- Speaker #0
Fed Group.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Voix de soignants by Fed Medical. Dans ce podcast, nous recevons des professionnels de la santé. Immergez-vous dans leur quotidien de passion et de vocation en écoutant leurs témoignages inspirants. Bonne écoute. Bonjour à tous et ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Voix de soignants. Ce podcast s'adresse à tous les actuels et futurs professionnels de la santé, mais aussi à tous ceux qui souhaitent bénéficier d'informations sur ce secteur et l'ensemble de ses métiers. Je suis Maëva Ramsahai, chef de projet Content Marketing chez Fed Group et j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Gwendoline Hertel, infirmière puricultrice, qui nous parlera de son parcours et de son ancien quotidien. Bonjour Gwendoline.
- Speaker #0
Bonjour Maëva.
- Speaker #1
Alors, est-ce que vous pouvez revenir sur votre parcours pour devenir infirmière puricultrice ?
- Speaker #0
Alors, j'ai fait trois ans d'études pour être infirmière, donc trois ans qui sont précédés d'un concours d'entrée. Et après ces trois ans d'études, j'ai entamé une nouvelle année de spécialisation pour être infirmière-puéricultrice, qui aussi passe par un concours. Donc, ça fait quatre ans d'études en tout. Et au bout de ces quatre années d'études, je suis partie dans le milieu hospitalier pour travailler. Et aujourd'hui, je suis directrice de crèche.
- Speaker #1
D'accord. Donc, pendant ces années d'exercice, comment s'est régulé votre quotidien ? Est-ce que vous pouvez m'en dire un peu plus ?
- Speaker #0
Alors, sur mes années d'exercice à l'hôpital, j'ai travaillé aussi bien auprès de l'adulte qu'auprès de l'enfant. J'ai fait de la chirurgie un peu polyvalente, c'est-à-dire que je travaillais dans un service où on accueillait des patientes qui venaient faire de la chirurgie gynécologique, des patients qui venaient pour de la chirurgie gastro-entérologie, des chirurgies esthétiques. Aussi, des chirurgies liées à tout ce qui est fertilité, tout ce qui est PMA, tout ça.
- Speaker #1
Vous aviez aussi un pan de votre métier au contact des enfants ?
- Speaker #0
J'ai travaillé dans un service de maternité et en néonat. Par la suite, je suis sortie du monde hospitalier. À l'hôpital, j'étais en néonat, une néonat de type 2A. C'est le premier niveau de la néonatalogie. Vous avez aussi les soins intensifs et l'arrêt néonatal. Ça, c'est des services dans lesquels je n'ai pas travaillé. Donc, des services rattachés à des petites maternités, comme on dit.
- Speaker #1
D'accord. Et donc, dans votre quotidien, les deux s'alliaient, c'est-à-dire que vous travaillez aussi bien auprès de l'enfant que de l'adulte ?
- Speaker #0
Alors, moi, oui, parce que je suis assez polyvalente et que j'aimais aussi beaucoup la chirurgie adulte. C'était important pour moi aussi. J'avais la chance de travailler dans un service où on faisait vraiment beaucoup de chirurgie gynécologique. et tout ce qui était question de fertilité. Ça se rapproche entre guillemets de la maternité dans le sens où on a accueilli des patientes qui étaient là pour un protocole de PMA. Donc c'est la procréation médicale assistée. Et donc c'est toujours plaisant de les retrouver par la suite dans le service maternité quand elles ont enfin leur petit bébé miracle. Donc ça c'est quand même une joie dans ce service. Et c'est aussi toujours intéressant d'en apprendre sur le corps d'une femme pour pouvoir après l'accompagner aussi quand elle a ses enfants plus tard.
- Speaker #1
Ok. Et donc vous avez exercé dans le privé ? Oui,
- Speaker #0
essentiellement dans le privé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je n'ai pas travaillé dans le public.
- Speaker #1
Ok. Alors ça peut aussi être une bonne transition sur votre quotidien. Comment était-il ? travailler auprès des patients ?
- Speaker #0
Alors une journée type dans un service de chirurgie par exemple c'est on accueille les patients quand ils arrivent pour tout ce qui est côté préopératoire donc on va les accueillir on va les installer dans leur chambre leur expliquer comment va se passer la chirurgie donc les préparer aussi pour descendre au bloc il y a donc tout un tout un process à respecter Pas mal d'administratifs aussi, parce que du coup, il y a pas mal de consentements à récupérer, réexpliquer aussi aux patients qui ont besoin. Et après, les patients vont au bloc, se font opérer, ils remontent du bloc. Et là, vraiment, ça commence, c'est la suite opératoire où l'infirmière a tout son rôle, où elle va surveiller, prendre soin de son patient, refaisant les pansements, vérifier que le patient se porte bien suite à l'opération. Alors, les 12 premières heures, on passe très régulièrement en chambre. Déjà, les 6 premières heures, on passe toutes les heures. Et voir plus si le patient ne va pas bien, par exemple. Et les 6 heures d'après, on va passer toutes les 2 heures. Et on va espacer comme ça jusqu'à ce que le patient aille très bien. Et à J1 de l'opération, généralement, le patient remange correctement, se lève. On s'occupe des premiers levées, on s'occupe de refaire les pansements. Le médecin passe en chambre. En tout cas, là, moi, je travaillais, c'était comme ça. Donc, on les accompagne dans leur tournée. On fait les pansements et en fonction des protocoles des médecins. On administre aussi les médicaments parce que c'est aussi quand même douloureux, une opération. Donc, voilà, on fait ce suivi-là jusqu'à la sortie du patient, qui peut être entre... Alors, dans un service ambulatoire, là où j'ai aussi travaillé, ça va être le même jour, donc quelques heures après l'opération. Et puis, dans un service de chirurgie dit normal, ça va être soit le lendemain, soit le AJ2, AJ3, AJ4, en fonction de l'opération. Forcément, il y a des opérations qui sont plus « légères » que d'autres. Donc, j'ai travaillé avec des patients qui restaient entre 1 et 5 jours à peu près.
- Speaker #1
Ok, donc il y a assez court. Et est-ce que, du côté plus maternité néonate, il y a des similitudes avec les soins que vous pouvez prodiguer ? Alors, en maternité,
- Speaker #0
oui, quand on a des patientes qui ont eu une césarienne. Donc là, ça reste comme une opération. C'est une opération. Donc, ça reste similaire aux cicatrices, par exemple, que je traitais quand j'étais en chirurgie gynécologique. Donc là, ça va être la même surveillance qu'une patiente en gynéco. Pour les femmes qui accouchent par voie naturelle, par voie basse, forcément, la surveillance n'est pas la même. Mais il y a toujours une surveillance aussi. Donc finalement, le rôle de surveillance, il est toujours là. L'administration des médicaments, elle est toujours là aussi. Là où c'est plus riche, on va dire, c'est ce côté où on n'a pas un seul patient à traiter, mais on en a deux parce qu'il n'y a pas un bébé dans la chambre. Et que c'est ce duo mère-enfant dont il faut s'occuper. Et donc, il va y avoir toute la question de l'allaitement, par exemple, pour les femmes qui allaient. ou même quand ce n'est pas un allaitement, justement, l'accompagnement aussi. Souvent, on tombe sur des mamans, c'est leur premier enfant. Donc, elles sont un peu perdues. Elles ont besoin de savoir. Même les mamans dont ce n'est pas le premier enfant, des fois, juste se rappeler que le bébé ne faisait que 50 cm. Et quand on en a un qui a trois ans, par exemple, c'est plus compliqué. Donc, voilà, c'est un travail d'accompagnement, d'éducation, finalement, à la parentalité. On est vraiment dans l'accompagnement.
- Speaker #1
Oui, et beaucoup de pédagogie aussi, j'imagine.
- Speaker #0
Et puis prendre aussi, ce qui est très important, chaque patient est différent bien sûr, mais c'est aussi prendre le patient dans sa globalité et ce n'est pas juste ce patient-là vient pour des varices, donc ce n'est pas juste traiter la varice, la jambe, c'est traiter tout le patient et tout ce qu'il y a autour, c'est-à-dire ses angoisses, ses inquiétudes, la famille qui peut être inquiète et qui peut appeler, ça peut être intéressant aussi de prendre le de fin. C'est pas intéressant, mais il faut prendre le temps d'accompagner tout le monde, dans la mesure du possible aussi avec les moyens qu'on a. C'est pas forcément évident tout le temps de passer plus de 15 minutes dans une chambre. Mais voilà, il faut être présent et accompagner les patients. Et en maternité encore plus, parce qu'on a aussi tout le chamboulement hormonal qu'il peut y avoir. Il faut le gérer. Il faut le gérer et puis toutes les inquiétudes. Je ne connais pas une seule maman qui n'avait pas d'inquiétudes en maternité. J'en ai eu plein, des mamans qui ont accouché quand même. Elles sont toutes inquiètes à un moment ou à un autre. Il y a celle qui va être très à l'aise avec le bain, et puis celle qui va être angoissée pour une couche. Il y a toujours une question, il y a toujours un besoin. Et c'est pour ça qu'on est là.
- Speaker #1
C'est une très bonne transition, parce qu'effectivement, vous m'aviez dit tout à l'heure que vos patients peuvent rester sur une courte durée. Mais là, vous me dites que vous arrivez quand même à être dans votre rôle d'accompagnatrice. et un peu de guide. Comment vous faites pour créer du lien avec les patients quand ils ne restent pas très longtemps avec vous ?
- Speaker #0
Je pense que ça commence dès le début, en fait. Dès l'entrée dans le service. Peu importe que ça soit une entrée en urgence, que ça soit une entrée programmée. On sait qu'on va accueillir tel patient, on prend le temps déjà qu'il se présente, parce qu'il y a aussi tout un protocole de surveillance de l'identité du patient. Donc forcément, il y a des questions qui sont posées. Il y a un échange qui se crée. Et après, je pense qu'il faut avoir un don d'empathie. C'est important d'avoir de l'empathie, bien plus que dans plein d'autres métiers. Il faut savoir écouter. Écouter sans juger. Écouter sans interrompre la personne. Il faut rassurer les personnes. C'est vrai que des fois... on a la même question qui est redondante dans les 14 chambres qu'on a fait dans la matinée parce que ces 14 fois, la même question. Mais il faut pouvoir prendre le temps aussi bien au patient numéro 1 qu'au patient numéro 14 parce que le patient numéro 14 ne peut pas se dire, il y en a eu 14 avant, tant pis. Et leur expliquer, prendre le temps de répondre à chaque question, déjà ça crée un lien de confiance. Si on tombe sur quelqu'un qui est pressé, on ne peut pas créer un lien de confiance. Quelqu'un qui va avoir le temps de se poser dans la chambre et discuter même 5 minutes, c'est important.
- Speaker #1
Ça fait la différence.
- Speaker #0
Parce que ça aussi, c'est la contrainte de ce métier, c'est qu'on n'a pas le temps. On court après le temps. De toute façon, on court tout le temps. Et c'est peut-être ça le plus important, c'est réussir quand même malgré cette course. de pouvoir trouver ne serait-ce que 5 minutes pour rester avec le patient, lui expliquer et répondre à ses questions, et être disponible. Écoute active, ça c'est important.
- Speaker #1
Là, vous m'aviez dit que ça faisait aussi une petite contrepartie ce temps. Est-ce qu'il y a quand même des avantages à travailler auprès des patients en tant qu'infirmière ?
- Speaker #0
Ce qui est magique, pour moi ce que je trouve magique, c'est qu'en fait les chirurgies sont les mêmes. C'est-à-dire que faire une opération de l'appendicite, ça va être la même pour 99% des gens. Par contre, ce n'est pas 99% de personnes qui sont pareilles. Vous allez avoir des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des hommes, des personnes de toutes confessions religieuses différentes, de cultures différentes, et on apprend tous les jours en fait. Moi j'aime bien, en plus je suis une grande bavarde. Donc c'est vrai que j'aime bien parler avec les patients et apprendre plein plein de choses.
- Speaker #1
Vous avez la richesse des profils que vous avez. Oui, voilà,
- Speaker #0
c'est ça. C'est un échange humain, c'est une richesse humaine. Moi, j'ai un beau souvenir en maternité. J'étais tombée sur une maman. Elle était, je crois que c'était son sixième ou septième enfant. C'était une maman d'origine africaine. Et j'arrive dans la chambre pour faire les soins et elle était en train de masser son bébé. Et je n'avais jamais vu en vrai un massage de cette façon-là. C'était tellement beau. Et du coup, je suis restée 15 minutes dans la chambre parce qu'elle m'a montré comment elle massait son bébé. Et elle m'a parlé de sa culture, elle m'a parlé de comment elle faisait et qu'en Afrique, du coup, dans son pays, on faisait comme ça. Et c'était un massage qui était très, très tonique. Et moi, dans ma formation, j'ai même fait des formations pour du massage bébé. Je n'avais jamais vu un massage comme ça. et plutôt sur un massage lent, calme, reposant, doux. Là, c'était un massage très tonique. Le bébé bougeait sur le lit tellement c'était tonique. Mais c'était... Je crois que j'ai mieux appris sur ces 15 minutes avec cette maman dans cette chambre que pendant une formation parce que c'était un échange, parce qu'on vivait le moment et qu'elle m'a montré une technique que je ne connaissais pas. Et c'est ça qui est riche dans ce métier, c'est qu'on apprend.
- Speaker #1
Oui, vous apprenez des choses.
- Speaker #0
Forcément, on a des bases. Le soin, c'est... En fait, c'est pas ça qui est compliqué quand on est infirmier. C'est pas le soin. Le soin, c'est une technique. Peu importe à qui on apprend de faire un pansement, à un moment, tout le monde sait faire un pansement. Ce qui est important, et ça, c'est typique de la personne qui fait ce métier, c'est cette écoute, c'est ce lien avec l'humain. Après, je ne dis pas, les gestes techniques sont quand même compliqués. Ce n'est pas à la portée non plus. Je ne mets pas en cause les talents des chirurgiens, tout ça. Mais il y a quand même, faire un soin, un geste technique, ça s'apprend. C'est de la technique, justement. Le relationnel, pour moi,
- Speaker #1
c'est inné.
- Speaker #0
On l'a, on ne l'a pas. C'est une vocation. C'est un métier de vocation.
- Speaker #1
Généralement, ça, c'est aussi ce qui va marquer un patient. Si on a un infirmier qui est très froid, ça peut aussi le marquer, mais dans le mauvais sens. Et à l'inverse, quelqu'un qui est très dans l'empathie et à l'écoute, ça peut aussi marquer.
- Speaker #0
Et je pense, je suis même sûre, qu'un patient qui a un pansement fait par quelqu'un qui ne lui adresse pas un mot et un pansement qui est fait avec une personne qui lui parle, le pansement dans les deux cas est fait. C'est vrai, le but de base, c'était de refaire un pansement. Mais je pense que le patient se souviendra. plus facilement de l'infirmière ou infirmier qui était souriant. Soigner, c'est bien, mais si on ne soigne que le physique et pas le psychique, ça ne marche pas.
- Speaker #1
Oui, ça ne va pas.
- Speaker #0
Il faut soigner les deux. Sinon, ça ne va pas.
- Speaker #1
Très belle conclusion pour cette partie. On va aborder votre nouvelle... votre profession actuelle puisque vous êtes maintenant directrice de crèche.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Pourquoi avoir quitté le milieu hospitalier ?
- Speaker #0
Alors, j'ai quitté le milieu hospitalier, pour être tout à fait honnête, parce qu'en tant qu'infirmière puricultrice, la difficulté aujourd'hui est de trouver un poste vraiment reconnu en tant que puéricultrice. On peut travailler dans des services de maternité ou de néonat en étant infirmière, et du coup, notre plus-value de puéricultrice, souvent, ne fait pas la différence. Et moi, j'ai vu des postes me passer sous le nez parce que, justement, j'étais plus régultrice. Et que du coup, je coûtais un peu plus cher que ma collègue qui, elle, était infirmière. Et donc, c'est vrai qu'à force de ne pas trouver de poste fixe en CDI, j'ai fait beaucoup, beaucoup de remplacements, en fait. Il y a aussi la réalité de la vie qui fait que j'avais besoin d'un contrat. D'une stabilité. Voilà, d'une stabilité. Et donc, du coup, je me suis orientée vers un autre domaine dans lequel les infirmières puéricultrices peuvent travailler, c'est-à-dire la crèche, qui est un autre milieu. On travaille toujours avec les enfants, toujours avec les familles. Oui. Il y a un autre accompagnement qui se fait. Mais ce n'est plus du tout des bébés. Enfin, c'est des grands bébés, on va dire. Oui. Et ce n'est plus des tout petits nourrissons. Parce que bon, ça fait 4 mois et demi, on reste quand même un petit bébé.
- Speaker #1
Ah bah c'est clair.
- Speaker #0
Ouais, on s'aime encore des tout petits bébés, c'est vrai.
- Speaker #1
Et donc,
- Speaker #0
par rapport à la néonate, c'est vrai qu'il paraît tellement grand quand on arrive en crèche, et qu'on sort de néonate, ça fait bizarre.
- Speaker #1
Mais donc vous me disiez que c'était une autre partie de votre profession, parce que pour être directrice de crèche, il faut absolument être passée par le diplôme d'infirmière puéricultrice, c'est ça ?
- Speaker #0
On peut être soit diplômée infirmière puricultrice, soit diplômée éducatrice de jeunes enfants. Mais il faut un des deux diplômes. Je suis partie en crèche pour voir autre chose aussi. J'avais fait maternité et néonate. Ce n'est pas que je m'ennuyais, parce qu'au contraire, les journées ne se ressemblent pas. Mais c'est vrai que je suis quelqu'un aussi qui a besoin de voir autre chose. Je suis partie en milieu de la crèche. Et là, j'ai commencé... par travailler auprès des enfants en crèche, puis après je suis partie en direction.
- Speaker #1
Ok. Et est-ce qu'il y a des compétences que vous pouvez transposer avec votre ancien métier, si je puis dire ? Et maintenant ?
- Speaker #0
Alors l'accompagnement, il est toujours là. Il est peut-être même plus présent en crèche, dans le sens où on parlait du fait que c'est des courts séjours. C'est vrai qu'une maman qui vient d'accoucher, on va l'accompagner pendant 3 ou 5 jours en fonction de l'accouchement. Un bébé qui est en néonate, ça peut être plus ou moins long, mais moi, dans le service où j'étais, en tout cas, ça ne dépassait pas 15 jours, voire au plus... Moi, je crois que le bébé que j'ai eu le plus longtemps, c'était un mois. Ce n'était pas très, très long non plus. Et la crèche, c'est souvent l'enfant, on l'accueille et on le garde les trois premières années de sa vie. Donc, pour un enfant qui arrive à deux mois et demi en crèche, s'il est là jusqu'à la rentrée scolaire pour ses trois ans... C'est des très très longues périodes. Donc là, on a un vrai travail d'accompagnement. Puis c'est de l'accompagnement sur plein d'étapes différentes du développement de l'enfant. On n'est plus du tout dans le côté soin. Donc du coup, ça change aussi. Les parents attendent de nous un tout autre regard sur l'enfant. C'est plus du tout le côté soin. La crèche, on fait aussi des petits pansements de temps en temps. Oui, ça n'a rien à voir. La bobologie, c'est quand même très doux. Et donc vraiment, oui, c'est... accompagner la famille, accompagner l'enfant dans ses acquisitions de tous les jours. On est sur vraiment le développement de l'enfant, le développement psychique, le développement moteur. On passe par toutes les phases. Il y a vraiment une autre approche qu'on n'a pas dans les autres services dans lesquels je travaille. Là, c'était vraiment une approche longue. Et oui, c'est plus... Oui, c'est un accompagnement de longue durée où vraiment on est là au quotidien. Et on fait partie. plus aussi de la vie de cette famille.
- Speaker #1
Ah bah c'est clair.
- Speaker #0
Parce que l'enfant déjà nous voit tous les jours, donc on fait partie des référents aussi de sa vie, donc tout ce qui est côté affectif. Souvent, l'enfant en crèche, on a ce qu'on appelle des référentes. Donc c'est une personne qui va s'occuper d'un groupe d'enfants. Mais du coup, il y a vraiment ce côté où il y a un lien. Il y a vraiment du lien avec l'enfant. Et puis s'il n'est pas créé, ça ne marche pas. Un enfant qui ne crée pas de lien n'est pas épanoui à la crèche, ou du coup, il ne sera pas bien. Et si lui n'est pas bien, sa famille n'est pas bien, et personne n'est bien, là c'est un autre trio. On était sur un trio soignants, famille, enfants, quand j'étais à l'hôpital. Là, c'est un trio, on n'est plus des soignants, mais c'est la crèche, moi j'appelle ça des accompagnants pédagogiques. Et voilà, la famille, et puis la famille au sens large, parce que là, du coup, la fratrie est vraiment aussi en lien. On prend plus en compte la fratrie. On la prend aussi en compte à l'hôpital, mais on la prend plus en compte... Puis il y a aussi, des fois, le cercle plus large, les grands-parents, les nounous, parce qu'il y a tout le monde qui vient à la crèche chercher l'enfant aussi. Donc voilà, on connaît plus de choses aussi.
- Speaker #1
Vous êtes un peu plus au cœur de la famille qu'à l'hôpital ou en clinique. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Ok. L'épisode touche à sa fin. Quels sont vos conseils pour les étudiants qui aimeraient exercer en puriculture ?
- Speaker #0
Déjà, je pense que ce serait bien que dès le stage de 3e, on puisse laisser entrer les élèves. Dans les hôpitaux, dans les crèches. Alors dans les crèches, c'est un peu plus facile maintenant, mais en tout cas dans les hôpitaux, ça ne l'est pas encore bien. En tout cas dans certains hôpitaux. Je pense que ça pourrait être intéressant pour qu'ils puissent voir déjà le cœur du métier. Et puis l'avantage, c'est que c'est une formation qui permet beaucoup de stages. Donc du coup, de voir aussi plein de services. Donc de savoir ce qui nous plaît et ce qui ne nous plaît pas. Moi, ce que je pourrais dire, si vous ne vous plaisez pas dans un service, changez. Il y a énormément de possibilités quand on est à l'hôpital. Donc ça, ça peut être bien, parce que peut-être qu'on n'est pas bien en chirurgie, mais qu'on sera très à l'aise en néphrologie, par exemple. Et pour tout ce qui est la crèche, écoutez-vous si c'est le métier que vous avez envie de faire, foncez. C'est un beau métier. C'est le métier qui permet aux enfants, aux adultes de demain, d'être épanouis.
- Speaker #1
Merci beaucoup Gwendoline pour nous avoir éclairé sur ce beau métier.
- Speaker #0
Merci à vous.
- Speaker #1
Je suis ravie d'avoir permis à nos auditeurs de vous découvrir. Et pour ma part, je vous donne rendez-vous pour un prochain épisode. A bientôt. Merci pour votre écoute. Nous espérons que ce temps de partage vous a plu. Abonnez-vous pour plus d'histoires professionnelles et de témoignages enrichissants. Suivez-nous sur LinkedIn et retrouvez nos offres d'emploi sur notre site carrière, ped-group.fr Sté-groupe