soignants et donc ça veut dire qu'envisager l'accompagnement qui n'est pas forcément que physique, qui peut aussi se faire à distance avec la récupération de données, ça ce sont des éléments, comment moi je vais accompagner cette association à s'adapter à ces nouveaux outils, à l'amener... aller encore plus loin dans sa pratique et dans l'intérêt de nos patients bien sûr, mais aussi dans l'intérêt de nos équipes et sur leur confort de travail, mais aussi leur qualité de travail, la fiabilité des éléments qu'on leur apporte, ça m'anime beaucoup aujourd'hui. C'est vraiment les questions qui me taraudent au quotidien. Et puis, comme je vous l'ai dit, répondre aux défis RH avec les postes vacants, ça, c'est un gros challenge sur lequel... On est en train de remonter nos manches et on n'a pas encore trouvé toutes les réponses. Mais en tout cas, on y va les deux pieds, on saute et on trouvera bien des solutions à tout ça. Donc, moi, je dirais juste être optimiste, même si ce n'est pas toujours facile, même si le quotidien parfois nous épuise. Être optimiste parce qu'il y a quand même tellement de belles choses qui sont en train d'arriver.
- Speaker #1
Oui, et puis là, vous avez l'air de prendre le pli. Donc, c'est génial. Je pense qu'il y en a qui se laissent un petit peu parfois ensevelir par... tous les défis ou même l'arrivée de l'intelligence artificielle. Donc, c'est bien, je pense, de prendre le pli.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à vous d'avoir parlé de votre métier et d'avoir accepté mon invitation. Je suis ravie d'avoir permis à nos auditeurs de vous découvrir et d'en apprendre plus sur le métier de directrice générale d'établissement. Pour ma part, je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode. À bientôt. Merci pour votre écoute. Nous espérons que ce temps de partage vous a plu. Abonnez-vous pour plus d'histoires professionnelles et de témoignages enrichissants. Suivez-nous sur LinkedIn et retrouvez nos offres d'emploi sur notre site carrière fed-group.fr.