- Speaker #0
Zéro déchet au boulot !
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast qui vous accompagne vers le zéro déchet au travail. Vous êtes sensible à prendre soin de la planète, œuvrer pour diminuer les déchets à la maison, mais au travail c'est le désastre. Gâchis de papier, d'emballage, indifférence des collègues, vous vous sentez démuni face à l'ampleur de la tâche. Alors bonne nouvelle, ce podcast s'adresse à tous ceux qui souhaitent avancer de manière positive et concrète dans une démarche de diminution des déchets en entreprise. Allez, place au sujet du jour. Bonjour à tous. Aujourd'hui, nous allons parler de l'un de nos indispensables du boulot, celui qui nous fait frémir lorsqu'il ne marche plus, j'ai nommé l'ordinateur. Savez-vous que les salariés le côtoient en moyenne 200 jours par an ? Le matériel informatique et autres téléphones portables sont... omniprésents dans nos environnements professionnels. Rien qu'en France, nous utilisons plus de 116 millions d'ordinateurs et 98 millions de téléphones portables. Ces quantités de matériaux deviennent, en fin de vie parfois très courte, notamment à cause de l'obsolescence programmée, des déchets qui ont un impact vraiment délétère. Selon l'Union internationale des télécommunications, 80% des déchets électriques et électroniques dans le monde Merci. finissent en incinération ou décharge faute de filières de récupération fiables. Jeter ces déchets est vraiment dommageable à plusieurs niveaux. Pour les retardateurs de flammes, plastiques et autres métaux lourds qui comportent les composants, ils sont source de pollution une fois laissés en décharge. Aussi pour l'impact sur les ressources planétaires que représente la fabrication des ordinateurs ou téléphones. En effet, ils contiennent des métaux rares, de plus en plus difficiles à extraire. car les ressources planétaires s'épuisent. C'est le cas pour une cinquantaine de métaux que comporte notre téléphone portable. Saviez-vous que ce seul petit boîtier, ce fameux téléphone de moins de 600 grammes, génère plus de 150 kilos de matière rien que pour la fabrication ? Un ordinateur de moins d'un kilo, lui, va demander 800 kilos de matière. La filière de récupération des D3E n'est pas toujours clean. Certains pays africains deviennent les poubelles informatiques de pays. occidentaux du monde entier. Fort de ce sombre constat, faire durer nos appareils, leur donner une seconde vie est l'un des gestes les plus vertueux pour éviter ces impacts négatifs. J'ai donc invité aujourd'hui Maëlys Reniac, chef de projet sur le sujet de la collecte pour l'association Emmaüs Connect en Hauts-de-France. Maëlys, bonjour.
- Speaker #0
Bonjour Sophie, merci pour l'invitation.
- Speaker #1
Avec plaisir. Alors vous allez pouvoir nous parler. partager des actions concrètes de l'association pour agir autant sur l'aspect social que sur l'aspect environnemental. On y va ?
- Speaker #0
Oui, c'est parti.
- Speaker #1
Alors première question, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire ce que vous faites au sein de l'association Emmaüs Connect ?
- Speaker #0
Alors du coup, je suis Maïs Régnac, je suis chef de projet LaCollecte.tech, et LaCollecte.tech, c'est un projet d'Emmaüs Connect qui est né lors du Covid. Au moment où on s'est tous rendu compte que sans ordinateur, on ne pouvait plus travailler, ni avoir de vie sociale, ni pouvoir faire ses démarches parce qu'on ne pouvait pas sortir. Et ce projet est né d'un constat. Nous, ça fait plus de 13 ans qu'on accompagne les plus précaires à réduire la fracture du numérique. Avec l'augmentation des services publics qui passent sur le numérique, nos travails passent sur le numérique pour faire les démarches, pour socialiser. n'utilisent le numérique. Il y a toute une partie de la population qui est en fracture par rapport à ce numérique parce qu'elles n'ont pas les moyens d'avoir du matériel, mais aussi elles ne savent pas utiliser le matériel. Et MyUseConnect, depuis plus de 13 ans, on accompagne ces personnes à gagner en autonomie déjà sur l'utilisation des outils, mais aussi à avoir accès à Internet avec un partenariat qu'on a avec SFR qui nous permet de vendre de la connexion à tarifs solidaires. Et depuis 2020... on permet aux personnes qui en ont besoin d'avoir du matériel à des tarifs réduits pour pouvoir aller se connecter et utiliser le numérique de manière égale aux autres citoyens et citoyennes. C'est un projet que moi j'anime du coup au niveau Hauts-de-France. Je pilote cette filière au niveau Hauts-de-France, mais c'est une filière qui est présente dans d'autres régions et on a tout un pôle national qui permet de coordonner nos actions au niveau de chaque territoire et permettre aussi d'être au plus près des réalités de nos terrains.
- Speaker #1
Et si on peut aller de manière un petit peu plus concrète ? Quels sont, je dirais, les différents sites qu'on peut retrouver en Haute-France pour un peu modéliser ce que vous proposez ? J'imagine un lieu pour accueillir les personnes en insertion, un lieu de collecte ?
- Speaker #0
Alors, la collecte, en fait, il y a trois volets. Donc, le premier volet, c'est le gisement, c'est-à-dire trouver du matériel. Principalement, actuellement, nous, on trouve du matériel dans les collectivités et dans les entreprises. C'est les structures qui, en fait, vont avoir des flottes d'ordinateurs ou de smartphones ou de tablettes et qu'elles vont renouveler régulièrement et qui, généralement, ne le gardent pas jusqu'au bout de leur vie parce que les technologies évoluent, les besoins des salariés évoluent et il y a besoin d'avoir des machines récentes. tout le temps. Et donc du coup, on va collecter déjà ce matériel. On collecte alors actuellement principalement dans le nord parce que la collecte étant un projet qui est né dans le nord, on a nos partenaires historiques qui sont dans le nord, mais on va aussi aller collecter un peu partout dans la région. On collecte à Beauvais par exemple, on collecte à Béthune. On va aller travailler avec des partenaires locaux pour récupérer les flottes d'ordinateurs. Donc c'est ça la première étape. La deuxième étape, c'est reconditionner le matériel. Pour faire ça, en fait sur le papier c'est très simple. Là, l'idée est très belle, mais en fait, c'est compliqué. Pourquoi ? Parce qu'on est sur du matériel qui évolue, on est sur du matériel technique, on est sur du matériel qui a des matériaux et qui a aussi des morceaux du matériel qui viennent de loin, notamment changer une batterie, on ne peut pas. On n'a pas de producteur de batterie ici en Haute-France, il faut faire venir les batteries de Chine. Donc voilà, réparer du matériel, ça demande des compétences. Et donc pour ça, on a deux ateliers bénévoles dans la métropole lilloise, donc ils sont animés dans nos espaces à mauscule. connecte avec des personnes, vous et moi, qui pouvons venir apprendre à réparer des ordinateurs. Mais on s'appuie aussi sur un réseau de reconditionneurs. Actuellement, on a cinq reconditionneurs dans la filière qui sont répartis en Haute-France et qui sont des structures de l'insertion ou du handicap pour qui le reconditionnement va être un support de travail pour les équipes. Ce ne sont pas forcément des gens qui, au début, se disent « je veux absolument réparer des ordinateurs » , mais ce sont des gens qui vont revenir dans le travail via l'insertion ou qui sont en situation du handicap. et qui vont apprendre à réparer les ordinateurs avec nous et avec les équipes en interne de ces structures pour la filière. Et donc là, il y a cinq reconditionneurs actuellement en Haute-France. Et dans les autres territoires, dans les autres régions, c'est pareil, on s'appuie sur des reconditionneurs professionnels et des ateliers bénévoles. Et après, le dernier volet, c'est la distribution du matériel. Et pour ça, on a plusieurs façons de le faire, parce qu'on a des équipes Emmaüs Connect qui sont présentes dans l'Aisne, dans le Pas-de-Calais et dans la métropole lilloise, mais elles ne sont pas présentes partout sur le territoire. Et donc, du coup, pour pouvoir que chaque citoyen ou citoyenne puisse avoir accès, alors on n'y est pas encore. Notre objectif à moyen terme, c'est d'être à 30 kilomètres d'un équipement. Mais aujourd'hui, on n'y est pas, mais c'est ce qu'on vise. Du coup, on va à la fois s'appuyer sur nos équipes internes qui ont des lieux d'accueil. On a un lieu à Béthune, on a un lieu à Lille, on a un lieu à Roubaix, on a un lieu à Lens dans l'Aisne. Nos équipes aussi qui vont dans les structures de l'insertion ou du social pour pouvoir apprendre à utiliser des outils et qui, à la fin des fois, peuvent remettre du matériel s'il a été financé par des partenaires. donc ça c'est ce qu'on fait en interne. Et pour pouvoir toucher plus de monde, on va travailler avec des partenaires locaux qui ne sont pas nous, mais qui sont dans le secteur du champ du social et qui vont accompagner des publics à l'usage du numérique. Donc, ils vont faire comme nous de l'accompagnement aux usages et qui, du coup, à la fin, pourront soit vendre à tarif solidaire, soit remettre du matériel de la filière. Et ça, en France, c'est 700 relais numériques. On les appelle les relais numériques. En Haute-France, c'est 39, qui sont nos partenaires distributeurs. Et au-delà des 39, on a aussi des structures avec qui on va faire des opérations un peu spéciales. Je pense notamment à Polytech à Lille, donc de l'Université de Lille, qui tous les ans, avec nous, fait une grande distribution aux étudiants en situation de précarité. Donc en gros, c'est eux qui vont identifier quels sont les étudiants concernés et qui n'ont pas de matériel. Et nous, on va venir apporter le matériel et aussi le savoir-faire de distribution. Comment est-ce qu'on remet ? On accompagne aussi à découvrir son ordinateur, etc. Et donc ça, c'est ça qu'on fait en Haute-France. France, avec beaucoup de parties prenantes qui sont vraiment très différentes, à la fois des gens du secteur économique, du secteur de l'insertion, les collectivités et tout le champ de l'inclusion sociale au sens très large du terme. Et très riche,
- Speaker #1
un environnement très varié et très riche, j'imagine. Alors si on parle plus spécifiquement de la collecte, j'imagine que vous collectez des PC, des tablettes, téléphones portables, est-ce que vous pouvez nous expliquer concrètement comment vous récupérez les appareils auprès de qui ? Comment ça marche si une entreprise veut se séparer de ce matériel informatique ?
- Speaker #0
Alors, comment ça marche si on est une entreprise qui découvre que ça existe et qui voudrait donner son matériel ? Souvent, on est contacté via... On a un formulaire sur notre site où les entreprises peuvent déclarer qu'elles veulent donner du matériel. On rencontre aussi pas mal d'acteurs dans différents événements ou par du bouche à oreille aussi. Donc, généralement, le point d'entrée, c'est soit notre formulaire, soit contact, mail, parce qu'on a transmis nos contacts. Et donc nous, ce qu'on va faire dans un premier temps, soit via le formulaire, soit dans des échanges, c'est qualifier ce que vous avez. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, dans la filière, on récupère des ordinateurs portables, des tablettes, des smartphones. S'il n'y a rien de tout ça, on ne se déplacera pas. S'il y a un des éléments et autre chose, on se déplacera. Je vais vous expliquer après pourquoi et autre chose, parce que c'est important en Haute-France. Ce n'est pas partout comme ça en France, mais en tout cas, nous, c'est un peu spécifique. Donc, ce qu'on va faire, c'est qu'on va qualifier. On va aussi discuter de comment est-ce que ça sort des stocks. Parce qu'en fait, je vous explique. Autant il y a des structures où c'est déjà bien géré, comment on sort le matériel. Est-ce qu'on a besoin d'un effacement certifié des données ou pas ? Qui est un peu la clé aussi chez nous. Nous, on a une capacité à... faire des certificats d'effacement qui permettent de sécuriser les entreprises et les collectivités. Et en fait, ça rentre dans des process en cas d'audit ou en cas de contrôle pour les entreprises. Et donc ça, c'est aussi important de parler de nous, comment ça se passe, pour pouvoir sécuriser les entreprises et aussi qu'elles puissent faire les démarches, notamment côté collectivité. Souvent, il faut faire une convention qui part en délibération. Donc nous, on fait tout un accompagnement comme ça, des équipes qui vont mettre en place la nouvelle pratique de don du matériel. On peut faire aussi des certificats de dons qui donnent de la défiscalisation pour les entreprises notamment. Donc on va qualifier le besoin et on va aussi discuter quel est le volume, parce que ce n'est pas pareil de donner 30 ordinateurs que d'en donner 600 ou 1000. Et en fonction de ce qu'il y a comme matériel et du volume et de la distance aussi de où est situé le matériel, on va choisir comment est-ce qu'on intervient. Il y a plusieurs façons d'intervenir. soit si c'est des tout petits volumes, ça va être nos bénévoles qui vont venir les chercher et ça sera reconditionné dans un atelier bénévole, soit si c'est un moyen voire gros volume, donc à partir de 30 équipements jusqu'à autant qu'on veut. On va adresser ça à une des structures de l'insertion du handicap. On en a certaines qui ont des moyens logistiques, il y en a d'autres qui ont des petits moyens logistiques et en fonction on va attribuer le lot. Et c'est cette équipe qui va venir chercher le matériel. Et nous on a une logisticienne chez nous qui va être en contact permanent avec les équipes. de l'entreprise ou de la collectivité, pour faire tout le suivi du don, c'est-à-dire l'enlèvement, bond d'enlèvement. Ensuite, on va faire un listing et un audit du matériel. On va envoyer des certificats d'effacement des données. Et au bout de six mois ou un an, en fonction du lot, si on a un des très gros lots, c'est plus un an, mais en moyen lot, c'est six mois, on va faire un bilan où on va dire ce qui est devenu matériel. Combien de matériel a été recyclé ? Combien de matériel a été reconditionné ? Et où est parti le matériel ? Et du coup, on a les capacités de dire que c'est nos équipes à Lille qui ont distribué le matériel ou alors ça a été mis dans un relais numérique et c'était personne de ce relais numérique qui a été équipée. Et après, nous, on va prendre en charge le don, le reconditionner. Et on va aussi prendre, si jamais l'entreprise ou la collectivité a du matériel à côté, mais il faut avoir quand même un des trois matériels de la filière, donc ordinateur portable, tablette ou smartphone, si jamais il y a des unités centrales à côté, on va les prendre. Si jamais il y a des écrans, on va les prendre. S'il y a tout ce qui pourrait être mis en D3E qui est présent, on peut le prendre. Pourquoi ? Parce que la plupart des structures avec lesquelles on travaille sont aussi démonteurs et font aussi du recyclage. Et en gros, si jamais le matériel ne peut pas être conditionné, il peut être recyclé et ça va être recyclé localement. En tout cas, ça va servir de travail à des personnes localement et ça sera recyclé dans la filière. Et c'est ça aussi qui est intéressant, c'est de pouvoir... puisque souvent les grandes entreprises, elles préfèrent qu'on puisse prendre tout. Il faut qu'il y ait quand même du matériel de la filière au départ, parce que sinon ça ne vaut pas le coup. Nous, en gros, on prend tout en charge en termes de coûts. On prend en charge l'enlèvement, l'effacement des données, le reconditionnement. L'entreprise, elle a juste à bien conditionner son matériel pour ne pas qu'il se casse dans le transport. Nous faire un listing du matériel, et après, nous, on en met tout et on fait un récap' un six mois ou un an plus tard.
- Speaker #1
Depuis tout à l'heure, vous parlez recyclage et reconditionnement. Alors, c'est un peu jargon pour des personnes qui sont un peu néophytes dans le sujet. Est-ce que vous pouvez préciser mon matériel est recyclé ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Et mon matériel est reconditionné ? Alors,
- Speaker #0
c'est très intéressant parce que moi aussi, moi, ça ne fait pas si longtemps que je travaille dans ce domaine. Et en effet, on devient très jargonneux très vite. Donc, reconditionnement, ça veut dire que l'ordinateur ou le téléphone ou la tablette peut être réparé ou remis en service. Des fois, il y a juste besoin de... faire des mises à jour ou faire un passage sous Linux, par exemple, parce que là, on a beaucoup de matériels qui sont arrivés suite à la fin de Windows 10. Il va y avoir encore rien à voir. Et donc, du coup, ces matériels-là, on les passe sous Linux. Donc, c'est un ordinateur qui peut avoir une deuxième vie. Recycler, ça veut dire qu'il y a des réparations qu'on ne peut pas faire. Clairement, on est aussi dans un modèle économique. C'est-à-dire qu'on est une association, mais on a des enjeux de coût. Aujourd'hui, souvent, on n'a pas les chargeurs. Donc, on rachète un chargeur, 30 euros. On a... Des batteries vieillissantes, donc on change les batteries. La batterie est inconsommable. Il faut savoir, si vous avez un ordinateur où la batterie a l'air d'être en fin de vie, ne jetez pas votre ordinateur. Changez de batterie. Vraiment, ça vous coûtera 30 euros et vous aurez de longues années après avec. Pareil, donc c'est 30 euros. Donc, on arrive très vite à plus de 60 euros juste pour remettre du matériel fonctionnel dans l'ordinateur. Et donc, il y a des choses qu'on ne va pas faire parce que ça n'est pas viable économiquement. Typiquement, un écran cassé, on ne répare pas. Si vous avez les touches qui sont en très mauvais état, on ne réparera pas. Si à l'intérieur, il manque des choses... Du coup, s'il manque des choses à l'intérieur de l'ordinateur, par exemple, s'il y a de la RAM manquante ou des SSD manquants, c'est ce qui nous arrive de plus en plus. C'est vraiment très dommageable parce que c'est des matériels qui coûtent très cher, de plus en plus. Ce qu'on va faire, c'est des fois, avec deux ordinateurs, il y en a un qui a l'écran cassé. on va reprendre les pièces qui sont dedans pour le mettre dans un autre et du coup avec 2-3 ordinateurs, on va faire un ordinateur reconditionné. Et après, tous les ordinateurs qui ne sont pas réparables, on va essayer de récupérer un maximum tout ce qu'on peut dessus, que ce soit la dalle, que ce soit justement la RAM ou la SSD, donc la mémoire. Et après, tout ce qui n'est pas réparable ou utilisable, ils vont être démontés et triés par type de matériaux. Donc le plastique avec le plastique, on récupère les structures, on récupère les processeurs, il y a de l'or dans les processeurs. Tous les matériaux dont vous parlez, donc ces matériaux précieux, tout va être classé par type de matériel, et après ça va être fondu pour récupérer des matériaux, et pour recycler au maximum et réinjecter dans des filières de réutilisation. Alors on ne refera pas des processeurs avec l'or des processeurs des ordinateurs, parce que la qualité du coût de l'or n'est pas assez bonne. mais ça va être réinjecté dans d'autres filières. Et donc, c'est ça l'enjeu, c'est de faire en sorte que le matériel n'arrive pas à la décharge, qu'un maximum de ce qui peut être recyclé soit recyclé, que ça puisse servir pour d'autres filières.
- Speaker #1
Et j'imagine que dans le recyclage, voire même dans le reconditionnement, le temps homme coûte cher, parce que c'est des choses très minutieuses, complexes. Donc, ça nécessite aussi pas mal de ressources financières pour pouvoir faire ces démarches-là. Tout à fait,
- Speaker #0
et c'est pour ça, notamment, aussi, qu'on travaille avec des structures du handicap et de l'insertion, qui sont des structures qui ont de... qui ont de l'appui financier notamment sur les postes. C'est là où notre modèle est viable. Je mets des guillemets parce qu'en fait, notre modèle économiquement, si on n'était pas une association qui va chercher des fonds publics pour payer le projet, on ne tient pas économiquement, surtout au prix dans lesquels on vend le matériel. En fait, aujourd'hui, dans la filière, vous pouvez quand vous venez à notre espace de solidarité à Oisem, donc il faut être en situation de précarité, il faut être adressé par un assistant social, il faut avoir un bon d'orientation. vous pouvez avoir un ordinateur, le prix de départ c'est 90 euros. Honnêtement, aujourd'hui, le temps de travail de collègues, de reconditionnement, etc., nos ordinateurs, on en a à peu près pour 400 euros par ordinateur de travail au total entre le moment où on commence à chercher les ordinateurs et le moment où la personne a son matériel dans les mains. Et donc du coup, on écrase au maximum les coûts, mais aussi on va chercher de la subvention publique pour pouvoir permettre d'équiper les personnes en situation de précarité. Et c'est pour ça d'ailleurs que quand vous allez sur un site comme Black Market ou que vous travaillez avec d'autres acteurs plus locaux comme Ecoter et Bactu, les ordinateurs ne sont pas vendus à 90 euros. Ils sont vendus 300, 400, 500, 600. Parce qu'en fait, il y a beaucoup de travail derrière pour réparer, remettre en service. Il y a beaucoup de travail de logistique aussi. Et puis, il y a ce problème aussi des pièces détachées, des chargeurs pas présents, des batteries obsolètes. Et ça, ça coûte de l'argent. Oui. Ça coûte de l'argent, mais c'est un coût environnemental beaucoup plus bas. Et c'est ça aussi qu'on promeut, c'est qu'en fait, on crée de l'emploi localement et on évite de la consommation de matière, on évite de la pollution, on évite du transport. On évite aussi du travail des enfants, parce que clairement, quand on extrait des matières premières dans certains pays, c'est dans des conditions dramatiques et c'est aussi faire travailler des enfants. Donc, en fait, c'est aussi... remettre l'écologie sociale au cœur de la région par ce projet.
- Speaker #1
Intéressant. Tout à l'heure, vous parliez qu'il y a des petites choses à mettre en place pour prendre soin ou faire durer son téléphone portable, son ordinateur. Est-ce que vous avez en tête deux, trois tips à nous transmettre, que ce soit sur la vie professionnelle ou personnelle ? Comment on peut faire pour prendre soin ?
- Speaker #0
Pour prendre soin, déjà, les mettre dans des pochettes. Parce que moi, je vois beaucoup de flottes où les gens, notamment dans les entreprises, ce n'est pas leur ordinateur, donc ils s'en fichent. et ils font n'importe quoi avec. Donc voilà, faire attention à ça. Vous pouvez, en fait, le matériel, il y a des pièces qui se changent aussi. Ça, c'est des choses où on n'a pas trop le réflexe, mais on peut changer la rame, on peut changer les disques durs dedans. C'est plutôt du SSD en termes de matériel, mais vous pouvez changer aussi la batterie, bien respecter les rythmes de charge de la batterie, faire des cycles complets, etc. Et après, si jamais vous voulez que votre ordinateur soit reconditionné et que ça ne demande pas plus de temps, ne pas mettre plein de stickers partout. Parce que ça, c'est compliqué à gérer après derrière. Il faut les enlever parce qu'en gros, nous, l'enjeu, et c'est comme ça aussi même dans le secteur marchand, donc le reconditionnement où vous et moi, on peut acheter du matériel. En fait, on... on a un enjeu d'avoir un matériel qui est en bon état, qui est présentable. Donc nous, les personnes en situation de précarité à qui on vend ou on donne le matériel, il n'est pas question que le matériel soit cassé à certains endroits ou qu'il y ait plein de stickers d'une entreprise, etc. Donc en fait, on enlève. Il y a une question aussi de dignité, c'est-à-dire qu'on ne va pas donner des poubelles, on va vraiment donner du matériel fonctionnel, comme si la personne était allée l'acheter sur un site grand public ou chez un acteur du secteur commercial. donc voilà donc faire attention à ça voilà et puis faire attention à l'eau de manière générale et ne pas hésiter si jamais vraiment l'usage en fait il y a plein de gens qui ont du matériel qui n'est plus utilisé mais qui en fait va pourrir dans les armoires enfin clairement on parle de pourrissement dans la filière voilà ne pas hésiter à soit le donner à la filière alors on ne prend pas beaucoup de dons particuliers il faut venir à notre point à Lille dans nos points d'accueil mais vous pouvez aussi voilà le Le revendre, enfin en fait voilà, il faut un matériel informatique dans un placard, c'est un matériel informatique qui pourrit et surtout c'est des matériaux qui ne servent pas à faire autre chose. Et puis si votre matériel est cassé et que vraiment vous ne voulez pas le réparer, vous pouvez aussi l'amener en déchetterie pour qu'il soit réparé et remis. En fait les déchetteries maintenant, notamment je pense à chez nous la métropole lilloise, en gros il y a des partenariats avec des structures recycleuses qui vont après faire ce travail de démantèlement. Et d'ailleurs, dans certains de nos partenaires, il y en a qui récupèrent du matériel via soit les déchetteries, soit des secteurs comme ça, avec les entreprises qui vont venir amener leur D3. Et les téléphones, il faut vraiment... Oui, alors les téléphones, ça a été notre gros travail cette année. Alors le téléphone, c'est dur à avoir. En tout cas, ça demande un travail différent parce que généralement, les téléphones et les tablettes sont enrôlés par les entreprises. Donc elles ont une surcouche pour que les collaborateurs, collaboratrices puissent... suivre un logiciel interne, etc. Donc en fait, il y a tout un accompagnement à désenrôler et donc faire un bon process avec les équipes en interne pour qu'on désenrôle bien le téléphone pour que nous, après, derrière, on puisse le réparer. Et on récupère aussi beaucoup les téléphones, ce qu'on appelle les fourrières. Les fourrières, en gros, c'est vous perdez votre téléphone dans la ville de Lille pendant la braderie, par exemple. Il va être mis à la fourrière de Lille s'il est retrouvé et vous avez un an pour venir le chercher. Si au bout d'un an, vous n'êtes pas venu le chercher, il arrive chez nous et nous, du coup, on va l'effacer totalement. On a des logiciels pour tout effacer et on va le remettre en circulation dans la filière. Sauf qu'aujourd'hui, on a un problème avec notamment Apple, parce qu'en fait, Apple, ils ont une surcouche de sécurité qui fait que si vous n'avez pas enlevé votre compte Apple, on ne peut plus rien faire avec le téléphone. Et ça, ça nous pose des... Enfin, du coup, quand on a des dons de particuliers ou d'entreprises qui vont nous faire du don Apple... vraiment on travaille à ce que les gens aient bien tout désenrôlé et de manière générale si vous donnez votre matériel moi je vous encourage faites un blanchiment de votre disque dur il y a des outils libres gratuits qui existent effacez vos données et ne laissez pas vos photos de famille et puis tous vos secrets à disposition ça c'est une bonne pratique même quand vous quittez votre emploi et que vous rendez votre matériel professionnel une fois que tout a été mis sur les serveurs sauvegardés bien effacé pour votre vie privée en fait parce qu'il y a toujours des choses qui traînent. Et ça, c'est une bonne pratique en termes de soins du matériel et de votre vie prévue.
- Speaker #1
Ok, merci. J'ai une petite question, peut-être plus autour des éléments chiffrés. Est-ce que vous avez une idée, alors je ne sais pas si c'est en Haute-France ou au National, des quantités de matériel collecté, des dons que vous avez pu faire, enfin des reventes que vous avez pu faire auprès des bénéficiaires ?
- Speaker #0
Oui, alors j'ai les chiffres de collecte au niveau national depuis le début du projet. C'est 141 000 matériels au niveau national. Et après, par contre, moi, j'ai plus des chiffres très régionaux. Du coup, là, j'ai les chiffres sur l'année qui vient de passer de septembre 2025 à août 2026, pour vous donner un ordre d'idée. Donc, on est à peu près, pas à peu près, on est à plus de 5 000 équipements collectés depuis un an, là. Donc, ça fait six ans que le projet existe, mais on est vraiment dans une phase de massification, d'augmentation. Entre les chiffres d'il y a deux ans et aujourd'hui, on n'est pas du tout pareil. Donc là, plus de 5 000 équipements, 5 200 collectés. On en a 3 300 qui ont été reconditionnés. Alors du coup, ce qu'il faut se rendre compte, c'est que dans ce qu'on collecte, il y a des choses qui ne sont pas réparables. Donc forcément, il y a moins de choses reconditionnées. Mais il y a aussi la latence de la filière. C'est-à-dire qu'entre ce que je collecte en juin et ce que j'ai réparé en septembre, il faut du temps, le temps que les process avancent. les humains rapparent le matériel, donc il y a toujours un délai. Et en distribution du matériel, on est à 3000 équipements environ qui ont été distribués en un an sur les Hauts-de-France, sachant que nous, on est vraiment dans une phase d'accélération et l'objectif, c'est de faire x3 sur ce type de chiffres d'ici deux ans.
- Speaker #1
On les souhaite.
- Speaker #0
Oui, il y a du travail.
- Speaker #1
Alors justement, est-ce que vous avez des exemples marquants de projets menés avec des entreprises et collectivités, soit autour de la collecte, de la réutilisation ou du nom ? Quelque chose d'un peu impactant et un peu waouh ?
- Speaker #0
Oui, alors moi, ce que je trouve très fort dans la filière, c'est qu'on a des donateurs qui sont très fidèles. Notamment, on a le département du Nord et la ville de Lille qui ont été un peu... Les deux collectivités publiques ont vraiment s'engagé avec nous sur ce qui s'est passé. C'est qu'on a un de nos bénévoles qui a été directeur des services informatiques de ces deux entités et qui a travaillé à comment est-ce qu'on travaille avec le secteur public à libérer les flottes. Et donc, du coup, on a eu vraiment un travail de collaboration et de dialogue entre deux mondes qui travaillent ensemble habituellement, mais pas sur ces sujets-là, de comment est-ce qu'on convainc les services. comment est-ce qu'on convainc les élus et aussi comment on crée des procédures qui permettent du don régulier et aussi comment est-ce qu'on valorise cette expérience auprès des autres pour qu'ils donnent aussi, donc aujourd'hui on a la CARSAT qui donne, on a l'URSAF qui donne on a plein d'acteurs publics qui donnent et là la métropole de Lille on a une belle histoire là cette année moi je suis arrivée en septembre l'année dernière c'est une des histoires que j'ai vécue c'est qu'on est arrivée en rendez-vous bilan et on leur a dit ben voilà On est super content du partenariat, on est super content des volumes qu'on récupère chez vous. Par contre, on n'a pas de téléphone et on a des gros problèmes de téléphone. On n'en a pas assez. Et vraiment, les équipes se sont mis au carré en disant, nous, on a des téléphones et on va tout faire pour que vous puissiez avoir les téléphones. Et donc, on a inventé ensemble comment faire pour sortir les téléphones du stock de la métropole de Lille. On l'a fait aussi avec le département en suivant. Enfin, ça s'est coupé ensemble. Et en fait, je trouve ça super parce qu'on est vraiment avec des personnes, on est avec des équipes qui n'ont pas envie de jeter le matériel et qui ont envie que ça resserve au territoire et aux personnes, aux administrés en fait. Et qui vont du coup vraiment se mettre en cadre pour trouver des solutions. Et donc du coup, là, on récupère des lots qui sont super et qui après vont permettre d'être distribués un petit peu partout et qui nous, nous sécurisent aussi parce que du coup, on sait que c'est des partenaires avec qui on aura des dons toute l'année et on a de la visibilité. sur le type de don qu'on va avoir. Et ça, pour moi, c'est vraiment ce qui nous aide à nous structurer et à grandir de manière sereine.
- Speaker #1
Et si une structure a une flotte d'ordinateurs et que ça ne passe pas par vous, qu'est-ce qui se passe pour eux ? Ça a un coût pour s'en débarrasser ?
- Speaker #0
Si on ne passe pas par nous, il y a plusieurs possibilités. Toi, on se fait enlever le matériel pour qu'il soit recyclé et ça, ça a un coût. J'avoue, je ne sais pas combien ça coûte, mais ça a un coût. Toi, on a ce qu'on appelle les brokers, qui sont des structures qui vont potentiellement faire du reconditionnement Merci. qui vont revendre vos ordinateurs et qui, elles, vont racheter les flottes. Et donc, du coup, on est aussi face à ce type d'acteurs. Certains qui sont locaux et qui, du coup, vont permettre de reconditionner du matériel et d'équiper... Il y a des collectivités qui rachètent de l'ordinateur reconditionné, il y a des particuliers qui rachètent de l'ordinateur reconditionné. Donc ça, c'est super, parce qu'en fait, il y a besoin de reconditionner pour tout le monde et pas que pour les personnes en situation de précarité. Si vous en avez, qui vont acheter... Enfin, c'est la loi du marché, qui vont acheter du matériel et puis après, ça va repartir. au fin fond de l'Europe, en Grèce. L'autre jour, j'entendais une histoire comme ça où il y a du matériel qui se retrouve en Grèce ou alors où ça va finir finalement à la poubelle dans une décharge africaine. Il y a aussi un enjeu de traçabilité. Moi, mon conseil, c'est quoi qu'on fasse avec ces ordinateurs, se dire quelle est la finalité, où est-ce que ça va aller. Si c'est pour être reconditionné en proximité et faire du travail aussi pour d'autres gens, c'est super. Et en fait, on a tous besoin de reconditionner. Par contre, vraiment se poser la question de... Si je le mets à la poubelle ou si je le mets avec un acteur pas identifié dans le secteur, est-ce que vraiment mon matériel ne va pas aller en décharge et polluer ? On a vu qu'il y a une grosse collectivité française car on a retrouvé des ordinateurs un peu loin. C'est un peu dommage.
- Speaker #1
Finalement, votre plus-value, elle est une certaine garantie de la fiabilité de ce que devient l'ordinateur ou le téléphone portable. Et c'est surtout une approche environnementale et sociale que finalement, peu d'acteurs peuvent se targuer parce que peu interviennent sur ce volet-là.
- Speaker #0
Oui. Clairement, notre promesse, c'est que le matériel va réduire la fracture numérique. C'est la force de ce projet qui est à la fois un projet d'abord qui était un projet social, clairement, c'est né comme ça, qui aujourd'hui est aussi devenu un projet économique, parce que du coup, le fait de faire travailler ces structures de l'insertion et du handicap, on est apporteur de travail et du coup d'une certaine sécurité économique dans un contexte qui est complexe, notamment sur les structures de l'insertion qui ont des financements qui sont à la baisse et incertains. Donc on vient ramener, en fait, le travail de reconditionnement est un travail mieux payé que le démantèlement, par exemple, ou que d'autres travaux. qui demandent moins de technicité. Et après, on a un enjeu environnemental. Clairement, c'est un triptyque qui est assez fort. Et je pense que c'est aussi pour ça que la plupart des partenariats avec lesquels on travaille, on a aussi cet enjeu de leur montrer qu'ils ne font pas que donner un ordinateur, que ça a aussi un impact derrière sur l'ensemble des enjeux du territoire, enfin pas sur tous les enjeux du territoire, mais sur plusieurs enjeux du territoire. Et ça fait beaucoup de sens. Et on travaille aussi à comment est-ce qu'ils en parlent à leurs équipes, en interne, etc. Et d'ailleurs, on les incite, on a beaucoup discuté de ça, je me souviens, du coup, avec la maître-poêche de Lille, sur le fait que c'était bien de valoriser que les ordinateurs, après, avaient une deuxième vie pour des personnes en situation de précarité, parce que du coup, ça fait que les agents ont tendance à faire plus attention au matériel, parce qu'ils savent que s'ils ont fait attention au matériel, ils pourront avoir une deuxième vie. Et donc, c'est un enjeu de sensibilisation aussi, c'est très intéressant.
- Speaker #1
Alors justement, en parlant de sensibilisation, il me semble que vous intervenez aussi pour sensibiliser les entreprises collectivités sur l'impact du numérique. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?
- Speaker #0
Alors moi, j'avoue, je ne maîtrise pas tous les sujets. En fait, on va faire surtout côté collecte sur l'impact environnemental, sur le reconditionnement, qu'est-ce que ça permet, etc. Et aussi expliquer c'est quoi un ordinateur, parce qu'en fait, beaucoup de gens ne savent pas ce qu'il y a dedans, à quoi ça sert. comment ça fonctionne et d'où ça vient. Donc, on va faire surtout de la sensibilisation là-dessus. Mais moi, j'avoue, je n'ai pas encore participé à des sensibilisations plus larges sur l'impact du numérique. Par contre, ce que vraiment on travaille avec les entreprises et les collectivités, c'est le fait que vraiment, le numérique aujourd'hui est partout et qu'en fait, ne pas savoir utiliser les outils numériques, c'est un vrai frein, c'est une vraie perte d'égalité pour les citoyens et citoyennes. Chose que même moi, avant... d'être dans ce secteur, on ne se rend pas compte à quel point on est dépendant de ces outils et que le fait de ne pas savoir l'utiliser, on est vraiment dans une rupture d'égalité. Et donc ça va être plutôt ça aussi, cet enjeu politique, au sens noble de la politique, de dire si on veut une société où tout le monde a sa chance, il faut qu'il y ait des outils et que le numérique prend une part énorme. Et ça pose question d'ailleurs sur les services publics, le fait de ne pas avoir à certains endroits un interlocuteur humain, c'est un vrai sujet. Et que cette fracture, elle n'arrête pas de grandir. Plus ça avance, surtout là aujourd'hui avec les sujets de l'IA, où il y a un vrai sujet d'acculturer les gens, juste à comprendre c'est quoi l'IA, comment ça fonctionne, quel est l'impact, mais aussi quel est l'impact de l'utilisation, même juste sur ces données personnelles, etc. Même dans les entreprises, nous on voit des choses où on se dit « waouh, il y a une méconnaissance » . C'est se dire que le numérique, ce n'est pas anodin. politiquement et socialement, ça a un impact. Et on doit être, en tant que citoyen, citoyenne, vigilant et acculturé à ce sujet. Et on doit aussi remonter l'égalité là-dessus.
- Speaker #1
On arrive bientôt à la fin de notre échange. J'ai deux petites questions. Alors, si vous aviez une baguette magique, quel serait le projet ou l'avancée que vous aimeriez voir concrétiser chez MausConnect dans les années à venir ?
- Speaker #0
Alors, moi, ma baguette magique du moment, c'est que j'aimerais bien... En fait, aujourd'hui, on est une filière qui collecte du matériel, le qui le garde dans sa filière. C'est-à-dire que c'est nos reconditionneurs qui reconditionnent, c'est nos équipes qui reconditionnent. Moi, ma baguette magique pour les prochaines années, et j'espère que ce ne sera pas qu'une baguette magique, c'est qu'on puisse partager le gisement, notamment avec toutes les petites assos qui font du reconditionnement très localement, où c'est trois personnes, deux personnes, des bénévoles, qui vont sortir 15, 30 équipements par an, mais qui aujourd'hui ont du mal à avoir du gisement parce qu'il faut effacer les données, parce que c'est un métier d'aller chercher le matériel. Et donc moi, ma baguette magique, c'est faire en sorte qu'on puisse partager et qu'on fasse monter aussi ses compétences et qu'il y ait plein de petits projets. Parce que je ne crois pas au fait qu'il faille un acteur qui fasse tout. Moi, je pense vraiment que dans les temps qui viennent, il faut qu'on soit plein à faire. Par contre, qu'on fasse ensemble, qu'on se connaisse et qu'on s'entraide. Et donc voilà, moi, c'est ça que j'aimerais. C'est que d'ici deux ans, on arrive à partager du gisement et aussi à aider à monter en compétences les... les bonnes volontés qui ont envie de contribuer et qu'on ne se fasse pas trop écraser par les coûts économiques. Je vous avoue que c'est un peu mon inquiétude avec la situation géopolitique, l'IA qui en fait nous prend beaucoup de matière. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les usines de mémoire, elles préfèrent faire de la mémoire pour l'IA que de la mémoire pour les ordinateurs. Et c'est un vrai sujet économique. On va continuer à avoir des augmentations de coûts. Et donc voilà, c'est comment est-ce qu'on arrive à... à continuer à équiper les personnes. La précarité numérique ne fait qu'augmenter. Et aussi qu'on soit conscients, conscients, chacun à chacune, que c'est un sujet. Voilà.
- Speaker #1
Et pour finir sur une note très concrète, est-ce qu'il y aurait un besoin urgent pour Emmaüs Connect à relayer, faire un appel aux entreprises, aux pouvoirs publics ? Est-ce qu'il y a quelque chose de très concret que vous aimeriez demander et pour lequel vous pourriez avoir de la réponse ?
- Speaker #0
Très concrètement, on n'a pas de tablette. On n'a pas de flotte de tablettes, on n'arrive pas à avoir des tablettes. J'ai eu que 200 tablettes depuis le début de l'année, il m'en fallait 1 000 cette année. Donc autant vous dire qu'on n'arrive pas à répondre aux besoins de tablettes. Donc là, s'il y a des entreprises qui ont des flottes de tablettes et qui voudraient travailler avec nous sur comment les désenrôler et nous les donner, je suis preneuse. Et après, on est preneur de flottes, mais aussi de contacts locaux sur des initiatives qui se passent sur ce sujet. On a vraiment un intérêt à se connecter. on est Emmaüs Connect mais voilà c'est vraiment les tablettes très concrètement si vous avez des tablettes on prend vous prenez allez bon un grand merci
- Speaker #1
Manis Reniac pour cet échange très intéressant avec plaisir merci à vous pour l'accueil c'était très chouette donc pour aller plus loin vous pouvez retrouver les infos de l'association sur le site Emmaüs-connect.org vous allez aussi retrouver le formulaire de don qui sera mis dans les liens ainsi que les réseaux sociaux sur le site sophie-eau-naturel.fr Au plaisir !