- Speaker #0
Bonjour,
- Speaker #1
je suis Johanna. Depuis des années,
- Speaker #0
je me passionne pour le wellness,
- Speaker #1
la santé,
- Speaker #0
le sport, la nutrition et tout ce qui contribue au mieux-être mental et physique.
- Speaker #1
Cette quête m'a permis de croiser le chemin de nombreux experts que je souhaite aujourd'hui mettre sur la route de celles et ceux qui en ont besoin. Naturopathes, médecins esthétiques,
- Speaker #0
coachs sportifs, nutrithérapeutes ou encore astrologues,
- Speaker #1
ce rendez-vous existe pour vous les présenter et vous raconter de quelle manière ils ont changé ma vision de la santé holistique. Je vous propose de partir à leur rencontre avec moi.
- Speaker #0
pour le meilleur et pour le mieux.
- Speaker #1
Bienvenue dans le Wellness Wonders Podcast. Augustin est rhumatologue, un spécialiste des maladies des articulations, des muscles et des os. Je dois avouer que je n'avais jamais consulté de rhumatologue auparavant, et je me demandais quelles questions je pouvais bien lui poser. Pourtant, au fil de notre conversation, il est devenu clair qu'Augustin avait des conseils essentiels à partager. Non seulement pour traiter, mais surtout pour prévenir les douleurs et les inconforts causés par la sédentarité et les autres habitudes modernes. Saviez-vous par exemple que notre téléphone portable est l'une des premières causes de douleurs au cervical ? Spécialisé dans l'arthrose, Augustin nous explique comment prendre soin de nos articulations et préserver leur santé à long terme. Que vous passiez vos journées... assis à un bureau, que vous soyez actif, grand sportif ou que vous souhaitiez simplement en savoir plus sur la prévention des douleurs articulaires. Il nous partage ses conseils pratiques et éclairants qui pourraient bien transformer votre quotidien.
- Speaker #0
Salut Augustin !
- Speaker #2
Salut Johanna ! Ça va ? Oui et toi ?
- Speaker #0
Tu reviens juste de l'hôpital ?
- Speaker #2
Exactement !
- Speaker #0
Une grande journée !
- Speaker #2
Une grosse journée, ouais !
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est la journée d'un rhumatologue à l'hôpital ? Tu es à Lariboisière, c'est ça ?
- Speaker #2
Alors, je suis rhumatologue, je travaille à l'hôpital Lariboisière et... J'ai un profil un peu particulier. Je ne suis pas médecin à temps plein parce que je suis universitaire. Donc, je fais aussi de la recherche et je fais aussi de l'enseignement. Donc, en fait, c'est trois jobs en un. Et donc, les journées ne se ressemblent jamais. Et c'est toujours des journées à tiroir, avec un petit tiroir pour s'occuper des patients, pour s'occuper des étudiants et pour s'occuper des projets de recherche.
- Speaker #0
Et du coup, moi, je me disais, je vais demander à un rhumatologue de venir dans mon podcast. Mais qu'est-ce que moi, une fille de femme de 35 ans, peut avoir à faire avec un rhumatologue. On m'a dit qu'il y avait même des jeunes qui consultaient des rhumatologues. Est-ce que c'est vrai ?
- Speaker #2
Oui, c'est vrai. Idéalement, je ne te souhaite pas de consulter un rhumatologue, bien sûr. Maintenant, la rhumatologie, c'est une spécialité. Dans l'imaginaire collectif, c'est vraiment les rhumatismes, les personnes âgées, l'arthrose. En réalité, c'est bien plus vaste que ça. Il y a tout un champ de la rhumatologie qui s'applique principalement à l'adulte jeune, et c'est les maladies auto-immunes. Il y a pas mal de maladies auto-immunes, les plus connues. Le lupus, par exemple, qui a été pas mal médiatisé, ou des maladies plus connues en rhumatologie, qui sont la polyarthrite rhumatoïde, ou des mots un peu bizarres comme ça, mais qui touchent surtout les personnes plus jeunes. Puis après, chez les jeunes, il y a toute la pathologie du sportif et la traumatologie, en fait, tous les patients qui se sont blessés, qui ne vont pas avoir besoin de chirurgie, mais qui vont avoir besoin de soins temporairement pour se remettre un peu sur pied.
- Speaker #0
Et du coup, on vient de voir, par exemple, quand on a eu déjà un accident ou c'est un accident qui est mal soigné et qui traîne ?
- Speaker #2
Ça peut être les deux. La plupart du temps, quand il y a eu un accident, quand on veut le faire soigner, on va plutôt consulter un chirurgien orthopédiste parce que c'est eux qui vont être vraiment spécialisés en traumatologie. Nous, en rhumatologie, on va plutôt soigner les gens qui viennent un peu trop tard ou qui ont eu un accident, qu'ils ont un peu négligé ou qu'ils ont mal soigné et avec les conséquences à long terme sur l'articulation, l'instabilité. Des douleurs qui persistent après un accident, malgré des soins qui ont été bien menés aussi, ça arrive. Et donc, on va essayer de diagnostiquer quelle est l'origine de la douleur, pourquoi les soins n'ont pas permis de revenir à la situation de départ avant le traumatisme. Et ça, c'est tout un job.
- Speaker #0
Et du coup, comment on peut se dire, tiens, j'ai encore mal, c'est peut-être ma cheville que je me suis cassée ou autre il y a quelques années. Comment on le ressent, ces douleurs ?
- Speaker #2
Alors, la plupart du temps, le principal symptôme en rhumatologie, c'est la douleur. C'est la douleur qui est... Souvent, on dit mécanique, c'est-à-dire que c'est des douleurs à la marche, à l'utilisation des articulations. Ça, c'est les douleurs mécaniques. Et puis parfois, il y a des douleurs plus inflammatoires, qui sont des douleurs surtout la nuit ou qui vont réveiller le matin. On va se sentir rouillé pendant hyper longtemps le matin. Ça, c'est vraiment le champ, pas trop de la traumatologie, mais plutôt de la maladie auto-immune ou des maladies inflammatoires. Et pour le sujet qui nous intéresse, après les accidents, les choses comme ça, c'est souvent des douleurs mécaniques, des douleurs à l'utilisation des articulations. Après, vous pouvez avoir des symptômes de raideur, c'est-à-dire une articulation qui est un peu moins souple que l'autre. Comme on a deux côtés, ça permet de comparer. Et puis, d'autres symptômes, des craquements, des sensations d'instabilité, des genoux ou des hanches qui vont se déboîter, des chevilles instables. Il y a plein de symptômes possibles, mais le maître symptôme, c'est vraiment la douleur.
- Speaker #0
Et on peut quand même arriver à ne plus avoir mal, justement, comment on s'y prend ?
- Speaker #2
C'est l'objectif. Et souvent, c'est une approche un peu combinée. avec des soins médicaux, parfois des traitements médicamenteux ou des gestes infiltratifs, c'est-à-dire qu'on vient injecter dans l'articulation ou dans des tissus autour de l'articulation des produits comme des corticoïdes anti-inflammatoires ou de l'acide hyaluronique. Et puis ça se combine avec des approches dites non pharmacologiques, notamment de la rééducation. Et nous, on travaille beaucoup, beaucoup avec les kinésithérapeutes. Et ils nous aident beaucoup pour rééduquer. Une articulation ou un système qui a été un peu traumatisé, qui marche moins bien qu'avant un traumatisme, par exemple.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, du coup, les infiltrations, c'est les fameuses piqûres qu'on fait là où on a mal ?
- Speaker #2
C'est ce qui fait très peur aux gens. En réalité, les gens sont terrorisés à l'idée d'avoir des infiltrations, mais ça se passe toujours assez bien. Et l'idée, c'est effectivement d'agir localement. C'est-à-dire, on a une articulation qui est malade, qui est accessible à un geste, c'est-à-dire à une piqûre. Et bien, plutôt que de donner un médicament par la bouche avec plein d'effets secondaires et des choses comme ça, on préfère essayer d'agir localement pour minimiser le risque de faire des événements indésirables, notamment, et puis être un peu plus précis dans le soin.
- Speaker #0
Et du coup, toi, tu es spécialisé aussi dans l'arthrose. Oui,
- Speaker #2
exactement.
- Speaker #0
Quand on s'est rencontrés, je t'ai dit Ah, moi, ma grand-mère et ma mère ont de l'arthrose. Et tu m'as dit Ah, alors peut-être que toi aussi, ou en tout cas, tu es un terrain propice. Je suis là Ah, bon, bah, super ! Encore un truc, Eric. Mais du coup, comment ça se... J'ai plusieurs questions. Un, à quel moment ça se manifeste ? Comment je peux prévenir de la future arthrose ? Et après, j'ai des questions aussi de la part de mes mères et grand-mères qui ont des visions aussi un peu plus holistiques par rapport à l'alimentation. Mais peut-être parlons déjà de comment potentiellement prévenir et pourquoi c'est héréditaire aussi.
- Speaker #2
Alors, c'est vrai que... Je t'ai dit, il y a ta mère, ta grand-mère, etc. Tu as un risque supplémentaire d'avoir de l'arthrose parce qu'il y a une grosse paragénétique à l'arthrose qui s'explique par plein de gènes différents. Ce n'est pas une maladie très simple à étudier parce qu'il y a énormément de facteurs qui vont contribuer au développement de l'arthrose. En gros, on s'aperçoit aussi qu'en rhumatologie, l'arthrose, c'est une des maladies les plus héritables, c'est-à-dire une des maladies pour lesquelles, quand on a des... parents qui sont atteints, c'est là où on a le plus de risques d'être atteint soi-même. C'est vraiment une maladie qui se transmet génération en génération. Et globalement, c'est assez réducteur de dire l'arthrose. On devrait dire les arthroses parce qu'il y a tellement de maladies différentes ou de mécanismes différents qui vont amener à l'arthrose que c'est très compliqué. Mais c'est vrai que l'ambiance familiale, j'ai des parents, des grands-parents qui sont atteints, c'est un risque pour nous. Pour venir, je pense à la base. C'est-à-dire, qu'est-ce que c'est qu'une articulation ? Une articulation, c'est un... ça a l'air bête comme ça, mais c'est vrai que c'est tout un système qui permet à deux os de se mobiliser l'un par rapport à l'autre. Vous avez d'une part les os qui sont recouverts de cartilage, c'est un espèce de petit coussinet qui va permettre que les os ne frottent pas trop entre eux, c'est à la fois lubrifiant, amortisseur, pare-choc, enfin ça a plein de fonctions le cartilage, et puis autour de ça vous avez toute une membrane synoviale qui crée qui entoure l'articulation et qui va produire un peu de liquide qui permet de lubrifier tout ça. Et autour de ça, il y a encore des structures, des tendons, des muscles, des ligaments qui vont permettre de stabiliser cette articulation pour éviter que ça parte dans tous les sens. Donc, il y a énormément de systèmes qui vont permettre à un truc très simple qui est le mouvement de se produire sans douleur. Et dans l'arthrose, en fait, c'est une défaillance de tout ce système. C'est-à-dire que... Le mouvement ne se fait pas bien, pas harmonieusement, se fait de façon douloureuse et parfois avec des amplitudes de mouvements qui sont plus faibles. C'est ce qui explique grandement l'arthrose. Mais en fait, on n'arrive pas à trouver une cause parce que ça peut être un traumatisme. Typiquement, par exemple, le joueur de foot qui se fait les ligaments croisés ou au ski ou n'importe quoi. On connaît tous dans notre entourage des gens où s'il ne s'est pas soi-même, ça te fait les ligaments croisés. Ça, c'est un traumatisme. Ça va déstabiliser l'articulation. Parfois, quand on est très sportif, on opère. Parfois, on n'opère pas. Mais globalement, l'articulation qui a été traumatisée, elle va être plus à risque de faire de l'arthrose. Puis après, vous avez des arthroses qui se développent chez certaines professions. L'arthrose des doigts chez les travailleurs manuels. L'arthrose du dos chez les gens qui font beaucoup de manutention, des choses comme ça. Puis ensuite, il y a des arthroses qui sont associées au vieillissement. C'est-à-dire qu'on n'a pas vraiment d'explication, mais c'est juste associé au vieillissement. Des arthroses qui vont être liées à l'obésité. l'artrosité, à la sédentarité. Enfin, il y a plein de formes d'arthrose qui arrivent. Donc ça, c'est plein de mécanismes qui vont aboutir à la même conséquence, l'arthrose, qui est le fait que l'articulation n'arrive plus à faire le job.
- Speaker #0
Et ça fait mal.
- Speaker #2
Et ça fait mal. Et du coup, ça impacte d'une part la qualité de vie, mais ça impacte aussi l'utilisation, la fonction de l'articulation, les choses qu'on peut faire. Si c'est une arthrose qui va avoir lieu à la hanche, à la cheville, au genou, ça va impacter la marche. Si c'est une arthrose sur les doigts, je vais avoir du mal à faire certains mouvements de la vie quotidienne, ne serait-ce qu'ouvrir une bouteille, mettre la clé dans une serrure, des choses comme ça. Et en fait, on ne se rend pas compte de... de l'impact que ça peut avoir quand on n'est pas atteint. Mais c'est comme quand on a mal quelque part, on se rend compte que finalement, une articulation, si je me fais mal à l'épaule, c'est hyper utile, une épaule, etc.
- Speaker #0
C'est pour ça que c'est ce que j'allais demander. On a souvent nos mamies qui ont mal aux mains, par exemple, et qui se disent Ah, mais j'ai de l'arthrose à la main, j'ai mal. Est-ce que tu peux m'ouvrir cette bouteille ? Mais typiquement, la hanche, tu parlais de la hanche. Est-ce que quand on a de l'arthrose à la hanche, on peut se faire remplacer la hanche et puis comme ça, on n'en a plus ? Ça marche ou pas ?
- Speaker #2
La hanche, c'est un très bon exemple pour lequel la chirurgie marche super bien. On sait que l'arthrose de la hanche, la prothèse de hanche, elle permet dans la grande majorité des cas d'avoir ce qu'on appelle la hanche oubliée. C'est-à-dire que le patient ne sait même plus qu'il a une hanche.
- Speaker #0
Donc il compense...
- Speaker #2
Plus de symptômes que... Après la chirurgie, il a tellement plus de symptômes qu'il oublie qu'il a une prothèse. Donc c'est une chirurgie qui marche super bien. Le problème, c'est que c'est vraiment la seule articulation. On a des résultats aussi spectaculaires parce qu'au genou, ce n'est pas du tout ça. Les autres articulations, ce n'est pas ça non plus. Il y a de très bons résultats, mais ils ne sont pas aussi bons. Donc, ce n'est pas la même probabilité de réussite. Donc, le pari n'est pas le même avant d'envoyer quelqu'un voir le chirurgien.
- Speaker #0
Et comment on fait pour prévenir ? Est-ce qu'il doit bien y avoir des méthodes ?
- Speaker #2
Alors, l'articulation, en fait, on sait que c'est un système qui n'est pas inerte. C'est-à-dire que ce n'est pas figé dans le temps. Au début, on pensait que le cartilage, c'était inerte, que ça ne se réparait pas, que quand c'était pété, c'était pété. pour parler vulgairement. En réalité, on sait que ce n'est pas vrai. En fait, les articulations, c'est de la mécanique. Ça permet de faire le mouvement et c'est le mouvement qui va entretenir l'articulation. Typiquement, si je n'utilise pas une porte, on va voir que ces gonds vont se mettre à rouiller et elle va finir par grincer ou avec l'usure, etc. C'est la même chose avec les articulations. Donc, faire de l'activité, entretenir ses articulations avec l'activité physique. C'est à ce jour le meilleur moyen de prévenir l'arthrose. On sait qu'avoir une activité physique, je ne demande pas un marathonien, un athlète olympique ou ce qu'on veut, mais le sport qu'on fait quotidiennement, un peu de course à pied, un peu de yoga, un peu des choses comme ça, ça entretient les articulations. On sait qu'un patient ou une personne, plutôt même qui est immobile, qui est sédentaire, son cartilage va s'amincir. Quand on envoie quelqu'un sur une station spatiale, Il n'a plus la gravité, le cartilage va s'amincir, ça fait partie des challenges médicaux liés aux astronautes par exemple. Et donc on a besoin de solliciter les articulations, on a besoin de les entretenir, ne serait-ce que pour stimuler un peu son cartilage, et stimuler la réparation de certaines fissures, certaines choses dans le cartilage, et aussi pour entretenir tout ce qu'il y a autour, les muscles, les tendons, en fait on a besoin d'une bonne musculature, parce que si on n'a pas de muscles, le mouvement est instable, l'articulation est instable. Et on augmente le risque de faire des micro-traumatismes qui, quand ils se répètent dans le temps, ça finit par aboutir à de l'arthrose.
- Speaker #0
Et par exemple, si quelqu'un n'a pas fait beaucoup de sport dans sa vie, commence à avoir des douleurs. Est-ce qu'on peut renverser un peu ce schéma en se mettant au sport ? Ou est-ce que déjà, les articulations ont pris un coup ?
- Speaker #2
Alors, en 2024, on ne sait pas tellement faire marche arrière. C'est encore le gros challenge en rhumatologie, c'est d'arriver à réparer. des lésions qui se sont déjà faites. Quelqu'un qui a mal, qui a été sédentaire toute sa vie, qui a eu une hygiène de vie pas terrible, s'il développe de l'arthrose, on ne pourra pas faire marche in arrière. Par contre, ce qu'on saura faire, c'est limiter la casse, c'est-à-dire faire en sorte que les choses ne s'aggravent pas, stabiliser, et là, c'est le moment aussi, il n'est jamais trop tard pour mettre le pied à l'étrier, se remettre au sport, perdre un peu de poids quand on est en surcharge. Et puis, tout ça, mis bout à bout, finalement, ça permet aux patients d'avoir un niveau de douleur plus acceptable, voire carrément nul, c'est-à-dire plus de douleur du tout.
- Speaker #0
Et j'ai entendu par ma maman et ma grand-mère, encore une fois, que tous les sports à impact, donc la marche ou toutes les choses où il y avait un peu des chocs sur les articulations, ça stimulait et ça permettait d'aider tout ce qui était arthrose.
- Speaker #2
C'est très bien montré pour la marche, surtout. La marche, c'est vraiment la meilleure activité. qu'on puisse proposer à quelqu'un qui veut se protéger de l'arthrose des membres inférieurs, la marche, faire ses 10 000 pas par jour, marcher régulièrement, ça c'est vraiment le meilleur exemple, parce qu'effectivement, avec le poids, on vient stimuler le cartilage du genou, de la hanche, de la cheville, et ça, ça fortifie le cartilage en fait. Les petites cellules qui sont à l'intérieur du cartilage, elles vont produire de la matrice un peu plus résistante, un peu plus solide. Donc ça, on sait que c'est très vrai. On sait... pas bien pour les membres supérieurs, les épaules, les coudes, les mains, ce qu'on peut faire pour prévenir, mais pour les membres inférieurs, en genoux notamment, c'est ce qui est le mieux étudié, et on sait que la marche, c'est très bon. Pour la course à pied, il y a eu beaucoup de questions autour de la course à pied, parce que beaucoup d'idées reçues, comme quoi c'était mauvais pour les articulations de courir, en réalité, on se rend compte que c'est... Pas néfaste. Alors, c'est vrai que les gens qui font 2, 3, 4 marathons par an, ils ont tendance à fragiliser un peu leurs genoux. Donc, ils font un peu plus d'arthrose que les autres. Mais quelque part, bizarrement, ils sont mieux armés parce qu'ils font moins de prothèses. Ce qui veut dire qu'en fait, ils gèrent mieux leurs genoux, leurs douleurs, grâce probablement à l'activité physique qu'ils ont et à la façon d'utiliser leurs articulations.
- Speaker #0
Oui, c'est un peu le risque bénéfice, c'est-à-dire mieux quand même faire du sport.
- Speaker #2
Exactement. Un peu trop quoi. Exactement. En fait, en médecine, c'est toujours pareil, c'est les fameux courbants U. C'est-à-dire que quand on est dans l'extrême, c'est kata. C'est-à-dire trop sédentaire, c'est kata. Trop actif, ce n'est pas terrible non plus pour les articulations. Mais globalement, pour monsieur et madame tout le monde, il y a un juste milieu à trouver. Et en fait, c'est faire un peu d'activité physique deux, trois fois par semaine. Marcher régulièrement. On a toujours cette cible de 10 000 pas. Peut-être que c'est un peu moins, peut-être que c'est 6 000. Mais globalement, il faut garder des objectifs. atteignable. Et en fait, tout ça, c'est de l'hygiène de vie, en fait. Comme on dit, manger sainement, dans manger bouger, il y a bouger aussi. C'est vrai que ça, ça permet de limiter plein de choses, cardiovasculaires, etc., mais aussi l'arthrose.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, tu dis manger, alors, c'est le sujet du lait, par exemple, où, alors, ma maman, moi, a arrêté complètement le lait, on va dire, de vache. Au profit, parce qu'il y avait la grande énigme de si tu as des os fragiles ou tu as de l'arthrose, il faut manger plein de calcium, etc. Et elle a tout arrêté pour favoriser plus ce qui était algues, collagène, silicium, etc. Est-ce que toi, il y a une théorie des recherches là-dessus ou est-ce que c'est un truc de gens qui vont voir des naturopathes ?
- Speaker #2
Non, en fait, il y a beaucoup de patients qui en parlent. Le lait, c'est un sujet qui est un peu polémique parce qu'il y a des lobbies dans les deux camps. Et globalement, il y a eu des recherches là-dessus. Et en fait, il n'y a rien qui prouve que ne pas boire de lait améliore quoi que ce soit. Et donc, en fait, c'est un choix personnel d'arrêter de boire du lait. Mais il faut faire attention à ne pas être trop carencé non plus, notamment parce que le lait, c'est un apport de calcium. Les produits laitiers, yaourts, fromages, etc., c'est des sources de calcium. Et on a besoin de calcium. Et avec l'âge, et surtout les femmes, après la ménopause, elles ont besoin de calcium pour s'assurer que les os ont ce qu'il faut pour rester vaillants. Parce qu'une carence en apport en calcium, ça fragilise un peu les os. Parce que les os, le matériel principal, c'est le calcium. Donc si on se carence, si on en mange moins, on est plus à risque de faire de l'ostéoporose. Donc on a le droit de ne pas boire de lait. Mais il faut trouver d'autres sources de calcium, des eaux minérales qui sont riches en calcium, etc. Il y a plein de sites qui permettent de savoir qu'est-ce qui est riche en calcium pour faire des tests aussi, savoir si ces apports en calcium sont suffisants. Il y a plein de sites sur Internet qui permettent de le faire. C'est intéressant d'avoir une idée de ça quand même, de savoir quels sont les apports recommandés. Et OK, si on ne veut pas boire de lait, finalement, ce n'est pas tellement mon problème. Je ne suis pas producteur de lait moi-même. Mais ce qui m'intéresse, c'est que quand même, les gens ne soient pas carencés parce que c'est ça qui est... qui a un peu le risque dans ces régimes d'éviction.
- Speaker #0
Et tu as cité l'ostéoporose. L'ostéoporose et l'arthrose, c'est quoi la différence ?
- Speaker #2
L'ostéoporose, c'est la fragilité des os avec l'âge, essentiellement. L'arthrose, c'est vraiment la fragilisation des articulations qui peut venir avec l'âge, mais pas que. Moi, j'ai beaucoup de patients qui ont moins de 40 ans et qui ont des problèmes d'arthrose qui débutent. souvent dans un contexte de sport, bien sûr, ou de problèmes de dysplasie, ce qu'on appelle des articulations qui ne sont pas très bien fichues. Et donc, en fait, ça atteint vraiment tous les âges, l'arthrose. Mais c'est aussi ces deux maladies qui sont quand même très associées au vieillissement de la population. Mais l'ostéoporose, c'est vraiment uniquement les os. Donc, c'est des os qui vont casser, qui vont faire des fractures, alors que l'arthrose, c'est des articulations qui vont moins bien marcher.
- Speaker #0
Et est-ce que... l'arthrose, c'est un peu inflammatoire ou pas du tout ?
- Speaker #2
Il y a une part d'inflammation, mais l'inflammation, en fait, si on en cherche, on en trouve partout dans toutes les maladies. Si on en trouve dans les maladies cardiovasculaires, on en retrouve dans Alzheimer, on en trouve dans l'arthrose, dans l'ostéoporose, il y a toujours un fond d'inflammation. À partir du moment où il y a une agression, et dans l'arthrose, il y a une agression, un stress traumatique qui est mal géré par l'articulation et ça va créer de l'inflammation, un choc. Relarguer des petits débris de cartilage dans l'articulation qui vont créer de l'inflammation. Qui a toujours un peu d'inflammation.
- Speaker #0
Et tu me disais, je trouvais ça assez intéressant, toutes les personnes qui venaient te voir en ayant un peu mal, des douleurs, peut-être pas forcément de l'arthrose, mais en tout cas des inconforts. Je te disais, par exemple, c'est quoi le problème principal ? Et tu m'as parlé de la sédentarité des gens, et de plus en plus jeunes aussi.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai qu'en fait, on a pas mal de gens qui viennent pour des problèmes de douleurs, et on se rend compte... qu'ils sont convaincus d'avoir de l'arthrose. Et souvent, d'ailleurs, on leur dit, Non, vous n'avez pas d'arthrose, vous avez des douleurs plus musculo-tendineuses, ou ligamentaires, ou voilà. Enfin, il y a plein de causes possibles aux douleurs. Et souvent, quand on les interroge, et j'invite tout le monde à s'interroger un peu là-dessus, c'est quoi les activités physiques qu'on fait dans une semaine type ? Est-ce qu'on fait du sport une fois, deux fois, trois fois dans la semaine ? Est-ce qu'on prend le temps de marcher ? Est-ce qu'on prend le temps d'aller courir, de faire la natation, de faire un sport qui nous plaît ? Et en fait, c'est assez surprenant de voir qu'on est de plus en plus sédentaires. Il faut voir, il y a des statistiques qui sont publiées régulièrement sur la sédentarité des Français. Et avant les JO, il y avait eu toute une enquête qui avait été faite là-dessus. Et le temps passé assis devant une télévision en France, il est énorme. C'est des heures et des heures. par jour qui sont passés sur un canapé alors que c'est du temps qu'on pourrait consacrer au moins en partie à marcher, à bouger, à faire du sport et une activité. Et moi, ce qui m'avait surpris dans ces enquêtes-là, c'est que je pensais que, étant parisien, je me suis dit, à Paris, les gens sont dynamiques. Ils prennent les transports, ils bougent, ils font du vélo, etc. Et en fait, non, on se rend compte qu'à Paris, c'est la région en France où on est le plus sédentaire. Et dans les villes... plus rurales, on est beaucoup moins sédentaires qu'en région parisienne. J'étais assez choqué parce que c'était une idée reçue que j'avais. Et en fait, à Paris, les gens ne font pas de sport. Peut-être aussi parce que l'environnement parisien est moins invitant, on va dire, moins propice aux activités sportives. Il y a la pollution, il y a tout ça. Et je pense qu'on se trouve aussi beaucoup de bonnes raisons de ne pas en faire.
- Speaker #0
Et moi, ça ne m'avait pas étonné, cette stat, parce que venant des Alpes, et ayant grandi en station de ski, j'ai toujours eu des gens autour de moi dans la région grenobloise qui ont toujours fait beaucoup de sport. C'est-à-dire que nous, on faisait deux, trois fois, quatre fois par semaine, sans compter les week-ends, du sport. Et en arrivant à Paris, quand je suis arrivée à Paris, le premier truc que je me suis dit, c'est mais on fait quoi le week-end ici ? C'est-à-dire que moi, le week-end, j'avais l'habitude d'aller faire des randonnées, du ski. Et là, à Paris, je me disais, mais les gens, ils sont au café. Qu'est-ce qui se passe ? Et le seul endroit pour faire du sport, c'est de manière un peu artificielle, on va dire. Si on ne va pas courir sur les quais, par exemple, on fait du sport de manière artificielle, d'ailleurs, dans les salles de sport, pour courir sur un tapis, pour pousser de la fonte, pour faire un cours de pilates ou yoga ou autre, ou de danse, etc. Mais ce n'est pas de la sortie sportive, comme j'avais l'habitude d'en voir. C'est ça.
- Speaker #2
C'est vrai que ce n'est pas pareil, ce n'est pas le même cadre. Il faut trouver un truc. pour se motiver à en faire. Et c'est vrai que si c'est des cours collectifs, et si c'est de la salle de sport, mais bon, il y a plein de gens à qui ça convient pas, ces solutions-là, qui sont très urbaines, et des gens qui, comme toi, sont beaucoup plus heureux en pleine nature pour faire du sport que dans un environnement très urbain. Mais le fait est que la démographie veut qu'on urbanise de plus en plus nos modes de vie. Donc il faut vraiment trouver de façon urgente, mais ça c'est vraiment une légitimation politique, des moyens. de déclencher des prises de conscience sur quel sport je peux faire, comment je peux m'organiser pour faire du sport dans des bonnes conditions et dans un environnement qui ne soit pas trop hostile. Typiquement à Paris, effectivement, comme tu dis, tu peux courir sur les quais, un peu dans le bois de Boulogne, dans le bois de Vincennes, ou certains parcs, mais en fait,
- Speaker #0
souvent,
- Speaker #2
on est sur les trottoirs, on est dans les embouteillages, il y a les pollutions, les gaz d'échappement, il y a plein de choses qui font que ce n'est pas hyper facile. Mais bon, il n'y a pas plein de solutions.
- Speaker #0
Il faut trouver quelque chose qu'on aime.
- Speaker #2
Il faut trouver quelque chose qu'on aime, et puis en fait, parfois, il ne faut pas hésiter à faire appel à un coach sportif, par exemple, ponctuellement, qui va débloquer certains tabous qu'on peut avoir. Et typiquement, les gens qui viennent, sédentaires, qui ont mal au genou, si je leur dis qu'il faut faire du sport, ils vont me dire oui, mais j'ai mal au genou, je ne peux pas faire de sport En fait, si, ils peuvent faire du sport, mais au début, ils vont avoir besoin d'être accompagnés. Alors, ça peut être par un kiné, ça peut être par un coach sportif, diplômé, etc., qui peut aider à… reprendre confiance dans son corps et puis se dire que oui, effectivement, il y a des mouvements qu'on peut faire. Moi, par exemple, je suis grand, je me fais tout le temps mal au cervical et j'ai l'impression que si j'ai mal au cervical, je ne peux pas faire de sport. Et en réalité, il y a plein de choses qu'on peut faire. Et je m'aperçois maintenant que c'est plutôt dans les périodes où je ne fais pas de sport que j'ai mal partout et que faire du sport aide plutôt à gérer les douleurs du quotidien.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, en parlant de douleurs cervicales, Il y a une autre pathologie et un autre symptôme qui est arrivé. C'est à cause de... Du coup, ce qui fait très mal au cervical, c'est le téléphone.
- Speaker #2
Le téléphone, c'est une vraie nouveauté en médecine, je crois. C'est vraiment... On décrit de plus en plus. Il y a des articles dans des journaux très prestigieux qui en parlent. C'est les douleurs cervicales qui sont liées à l'utilisation des smartphones. Parce que quand on est sur notre smartphone, il suffit de regarder dans la rue. Les gens qui marchent en regardant leur smartphone, ils ont la tête baissée. Ça tire complètement sur les trapèzes, sur les cervicales et ça donne des petits problèmes de posture. Et en fait, on déséquilibre complètement tout l'équilibre de la colonne vertébrale. Et ça provoque énormément de dégâts en fait. Mais c'est vraiment quelque chose de très sérieux. Au début, c'est juste musculaire, mais il y a fort à parier. On n'a pas assez de recul que ça puisse déclencher ou aggraver une arthrose cervicale sous-jacente. C'est une vraie plaie.
- Speaker #0
et il y avait aussi alors ça je sais pas si c'est vrai tu sauras peut-être me dire quand on tient notre téléphone dans la main on le repose souvent sur le petit doigt et du coup quand on compare nos deux doigts l'un à côté de l'autre en fait on voit qu'il y en a un qui est un peu déformé à cause du téléphone est-ce que ça peut être ça ou pas ?
- Speaker #2
non bah oui bien sûr mais tu sais c'est le truc du stylo ouais bah au stylo je sais pas moi ça me faisait ça aussi quand j'étais au lycée que je prenais des notes ou à la fac et bah j'avais une petite bosse au niveau de l'endroit où je posais mon stylo sur mon troisième doigt quoi donc Je pense que c'est pareil avec le smartphone. Mais si ça apparaît, il faut vraiment remettre en question son utilisation du smartphone. Ça veut dire qu'on l'utilise beaucoup trop. Il est trop lourd. Donc, ne pas hésiter à consulter le temps d'écran qu'on passe sur son téléphone. Parce qu'en réalité, je crois qu'on déséquilibre plein de choses dans notre organisme quand on utilise le smartphone. Ça pousse à la sédentarité. Ça pousse à avoir des postures qui sont mauvaises sur les épaules, sur les cervicales. Et ça, c'est des choses que les kinés connaissent très, très bien aussi.
- Speaker #0
Et du coup, tu disais que tu participais aussi à des recherches. Et qu'est-ce qu'il y a comme recherche en ce moment ?
- Speaker #2
Alors, la recherche sur l'arthrose, il y a plusieurs champs de la recherche. En gros, c'est une maladie pour laquelle, un peu comme la maladie d'Alzheimer, même si ça commence à changer, on n'a pas de traitement spécifique. C'est-à-dire qu'actuellement, le traitement de l'arthrose, c'est quoi ? C'est que je donne des médicaments contre la douleur. En pratique, ça ne marche pas super, c'est péter d'effets secondaires. Et puis, parfois, je fais des infiltrations et puis on envoie les gens chez le kiné. Mais voilà, ça s'arrête un peu là. Enfin, il y a plein de petites choses. Mais bon, on n'a pas de traitement spécifique qui va cibler la douleur de l'arthrose ou qui va cibler, par exemple, la perte en cartilage, qui va permettre de ralentir la progression de l'arthrose. Donc ça, il y a beaucoup de recherches qui sont faites pour essayer de trouver des cibles de traitement et voir, par exemple... Dans l'inflammation ou dans la biologie du cartilage, est-ce qu'il n'y a pas des choses que je peux impacter pour impacter l'évolution de l'arthrose ? La recherche fondamentale au laboratoire, elle se fait là-dessus. Et il y a quand même une prise de conscience qui se passe au niveau de la communauté médicale et de la recherche, c'est que l'arthrose, c'est un gros challenge pour les sociétés.
- Speaker #0
industrialisés ou non d'ailleurs, parce qu'il y a des études épidémiologiques, on essaie de voir un peu comment vont évoluer les maladies au cours du temps, et les projections, c'est qu'en 2050, dans le monde, il y aura plus d'un milliard de personnes qui seront concernées par l'arthrose. C'est énorme. Et donc il y a un vrai enjeu à trouver des solutions contre ça, et donc il y a de plus en plus de... d'industriels aussi qui s'accaparent du sujet et qui commencent à développer des traitements spécifiquement dans cette maladie. Alors qu'il y a dix ans, il n'y avait absolument rien en développement. C'était un désert. Donc, c'est porteur d'espoir pour les patients parce qu'il y a des essais, on tente des choses, il y a des médicaments qui sont en développement. Et puis, il y a la FDA, c'est l'autorité américaine du médicament, qui est la grande autorité et qui a vraiment un impact bien au-delà des États-Unis. qui a décrété, entre guillemets, que l'arthrose, c'était un problème très sérieux, qu'il fallait s'en occuper et qui est prête à faciliter la recherche là-dessus. Donc tout ça, c'est des signaux qui montrent que le vent est un peu en train de tourner et cette maladie qui était complètement négligée, qu'on pensait comme complètement inéluctable, un signe de l'usure des articulations avec le temps, en fait, on se rend compte que ce n'est pas le cas. C'est un vrai problème pour les sociétés en termes de handicap, de consommation de soins, etc. et pour les patients individuellement en termes de qualité de vie. Et donc, beaucoup de gens s'accaparent du sujet. Et je pense que ça va dans le bon sens.
- Speaker #1
Et par exemple, dans les compléments alimentaires, est-ce que tu entends un peu des modes qui arrivent à tes oreilles ? Le collagène.
- Speaker #0
C'est le collagène marrant. Et c'est vrai qu'on voit plein de pubs.
- Speaker #1
Alors, c'est marrant parce que le collagène, tous les corps de métier, en tout cas ceux interrogés ici, il y a les médecins esthétiques. Est-ce que ça va me faire une belle peau ? les naturopathes, est-ce que ça va réparer ma membrane intestinale ? Est-ce que ça va me faire des protéines ? Et les rhumatologues, est-ce que ça va faciliter les douleurs des articulaires ?
- Speaker #0
La question, c'est qu'est-ce que ça peut apporter ? Le collagène, qu'est-ce que c'est ? En fait, le collagène, c'est vraiment une brique élémentaire de beaucoup de tissus de l'organisme. Il y a plein de collagènes différents. Le collagène de la peau, ce n'est pas le même que le collagène du cartilage, qui n'est pas tout à fait le même que le collagène de l'os, etc. Et en fait, il y a plein de types de collagènes. Donc c'est une très très très très grosse molécule qui est elle-même un assemblage de molécules. C'est vraiment un truc d'une complexité inouïe. Et on ne peut pas absorber une fibre de collagène entière. On la fragmente et puis on l'ingère. Et puis l'estomac va en détruire une partie. Et finalement, quand on mange du collagène, il va être en partie dégradé par l'estomac. Il va passer dans la circulation. Tous les petits fragments de fragments de fragments. Il faut qu'ils arrivent dans les articulations. Enfin, il y a plein de limites qu'on peut imaginer pour dire est-ce que vraiment ça va atterrir là où j'ai envie qu'il arrive, en l'occurrence dans les articulations ou dans la peau ou dans le tissu intestinal. Enfin bref, il y a plein de questions qui se posent sur l'utilisation du collagène. Ça, on n'a pas les réponses, mais on est pragmatique, on regarde les études. Et il y a des études qui ont essayé, chez les patients qui ont de l'arthrose, de donner du collagène et de comparer ça à un placebo. C'est-à-dire un truc... complètement inerte, qui n'a pas d'effet pharmacologique propre. Et chez les patients qui prennent du collagène, et bon, c'est des études qui ont comparé plein de collagènes différents, donc c'est difficile d'avoir une réponse très univoque, mais il semble quand même que ça diminue un peu le niveau de douleur des patients, sans pour autant impacter l'évolution naturelle de l'arthrose. Donc dire, par exemple, que manger du collagène, ça va donner mes articulations solides et tout, on n'est pas capable de le dire. C'est vraiment un discours marketing. Tout ce qu'on peut dire, c'est que peut-être que ça améliore un peu les douleurs, sans qu'on comprenne bien pourquoi.
- Speaker #1
Donc on peut quand même essayer et voir, finalement.
- Speaker #0
Essayer, c'est pas prêt d'être remboursé par la Sécurité sociale, je crois. Mais voilà, c'est OK. Ce qu'on sait aussi, c'est que c'est pour le coup complètement inoffensif. En termes d'effets secondaires, on n'est pas très inquiets sur le collège Anne-Marin.
- Speaker #1
Et des bouillons d'os, par exemple. Parce que moi, celui que je prends, par exemple, c'est du bouillon d'os. Et je fais beaucoup de bouillons d'os. Est-ce que manger des bouillons d'os, on peut prendre soin de ses os avec ?
- Speaker #0
Alors, la difficulté du bouillon d'os, c'est quel os tu mets ? Est-ce que tu as une recette très standardisée de bouillon d'os ? Moi, je n'y connais rien. Mais voilà, encore une fois, en étant pragmatique, je ne pense pas que ça te fasse de mal. Après, il faut voir la composition du bouillon d'os. Moi, je ne la connais pas typiquement. Mais ce qui compte, c'est d'avoir des apports en protéines, notamment. Et il y a plein de façons de manger des protéines, même quand on est végétarien ou quand on n'a pas envie de manger de viande. poisson de choses comme ça il ya plein de façons d'absorber des protéines et je pense que ça c'est beaucoup plus important pour avoir des apports équilibré parce qu'on s'aperçoit aussi que on parfois de l'apport protéique. Et c'est ça qui fait en fait la matière première du collagène, des films musculaires, de tout ça. Donc, c'est le plus important, je crois. Quelles que soient les sources. Après, c'est vraiment une affaire très personnelle de savoir qu'est-ce qui nous plaît, qu'est-ce qu'on aime manger.
- Speaker #1
Parce que du coup, tu dis que l'apport protéique est important par rapport à la masse musculaire qu'on a et qu'on garde tout au long de sa vie. Mais en quoi ça impacte les os aussi ?
- Speaker #0
Parce qu'il y a des protéines dans les os, en fait. Il y a aussi... plein de collagène dans les os et que les collagènes, c'est fait à base de protéines. C'est une espèce d'assemblage de protéines entre elles qui donne une énorme macro-protéine. C'est comme une grande tour avec plein de briques. Si chaque brique est une protéine, on imagine que le collagène c'est un assemblage de plein de briques. Et donc, il faut avoir la matière première et la matière première, c'est la protéine. C'est ça qui permet d'avoir des tissus résistants, ne serait-ce que de la peau, des muscles. Pas que les muscles, les os, les tendons, les ligaments, tous les tissus de l'organisme. Il ne faut pas négliger ça. Ce n'est pas que les sportifs qui font de la muscu qui doivent manger des protéines.
- Speaker #1
En plus, c'est vrai que sur toutes les femmes, on perd beaucoup de masse musculaire plus on vieillit. On a du mal à faire plus de muscles, même les hommes aussi sûrement.
- Speaker #0
Les femmes, il y a une grosse inégalité, c'est la ménopause. Au moment où on perd tous les oestrogènes, il y a un effet. bénéfique des oestrogènes sur les muscles, sur le cartilage, les os, etc. Et donc la carence assez brutale en oestrogènes au moment de la ménopause, ça fragilise tous ces tissus-là. Et à contrario, on a tendance à prendre du poids à la ménopause parce qu'il y a un équilibre entre la masse grasse et la masse maigre qui se fait au détriment de la masse maigre, plutôt en favorisant la prise de masse grasse. Donc ça, c'est vraiment un truc qui est... très injuste pour les femmes, mais effectivement, c'est aussi l'importance de faire une activité physique régulière, d'avoir une alimentation contrôlée. L'idée n'est pas, bien sûr, de tomber dans l'excès inverse et d'être trop maigre, etc., mais de limiter la prise de poids à ce moment-là.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des compléments alimentaires ou des molécules qui arrivent et qui sont hyper intéressantes, qu'on peut déjà conseiller aux personnes autour de nous ?
- Speaker #0
Alors... Le collagène, pourquoi pas. Ensuite, en complément alimentaire, il n'y a pas grand-chose qui a montré une efficacité spécifique. Une des molécules qui a été les plus étudiées, c'est le curcumin anti-inflammatoire. Et on sait, par exemple, il y a une étude australienne qui a montré que chez les gens qui avaient une arthrose de genoux, avec un épanchement du liquide dans le genou, la prise de curcumin, ça améliorait un peu les symptômes. Donc ça, ce n'est pas inintéressant. Sur le reste, il n'y a pas grand-chose qui a montré quoi que ce soit, qui a prouvé des effets. Je ne suis pas naturopathe, je ne suis pas homéopathe non plus. Il y a plein de choses qui sont dites et à mon avis avec beaucoup d'arguments un peu marketing. Il faut se méfier de certains discours qui sont vraiment, à mon avis, un peu mensongers. Après, il y a des gens qui travaillent très bien et qui ont des discours vraiment très... très factuelles. Il faut savoir qu'on n'a pas la réponse à tout non plus en médecine et qu'il y a la place pour certaines médecines un peu alternatives, surtout si elles ne font pas trop de dégâts. Le problème, vraiment, je crois, c'est dans des maladies plus graves, si on détourne les patients de soins efficaces pour prioriser des soins qui n'ont pas fait la preuve d'efficacité. Dans l'arthrose, comme nous-mêmes, on n'a pas fait preuve d'une efficacité révolutionnaire, on ne peut pas... On ne peut pas mettre de côté certaines médecines un peu alternatives qui peuvent apporter plein de bénéfices aux patients.
- Speaker #1
Donc du coup, pour résumer, faire du sport, ne pas être sédentaire ?
- Speaker #0
Ça, c'est à mon avis le conseil numéro un. Il faut lutter contre la sédentarité. C'est le mal du 21e siècle et des sociétés urbanisées.
- Speaker #1
Arrêtez de regarder son téléphone la tête penchée.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Parce qu'en plus, ça favorise également le double menton.
- Speaker #0
Exactement, il paraît, ouais.
- Speaker #1
parce que comme on baisse la tête ça fait des plis si vous ne voulez pas être nibossu avec un double morceau tranquille sur le téléphone et pouvoir regarder l'horizon parce qu'à un moment à force de pencher la tête on finit par ne plus pouvoir la relever c'est ça, voilà, et qu'il existe des solutions et qu'en fait on peut aussi développer des douleurs suite à un peu à des petits traumatismes sportifs ou autres et qu'il ne faut pas hésiter à consulter puisqu'il y a des solutions pour...
- Speaker #0
et puis des solutions vraiment simples de rééducation... Et je pense notamment comme ça, parce que c'est un exemple qui est hyper fréquent aux entorses de cheville. Ça peut paraître hyper anodin, parce qu'une fois qu'on a passé quelques jours douloureux, ça passe. Mais en fait, la cheville, elle se souvient des traumatismes passés. Et faire des entorses à répétition, ce n'est pas anodin. C'est là où il faut aller aussi chez le kiné et ainsi de suite.
- Speaker #1
Est-ce que c'est vrai que les entorses souvent se font à répétition ?
- Speaker #0
Quand on en fait une, en fait, la cheville, elle est un peu traumatisée, elle est instable. Donc, on n'est plus à risque d'en faire une deuxième, puis une troisième, puis une quatrième. Mais la répétition des entorses, là, ça va... aggraver le risque d'arthrose, c'est à ce moment-là qu'il faut aller voir le kiné pour bien rééduquer sa cheville et limiter le risque de refaire des entorses après. Et c'est vrai pour toutes les articulations, un genou traumatisé, une entorse de genou avec les ligaments croisés, il faut la rééduquer et ainsi de suite.
- Speaker #1
Très bien, merci pour ces conseils Augustin, en tout cas n'hésitez pas à consulter si vous avez mal, puisque Augustin est là, il vous accueille. à la riboisière.
- Speaker #0
Il y a un peu de délai, mais il y a plein de médecins, effectivement, qui prennent en charge tout ça. Il ne faut pas hésiter à essayer de trouver des solutions médicales. Ça existe.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Merci, Johanna.
- Speaker #2
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- Speaker #1
Deezer.
- Speaker #2
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- Speaker #3
Merci.