Speaker #0Je ne pensais pas partager ça une fois sur les réseaux sociaux, mais l'enregistrement avec Margot m'a fait prendre conscience qu'il fallait que je crève l'abcès et que je le dise. Il fallait que j'avais envie plutôt de te le dire aussi à toi aussi, ce petit secret que je minimise dans ce secret-là, que je garde depuis la dernière adolescence, que peu de gens savent, en tout cas que mes proches, parce que je vais en mettre à le dire, parce que je pense que je ne dois pas être la seule. Et quand j'ai publié sur mon carousel l'autre jour sur Instagram, j'étais stressée de partager ça. Et je me dis que ça ne devrait pas être normal d'avoir peur de parler de ça parce qu'en somme, je ne dois pas avoir honte et je ne suis pas coupable. Donc bref, j'arrête de tourner autour du pot. À l'adolescence, il y a une phrase qui m'a marquée. J'aurais peut-être pas dû entendre, bien sûr, une conversation, mais j'étais concernée parce qu'on parlait de moi. On me disait « Ah, mais elle a un beau visage, mais par contre, son corps, il est bof et son cul, il est énorme. » Cette phrase, elle m'est restée. Encore maintenant que je la prononce, c'est ce qui fait que dans le miroir, je regarde toujours mon cul et que je le trouve toujours horrible. Peu importe que mes... Par exemple, mes amoureux ont dit dessus, peu importe le sport et la finesse de mon corps, quoi qu'il en soit. Cette phrase, elle a marqué mon adolescence, elle marque encore ma vie d'adulte. Et elle a été prononcée, bien sûr, par un décroche que j'avais, des coups de cœur. Alors, ce n'est pas de sa faute du tout, je ne le montre pas du doigt aujourd'hui, même si ce ne sont pas des phrases qu'on dit. condamner le corps des femmes c'est vraiment quelque chose qui était très de mon époque d'ailleurs j'ai grandi vraiment dans l'époque où c'était ok de critiquer le physique des femmes c'est l'époque de jennifer avec la sarah d'académie c'est l'époque du culte de la migreur avec kate moss c'est l'époque où dans les magazines voilà je mangerai en plus et des quiz pour voir comment être fine pendant l'été et c'est une époque aussi où moi je pensais que plus le chiffre de la balance était petit donc plus il était bas plus j'allais être belle et aimable dans le sens on allait m'aimer moi je fais partie des filles au collège où j'étais pas franchement la fille canon au contraire je fais partie des clips du journal là avec les cheveux tout courts une chemise à carreaux bien paysanne pendant que les autres elles étaient, je suis deux noms qui me viennent en tête Sophie et Aurore de mon collège elles étaient canon d'ailleurs quand je regarde les filles de 15-16 ans quand je regarde même ma propre fille je lui dis mais t'es canon enfin voilà moi j'étais Merci. habillée en pantalon carhartes large, j'écoutais du Bob Marley, j'avais des Doc Martens aux pieds, une coupe à la garçonne. Franchement, mais qu'est-ce que je faisais ? Et pourtant, j'ai eu des petits copains, ça n'a pas empêché. Mais je crois que vraiment, je n'étais pas à l'aise dans ma féminité et encore moins à l'aise dans mon corps. Et cette phrase, elle est venue marquer. C'est comme si on venait appuyer vraiment, ça fait mal. Aujourd'hui, on me la dirait, oui, elle ne marquerait pas la même chose. Parce que bien sûr, j'ai des défauts, mais je connais aussi mes qualités. Et elles sont, voilà, je connais autant mes pardonnes que mes qualités, que mes points forts, donc mes qualités que mes défauts. Et je suis OK avec ça, parce qu'il fait mon unicité. Mais à l'époque, ce n'était pas le cas. Et ça a vraiment marqué toute mon adolescence. Et ça, je le vois maintenant impacter même mes relations amoureuses, jusqu'à ce que je trouve mon mari. Et c'est souvent ce que je dis à Louis, je dis la confiance en soi c'est vraiment une clé, l'amour de soi c'est vraiment une clé pour ne pas accepter n'importe quoi. Moi j'ai accepté des relations toxiques parce que justement je ne m'aimais pas assez et que je me disais bon ben c'est normal qu'on existe ça de moi. Alors typiquement j'ai eu un amoureux qui, bon alors un amour passion qui a marqué mon histoire d'amour. Je pense qu'on a tout un amoureux toxique non ? Avant de trouver le bon. Le bon soit dit un amour sain. Et où le pauvre, il doit galérer 2-3 ans parce que l'autre, il a tout bousillé. Je parle de mon mari là. Ce n'est pas lui qui a tout bousillé, c'est lui qui a galéré plutôt. J'avais des comportements tellement toxiques et tellement bizarres. Bref. Et lui, le suit d'avant, il m'a vraiment modulée à ce qu'il attendait d'une femme. C'est-à-dire qu'au couple de filles, il m'a mis un régime alimentaire. Il m'a fait porter des talons, des strings. Alors bon, il m'a reliée à ma féminité dans un sens, c'est pas si mal, mais dans un contrôle et dans une toxicité qu'aujourd'hui on appellerait ça « red flag » et tout. Mais à l'époque, moi j'étais ok avec ça, dans le sens où j'avais besoin de cette validation extérieure, je cherchais comment on pouvait bien m'aimer et j'étais plutôt là « oh putain, il m'aime, c'est trop bien, c'est trop cool » . et j'ai accepté des comportements avec lui et avec d'autres. Je n'aurais jamais dû accepter en fait. Et je pense, avec le recul, que même si j'avais eu la confiance en moi et l'amour que j'ai de moi maintenant, avec les limites que je vous ai imposées, je ne sais même pas si je serais avec le mari que je suis aujourd'hui. Bref, j'aurais élevé mes standards encore plus haut. Quoi qu'il en soit, c'était pour dire que de cette phrase à cette chine, ça a vraiment colorié toutes mes relations à cause d'après et que maintenant je me rends compte de ça. Et je me rends compte qu'à 44 ans, mon corps de nouveau, il change. Un peu comme à l'adolescence où moi j'avais honte de mes vergétures, de ma cellulite. Et de ce corps qui était un peu... Qui ne correspondait pas aux normes sociétales de l'époque. Et là aujourd'hui à 44 ans, la discussion avec Margot. Et puis tout ce chemin que je fais en mode il faut prendre du muscle. Et le fait que je ne me pèse plus. Je ne me pèse plus depuis bien longtemps. D'ailleurs par rapport à mon corps, je suis passée d'une nana hyper... expliqué par mon poids et le chiffre sur la balance, ça, depuis que j'ai été enceinte, a vraiment quelque chose de beaucoup plus serein. Il y a juste là, c'est vrai, je constate depuis 6 ans. Les filles, profitez de vos 38 ans, 35 ans. Après, ça commence à merder. Moi, je ne l'ai pas vu venir. Vraiment, ça a été insidieux. Ça a été gentil, doucement. Et là, je vois que le chiffre sur la balance a gravement monté. Et puis, physiquement, j'ai pris du poids. Et c'est justement cette image de nouveau qui change, ce qui fait que Je me dis, attends, il y a des gens qui passent. Alors, attendez, je fais pause un instant. Les cycles sont passés, je ne sais plus ce que je dis. Donc, moi, l'histoire avec Margot m'a vraiment fait prendre conscience qu'on était dans du... Moi, je voulais perdre du poids à elle, je voulais en prendre. C'est deux histoires complètement opposées, mais la douleur, en fait, elle est la même. C'est la même trace qui tourne dans la tête, c'est je ne suis pas assez bien comme je suis. Et puis j'ai réalisé vraiment que ce n'est pas juste une histoire de corps, c'est une histoire de ce qu'on nous a appris, ce que la société nous dit qu'on est. Et ça, je trouve que c'est trop dur maintenant. Il faut déconstruire tout ça. À 44 ans, il est temps de faire la paix. Il est temps de me regarder avec un peu plus de douceur. Parce que souvent, quand je regarde les photos, parce que bien sûr, je fais un métier d'image, souvent, quand je regarde les photos, tout de suite, je me dis « putain, mais je ne suis pas bien, je suis énorme » . Et quand je regarde les photos... 6 mois, même à 2 ans après, je me dis mais en fait t'étais canon meuf ! Et j'aimerais bien avoir cette douceur de mon image tout de suite. D'ailleurs quand je registre les épisodes de podcast pour la petite anecdote en passant, je ne regarde jamais les rej' ni je ne m'écoute pas tout de suite. Je suis très critique, tandis que si je laisse passer du temps, je me rends compte qu'en fait je suis plus douce avec moi. Donc mon objectif de ces prochaines années, c'est d'être plus douce avec moi tout de suite. Et puis, je n'ai pas vraiment de vraies conclusions à te donner maintenant, propre. Et puis, ce serait de mentir, de dire que tout est réglé. Non, je suis en chemin. Je sais, je conscientise les mécanismes. Je me rends compte de tout ça. Et j'ai lu assez de choses pour me rendre compte qu'il y a des injonctions, que si que ça, qu'on doit être, que l'amour de soi, c'est vraiment une des clés. Mais je pense que c'est un chemin de vie. Et moi, je suis encore en chemin et je ne sais pas. Des fois, c'est aussi une croyance de dire que ça va prendre du temps. Alors, j'aimerais me dire que ça va être facile et que dans peut-être une semaine, je m'aimerais pleinement et je serais, bon, je suis bien sans moi. Puis, je serais hyper cool, contente. Et je sais aussi que parfois, ça prend plus de temps. Donc, voilà. Donc, je ne veux pas de conclusion. Pas de, voilà, ce que j'ai compris et tout va bien maintenant. Ce serait de mentir. Mais je commence à comprendre que se faire respecter, donc vraiment, ça commence là. Ça commence dans le regard qu'on pose sur soi, sur moi. Pas quand on aura perdu 5 kilos, pas quand on sera prête, pas quand on se conformera à ce qu'on attend de nous, mais que ça commence maintenant. Et que peut-être c'est le travail d'une vie, je ne sais pas. Bref, je vais te parler de ça, je vais te parler un peu plus que sur mon carousel. Et j'espère que cet épisode aussi résonnera quelque part en toi et si c'est le cas, mets-moi un message. Voilà, je t'embrasse.