- Speaker #0
FED Group Je suis Maëva Ramsail, chef de projet Content Marketing chez FEDGROUP et j'ai le plaisir de recevoir pour la première fois dans notre émission un professionnel de la santé à la retraite. Philippe Véroli exerçait le métier d'anesthésiste réanimateur en libéral et pour nous il revient aujourd'hui sur son quotidien. Bonjour Philippe.
- Speaker #1
Bonjour Maëva.
- Speaker #0
Alors avant d'entrer dans le vif du sujet, est-ce que vous pouvez revenir rapidement sur votre parcours et sur ce qui vous a amené à exercer ce métier ?
- Speaker #1
Ce qui m'a amené à exercer ce métier c'est l'envie de soigner les gens. C'est la raison pour laquelle j'ai fait des études de médecine qui sont longues. J'ai eu le temps de voir ce qui m'intéressait plus et ce qui m'intéressait moins. En fait, je me suis aperçu que ce qui me tenait le plus à cœur, c'était de pouvoir sauver des vies. Comme ça, c'est le mieux quand on soigne des gens, c'est de les sauver, évidemment. Donc, j'ai été attiré par ce qui pouvait être le plus utile, le plus vite, c'est la réanimation. Je me suis dirigé vers la réanimation. Alors j'ai fait mes études, après voulant avoir le meilleur niveau possible, j'ai préparé le concours de l'internat et ensuite j'ai commencé mon internat par des stages en réanimation. Ensuite naturellement je dirais, j'en suis venu à faire de l'anesthésie parce que c'est deux disciplines qui vont souvent ensemble et donc c'est comme ça qu'après mes quatre ans d'internat, je suis devenu anesthésiste réanimateur. D'accord. un choix d'excellence et un souhait de recherche. J'ai été chef de clinique, quelques années encore. J'ai commencé par être chef de clinique en réanimation, puis j'ai fait de l'anesthésie-réanimation dans le domaine de la greffe hépatique. Ensuite, j'ai travaillé comme anesthésiste dans différents secteurs avant d'avoir une offre qui m'a été faite pour m'installer en libéral, que j'ai saisie. Et je suis ensuite allé m'installer comme médecin anesthésiste dans une clinique parisienne où j'ai exercé pendant 30 ans.
- Speaker #0
Donc oui, vous avez fait le reste de votre carrière là-bas ?
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Très bien, merci pour cette présentation. Donc maintenant, comme on l'a dit en introduction, vous êtes à la retraite. Mais bon, vous pouvez quand même revenir sur votre quotidien. Quelles étaient vos missions et qu'est-ce que vous avez pu faire durant toutes ces années en tant qu'anesthésiste réanimateur ?
- Speaker #1
pour qu'un chirurgien puisse les opérer. Alors il y a d'autres missions bien sûr, mais globalement l'essentiel c'est ça. Donc il y a un volet au bloc opératoire et dans certains cas, selon les établissements où on travaille, on peut être amené à faire de la réanimation uniquement, c'est-à-dire à prendre en charge des malades qui ne vont pas bien du tout, soit dans les suites d'une opération, soit indépendamment pour des problèmes de réanimation médicale. Donc moi, en ce qui me concerne, j'ai travaillé dans une clinique où il y avait à la fois un secteur de réanimation et un bloc opératoire, bien sûr. Donc j'ai fait les deux pendant un certain nombre d'années. Et après, j'ai fait essentiellement de l'anesthésie les dix dernières années, on va dire.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que vous pouvez m'en dire plus peut-être sur les gestes techniques que vous avez pu faire en anesthésie et en réanimation ?
- Speaker #1
Une activité intellectuelle, parce qu'il faut raisonner face à de nombreux cas cliniques qui touchent toutes les spécialités médicales. Donc ça c'est un grand intérêt. Mais c'est aussi un métier manuel, parce qu'on est obligé de faire beaucoup de gestes techniques. Que ce soit des pauses de perfusion, des pauses de cathéter, ce qui est plus compliqué. On utilise aussi beaucoup de machines. Que ce soit des ventilateurs pour ventiler les patients, des machines de dialyse quand il faut faire des épurations extra-rénales, des échographies quand il s'agit d'examiner des patients ou de faire des anesthésies loco-régionales, c'est-à-dire on endort une partie du corps en endormant certains nerfs qu'on localise bien avec des échographes. Donc voilà, il y a un côté très technique qui est plaisant quand on aime travailler avec ses mains.
- Speaker #0
Et à la fois la partie intellectuelle, comme vous disiez, qui va avec. Et peut-être qu'il y a aussi une partie en amont de l'anesthésie. Est-ce que vous faisiez des rendez-vous avec les patients ?
- Speaker #1
Oui, oui, c'est même maintenant obligatoire. Moi, quand j'ai commencé mes études, ça ne l'était pas. Ça l'est devenu heureusement. Donc toute personne qui doit être anesthésiée a... L'obligation médico-légale de passer en consultation d'anesthésie préopératoire. Donc le médecin anesthésiste fait des consultations où il reçoit les patients qu'il va endormir ensuite au bloc opératoire. Et cette consultation, elle permet de cerner le risque du patient. Donc c'est très important de savoir à qui on a affaire avant de l'endormir parce que ça a de multiples conséquences au niveau de notre pratique. Et puis on va pouvoir choisir avec le patient comment on l'endort. Est-ce qu'on lui fait une anesthésie générale ? Est-ce qu'on lui fait une anesthésie loco-régionale ? Et puis on explique beaucoup de choses au patient. Et c'est très important pour nous, pour recueillir des renseignements et bien faire notre travail, mais aussi pour rassurer le patient. Parce que quand on vient se faire opérer, généralement on n'est pas trop rassuré, on a peur de plein de choses. Et cette consultation, quand elle est faite comme il faut, on va dire, elle a une grande vertu anxiolytique. Donc le patient normalement doit ressortir de là rassuré en se disant « Ouf ! » On va bien s'occuper de moi.
- Speaker #0
Donc c'est une partie à ne pas négliger.
- Speaker #1
Pas du tout.
- Speaker #0
Et dans le cadre de votre exercice, vous étiez aussi amené à travailler avec plusieurs collaborateurs. Est-ce que vous pouvez m'en parler un petit peu ?
- Speaker #1
Oui. Alors le métier d'anesthésiste réanimateur, c'est un métier qui a la particularité d'être un métier de structure. C'est-à-dire qu'un anesthésiste réanimateur, il ne peut pas travailler tout seul dans son coin. Je ne peux pas avoir un cabinet où des gens viennent, je les endors et je les réveille. Ça n'existe pas. C'est forcément un métier, un travail d'équipe. On travaille dans une structure hospitalière, avec des chirurgiens ou d'autres médecins pour qui on endort les patients. On travaille aussi avec des infirmières, obligatoirement, les infirmières qui s'occupent des patients dans les étages. C'est elles qui surveillent les patients avant et après l'opération, qui font les pansements, qui nous appellent quand il y a des problèmes. Il y a aussi des infirmières au bloc opératoire, des infirmières qu'on appelle des IBOD, infirmières de bloc opératoire, qui aident essentiellement le chirurgien en lui donnant tout le matériel dont il a besoin pour opérer, mais qui aident aussi souvent les anesthésistes. Et enfin, il y a les infirmières spécialisées en anesthésie et réanimation, qui sont nos collaboratrices les plus proches. Et donc, on travaille obligatoirement avec d'autres professionnels, chirurgiens, infirmières. Et d'autres encore, pharmaciens, etc. Donc, c'est un métier de groupe.
- Speaker #0
Et c'est vrai qu'on le voit souvent aussi dans le monde de la santé, cette pluridisciplinarité est essentielle. Vous ne pouvez pas travailler dans votre coin comme vous le disiez. Voilà,
- Speaker #1
alors quand on est un spécialiste d'une autre discipline, comme un cardiologue ou un endocrinologue, on peut avoir son cabinet et travailler dans son coin. Mais notre métier à nous, ce n'est pas possible, puisque c'est un métier de service.
- Speaker #0
Très bien. Tout à l'heure vous m'aviez dit que vous aviez exercé en hôpital public et donc ensuite vous êtes passé dans le privé. Est-ce qu'il y a une différence d'exercice pour votre métier entre ces deux structures ?
- Speaker #1
Alors il y a des différences. Fondamentalement c'est le même métier bien sûr. Au niveau de la qualité de l'équipement technique, maintenant on peut dire que c'est pareil. Moi quand j'ai commencé l'hôpital public, il y avait tout ce qu'il faut dans les cliniques, ce n'était pas le cas. complètement changé. Maintenant, c'est presque le contraire. Il y a des établissements privés qui sont mieux équipés que dans le public. Bon, globalement, c'est le même métier. La grosse différence, c'est que dans le public, on est salarié et que dans le privé, on est payé à l'acte. Donc ça change beaucoup de choses. Alors, sauf dans les établissements privés participant au service public où là, les médecins sont salariés. Mais globalement, en libéral, on est payé à l'acte. Donc ça c'est une différence importante. Et on travaille plus en nombre d'heures dans le privé pour cette raison. Et les établissements veulent une rentabilité maximum. Donc les blocs opératoires, ils les font tourner le plus possible. Donc on arrive tôt et on part tard. L'autre différence importante qu'il ne faut pas négliger, public on a une dimension d'activité de recherche qui n'est pas obligatoire mais qui est souvent appréciée des médecins alors que dans le privé c'est une activité essentiellement clinique on fait pas de la science dans le privé on pratique
- Speaker #0
notre métier auprès des patients voilà c'est ça les deux grosses différences ok bon bah merci d'avoir éclairé ce point là on va passer maintenant à votre rapport avec les patients Est-ce que vous aviez une place particulière auprès d'eux ? Est-ce que vous pouvez m'en parler ?
- Speaker #1
Alors le métier d'anesthésiste... Il est très important au niveau du relationnel. C'est-à-dire que, comme je vous le disais tout à l'heure, déjà en consultation, on doit rassurer le patient. Mais bien sûr, on doit aussi le rassurer après et pendant, donc au bloc opératoire. Donc la qualité relationnelle d'un médecin, surtout s'il est anesthésiste, est vraiment très importante. Donc par ce biais-là, la relation humaine compte. Et pour moi, elle a compté tout particulièrement.
- Speaker #0
Alors durant votre carrière, je sais que vous aviez aussi une autre corde à votre arc. Vous proposiez des consultations en médecine naturelle. Donc pourquoi est-ce que vous êtes tourné vers cette spécialité ? Et quel est le rapport aussi avec votre métier principal d'anesthésiste réanimateur ?
- Speaker #1
Alors initialement, il n'y avait absolument pas de rapport. C'est-à-dire que quand j'ai étudié la médecine, La médecine conventionnelle était très efficace pour tout ce qui était urgent, aiguë, d'où mon attrait vers la réanimation notamment, parce que là on a des résultats immédiats, concrets, immédiatement satisfaisants. Par contre, honnêtement, la médecine conventionnelle dans les pathologies chroniques est un petit peu décevante. Et donc, ça c'est une raison qui m'a fait chercher d'autres solutions. Et d'autre part, il se trouve... que moi j'ai été sensibilisé très tôt à la notion d'énergie et que j'avais compris avant même de commencer mes études que la vie ça ne se résume pas à la matière. Donc il me fallait une autre dimension pour me satisfaire intellectuellement. Donc quand j'ai fini mon internat, j'ai étudié la médecine chinoise qui elle est une médecine énergétique qui a transformé non seulement ma vision de la santé mais même ma vision de la vie plus largement. J'ai étudié cette médecine qui est largement aussi ardue et compliquée que la médecine occidentale. Et je l'ai même pratiqué pendant un certain nombre d'années. Et puis après, à un moment, il faut faire des choix parce qu'on ne peut pas tout faire bien. Ce n'est pas possible. Donc, j'ai choisi de me consacrer à la nécessité de réanimation. Parce qu'en plus, quand j'étais à l'hôpital, j'avais une activité de recherche et de publication. Donc, voilà, ça me prenait tout mon temps. Et je suis revenu à la médecine énergétique. beaucoup plus tard quand j'ai eu un peu plus de temps parce que toute façon j'aime beaucoup travailler donc j'ai trouvé toujours du temps pour travailler pour ça c'est une première chose et alors dans le traitement des maladies chroniques comme je le disais la médecine conventionnelle n'est pas très satisfaisante et donc tous les patients qui venaient me voir comme anesthésiste parce qu'on allait les opérer avait des maladies chroniques et donc ça m'a un peu agacé donc J'ai eu tendance à leur donner des conseils pour lutter contre leurs maladies chroniques à défaut de les prévenir puisque ça serait ça l'idéal normalement. Mais moi quand je les voyais comme anesthésistes, ce n'était pas le cas. Et donc voilà, petit à petit, ça s'est fait naturellement. J'ai proposé des conseils notamment dans le domaine de la nutrition que j'ai étudié largement par ailleurs. Et finalement, j'ai même écrit un ouvrage où je donne des conseils pour bien se préparer à une opération. Et là-dedans, il y a notamment de très nombreux conseils nutritionnels qu'on ne donne pas de façon habituelle, parce que toutes ces notions ne sont pas encore rentrées vraiment dans le domaine de la pratique médicale, alors qu'elles sont établies scientifiquement.
- Speaker #0
Oui, et en plus, là, ça a vraiment un impact sur la suite de l'opération. Ah oui ? Pour le coup...
- Speaker #1
Pour le coup, c'est vraiment utile.
- Speaker #0
Oui, et l'ouvrage s'appelle ?
- Speaker #1
Alors l'ouvrage s'appelle Opération Réussie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc il a été publié aux éditions Thierry Soucard. Et vraiment, bon, il y a une mine dedans d'informations qu'on ne vous donne pas habituellement. Faute de temps, il faut le dire.
- Speaker #0
Oui, bon ça c'est vrai.
- Speaker #1
Faute de connaissances et de temps.
- Speaker #0
Et de temps. Mais c'est vrai que le temps généralement c'est aussi ce qui revient souvent. Le temps il est effectif, mais le temps...
- Speaker #1
Voilà, effectivement.
- Speaker #0
Très bien, alors si ça intéresse certains, les... L'ouvrage est disponible sur toutes les plateformes, donc allez-y. Maintenant, on va peut-être parler aussi de ce qui vous a plu durant toutes ces années d'exercice, mais également, il y a parfois des contreparties. Les difficultés, par exemple, que vous avez pu rencontrer, est-ce que vous pouvez m'en parler ?
- Speaker #1
Oui, il y a toujours du yin et du yang dans tout. Alors, les côtés positifs, comme je vous le disais, c'est une grande diversité dans la pratique. C'est-à-dire qu'on est confronté à des patients qui ont toutes sortes de pathologies. On est confronté à des problèmes de cardiologie, de diabétologie, d'infectiologie. On touche à toutes les spécialités et donc il n'y a pas du tout de monotonie dans la façon dont on s'occupe des patients parce qu'on est confronté à des problèmes très variés. Ça, c'est un premier intérêt. Le deuxième intérêt que j'ai trouvé, c'est le fait justement d'allier des compétences intellectuelles à de la pratique technique. On travaille avec son cerveau, mais aussi avec ses mains. Ça, c'est important. Voilà les deux principaux thèmes qui m'ont séduit. Les inconvénients, c'est que c'est un métier qui est très chronophage. C'est-à-dire que vraiment, l'anesthésiste, c'est le premier arrivé et le dernier parti en général. Donc on fait beaucoup d'heures. On travaille beaucoup, on travaille le jour, on travaille la nuit, on travaille les week-ends. Donc c'est un métier où on travaille énormément. J'ai travaillé au moins 60 heures par semaine toute ma vie.
- Speaker #0
Après, je pense que c'est peut-être aussi une vocation, c'est un métier...
- Speaker #1
Je ne saurais pas vous répondre. Moi, personnellement, je n'avais pas une vocation. J'ai aimé mon métier au fur et à mesure que je l'ai fait. J'ai pas eu un appel très précoce.
- Speaker #0
En tout cas, il faut avoir quand même une appétence pour pouvoir absorber toute la charge de travail et le temps alloué.
- Speaker #1
C'est indispensable. Celui qui veut vraiment ne pas trop travailler, il vaut mieux qu'il fasse pas ce métier.
- Speaker #0
Ça me fait une transition toute faite pour ma dernière question au niveau des conseils. Qu'est-ce que vous pouvez dire aux étudiants ou même aux futurs professionnels qui aimeraient se lancer dans ce métier ?
- Speaker #1
Alors la médecine c'est un monde très vaste et passionnant. On a énormément de choses à apprendre, même avec l'IA. Il faut continuer à apprendre toute sa vie, donc c'est très stimulant. C'est très stimulant mais c'est aussi une nécessité. et on devient par la force des choses incompétent. Donc les études de médecine c'est beaucoup de travail dès le début c'est beaucoup de travail il y a un concours plus ou moins bête mais enfin il est là après pendant ces études il y a beaucoup de travail il y a des concours difficiles et ensuite il faut continuer à étudier donc on travaille beaucoup tout le temps, c'est passionnant mais il faut avoir envie, donc encore une fois Les gens qui n'ont pas vraiment une grande énergie au travail et qui font ça plus parce qu'ils veulent avoir un gain de pain, il vaut mieux choisir un autre métier, franchement. D'autant que je ne conseillerais pas de faire ce métier pour des raisons financières. On peut très bien gagner sa vie, ce n'est pas la question. Mais je trouve que c'est une mauvaise motivation pour choisir un métier. Du moins, ce n'est pas une motivation idéale à mon sens. Donc voilà, si vous avez envie de beaucoup travailler... Un métier merveilleux vous attend avec plein de spécialités différentes que vous découvrirez au fur et à mesure de vos études, mais il faut travailler.
- Speaker #0
Oui, c'est le maître mot, le travail et l'envie.
- Speaker #1
Et le temps.
- Speaker #0
Et le temps.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup pour votre retour d'expérience et d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Ça m'a fait très plaisir.
- Speaker #0
Alors je suis ravie d'avoir permis à nos éditeurs de vous découvrir et d'en apprendre plus sur le métier d'anesthésiste réanimateur. Et pour ma part, je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode. A bientôt !