Speaker #0Dans quelques semaines, je vais m'absenter complètement de mon business pendant plus ou moins dix semaines. Et quand je te dis m'absenter, c'est vraiment m'absenter. Je ne vais pas continuer mes prestations de service à moitié, je ne vais pas bosser quelques heures par-ci, par-là. Non, là, l'objectif, c'est vraiment que je puisse prendre mon congé maternité et que pendant ce temps-là, mon business tienne le coup sans moi. Et cet épisode, vous me l'avez demandé plusieurs fois. Comment je prépare mon congé maternité en tant qu'entrepreneur, en tant que freelance ? Comment est-ce que je fais avec mes clients, avec mon chiffre d'affaires, ma création de contenu ? Comment, au final, je prépare une absence qui est aussi longue, alors que, probablement comme toi, il y a encore beaucoup de choses dans mon business qui reposent sur moi ? Et je trouve que cet épisode, il est assez drôle à enregistrer, parce que c'est littéralement ce que je fais faire à certaines de mes clientes. Quand j'ai une cliente qui me dit qu'elle va devoir s'absenter, qu'elle a besoin de prendre des vacances... de déconnecter, qu'elle sait qu'elle va être moins présente en tout cas pendant une certaine période. On va aller regarder son organisation, ses systèmes, ses process, ce qu'on peut anticiper, automatiser, déléguer, mettre des agents IA, etc. Donc, en théorie, je sais très bien ce qu'il faut faire. Et pourtant, quand ça a été mon tour, je t'avoue que j'ai stressé exactement comme tout le monde. Parce que je pensais à mon chiffre d'affaires, je pensais à mes clients. Est-ce qu'ils vont bosser avec quelqu'un d'autre pendant que je ne suis pas là ? Est-ce qu'ils vont revenir ensuite ? Est-ce qu'on va complètement m'oublier ? Je pensais à ma visibilité, mes contenus, mon acquisition. Tous ces efforts que je fais depuis des années, entre toi et moi, j'avais très peur que ça s'annule du fait de mon absence. Et puis, je pensais aussi à ma reprise, qui est un truc que j'appréhende déjà alors que je ne suis toujours pas partie. Aujourd'hui, j'avais envie de te raconter très concrètement ce que j'ai mis en place pour amortir mon absence. Mais surtout, ce que ça m'a forcé à regarder dans mon propre business. Parce que, ok, là, moi, je te dis que je vais partir en congé maternité, mais en réalité, que tu sois enceinte ou pas, ça n'a pas beaucoup d'importance. Tu peux vouloir partir en voyage un mois ou deux, prendre de longues vacances, avoir besoin d'une pause. pour pouvoir lever le pied, te retrouver, etc. Ou même faire face à une absence complètement imprévue, c'est possible aussi. Donc quand j'ai préparé cet épisode, je me suis dit qu'est-ce qui se passe dans ton business si demain, t'es plus là pour tout faire fonctionner ? Et je pense que tu vas trouver cet épisode intéressant. Bref, tu me diras. Déjà, j'ai commencé à préparer cette absence autour du mois de mai-juin. Avec le recul, je pense que pour ce genre de choses, on n'a jamais vraiment l'impression de commencer assez tôt. Mais la première chose que j'ai voulu sécuriser, en fait, ce n'était pas du tout ma création de contenu, ni mes systèmes, ni même mes clients. Le premier truc que j'avais besoin de sécuriser, qui m'angoissait le plus en tout cas, c'était mon chiffre d'affaires et les bénéfices qui en découlaient. Parce que forcément, quand on est solo-preneur, qu'une partie de notre chiffre d'affaires, il dépend. directement de prestations qu'on réalise, bah, 10 semaines sans bosser, on peut se dire ce qu'on veut, mais ça a un impact. Donc, j'ai construit mon année 2026 avec un objectif hyper clair. Je voulais que mon chiffre d'affaires de l'année soit fait avant septembre. En fait, j'avais pas envie d'arriver dans les dernières semaines avant mon congé maternité en me disant mince, il me manque encore... tant de chiffres, il faut absolument que je signe ce client, que je vende ça, que je prenne cette mission. Je savais déjà que physiquement, la grossesse, ça allait rendre la période compliquée. Donc je voulais pas me rajouter une pression financière par-dessus. Du coup, j'ai fait au mieux pour anticiper mon chiffre d'affaires. Et pas que d'ailleurs, puisque j'ai aussi anticipé ma trésorerie pour que mon entreprise puisse absorber cette période d'absence. Pour moi, c'est vraiment là que commence... la préparation d'une longue absence, qu'elle soit prévue ou pas. Et ça, ça se fait très largement avant les process, avant Notion, avant la programmation de tes contenus. En fait, il faut que tu te demandes de quoi mon entreprise a besoin d'un point de vue financier pour traverser cette période d'absence sereinement. Forcément, quand il y a une absence qui est prévisible, on peut l'amortir plus facilement en amont. Ça vaut pour un congé maternité. Mais ça vaut aussi peut-être pour le projet que tu as de partir... deux mois ou trois mois à l'autre bout du monde. En fait, si tu sais que tu as un projet important comme ça pour toi, tu peux déjà commencer à te créer les conditions pour que ça soit possible bien avant de réserver tes billets d'avion. Une fois que la partie financière était anticipée, et que j'étais un peu plus tranquille à ce niveau-là, je me suis demandé, ok, là, qu'est-ce qu'il y a vraiment besoin de continuer pendant que je ne suis pas là ? Cette question, elle est hyper importante et... D'une personne à l'autre, les réponses vont varier. En réalité, préparer son business à tourner sans soi, ça ne veut pas forcément dire faire en sorte que tout continue à 100% comme si on était là. Moi, il y a plein de choses qui vont s'arrêter. Mes prestations de service, par exemple, elles vont s'arrêter. Mes missions actuelles, elles sont terminées avant mon départ. Tous mes clients sont prévenus. J'ai ma prospection qui va s'arrêter. Et pourtant, techniquement, j'aurais pu automatiser une partie de ma prospection. J'aurais pu laisser tourner des campagnes pendant mon absence, mais franchement, j'en avais pas envie. J'avais pas envie que des personnes soient contactées, qu'elles répondent, qu'il y ait une conversation qui démarre et que moi, derrière, je sois pas dispo pour la continuer. Donc, ça, ça s'arrête. Par contre, il y a deux choses que je voulais pas complètement couper et ça a été un gros challenge pour moi, notamment cet été. C'est ma visibilité, mon acquisition. Parce que j'ai... pas envie de disparaître complètement des radars pendant 10 semaines et de revenir ensuite en ayant l'impression de devoir reconstruire toute la dynamique que j'ai mis des mois ou des années à bâtir. Donc ce que j'ai fait, j'ai préparé des contenus, voilà, tout simplement. Ils vont être programmés, ils continueront à sortir, même si moi à ce moment-là, je ne suis pas derrière mon PC. Je serai probablement planquée entre deux couches. Et normalement comme ça, j'espère que je ne vais pas trop te manquer. Après, j'ai documenté certains systèmes, certains process autour de cette création de contenu, mais pas tout, surtout pas. Moi, je ne suis pas là pour te vendre un business parfaitement processé où tout fonctionne tout seul, parce que d'une, ce n'est pas le cas. Et de deux, moi, je me suis concentrée d'un point de vue documentation sur ce qui avait besoin de l'être. sur cette période-là. Autre chose aussi, j'ai délégué certaines tâches très spécifiques à des freelances. Et je me suis créé un petit système d'acquisition qui peut tourner sans intervention de ma part. Je me suis créé mon diagnostic pour que tu puisses calculer ton coefficient de liberté. D'ailleurs, si tu ne l'as pas encore passé, je t'invite vraiment à aller y jeter un oeil parce que je l'ai fait sur CloudCode et c'est vraiment très, très sympa. C'est un coefficient qui permet de te dire Merci. combien de jours tu peux t'absenter sans que tes clients s'en aperçoivent, qui te dit quels sont les deux chantiers prioritaires sur lesquels tu dois te pencher pour que ça soit possible, et qui te donne ta première action. Bref, si ça t'intéresse, le lien est dans les notes de l'épisode. Forcément, j'ai préparé une séquence mail qui va derrière pour que ça puisse tourner. L'idée, en fait, c'est que pendant que je suis absente, quelqu'un qui découvre un de mes contenus rentre dans mon univers, faire son calcul de coefficient de liberté, et ensuite recevoir mes mails. Donc, si j'ai bien fait les choses, en théorie, la visibilité, ça continue. L'acquisition aussi. Et puis, pour la conversion, on verra si j'ai bien fait mon boulot. En tout cas, ce que j'aime beaucoup dans cet exercice, c'est qu'il m'a obligée à distinguer deux trucs, ce qui doit vraiment continuer sans moi, pendant cette absence, et ce que j'essaye de maintenir. parce que j'ai du mal à accepter que ça s'arrête. C'est deux trucs différents. Et puis, j'ai découvert un truc un peu agaçant aussi, en tout cas, que j'ai trouvé assez ironique, c'est que je suis exactement comme mes clientes. Et ça, c'est la partie probablement la plus intéressante de toute cette préparation. Parce qu'encore une fois, tout ce que je viens de te raconter, là, je le savais déjà, en fait. Les process, les systèmes, l'automatisation, les agents IA, la délégation, l'anticipation, ça c'est mon job en fait. Et malgré ça, quand j'ai dû le faire chez moi, j'ai rencontré des résistances. Alors forcément, il y a eu mon état physique pendant la grossesse qui m'a mis très souvent des bâtons dans les roues, qui a fait que je n'avais pas toujours l'énergie de faire ce que je voulais faire. Mais il n'y avait pas que ça. Je me suis aussi rendue compte... de quelque chose que je vois très souvent chez... Je me suis aussi rendue compte de quelque chose que je vois très souvent chez mes clients, c'est beaucoup plus simple de se planquer derrière le quotidien que de s'arrêter pour questionner toute notre façon de travailler. Parce qu'on est d'accord, notre quotidien, il est toujours là. Il tourne, voire il s'accumule. T'auras toujours un mail auquel tu devras répondre rapidement. Une mission avancée, un contenu à créer, une petite urgence qui se pointe comme ça. Un truc qui te paraît hyper important aujourd'hui, beaucoup plus important que prendre deux heures pour documenter un process qui te fera gagner, mettons, dix heures dans six mois. Et tant qu'il n'y a rien qui nous oblige à faire ce travail-là, on peut le repousser vraiment très longtemps. Du genre, ça je m'en occuperai plus tard. Ou il faudrait que je délègue ça, mais là pour l'instant je peux encore le faire moi-même. Ou alors le genre de phrase que tu te dis, quand j'aurai moins de travail, je pourrai prendre le temps de revoir mon organisation. Est-ce que toi aussi tu te reconnais là-dedans ou pas ? Moi je me suis dit les mêmes choses, sauf qu'en fait là j'avais une deadline. À un moment donné, que ça soit prêt ou pas, j'allais plus pouvoir être là. Et ça, ça change complètement la manière dont... On pilote son entreprise. En fait, mon congé maternité, c'est devenu un peu un stress test de mon business. Parce que quand j'ai commencé à regarder les choses en me disant, là, je vais partir pendant dix semaines, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qui va bloquer ? En fait, je me suis aperçue qu'il y allait y avoir beaucoup de choses. J'ai vu beaucoup de choses, d'une façon ou d'une autre, qui dépendent de moi. Et il n'y a rien de dramatique là-dedans. Parce que je suis solopreneur, je vends mes compétences, je vends mon expertise. Donc forcément qu'il y a une bonne partie de mon entreprise qui dépend de moi. Et en plus, mon but, ce n'est pas de construire une entreprise dans laquelle je suis totalement inutile parce que j'aime beaucoup trop ce que je fais. Mais par contre, il y a une grosse différence, et je voudrais que tu la comprennes ou en tout cas que tu la remarques, entre mon business a besoin de moi et absolument rien ne peut avancer si je ne suis pas derrière mon PC. Pour moi, la différence, c'est ce que cette préparation m'a permis de voir. Aujourd'hui, il y a des trucs qui peuvent complètement tourner sans moi. Il y en a d'autres qui vont avancer partiellement, puis il y en a qui vont s'arrêter. Et je suis OK avec ça. En quelques mois, le but, ce n'était pas de créer un business totalement autonome. C'était de faire en sorte que mon absence puisse être absorbée et que si jamais il y avait... des impacts au niveau de mon business, que ça puisse être minimisé. Ce que je cherchais aussi, d'un point de vue un petit peu plus perso, c'est de me dire que pendant mon congé mat, donc pendant ces dix semaines à peu près, j'ai pas constamment cette petite voix qui me dit « Il faudrait que t'ailles vérifier ta boîte mail. Faudrait que tu répondes à ça. Tu peux prendre cinq minutes pour te connecter et vérifier que tout marche bien. » Ça, j'en voulais pas. J'en voulais pas parce que du coup, c'est plus une absence. C'est une charge mentale constante. Et pour l'expérience de vie que je vais vivre dans quelques temps, j'avais envie d'être la plus détendue possible. Bon, ça, ça pourrait faire l'objet d'un autre épisode éventuellement. Maintenant, tu vas me dire si là, t'as pas d'absence qui est prévue. Laisse-moi te dire que c'est justement maintenant que tu dois faire ce travail. Et c'est le truc... que j'aimerais que tu retiennes de cet épisode. T'as pas besoin d'être enceinte pour faire cet exercice. T'as pas besoin d'avoir prévu de partir quelque part. Parce que moi, on va dire, j'ai de la chance, si je peux dire ça comme ça, d'avoir une absence qui est prévisible. Je sais qu'elle va arriver à peu près quand, combien de temps. Donc j'ai pu anticiper. Mais une absence, c'est pas toujours prévisible. Et franchement, je pense que ça vaut le coup. Surtout quand on est solopreneur. qu'on est indépendant ou freelance, de regarder son business et de se demander régulièrement si demain je ne peux pas bosser pendant quelques jours, quelques semaines, qu'est-ce qui se passe ? Alors mon but, ce n'est pas de te mettre du stress, mais au contraire, c'est de te permettre de réfléchir au sujet parce que la réponse que tu vas donner, ça va te montrer énormément de choses sur la façon dont tu as construit ton business. Concrètement, ça va te montrer... Qu'est-ce qui repose uniquement sur toi ? Qu'est-ce qui existe uniquement dans ta tête ? Qu'est-ce que tu pourrais éventuellement documenter ou déléguer à un être humain ou à une IA ? Qu'est-ce que tu pourrais automatiser ? Et surtout, surtout, qu'est-ce qui n'a absolument pas besoin de continuer ? Parce que préparer son business à tourner sans soi, c'est pas mettre des systèmes partout. Le plus souvent, c'est accepter de couper des choses. qu'on a l'habitude de faire. Pour finir cet épisode, je voulais partager une idée qui est importante pour moi. Et je veux bien ton avis sur le sujet. Moi, quand je me suis lancée à mon compte, il y a plus de six ans maintenant, c'était pas pour me recréer un boulot dans lequel je devais être disponible jour, soir et week-end pour que toute ma tout doux rentre dans mon temps de vie disponible. J'imagine que toi non plus. Alors forcément, entreprendre, c'est du boulot. On va être honnête, il y a des périodes intenses, il y a des périodes croises aussi. Mais j'ai l'impression que derrière cette décision d'entreprendre... Il y a aussi, en tout cas pour beaucoup d'entre nous, une envie de liberté, de pouvoir décider, de pouvoir choisir notre rythme, de pouvoir créer nos propres conditions. Et au final, si notre business aujourd'hui nous interdit de partir pendant quelques jours, quelques semaines, sans que tout s'effondre, je pense que ça vaut le coup d'aller regarder pourquoi. Donc je vais te laisser avec un petit exercice que tu pourras faire une fois que tu auras terminé cet épisode, ou quand tu auras un peu de temps. Mais je préfère que tu bloques du temps pour ça parce que c'est vraiment très très important. Imagine qu'aujourd'hui, on te dit dans 3 mois, tu vas devoir complètement arrêter de bosser pendant 8 semaines. Donc tu n'auras pas de mail, pas d'ordinateur, pas la fibre, rien du tout. Qu'est-ce que tu commencerais à changer dès demain dans ton business pour anticiper cette coupure-là ? Ta première réponse, ou tes premières réponses en tout cas, ça va être les endroits auxquels tu devrais commencer à t'intéresser. Même si, encore une fois, t'as pas d'absence prévue. Le meilleur moment pour préparer son business, pour qu'il dépende moins de toi, pour que tu puisses libérer ton temps, le faire grandir sans qu'il t'écrase complètement, c'est pas le jour où t'es obligé de t'arrêter. C'est quand t'as encore le temps de préparer les choses et de le faire le plus sereinement possible. Et moi, de mon côté, il ne me reste plus qu'à voir si tout ce que j'ai préparé, ça marche ou pas. Probablement, en mon retour, je ferai un petit épisode débrief de mon absence. En tout cas, je t'invite encore une fois à aller regarder du côté de mon calculateur pour que tu puisses trouver ton coefficient de liberté, que tu saches combien de jours tu peux t'absenter. sans que tes clients s'en aperçoivent. Et en bonus, t'auras les deux chantiers prioritaires sur lesquels te concentrer pour permettre cette absence avec le plus de sérénité que possible. Le lien est dans les notes de l'épisode. J'espère qu'il t'a plu. En tout cas, c'était vraiment un épisode coulisse. J'ai essayé d'être la plus complète que possible. S'il t'a plu, si le podcast t'aide dans ton quotidien, tu peux aussi me laisser un avis. Et pour toute ta vie. que tu me partageras en screenshot, je t'enverrai une petite surprise. Pareil, le lien est dans les notes de l'épisode, je te laisse aller regarder. Nous, on se retrouve très vite dans un autre épisode de Work in Process.