Speaker #0L'adolescence, cette fameuse période qu'on te dit, on te prévient que ça va être hyper compliqué, qu'en tout cas moi c'est ce qu'on m'a dit, profite pendant que tes enfants sont petits, adolescence ça sera beaucoup plus compliqué. Alors bon, ça se passe très bien ici, mais parce que je pense que ça se passe très bien. Moi je trouve que ça se passe relativement bien, parce que je pense que justement, ce que j'ai envie de te dire aujourd'hui, je vais te dire le mot qu'on déteste entendre, j'ai lâché. mais j'ai lâché beaucoup de choses parce qu'en fait, si tu continues à avoir les mêmes comportements que tu as avec eux quand ils sont enfants, avant qu'ils passent dans cette crise, dans cette transition de vie, c'est mieux que crise, je ne sais pas pourquoi j'ai dit crise, cette transition de vie, et bien en fait, tu vas toujours aller au clash. Parce que tu ne peux plus les traiter comme, tu ne peux plus agir, te comporter comme tu te comportais avec des enfants. C'est des jeunes adultes en transition et ils ont besoin de liberté, ils ont besoin de découvrir, ils ont besoin de toi mais de manière différente. Et c'est vrai que ça pour moi c'était un vrai apprentissage. Et j'allais te dire si t'as pas réglé des trucs au terrible tout et au terrible fort, et ben meuf t'es finie. Ça va revenir à 10-12 ans, tu devras de toute façon travailler là-dessus. C'est vrai, déjà au table 2, à 2, 4, 6 ans, ils commencent à s'affirmer. Ils ont aussi des repères qui viennent de manière externe. Ils prennent par exemple les copains, ça devient de plus en plus important pour eux. Donc en fait, tu commences gentiment à ne plus contrôler leur environnement. Et à l'adolescence, tu ne contrôles plus rien. D'ailleurs, j'avais fait un reel à ce sujet sur mon Instagram. C'était vraiment une période de vie quand je me projetais en tant que mère qui me faisait peur. Mais vraiment, peur, peur. Peur parce que justement, plus de contrôle de rien que de la confiance. Et je suis reconnaissante qu'avec les années, j'ai pu lâcher tout ça. Parce que c'est vrai que c'est ça, derrière les règles strictes, derrière les principes stricts, derrière tout ce qu'on a envie de garder sous contrôle avec eux, c'est une des peurs. Derrière se cachent des peurs, derrière se cachent des peurs qu'il leur arrive quelque chose, qu'on ne puisse pas contrôler, qu'ils ne le puissent pas contrôler, qu'ils ne puissent pas gérer. Alors qu'en fait, c'est assez simple en somme. Ce qu'il y a à faire, c'est travailler sur soi. Parce que moi, ce que j'ai pu me rendre compte, et ça c'est aussi grâce à un livre que je te recommande, c'est mon ado, ma bataille d'Emmanuel Piquet. Vraiment, j'ai pu me rendre compte que de un, ici, dans notre continent, on mettait beaucoup d'étiquettes sur cette transition. Ce qui fait que, déjà... Tu le sais, en éducation positive, ce que j'ai gardé est bienveillante, on dit souvent les étiquettes, on répond à l'étiquette qu'on nous donne. Donc ça veut dire, si on commence à dire aux adolescents que c'est des gros flems, qu'ils sont bons à rien, j'en sais rien, je vais dans les extrêmes, du coup, ils vont répondre à ça. Donc ça, ça m'a déjà permis de me dire, bon écoute, arrête de montrer du doigt cette transition de vie, et plutôt, vous êtes les deux, les Ausha et les chiens. Il y a Jean-Claude qui prend un croquis. et plutôt accompagne, comme toi t'aimerais être accompagnée à une crise de vie, à une transition de vie, parce qu'on en a tous pendant notre vie, sauf celle-là, on a tendance toujours à la montrer du doigt, à la péjorer, alors que je trouve que c'est quand même assez beau, tout compte fait, maintenant que j'arrive à prendre du recul, de voir nos enfants se construire avec les bases qu'on a données à 2 et 4 ans. Mais je dis, j'essaye, parce que c'est vrai que c'est difficile, et que souvent, je retombe dans mes travers. de contrôlante. Donc, c'est ça, à l'adolescence, tu vas plutôt expérimenter le fait de laisser, de laisser faire, de laisser aller. Et j'avais une amie qui m'avait dit à un moment donné, et maintenant ça me parle toujours quand je vois mes enfants, mes jeunes adultes, elle m'avait dit, ah c'est Rocky le bruit, il fait le fou. Elle m'avait dit, l'adolescence, c'est regarder tes enfants aller dans le mur et être là pour les ramasser. Et je trouve qu'elle a entièrement raison. Ça peut être dur pour toi de l'entendre peut-être si tu es enfant de 2, 4 ans, parce que pour le moment tu contrôles tout, leur environnement, tu essaies de leur inculquer des valeurs qui sont propres à toi, etc. Mais après tout ça, ça disparaît. Et il faut faire confiance à ce que tu as semé comme graines, et te dire ok, je laisse, je fais confiance, et je regarde ce qui se passe. Parce qu'en fin de compte c'est ça, on n'a plus tellement d'impact, ils doivent faire leur propre test, leur propre expérience, même si toi tu sais. Même si toi, tu vois où ils vont, c'est compliqué. Ça sert à rien de leur dire. Je ne sais pas comment toi, tu étais adolescente, mais souvent ça te renvoie aussi à toi. traiter, etc. Et une des clés que moi je me répète de manière régulière maintenant, c'est que si mes principes et mes règles détruisent le lien, c'est que c'est de la merde. Alors je dis pas que j'arrive à l'appliquer tout le temps, j'ai encore des réflexes. J'ai quelques principes, par exemple, moi j'aime comment je m'envoie une fois le week-end, mais après j'essaie de... je vois, je me rends compte que bientôt, j'en ai bientôt plus quoi, que je fais au jour le jour et que... et que je fais avec ce qui se passe. Donc, je me dis maintenant, c'est vrai qu'il y a une époque, comme avant d'avoir des enfants, j'étais, je pense, tu sais, avant d'avoir des enfants, on juge les parents, on dit, ah mais nous, on fera autrement. Alors, on apprend rapidement qu'avant, on avait des principes, après, on a des enfants. Mais je trouve qu'à l'adolescence, ça prend encore plus son sens. Puis c'est vrai que je m'étais peut-être souvent dit, ah non, mais nous, on fera autrement avec notre fille, parce qu'on disait que ça allait être autrement. Alors non, c'est pas autrement. Ils challengent, ils viennent vérifier les limites, ils viennent aussi voir jusqu'où ils peuvent aller. Et puis souvent, je me rappelle que Merci. Une phrase d'Alexandre Atier que j'avais entendue, que la sévérité, ça ne sert à rien, un truc comme ça. Et c'est vrai que moi, si je perds le lien avec mes enfants, je préfère ne pas être sévère, je préfère leur donner toute ma confiance, quitte après à dire, bon, alors qu'est-ce qui a merdé là ? Qu'est-ce qui s'est mal passé ? Et jusqu'à maintenant. Alors bon, l'avenir me dira si peut-être un jour, je ne sais pas, il se passe un truc et mes enfants me diront, ben maman, t'as bien eu quand t'avais 15 ans. Mais je leur fais confiance. Et je pars de ce principe-là. Alors ça donne lieu des fois à des discussions que je ne pensais pas, et à des moments de liberté que je ne pensais pas, mais qui font partie, je pense, de ce processus. Donc voilà, je ne sais pas du tout où ira cet épisode. Moi, j'avais très envie de te dire que j'avais peur de cette période. Et au final, ce que c'est surtout venir réveiller, c'est des peurs à moi, de contrôle, de peur de risque, qu'il leur arrive quelque chose. Parce que c'est vrai, je dis à mes enfants, souvent, nous, on grandit en tant que parents dans une réalité, une actualité où... On entend des trucs horribles et on a peur, on a peur que ça vous arrive. Et c'est vrai qu'on a le sentiment de pouvoir contrôler quelque chose et en fait je crois que c'est juste un sentiment parce que dans la réalité, peu importe si un ado veut faire ce qu'il a envie de faire, il va le faire. Donc autant que tu sois au courant de ce qu'il fait, autant que tu fasses confiance et que tu dis bon voilà là je t'ai fait confiance, construis dans cette confiance au lieu que ça commence par un mensonge et par un non déguisé. Enfin voilà tu te poses un non, tu vas pas aller et puis qu'en fait tu trouves... tous les subservuges pour te mentir et y aller quand même. Par exemple, à un événement, j'en sais rien. Donc bon, je voulais, j'avais envie de te faire cette audio parce qu'on a échangé avec une amie l'autre jour et que c'est vrai que c'est déstabilisant de souvent, dans ces transitions là, 2, 4, 6, 8 ans. Puis après, à la préadolescence, de voir que tout ce que tu mets en place quand ils sont petits, t'as l'impression que ça disparaît. Je parle par exemple concrètement, exemple, tu sais, maintenant, c'est la tendance chez les garçons, ils portent leurs pantalons très bas, en tout cas ici. Et moi, je suis contre ça. Tu vois le caleçon, mon fils l'a essayé. Donc, il est chou parce que quand il est dans la maison, il le remonte. Mais quand il va à l'école et je le vois, il le rebaise. C'est un signe d'appartenance. Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça ? Je ne peux pas lutter contre. J'ai beau lui dire que sûrement dans dix ans, quand il verra les photos, il va se trouver ridicule. Des fois, je lui dis ça. Mais le fait est que maintenant, il ne faut pas appartenir au groupe. Et ça, j'aimerais lui réinstaurer la capacité de discernement et de critique. que d'être plus courageux, de faire appartenir au groupe, mais quand même en ayant ses propres valeurs, son propre style, j'en sais rien. Mais en fait, dans la réalité, c'est hyper dur. Parce que même des adultes, même de mon âge, à 45 ans, on n'arrive pas à le faire. Appartenir au groupe, c'est un des besoins primaires de l'être humain. Et c'est difficile. Donc bref, petit exemple. L'épisode fait combien de temps ? 8 minutes 46. Je voulais juste poser quelques mots. J'espère que c'est quand même... un épisode qui va t'apporter quelque chose. J'espère que si tu as, peu importe dans ta maternité où tu en es, j'espère que tu as trouvé des clés, que je ne t'ai pas fait peur. En tout cas chez nous, je le dis, je le répète, pour le moment ça se passe bien, j'ai de la chance. C'est vrai que si je fais un pas en arrière et que je dézoome, je crois que les conflits viennent surtout de moi et de mon envie justement de garder des principes et du contrôle. Donc en fait, je travaille encore là-dessus. Et je trouve ça justement chouette, c'est que je le dis et je le répète, et je pense si tu me suis depuis longtemps, je crois définitivement que nos enfants sont des accélérateurs en évolution personnelle. Et je trouve dommage de ne pas sauter sur cette occasion. C'est vrai, moi je trouve dommage de ne pas vouloir évoluer. C'est un peu aussi les règles du jeu de la vie, c'est apprendre des choses, ne pas avoir de certitude, pouvoir se remettre en question. Et je pense que si j'avais la femme... Si j'avais la femme que j'étais devant moi en 2017, je pense qu'elle n'en reviendrait pas. Elle dirait « mais t'es comment tarée, t'es une laxiste » . Par exemple, elle mettrait des étiquettes comme ça. Alors que pas du tout, je n'ai jamais été aussi alignée avec qui je suis. Si je le dis encore, parce que même si mon mari écoute cet épisode ou mes enfants, ils savent que j'essaye, ils savent que je retombe des fois dans des schémas. Mais je trouve que les enfants, justement la maternité en tout cas, elle m'a appris beaucoup de choses et que c'est un formidable outil justement pour évoluer. Et puis quand c'est trop challengeant, il faut se faire accompagner, c'est le mieux. Parce que des fois c'est là qu'on passe des steps et puis qu'on peut avoir une vie. sereine parce que l'intention de tout ça c'est quand même de vivre sereinement et puis moi avec mes enfants je me rends compte aussi avec cette transition de vie que ben c'est ça on aimerait je pense garder le contrôle parce que qu'ils restent bébés c'est dur aussi de ça c'est dur c'est beau et dur à la fois de les voir grandir s'émanciper voler leurs propres ailes parce que bientôt ils seront plus là mais voilà donc autant profitons d'eux profiter d'eux pleinement et puis moi je me rappelle de leur phrase que j'avais mis sur Leur invitation de baptême, on avait noté qu'on leur donnait des racines et des ailes. Donc voilà, les ailes sont vraiment en pleine construction. Donc je ne veux pas les enraciner toute leur vie. Bon, voilà, je te laisse avec ça. Ça n'a pas de sens ce que je dis ici. Bon, allez, on s'en fout. Je te laisse, je vais me faire mon café, j'en arrive à la maison. Je te souhaite une très belle journée. Et comme à son habitude, dis-moi si ça t'a été utile, si mes... Tergiversation, est-ce que c'est ça ? Oui, c'est ça le bon terme. Quand je me balade, te sert à quelque chose ou pas du tout. En tout cas, je t'embrasse bien fort et je te dis à bientôt.