- Speaker #0
Quand on parle du corps des femmes, on parle souvent de poids, de régime, de grossophobie, mais beaucoup moins de l'autre réalité, celle d'être trop fine. Pour en parler aujourd'hui, je reçois Margot. Margot est créatrice de contenu suisse. Elle s'est fait connaître en 2020 grâce à des vidéos humoristiques qui ont rapidement rencontré un énorme succès. Depuis, elle partage son univers sur Instagram et TikTok, autour du sport, du lifestyle, des do it yourself et de la cuisine. Mais aujourd'hui, avec Margot, on ne va pas parler de vues, d'algorithmes ou de partenariats. On va parler du corps, du regard des autres, et de ce moment où une femme décide de reprendre le pouvoir sur son corps. Bienvenue dans Zéro Filtre.
- Speaker #1
Être une femme, c'est terriblement compliqué. What doesn't kill you makes you...
- Speaker #0
Les hommes et les femmes devraient avoir les mêmes droits.
- Speaker #2
Zéro Filtre, un podcast qui t'invite à explorer des sujets dits tabous en toute simplicité.
- Speaker #1
Les femmes diront la vérité, les journées n'auront pas la même saveur.
- Speaker #2
Dans chaque épisode, plongez dans des témoignages honnêtes de la confiance en soi à la maternité.
- Speaker #1
J'ai une vraie plateforme. Ce que tu dis a de l'importance. Je ne me suis jamais permis de souffler, ne serait-ce que 15 jours.
- Speaker #2
Sérofiltre, présenté par Isalina Kerman.
- Speaker #3
Votre capacité à changer tout ce qui est, démarre.
- Speaker #0
Bonjour Margot !
- Speaker #4
Bonjour !
- Speaker #0
Bienvenue dans Zéro Filtre !
- Speaker #4
Merci !
- Speaker #0
Comme toutes mes invitées, d'abord je leur demande de se présenter, même si je pense que tous les gens te connaissent sur les réseaux sociaux, je voudrais que tu te présentes comme toi tu le souhaites.
- Speaker #4
D'accord. Alors, je m'appelle Margot Seydoux, j'ai 26 ans, et je suis créatrice de contenu depuis 5 ans maintenant sur les réseaux sociaux, les deux plateformes, TikTok et Instagram. Et voilà, je vis de ma passion, du dessin, de la cuisine. Et je suis très reconnaissante aujourd'hui d'avoir fait tout ce parcours.
- Speaker #0
Donc, ça fait depuis 2020, t'as dit ?
- Speaker #4
Exactement, depuis le Covid. C'est un vrai tremplin.
- Speaker #0
Oui, voilà. Donc, en fait, moi, je te suis depuis le début. Depuis tes danses TikTok. Vraiment.
- Speaker #4
Et de l'évolution, du changement.
- Speaker #0
Oui, complètement. On va peut-être en parler brièvement. Mais ce n'est pas le sujet de l'épisode. Il y a une autre question sur laquelle j'aime bien poser, mais bon là tu t'es pas trop définie selon des casquettes et des rôles, mais quand même. Un petit peu, t'as dit que t'étais créatrice de contenu.
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #0
Sans cette casquette-là, Margot, qui es-tu ?
- Speaker #4
C'est une grande question. Je pense que je suis une personne qui adore apprendre, je suis très ambitieuse et si je devais choisir un métier demain qui n'ait pas l'influence, ce serait... extrêmement difficile pour moi d'y répondre parce que j'adore tout en fait, je suis passionnée de tout j'aime autant le bois la peinture la décoration d'intérieur, l'architecture j'adore, en fait tous les sujets me passionnent c'est rare que je puisse rencontrer quelqu'un qui fait un métier qui ne me passionne pas en fait, j'ai toujours envie d'en apprendre plus je suis vraiment voilà quoi,
- Speaker #0
je ne sais pas comment dire mais tout me passionne en fait ça se voit sur ton compte notamment Oui. Donc en fait, tu es une ultra passionnée de la vie, de tout.
- Speaker #4
De tout. Et c'est ce que je dis toujours, j'ai un peu l'impression d'avoir fait un apprentissage accéléré depuis que j'ai commencé les réseaux, parce que j'ai un peu appris plein de branches différentes. Et je trouve que ça m'a énormément appris et fait évoluer. Et puis en fait, il n'y a aucun apprentissage qui m'aurait permis de développer autant de connaissances dans chacune de ces branches.
- Speaker #0
Ça, j'en suis convaincue. En plus, moi, je suis très admirative de celles qui sont arrivées. Ça fait dix ans que j'étais sur les réseaux sociaux, donc on m'a regardée comme un dinosaure, moi, quand je suis arrivée, en mode, qu'est-ce que tu fais ? C'est quoi cette culture du vide ? Bon, bref, je vais te passer tes détails. Mais c'est vrai que quand j'ai vu la nouvelle génération un peu... Tu vois, j'ai quand même 44 ans, t'en as 26. Oui. T'as 44 ans. Donc, on a un gap, tu vois. Et du coup...
- Speaker #4
Tu fais tellement pas ton âge. J'ai cru que t'avais genre la trentaine.
- Speaker #0
Voilà, écoute. Non, ils sont bien là. Et d'ailleurs, je les apprécie ces 40 ans parce que je pense que je n'étais pas la même à 26 ans qu'à 40.
- Speaker #4
Bien sûr.
- Speaker #0
Et bref, pour revenir à ce que tu disais, je vous admire. Vous avez bâti, surtout toi en Suisse romande, vraiment une communauté rapide avec une persévérance. Donc oui, j'entends ce que tu dis, que ce métier t'a appris énormément de choses. Des fois, on minimise tout ce que ça veut dire, ce rôle-là. influence, créatrice de contenu.
- Speaker #4
Après, on pourrait très bien aussi rester dans son coin et puis produire du contenu un peu toujours similaire et puis pas forcément en apprendre. Mais moi, j'aime toujours un peu me surpasser, toujours apprendre de nouvelles choses. Je veux dire, c'est aussi ça qui me passionne dans mon métier, c'est qu'il n'y a aucun jour qui est similaire. Tous les jours, c'est différent et c'est ça qui, je pense, qui me stimule au quotidien et je ne suis jamais ennuyée. À chaque fois, on me dit, mais comment on fait pour avoir toutes ces idées ? En fait, c'est le quotidien, c'est l'envie d'apprendre. Enfin voilà, un peu tout ça, un bon mélange de tout ça.
- Speaker #0
Justement, une de tes vidéos récemment, c'était, tu as partagé ta transformation, mais finique, n'est-ce pas ? Ça, ça m'a... Beaucoup touchée, parce que justement, vu que je te suis depuis le début, c'est vrai que moi qui ne te connais pas plus qu'à travers les réseaux sociaux, je ne me suis jamais dit que c'était un complexe. Oui, vraiment. Cette vidéo m'a rendue attentive à ça. Et justement, quand tu repenses à cette période-là, avant ta transformation, de quoi tu te souviens ?
- Speaker #4
Je n'étais pas dépressive ou vraiment au fond du bac, mais ça a toujours été quand même un sujet douloureux pour moi parce que je n'étais pas vraiment comprise dans ma famille dans ce sens-là. Parce qu'à l'époque, ma amant, elle était... Attention, je vais m'expliquer parce que ça peut être mal interprété. C'est que ma amant, à l'époque, quand elle était jeune, elle était un peu ronde. Et à cette époque-là, c'était à la mode d'être fine.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #4
ben c'est... Donc, elle a énormément souffert, que ce soit à la gym, que ce soit des autres, du regard des autres, et puis aussi de soi-même, d'être comme ça. Et du coup, elle m'a toujours dit, mais tu as tellement de chance d'être fine et d'être comme ça. Et du coup, moi, je ne me sentais pas chanceuse parce que, déjà, de un, ce n'était pas tellement à la mode d'être toute fine, de ne pas avoir de forme, etc. Mon époque, c'était plutôt l'inverse. Donc, du coup, dans tous les cas, j'en souffrais un petit peu, mais aussi... plus à l'intérieur de moi. Je ne me sentais pas bien, je ne me sentais pas à l'aise. J'avais toujours l'impression d'être un peu fragile. C'est vrai que du coup, aussi le regard des autres, entre les enfants, c'est toujours très sympa.
- Speaker #0
Oui, tu as dit que tu avais eu quelques moqueries à cette époque-là.
- Speaker #4
Oui, tout à fait. Mais après, je pense que toute personne, quand on est jeune, on subit des moqueries. Il y en a certaines qui font plus mal que d'autres. En fait, quand soi-même, on n'est pas Bien avec ce sujet-là, forcément quand les autres appuient dessus, ça fait un peu plus mal. Mais ce n'est pas vraiment pour les autres que j'ai voulu changer ou que j'ai voulu prendre du poids. Mais voilà, ça a toujours été pour moi une volonté de prendre du poids, mais c'était très dur. Je pense que c'est très dur d'en perdre, mais c'est très dur d'en prendre aussi, surtout à cet âge-là. Et en fait, on va toujours se réfugier vers la nourriture, mais de la mauvaise manière, pas dans le bon sens. J'allais me lever des fois pendant la nuit pour manger des pizzas, des cervellas en pensant à les m'aider. Ça paraît ridicule, mais je disais ça à mes parents. Ils me disaient, mais non, mais tu manges bien, etc. Mais voilà, ça ne changeait rien.
- Speaker #0
Ce qui est intéressant dans ce que tu racontes, c'est la différence de génération entre ta maman et toi. Et c'est vrai que je me souviens, moi, j'ai été éduquée avec la ketmos. Donc, ça veut dire plus squelettique tu es, mieux tu es. En fait, il y avait une espèce de liaison par rapport à ça. Et toi, tu as grandi dans... Autre chose, c'est vrai. Et donc, du coup, ce n'est pas une bonne idée de se lever pour manger des pizzas et des cerveaux là ?
- Speaker #4
Ben non, ce n'est pas en mangeant gras qu'on va prendre du poids. Et d'ailleurs, j'allais énormément dans les fast-food pendant mon adolescence. Et puis maintenant, ce n'est plus tellement.
- Speaker #0
Oh, non. Ça, tu en parleras un peu plus tard. J'ai des questions par rapport à ça. Mais ce que j'aimerais relever, c'est que tu as dit qu'il y avait des phrases qui t'ont marquées. Il y en a une qui t'a particulièrement marquée pendant ton adolescence sur ça ?
- Speaker #4
Je dirais toutes les personnes qui sont trop à l'aise pour dire « Ah, t'es maigre, t'es fine » . C'est comme dire à quelqu'un « t'es gros » . C'est exactement pareil. Quand on ne se sent pas bien, en plus, avec ça, c'est vraiment une insulte. Forcément, à proprement dit, maintenant, j'ai grandi et je sais que c'est des mots qui font mal et qui sont autant douloureux que dire à une personne qu'elle est en surpoids. Oui,
- Speaker #0
complètement. Merci. qualifier le corps de l'autre, c'est devenu très récurrent. Genre, très courant, pas récurrent. Ils allaient très courant. Voilà, voilà. Mais surtout, je ne sais pas ce que tu en penses, mais je trouve que le corps des femmes est surtout sujet à ça, en fait, plus qu'encore le corps des hommes.
- Speaker #4
Et c'est fou parce que d'un jour à l'autre, ça peut tellement changer. Encore, dernièrement, en janvier, j'étais à la brocante à Bulles. Et puis, il y a un des brocanteurs que je connais très bien. J'étais encore accompagnée d'un autre brocanteur. Il me fait « Mais t'as maigri, t'es plus fine qu'avant, on voit les traits du visage. » Alors que j'ai plus pris du poids qu'autre chose que depuis toujours. Je trouve que je suis en pleine forme, j'adore mon corps. Mais je portais des habits très là, ce jour-là, pantalon, laser Vos 16. Et en fait, encore une fois, si j'étais pas bien avec moi-même... Cette réflexion m'aurait fait mal. Mais là, aujourd'hui, elle ne m'a pas fait mal. Parce que je me sens bien dans mon corps. La perception des autres...
- Speaker #0
Et ça, c'est hyper puissant qu'une femme se sente bien dans son corps. Et je pense que, tu vois, je ne sais pas si je parle en nom de beaucoup de femmes, mais c'est un chemin qui peut être long de se sentir bien. Surtout que tu n'as pas, comme tu dis, toi, dans ta famille, c'était pas compris, tu étais fine. Donc, en fait, tu Ausha les standards, c'est ça ?
- Speaker #4
C'est ça.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui t'est resté de cette époque alors, que tu as encore aujourd'hui ?
- Speaker #4
Eh bien, franchement, je ne suis pas trop une personne à regretter ou à avoir des regrets sur mon passé. Mais je me dis que quand même, si j'avais pu trouver un sport dans mon adolescence ou ma jeunesse qui me mette en confiance, peut-être que ça aurait pu m'aider. Parce que je trouve quand même que le crossfit, mis à part l'aspect physique et visuel, ça m'a énormément apporté en confiance en soi. J'en discutais avec mon frère l'année passée. On se disait, en fait, si on avait découvert ce sport plus tôt, peut-être qu'on n'en aurait pas eu la passion, mais on se serait senti mieux. Je trouve que maintenant, quand je traverse une salle, je me sens bien dans mon corps. J'arrive, je sens que je suis là. Avant, toujours un petit peu à me revouter, à être un peu gênée. Je ne sais pas, je pense que ça m'a énormément donné de confiance. Ça m'a apporté beaucoup.
- Speaker #0
Oui, parce qu'avant, tu as dit que quand tu étais plus fine, tu te sentais fragile. Oui. Alors maintenant, tu te sens comment ?
- Speaker #4
Je me sens forte. Je ne sais pas comment expliquer, mais je sais très bien qu'il y a des femmes qui sont fines. Et je trouve ça très beau. D'ailleurs, je n'ai pas un problème avec ça. Oui,
- Speaker #0
mais on parle de toi là.
- Speaker #4
Exactement. Mais je pense qu'il y a certaines femmes qui sont fines, qui se sentent fortes. Mais moi, je ne l'étais pas. Je me sentais vraiment faible quand j'étais fine. J'avais l'impression que... Même la posture, elle allait avec ma morphologie, c'est dingue. Maintenant que j'ai gagné en musc, en masse, je me sens toujours bien et la posture, elle va avec. C'est difficile à expliquer.
- Speaker #0
Margot, tu travailles dans l'image, ça veut dire que tu vois ton corps tous les jours. Peut-être des fois pas en entier, mais quand même tous les jours. Et depuis longtemps, depuis le début, tu en étais où à cette époque-là par rapport à ça, par rapport à ta maigreur ?
- Speaker #4
C'est vrai que quand on se filme, on décide quand même toujours des angles et des positions de la caméra. Donc, forcément, il y avait un peu de stratégie pour que je ne paraisse pas trop fine ou que je porte des vêtements qui, peut-être, me mettaient plus en avant. Enfin, voilà, il y avait quand même un peu toujours de la réflexion derrière. Et je pense qu'on peut le voir à travers les premières vidéos que je manquais beaucoup de confiance en moi.
- Speaker #0
Vraiment, ce que je peux comprendre, c'est que tu as fait vraiment un lien avec ta force physique et ta confiance en toi.
- Speaker #4
Oui, exactement. En tout cas, moi, c'est ça qui m'a aidée. C'est de me sentir forte à l'intérieur de mon corps. Ça m'a fait développer cette confiance en moi que je n'avais pas dans le passé.
- Speaker #0
Dans ton passé, justement, tu te souviens de plus de quoi ? Du regard des autres ou de ton propre regard sur toi ? C'est quoi qui t'a fait le plus mal ?
- Speaker #4
Je pense quand même le regard des autres. Parce qu'avant d'être dans le monde des réseaux, c'est vrai que je ne me prenais pas en photo, ni en vidéo ou autre. Donc, je pense qu'on a moins de regard sur soi quand... Avant qu'il y ait les réseaux qui sont arrivés comme maintenant. Je pense que si j'étais née maintenant, si l'adolescence se passait maintenant, peut-être que j'en souffrirais d'autant plus intérieurement. Parce que je serais tout le temps en train de me regarder, ou en train de vivre autour des caméras. Même mon adolescence, elle n'était pas autour de ça. Il fallait vraiment se croiser devant un miroir pour se voir. Je pense plutôt des autres.
- Speaker #0
Regarde les autres. Comment tu vis le fait que certaines personnes les associent automatiquement « ma sœur » et « corps idéal » ? Comment tu le vis ? Parce qu'en fait, en tant que femme, on est d'accord que même si aujourd'hui, ok, c'est la mode, bien que non, en 2026, c'est redevenu la mode des gens plus fines, voire même la plus bleue.
- Speaker #4
En 2026, la mode, c'est un peu tout. Et c'est ça qui fait plaisir. J'ai l'impression qu'il y a un peu, sur les réseaux, on peut voir vraiment des extrémités. enfin ouais les opposés, on va dire. Autant des femmes qui sont très fines et qui sont très à la mode, on dira, et autant l'inverse aussi, des femmes qu'on forme, qui sont aussi très à la mode. Je pense qu'il y a un peu de tout, et ça plaît à tout le monde, du coup. Peut-être pas aux mêmes personnes, mais du coup, ça touche tout le monde, on dirait.
- Speaker #0
Est-ce que tu ne penses pas quand même qu'on est toujours en train de se dire que plus on est mince, plus on est idéal, on a un corps parfait ? J'essaie de me... Dans ma tête de femme de 44 ans, c'est un peu ce que je me dis, tu vois.
- Speaker #4
Je pense que pour certaines générations, ça l'est. Si je discute avec ma maman, j'ai quand même l'impression aussi que c'est toujours aussi plutôt dans ce sens-là.
- Speaker #0
Et dans la scène plus ?
- Speaker #4
Non, moi, ça n'a jamais été.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #4
Oui. En fait, je pense que j'ai tellement toujours souffert de ça que j'ai toujours voulu prendre du poids. Moi, j'ai toujours plus tendance à trouver... Je ne peux pas dire vraiment ça, mais je ne sais pas comment expliquer. Je pense que quand on assume son corps pleinement, quand on voit que quelqu'un est bien à l'intérieur, on arrive à dire que cette personne est belle, peu importe le corps. Je pense que c'est beaucoup la confiance en soi et l'assurance qui fait que...
- Speaker #0
Oui, c'est très joli ce que tu dis. Mais oui, c'est très intéressant aussi. Et je pense que c'est là où je vois que c'est bien qu'on a évolué. Parce que... vraiment je vois une différence entre moi qui ai grandi avec ces médias Jeune et Jolie et tout et même la Star Academy on voyait Jennifer qui se faisait je vais dire le mot maltraitée par rapport à son poids quitte à oublier sa valeur propre à la personne et je trouve que tu mets le doigt sur quelque chose d'intéressant aujourd'hui on est plus effectivement sur qu'est-ce que dégage la personne, qu'est-ce qu'elle apporte, quelles sont ses compétences que sur son enveloppe corporelle
- Speaker #4
Tout à fait. Et aussi, quelqu'un qui est souriant, je trouve que ça va faire toute la différence. De voir une belle femme qui n'est pas souriante, ça va moins donner l'envie de le dire qu'elle est belle. Ça va lui enlever quelque chose. Je pense que ça aussi, l'état d'être, le sourire, la façon de se comporter, ça fait beaucoup, je trouve.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, tu es passée de la petite fille dont on ne sait vers quel âge tu t'es passée bien dans ton corps.
- Speaker #4
Je dirais à partir de la cinquième primaire, quand même. Ça a été très vite.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #4
quand même. Je me rappelle, moi, j'étais très en retard. J'ai eu mes règles très tard. Deuxième du CO, je crois. Il y avait beaucoup de filles dans ma classe quand j'étais en cinquième primaire qui avaient déjà leurs règles. Elles étaient forcément plus développées au niveau de la poitrine, au niveau de leur corps, etc. Et moi, j'avais toujours l'impression de peut-être encore jouer au Playmobil, d'être encore vraiment... une enfant. Et je trouve qu'il y a eu un énorme décalage entre certaines personnes dans ma classe et moi.
- Speaker #0
Elles sont venues, elles ont grandi beaucoup plus vite que toi, c'est ça ?
- Speaker #4
Exactement. Puis il y a d'autres personnes qui sont venues d'ailleurs, ça se fait souvent maintenant, il y a des nouvelles personnes qui arrivent en cours de route. Et je m'en souviendrai toujours. C'est vrai que les garçons, ils étaient toujours plus attirés vers ce type de personnes qui étaient plus développées. Et puis du coup, moi je me suis dit, mais est-ce que j'ai loupé quelque chose ? Je me rappelle, j'étais presque en cours de route. en train encore de jouer au Playmobil et au Pet Shop et tout d'un coup, ça est arrivé et je me dis, mais mince, est-ce que je suis en retard ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui cloche avec moi ? Et j'attendais un peu que ça arrive ces choses-là et c'est arrivé très tard.
- Speaker #0
Donc ça a démarré là ?
- Speaker #4
Ouais, je pense que là, il y a déjà eu quelque chose.
- Speaker #0
Et quand c'est que t'as eu le déclic de l'autre côté du coup ? Quand c'est que tu as dit, là ça suffit, maintenant je prends les choses en main ?
- Speaker #4
Je dirais à partir de... Peut-être à partir de mon... Je ne sais pas. C'est-à-dire quand il y a eu vraiment le déclic.
- Speaker #0
Il y a eu un élément déclencheur, peut-être. Il y a eu quelque chose qui t'a dit ce moment-là de ta vie où tu t'es dit non, là, ça suffit, il faut que je fasse quelque chose plus qu'un déclic.
- Speaker #4
Je pense qu'à partir du CO, j'avais déjà envie de prendre du poids. Oui. Je pense qu'à partir de ce moment-là, je m'étais rendue compte que c'est ça qui changerait ma vie. Mais je n'y arrivais pas, en fait.
- Speaker #0
C'est faux qu'il changerait ta vie, carrément ?
- Speaker #4
Ah oui, oui. Je me suis dit, si je prends du poids, je sais que je vais être heureuse. Je vais gagner en confiance et ça va me changer.
- Speaker #0
Comme quelqu'un qui dirait, le jour où je perds du poids, je vais être heureuse et c'est ça qui va changer.
- Speaker #4
Et du coup, j'ai fini le CO. Après, j'ai fait mon apprentissage. Là aussi, j'avais toujours envie de prendre du poids, mais c'était cette période où j'allais plus au fast-food. J'étais convaincue que si je mangeais plus gras, j'allais prendre du poids. Et c'était complètement faux. Complètement faux. Et après, j'ai eu ma maturité. J'ai eu vraiment beaucoup d'années où j'ai tenté de gagner du poids, mais je n'y arrivais pas. Et je me disais en fait, ça résonnait vraiment très faux dans ma tête, c'est que je me disais si je fais du sport, je vais encore perdre du poids. J'étais vraiment rentrée dans un cercle vicieux où je me disais, il faut que je mange mal. Et il ne faut pas que j'aille faire du sport. Je ne sais pas qui c'est qui m'a dit ces choses-là.
- Speaker #0
Mais alors, moi, j'ai mis une hypothèse, Margot, laisse-moi y mettre. J'ai mis l'hypothèse que peut-être les magazines féminins qui nous disent qu'il faut toujours être en déficit calorique. Et tu t'es dit, le sport va me faire perdre des calories. Oui, oui. Et j'ai dit, bon, ça ne sert à rien, je dois manger, manger. C'est une hypothèse. Oui,
- Speaker #4
peut-être, complètement. Je ne sais pas qu'est-ce qui a planté ces premières graines, mais c'est un peu de tout ça. Et un jour, j'ai rencontré mon frère. Et du coup, il m'a dit, tu devrais essayer de faire du crossfit, venir essayer de faire un peu de sport. Tu ne fais pas de sport. Et moi, à part un peu de randonnée, c'est vrai que je ne faisais aucun sport à l'époque. Au début, je me disais que je n'avais pas trop le temps. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie. J'avais toujours ce truc en tête de me dire que j'allais perdre du poids en faisant du sport. J'allais brûler des calories. Je me disais que ça ne va pas. C'est complètement à l'inverse. Ou alors, je me disais que d'une manière que je pouvais prendre un peu de poids, c'était à la salle de musculation. Mais je n'avais pas l'énergie d'y aller seule. Et quand j'y allais, j'avais l'impression de... faire tout faux. Et en fait, comme l'alimentation, elle n'était pas bonne non plus derrière, je pense que je n'avais pas non plus l'énergie suffisante pour faire des bonnes séances. Enfin voilà, j'étais un peu perdue. Je pense vraiment que c'était une époque où j'étais perdue.
- Speaker #0
Et c'est une époque, tu te souviens, c'est avant Covid, après ? Avant. Donc ça, c'est ce qui se passe avant de te relancer, donc avant qu'on ne te connaisse pas. Oui,
- Speaker #4
tout à fait.
- Speaker #0
Et donc, c'est grâce à ton chéri ? Tu commences le sport.
- Speaker #4
Tu prends le virage. C'est à partir de ce moment-là qu'il y a eu la grosse transition du début des vidéos à maintenant. Je pense que c'est beaucoup le sport qui a fait.
- Speaker #0
C'est intéressant. Tu as tout eu en même temps. Ton chéri et le début des vidéos et le sport. Une nouvelle Margot en route.
- Speaker #4
Exactement.
- Speaker #0
Quel sport as-tu commencé ?
- Speaker #4
Le crossfit.
- Speaker #0
Le crossfit.
- Speaker #4
et
- Speaker #0
Comment ce sport a pu te pacifier avec ton image corporelle ?
- Speaker #4
J'ai commencé mes deux premières séances avec mon copain. On était allés ensemble. J'étais très introvertie, un peu gênée.
- Speaker #0
C'est fou quand même quand on pense.
- Speaker #4
Je suis arrivée. C'est vrai que le crossfit, c'est très communautaire. Il y a une communauté, on s'entraîne à plusieurs personnes en même temps, enfin, il y en a 10 ou 10 personnes.
- Speaker #0
Ah, il y a du monde ! J'ai jamais fait de plus gros de groupe.
- Speaker #4
Et ça change parce que moi, à l'époque, j'avais fait du fitness, donc j'étais seule ou alors parfois avec une amie, mais c'est quand même quelque chose de très individuel. Et là, quand tu arrives au CrossFit, tout le monde est là pour toi, entre guillemets. Ça veut dire que tu vas commencer ton entraînement, même si tu as de la peine et que tu vas prendre plus de temps à finir. M'l'épouse. plus forts de la boxe, ils vont attendre et venir t'encourager jusqu'à la fin. Et ça, pour moi, c'était un monde qui me paraissait...
- Speaker #0
Donc, en fait, c'était un peu tous les avantages d'un sport d'équipe, plutôt que pour les bénéfices individuels.
- Speaker #4
Voilà.
- Speaker #0
Et alors, comment ça se fait, une introvertie qui va dans un sport où il y a plein de monde ?
- Speaker #4
Au début, c'était difficile, je ne vais pas mentir. J'étais toujours un peu gênée d'y aller, pas à ma place, parce que forcément, je n'arrivais rien à faire. J'avais l'impression d'être nulle. Enfin voilà, mais bon, j'ai bien commencé à quelque part. Et en fait, ce qui est bien en crossfit, c'est que, en tout cas, je parle de la boxe, où je suis à Fribourg, c'est qu'il y a de tous les physiques. Des plus ronds, des plus fins. Enfin voilà, il y a de tout. Et je pense aussi, c'est comme ça qu'on s'y sent bien. On n'est pas catalogués. J'ai l'impression quand même, quand on va au fitness, quand on va dans la zone musculation, il y a un peu... Les physiques, parfait. Là, je trouve qu'au crossfit, c'est différent. Il y a aussi de tout âge. Personne de la 90e d'année qui s'enseigne au crossfit. Parce qu'il y a des cours de renforcement. Il y a plusieurs disciplines. Je trouve qu'on s'y sent bien. C'est vraiment un environnement sain. J'ai trouvé ma place. J'ai réussi à faire ma place là-bas. Après, je dirais 5-6 séances, ça a commencé à bien aller. Et puis, j'ai commencé à évoluer très rapidement. Et en fait, c'est là que... C'est aligné parce que comme je commençais à prendre plaisir à venir au sport, je me disais que j'aimerais bien faire quelque chose de bien pour mon alimentation. J'ai commencé un peu à me renseigner, à parler avec les différents coachs. Ils m'ont dit que manger gras, ce n'était pas la clé pour prendre du poids.
- Speaker #0
Alors, dis-nous, c'est quoi la clé pour prendre du poids ?
- Speaker #4
La clé, déjà pour moi, ça a été le déjeuner. Le déjeuner, c'était quelque chose que soit je ne prenais pas, soit je ne mangeais pas forcément. assez ou les bonnes choses, dira.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on a un peu éduqué en Suisse à manger très sucré, des tartines. Et en fait, non.
- Speaker #4
Je pense qu'encore une fois, c'est propre à chacun. Je ne pense pas qu'il y a quelque chose qui soit juste ou faux. Mon papa, il mange 5 tartines par jour. Il va très bien, il est fort, il est musclé.
- Speaker #0
C'est ses papas.
- Speaker #4
Donc voilà, les 5 tartines lui vont très bien et je suis très heureuse pour lui. Et moi, je pourrais toujours continuer à manger une tartine, mais avec d'autres choses à côté. C'est vrai que ce n'est pas assez nourrissant pour moi et j'ai l'impression aussi que je carbure mieux avec du salé. Donc, c'est vrai que la première chose que je prends le matin, ça va être du salé.
- Speaker #0
Donc, tu as changé tes habitudes alimentaires.
- Speaker #4
Exactement.
- Speaker #0
Et est-ce que quand tu es arrivée au CrossFit, tu as dit ton objectif ? Tu as osé le dire ?
- Speaker #4
Oui, oui, tout à fait. J'ai eu tout de suite un rendez-vous avec le propriétaire de la boxe et je lui ai tout dit. que je ne me sentais pas bien dans mon corps, que j'aimerais prendre de la masse musculaire. À l'époque, je parlais toujours de poids. On me disait, oui, d'accord, tu aimerais prendre du poids, mais tu n'aimerais pas prendre du ventre. Je me disais, non, pas forcément. J'aimerais plutôt prendre un peu partout. Mais c'est vrai qu'il n'y avait pas une zone précise où j'avais envie de prendre du poids. J'avais même envie de prendre des bras.
- Speaker #0
Tu ne t'es pas dit, pardon, mais je veux un fessier.
- Speaker #4
Je voulais juste prendre du poids partout. Donc, ce n'était pas simplement un endroit. Ça m'était même égal d'avoir un peu de ventre. Je voulais juste prendre du poids et être bien.
- Speaker #0
Et ça, est-ce que tu avais pu en discuter avec d'autres gens avant ce rendez-vous-là ? Est-ce que de manière transparente, tu avais pu le dire à tes copines ou ailleurs ?
- Speaker #4
Oui, oui. J'en avais déjà parlé, même avec mon copain. Il me disait toujours, mais non, tu verras, le crossfit, ça va te faire prendre de la masse, du poids. Et moi, au début, même, je fuyais tout ce qui était cardio. Donc, tous les cours où je voyais qu'il y avait un peu de course ou du cardio, je fuyais, je me désinscrivais. Je n'allais pas. J'avais quand même toujours un petit peu cette phobie en moi.
- Speaker #0
Oui, oui, je vois.
- Speaker #4
Même si on me disait, tu peux y aller, tu ne vas pas perdre du poids, je faintais quand même un peu les classes. Je m'inscrivais plus quand il y avait des charges à porter que du cardio.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant parce que tu vois, moi qui me suis plutôt, je suis partie des petites rondes de mon adolescente qui a plutôt combattu pour perdre ce poids. Et qui a dû faire la paix, passer la quarantaine justement pour prendre de la masse musculaire. Donc justement, lutter contre la balance, c'est dire, plus aller sur la balance, puis se dire, ah pitié, pourvu qu'elle est descendue, tu sais, mais plutôt dire, ah mais non, c'est bon. Je sais que si je fais ce poids-là, si je me sens bien dans mes vêtements, c'est OK. Et c'est toute une déconstruction. et je suis à l'inverse de toi dans cette déconstruction. Donc c'est très intéressant de voir que toi, tu as eu cet autre chemin. Et justement, comment tu as été accueillie quand tu disais plutôt aux autres femmes que toi, tu voulais plutôt prendre du poids ? Comment tu as été accueillie ?
- Speaker #4
Je ne dirais pas forcément dans la compréhension. Parce que quand même, majoritairement, les femmes... veulent plutôt perdre du poids en général. Donc souvent, on me disait, mais non, mais tu es très bien comme ça, ça te va bien. Regarde toutes les autres filles qui aimeraient perdre du poids, qui rêveraient d'être toi ou qui rêveraient d'avoir ce corps. C'est vrai que souvent, c'était les phrases qui ressortaient. Mais moi, je n'ai jamais été quelqu'un qui aime quand on me brosse dans le sens du poil. Ça va très bien avec mon travail actuellement. Oui, parce que je vis, parce qu'en fait, des fois, je vais... Il y a beaucoup de créations que je ne montre pas sur les réseaux sociaux. Je veux dire que, par exemple, en fin de l'année passée, on a fait des paillassons avec ma sœur et je n'étais pas satisfaite de mon rendu parce que dans ma tête, j'avais imaginé quelque chose de parfait. Je n'ai jamais posté. Et à chaque fois qu'on vient chez moi, parce qu'il est toujours sur mon balcon, ce paillasson, on me dit « c'est trop beau, c'est trop joli » . Et moi, je dis « ah non, mais je n'ai jamais posté ce DIY, je ne l'aime pas. Je trouve que je ne l'ai pas bien réussi » . Et en fait... même s'il y a 100 personnes qui vont me dire c'est magnifique, ça ne va pas me faire changer mon avis personnel.
- Speaker #0
Ce que tu veux dire, c'est que tu t'affranchis de ce que pensent les gens. Ça veut dire que c'est à te convenir à toi. Exactement.
- Speaker #4
Maintenant, surtout maintenant. À l'époque, j'aurais pu être influencée par ce que les gens pensent, mais maintenant, j'ai l'impression que c'est plus le cas. J'ai déjà fait un avis dans ma tête, ça ne va pas changer. Que t'es-tu ?
- Speaker #0
C'était ma question, comment tu naviguais entre toutes les attentes qu'on dit aux femmes si on dit sportive mais pas trop naturelle mais pas trop comment tu fais pour gérer ces attentes là ? Je pense qu'on peut jamais satisfaire à tout le monde j'ai commencé à poster mes transformations parce que j'ai vu et j'ai reçu énormément de messages de jeunes femmes qui se sentent pas bien dans leur corps non plus et qui aimeraient prendre du poids et de la masse musculaire donc je suis très heureuse d'aider dans ce sens là après je suis pas coach sportif Merci.
- Speaker #1
ni protein nutritionnel donc voilà, je fais toujours aussi attention à ce que je dis parce que je pense que mon alimentation et mon train de vie me correspond à moi mais ne correspondrait pas à tout le monde et c'est pour ça que c'est un métier je ne veux pas m'inventer là-dedans mais j'essaye de donner peut-être les petits conseils et les petites choses qui m'ont fait évoluer et qui m'ont fait changer mais je ne sais plus c'est très bien
- Speaker #0
Je disais que comment tu navigues par rapport aux injonctions ? Et tu disais que les choses peuvent pas t'influencer. Et tu disais aussi que tu donnais des petites astuces actuellement. Par rapport à ta vidéo, tu avais reçu beaucoup de commentaires.
- Speaker #1
Et c'est vrai que parfois, quand je pose des photos, on voit mes muscles, mes muscles sont contractés. Je reçois des fois des messages d'hommes. Il faut faire attention, il faut pas que ce soit trop musclé. Après, c'est plus trop féminin. Mais franchement, moi, ça ne me touche pas. Limite, ça me fait rire parce que dans tous les cas, j'essaie que quand on se met dans une certaine position, qu'on traque les muscles, ça donne cette image. Mais qu'au quotidien, on n'est pas...
- Speaker #0
Non, ben non,
- Speaker #1
voilà. Et même, je trouve ça très beau. Voilà, il y a des femmes qui sont musclées vraiment encore plus. Je trouve ça très beau. Et encore une fois, c'est une question d'assurance et de se sentir bien. Oui, je trouve que quand on est en adéquation avec soi-même... Parce que je me sens bien.
- Speaker #0
Ce qui m'impressionne, c'est que tu t'affranchis de ce que pensent les gens et je trouve ça remarquable. Est-ce que tu as une astuce ? Au-delà du fait que c'est quelque chose qui est apparemment inné, ce que je peux ressentir en toi là. Parce que je vois que peu importe ce qu'on te dit, si ce n'est pas aligné avec toi, tu ne l'écoutes pas. Mais pour les personnes qui nous écoutent, qui ont du mal à s'affranchir de ces remarques ou qui ont du mal à s'affranchir du regard des autres, qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #1
Je pense que la clé, c'est vraiment de s'aimer toi-même. Non mais c'est vrai, c'est dur. Et je pense qu'il y a un bon nombre de personnes qui ne s'aiment pas, au fond. Qui prétendent être heureux et qui prétendent être heureux avec eux-mêmes. Mais je dirais que c'est d'abord ça.
- Speaker #0
Donc ce que ça t'a apporté, en somme, en plus déjà que tu avais un caractère affirmé, c'est que maintenant tu t'aimes dans ton corps, en fait.
- Speaker #1
Exactement. C'était un long parcours et ça n'a pas été... Chose de simple, mais voilà.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça t'apporte au quotidien ? Tu m'as déjà dit une confiance, mais concrètement, qu'est-ce que ça t'apporte ?
- Speaker #1
Déjà, le sport, en général, m'a apporté physiquement beaucoup de confiance, mais aussi, je me sens bien. Je veux dire, si je vais en course, j'ai deux énormes sacs, ce n'est pas une tâche qui est difficile pour moi. Si je dois déplacer un meuble ou porter quelque chose de très lourd, ce n'est pas difficile pour moi non plus. Je vais toujours adapter les bonnes positions. Je ne vais pas me mettre le dos dans une mauvaise position et peut-être tellement me faire mal quand je déplace des objets lourds. Je pense que ça m'a aussi beaucoup apporté dans le quotidien pour pouvoir vivre de manière très indépendante, être seule à la maison et vivre très bien.
- Speaker #0
C'est pour ça que des fois, je me dis que les hommes ont peur et qu'ils se disent, tu sais, tu vas venir trop fort. tu auras plus besoin de moi après.
- Speaker #1
Et ça, c'est vrai. Je pense que ça fait peur à certains hommes. On devient trop indépendante. Et moi, ça, j'adore. J'adore. Moi, à la maison, c'est moi la bricoleuse. S'il y a un clou ou quelque chose à visser, c'est moi qui vais le faire. Et c'est OK.
- Speaker #0
Et oui, comment il le veut ? Comment s'en débattre sur sa vie ? Personne, mais comment il le vit ?
- Speaker #1
Hyper OK. Chacun a ses forces et aussi ses passions, on va dire. Il sait très bien le faire. Il pourrait le faire. Tu sais pas, tu sais pas le faire, mais... S'il y en a un qui a plus envie que l'autre, il va le faire. Et je ne vais pas attendre qu'il rentre à la maison pour déplacer un meuble qui est lourd.
- Speaker #0
C'est beau, j'adore. Cette nouvelle génération, vous êtes des femmes hyper puissantes et c'est beau, c'est très très beau.
- Speaker #1
Mais je trouve ça chouette parce que avant, à l'époque, je me rappelle, moi j'adore le changement. J'adorais déplacer tous les meubles dans ma chambre et avoir l'impression d'avoir une toute nouvelle pièce et je m'endormais le soir en me disant c'est trop bien, c'est tout nouveau. Et puis, je me rappelle, je devais toujours demander de l'aide à quelqu'un. J'essayais de déplacer seule les choses, mais au bout d'un moment, c'est toujours un peu restreint. Et je me dis, en fait, j'ai tellement d'idées qui fusent dans ma tête que je dois attendre que quelqu'un rentre le soir alors que mon métier se passe. mon travail durant la journée, je n'avancerai pas. Je suis très contente de pouvoir le faire tout seul maintenant.
- Speaker #0
En plus de la confiance en soi, concrètement, ça t'a apporté cette indépendance. Tu t'auto-suffis.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce que tu demandes de l'aide du coup, de temps en temps ?
- Speaker #1
C'est très rare. Après, ça m'arrive de demander des conseils. Souvent le dimanche soir, quand je suis à la maison, je profite si j'ai des questions liées avec le bois ou la construction pour parler avec mon frère qui est dans un... dans la charpenterie. Mon frère qui est charpentier. Et donc, voilà quoi. Ou mon papa qui est paysagiste. Je pose des questions aussi par rapport aux plantes, etc. Donc, ouais. J'essaie de m'informer quand je peux. Et aussi, chez Jumbo, je passe énormément de temps. À chaque fois que j'arrive chez Jumbo, j'ai une question. Non, mais c'est vrai. Je passe ma vie là-bas. C'est très grave. Franchement.
- Speaker #0
Ça va, franchement, entre le crossfit et le jumbo, ça va.
- Speaker #1
Oui, exactement, mes deuxièmes maisons. Mais oui, aussi la peinture. Là, je suis en train de repeindre un mur. J'ai toujours des questions parce que je me dis, le plus je suis informée, le mieux je vais réussir. En tout cas,
- Speaker #0
ce que je découvre, c'est qu'en-delà du fait que tu as beaucoup travaillé sur toi pendant ces années, sur ton corps et ta confiance en toi, je découvre une femme aussi perfectionniste. Oui,
- Speaker #1
mais en même temps, c'est marrant parce que des fois, j'en discute avec ma amant. Je pense que je suis un peu perfectionniste dans l'âme, mais pas trop non plus.
- Speaker #0
Alors, vas-y, explique-moi.
- Speaker #1
Parce que mon frère, pour moi, il est ultra perfectionniste. C'est-à-dire que quand il fait des découpes, vu que c'est aussi son métier, il m'a aidée une fois pour un mur en bois chez moi. Et derrière ma télévision, ça, c'était quand même un... Un gros changement et surtout des hauteurs de panneaux à plus de 3 mètres. Donc voilà, c'est difficile de le faire seul. Mais lui, il est très, très perfectionniste. C'est-à-dire que si ce n'est pas emboîté au millimètre près, peut-être s'il y a 2 millimètres de jeu, il ne va pas être content. Alors que moi, là, je suis très contente.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a aussi ce côté... Je pense que je suis perfectionniste dans mes créations, mais plus dans l'originalité. Si c'est trop basique ou si c'est trop... Qu'il n'y a pas une touche un peu spéciale. Ça ne va pas me convenir. Mais ce n'est pas perfectionniste dans la réalisation. Je ne sais pas si on peut le comprendre. Écoute,
- Speaker #0
c'est très bien.
- Speaker #1
Je ne suis pas au millimètre près, mais il faut que ce soit original. Si c'est trop basique ou lambda...
- Speaker #0
Qu'est-ce qui fait que ce paillasson n'a pas été publié sur les réseaux ?
- Speaker #1
Je vais finir par le montrer.
- Speaker #0
Voilà, exactement. On veut le paillasson, Margot.
- Speaker #1
Écoute... Je ne sais pas. Je pense que les couleurs, il y avait quelque chose qui me bloquait. Sa forme et sa direction artistique me plaisent, mais il y a quelque chose qui manque. Je l'ai tenté de lui donner un peu plus de couleurs, mais ça n'allait toujours pas. Et je me suis dit, non, ce n'est pas ça.
- Speaker #0
Ce n'est pas pour cette fois. Peut-être qu'on le verra et on s'en fera une petite anecdote. Mais alors, du coup, cette perfection, est-ce qu'elle t'a accompagnée dans ton image, justement ? dans ta relation avec ton corps ?
- Speaker #1
Je pense quand même un peu. C'est vrai que je pense aussi que l'être humain, en général, en veut toujours plus. Et j'ai l'impression qu'on est rarement satisfait. Parce que là,
- Speaker #0
tu en veux toujours plus ? Comment tu te sens ?
- Speaker #1
Je pense toujours que... L'idéal n'est pas atteint. On peut toujours faire mieux. Après, je n'en fais pas une maladie et je suis très bien dans mon corps actuellement. Mais dans tous les cas, je l'entretiens. Et après, s'il y a plus qui arrive, tant mieux. C'est bon à prendre.
- Speaker #0
S'il y avait une jeune femme qui nous écoute sépier aujourd'hui, qu'à l'heure du quoi temps ? 12, 13 ans ? C'est ça ? 14 ans, je pense à ma fille, moi qui en ai 16. Et qui sent... Malgré tout qu'on dise qu'elle a un corps magnifique, malgré tout qu'on dise qu'elle a le standard de beauté idéal, le 34 par exemple, ou le 36, qui est courant, mais pourtant, elle ne se sent pas bien, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #1
J'ai l'impression de me revoir à travers cette question. C'est dur de donner des conseils, mais je réfléchis à quelque chose.
- Speaker #0
Mais prends ce qui vient. C'est juste.
- Speaker #1
D'ailleurs, pour rebondir, pour que je réfléchisse à la réponse, je me rappelle aussi que pour s'habiller, c'était compliqué. J'étais tellement fine à l'époque que par exemple, j'avais envie d'aller chez Tallywell. C'était à la mode à l'époque. Même le XXS ne m'allait pas. C'est trop grand. Du coup, il y avait aussi ce laps de...
- Speaker #0
Tu te rendais compte que...
- Speaker #1
Je ne pouvais pas m'habiller chez les grands. C'était compliqué.
- Speaker #0
Parce qu'après, quand tu as eu quand même la puberté, ça a changé, ça ? Pas tant. Pas tant, ça. Pas tant. Donc, en fait, tu es restée quand même dans cette idée que tu n'étais pas... J'ai eu une hypothèse, tu me diras, que tu n'étais pas conforme à être une femme. Parce que tu me dis souvent... Merci. Dans les habits d'adultes, tu dis.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Les habits de grands, tu dis. Oui,
- Speaker #1
oui. Non, c'est vrai.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi, le fait d'avoir pris du muscle, ça a aussi permis d'être une femme et une petite fille ?
- Speaker #1
Complètement. Je pense qu'il y a deux facteurs. Le fait d'avoir retiré tous les articles, plus d'avoir gagné en muscles.
- Speaker #0
C'est juste, tu parles des articles.
- Speaker #1
Et je pense que ça, ça a marqué le step 2. passage à la femme. J'ai l'impression qu'avant ça, j'étais jeune fille, et puis maintenant,
- Speaker #0
je suis comme femme. Bon, on va faire un petit exercice un peu particulier.
- Speaker #1
Allez.
- Speaker #0
Je te laisse répondre à la question plus tard. Oui. Si ce n'est pas la figure, n'est-ce pas ? Non, c'est pas. C'est là un petit miroir, parce que bon, j'ai pas plus grand monde. Voilà, là. C'est bon, tu te vois dedans ? Oui, je me vois. Qu'est-ce que tu vois quand tu te regardes, Margot ? De la joie. De la joie ?
- Speaker #1
De la joie. L'assurance, être à l'aise devant un miroir, c'est important, tout simplement. Pas fuir de regard.
- Speaker #0
Pas fuir de regard. Oui, c'est important, ça y est. La première fois qu'on m'a mis un miroir pour me poser ces questions, je n'arrivais pas à me regarder.
- Speaker #1
C'est vrai. Je te regarde aussi par politesse.
- Speaker #0
Tu peux te regarder tout le temps.
- Speaker #1
Non, mais je suis très à l'aise maintenant. C'est vrai qu'avant, à l'époque, j'évitais les miroirs. J'étais plus jeune. Ce n'était pas forcément un endroit où je me sentais bien. Pas bien. On fuit.
- Speaker #0
On fuit. Et dans le sens contraire, je me souviens que moi, j'aimais bien les miroirs parce que ça me rassurait. Tu contrôles ton image, comment elle est.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Ah,
- Speaker #0
je suis bon. Moi, je t'invite à fermer les yeux, du coup. Tu peux les ouvrir. J'ai mis une photo de toi petite. T'es trop belle sur cette image. Qu'est-ce que tu aurais eu besoin d'entendre à ce moment-là, quand tu es une enfant ? Si tu as une émotion, c'est ok. C'est ok Margot, laisse aller. De toute façon, je suis là pour toi. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu me dis.
- Speaker #1
Je pense qu'à cet âge-là, on n'a pas de jugement. Donc on est heureux. Et puis dans tous les cas, nos parents vont toujours se sentir bien.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. On est innocents.
- Speaker #1
Exactement. Je pense qu'après, on est un peu jetés dans une fosse, entourés de monde, et qui donnent leurs avis sur notre physique, notre personne, et en fait, on n'est tout simplement pas prêts à ça. Et je pense que ça fait un peu mal. C'est vrai que des fois, je discute avec mon entourage, je n'ai aucun bon souvenir de l'école. Moi, ça m'a martyrisée. Mais je n'étais pas en dépression où je n'avais jamais eu envie de partir de ce monde. Je n'ai jamais eu des idées comme ça, mais je n'ai aucun bon souvenir de l'école.
- Speaker #0
C'est une période très difficile. Jusqu'en 11e, j'étais ça encore.
- Speaker #1
Je ne me sentais jamais bien. J'avais toujours peur aussi d'être seule. En plus, ce truc, les filles entre nous, on n'est pas toujours très sympas. souvent à l'école quand j'étais en primaire, j'étais un peu mis de côté, enfin voilà, et ben des fois... Mais on est arrivés de grand bar écrit dans les toilettes.
- Speaker #0
Oh, Margot. Oh, Bichette. Tu veux que je te fasse un câlin ? Tu as besoin ? Est-ce que tu as besoin d'un câlin, Margot ?
- Speaker #1
Je ne pensais pas que ça allait...
- Speaker #0
On sait que ça doit sortir. C'est vrai que des fois,
- Speaker #1
je me dis que je sais que j'ai envie des enfants. Je sais que j'ai envie d'avoir des enfants. Mais en même temps, je me dis que c'est tellement horrible de se dire que ce monde dans lequel on vit, on grandit. En fait, des fois, il n'y a pas d'échappatoire. J'en parlais un peu à mes parents, mais dans tous les cas, si on ne se fait pas soi-même sa place, ce n'est pas eux qui vont la faire à notre place. Ça ne sert à rien. Il y a eu des fois des discussions avec des professeurs ou autres, mais après, au bout d'un moment, c'est à toi de te faire ta place.
- Speaker #0
Malheureusement, nous, en tant que parents, on apprend que si on intervient, des fois, ça aggrave les situations. Et même si on aimerait... protéger parce que forcément je suis maman donc je me projette j'ai des enfants qui ont eu de l'harcèlement donc je sais, on aimerait être là pour les protéger on aimerait leur donner les armes mais en fait on apprend vraiment que c'est à toi à eux de développer ses propres armes et c'est dur c'est vrai que c'est dur, t'as raison, c'est très cruel ce moment là de la vie est très dur ouais, vraiment
- Speaker #1
Et encore une fois, je pense que si j'étais plus confiante à cette époque-là, j'aurais vécu peut-être différemment. C'est vrai que maintenant, si je vais seule boire un café ou si je vais traverser un endroit et que je suis seule, je me souviens. À l'époque, si j'étais seule à la récré, c'était la honte. Des fois, je restais au palais. Voilà. Oui, j'essaie de... prendre une super récré pour essayer de partager pour que quelqu'un soit un peu intéressé à rester avec moi ou autre. Mais voilà. Après, ça n'a pas été toute ma scolarité comme ça. Quand on change de classe, des fois, ça a l'air un peu mieux.
- Speaker #0
Et quelle revanche aujourd'hui ?
- Speaker #1
C'est souvent ça. J'ai l'impression que les personnes qui sont dans le monde des réseaux sociaux, la création de contenu, J'ai l'impression qu'on a tous un petit peu une similitude dans le parcours.
- Speaker #0
Oui, on a des points communs.
- Speaker #1
Exactement. On grandit, etc. J'en discutais avec Samy Loft, qui lui aussi n'avait pas forcément sa place dans cette société quand il a grandi, etc. J'ai l'impression que tous les créateurs de contenu, on a un petit peu ce truc de peut-être qu'on n'était pas forcément bien où on était quand on a grandi. Et quand on s'est un peu créé cette séance. derrière l'écran. Et maintenant, il y a tellement de bienveillance, les gens sont tellement gentils. Franchement, je pense qu'il n'y a même pas 1% de haine sur mon compte. C'est assez fou. Les gens sont vraiment hyper sympas. Et je me dis que c'était ouf, ces gens qui étaient petits. C'est fou.
- Speaker #0
J'ai envie de te dire que tu attires ce que tu es. C'est normal que tu aies beaucoup de bienveillance et de gens gentils. C'est vrai, on se demande où ils étaient à la récréation, ces gens-là. Parce qu'ils étaient enfants avant. Et je pense que si on leur met une photo d'eux, ils ont d'autres choses à dire, tu sais.
- Speaker #1
Oui, certainement, certainement.
- Speaker #0
Moi, je connais quelqu'un de très proche qui a été un harcèleur, un incarcélé. Je te jure que souvent, il y pense maintenant, en se disant, mais qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi je l'ai fait ? Pour être populaire, il y a encore un corps, en fait. À quel prix ? Exactement. Bon.
- Speaker #1
Et je pense que des fois, quand on est enfant, on ne réalise pas.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
On ne réalise pas ce qu'on est en train de faire.
- Speaker #0
Non, et les codes de la cour de récré, c'est ça, c'est être le plus populaire, peu importe, en fait.
- Speaker #1
C'est ça, ouais.
- Speaker #0
Et des fois, ça vient en rabaissant d'autres gens.
- Speaker #1
Et peut-être que si on était dans l'autre sens, on aurait été heureux, je ne sais pas.
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #1
C'est dur à dire, mais...
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #1
De toute façon, il y en a toujours d'autres qui sont cotés.
- Speaker #0
Toujours.
- Speaker #1
Ce sera toujours. Et en fait, quand tu vois qu'il y a une faiblesse, les enfants, ils appuient encore plus dessus.
- Speaker #0
C'est ça. Et comme tu l'as dit justement tout au long du podcast, c'est que dès que tu ne te sens pas bien dans tes baskets, les gens, c'est comme s'ils voyaient une faille et ils se projetaient dedans ou un bouton, comme tu disais, ils vont l'appuyer. Alors que quand tu es sûre de toi, tu es à l'aise dans tes baskets. Il n'y a plus de prise, en fait. Ils n'ont plus rien.
- Speaker #1
Et du coup, juste pour en revenir à la fois, ça m'a fait de l'émotion parce que je me vois, je vois que je suis heureuse, souriante. Et en fait, je pense aussi, ce qui m'a permis de jamais être en dépression, c'est que ma famille, ça a toujours été ma safe place. Quand je rentrais à la maison, ça allait bien. Tout ce que je pensais de mauvais sur moi ou sur mon physique, etc., ça partait. parce que la famille ça a toujours été un peu le moment de recueil et de bien-être.
- Speaker #0
De coco on a présenté comme ça.
- Speaker #1
Exactement. Et je pense que ça, ça aurait été très dur si ce n'était pas là. Si la famille, ce n'était pas bon. Là je pense qu'il y aura peut-être des idées plus.
- Speaker #0
Une ressource les parents si vous écoutez.
- Speaker #1
Non vraiment.
- Speaker #0
Des fois, il ne faut pas chercher à soigner, il faut chercher à faire un petit cocon. Pour terminer avec cette image de toi, petite fille, est-ce que tu penses qu'elle est fière de la femme que tu es devenue ?
- Speaker #1
Tout à fait. Et surtout pendant toutes ces heures. Moi, j'ai grandi à la ferme, à l'écart des autres. Et ça aussi peut-être, dans un sens... Ça m'a aidée et dans un sens, peut-être que parfois, ça m'a un peu mis certains bâtons dans les roues. Par exemple, les enfants qui habitaient dans les quartiers, ils allaient à pied à l'école, pour le temps. Moi, j'étais toujours véhiculée, vu qu'on habitait en retrait, à l'école. Donc, toujours ces laps de temps.
- Speaker #0
Ces liens qui se font sur le chemin.
- Speaker #1
Et parfois, je disais à ma maman, je vais essayer de rentrer. un bout avec eux, puis après, tu viens me chercher ici. Comme ça, j'ai un peu pu être avec les autres. Et après, au CO, ça a été pareil. Les enfants, ils prenaient le train pour rentrer chez eux. Moi, il n'y avait pas le train. Il n'y avait pas ça. Donc, on venait me chercher à l'école. Tout ça, ça cassait aussi, je pense, un peu ce côté peut-être de contact avec les autres enfants. Mais d'un autre côté, comme j'étais toujours un peu seule à la maison, quand mes frères et sœurs ont dit que j'étais moins là. Le fait de s'ennuyer, ça développe à fond la créativité. Oui, ça, je suis éternellement reconnaissante à mes parents parce que ça m'a tellement apporté, développé. Je suis en train d'imaginer des choses dans ma tête, de créer, de construire, de dessiner, etc. Et je pense que vraiment de baisser un petit peu, ça a beaucoup de bénéfices. Maintenant, j'ai l'impression qu'il y a trop de facilité et que si un enfant s'ennuie, il chouine un peu, on lui donne un téléphone, on le fout devant la télé. Pas que c'est pas bien, j'ai regardé la télé. Il y a plein de dessins animés que j'ai regardés, mais c'était peut-être une heure dans la matinée. Et puis voilà, après c'est terminé. J'ai joué dehors, dans la boue, on en mangeait certainement. Non mais voilà, je pense que ça m'a beaucoup apporté. Quelqu'un qui tombe souvent malade. J'ai bu du lait depuis que je suis née, je ne me suis jamais rien cassé. Non mais je pense réellement que ça m'a beaucoup apporté de grandir à la ferme.
- Speaker #0
De grandir dans un environnement sain et éloigné de tout ce qu'on peut avoir comme cliché, en tout cas sur le reste. On a encore un point commun, j'ai grandi dans une maison tout éloignée.
- Speaker #1
Ah voilà.
- Speaker #0
De tout le monde. Ok.
- Speaker #1
Vous devez aussi te faire véhiculer. Oui,
- Speaker #0
à chaque fois, à chaque fois. Je n'ai pas eu de vie de quartier. Non, non, mes voisines, c'était des vaches. Donc, voilà. Moi aussi. Non, non, il y a mieux. Mais c'est comme ça, je pense qu'effectivement, ça nous... Moi, ce que j'ai appris avec le temps, c'est que ça nous forge des choses. Bien sûr, on a souffert, mais grâce à ces douleurs, on est devenu ce qu'on est aujourd'hui. Effectivement. Mais c'est vrai que ça laisse des traces.
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y a pas un lieu qui est idéal. Aucun autre qui en avait grandi dans un quartier, peut-être que ça nous manquerait d'avoir ce calme, ces places pour jouer, les animaux, etc. Non, mais rien au monde est changé. ma situation, mais être pour certains points.
- Speaker #0
Justement, tu lui dirais quoi à elle ? Tu lui dirais de faire... Si tu l'avais en face, tu lui dirais quoi à cette petite fille ?
- Speaker #1
D'essayer de se battre tous les jours pour se faire une place. Et puis de ne pas avoir peur de ce que les autres peuvent penser. Dans tous les cas, ils pensent, on ne peut pas les empêcher. C'est ça.
- Speaker #0
C'est ça que tu as appris avec le temps.
- Speaker #1
Exactement. Dans tous les cas, on ne peut pas plaire à tout. et les empêcher, c'est pas possible.
- Speaker #0
Peu importe ce qu'on fait, de toute manière, les gens, ils ont toujours un avis, surtout. On le voit.
- Speaker #1
Et aussi, on pense aussi certaines choses dans nos têtes. C'est comme ça.
- Speaker #0
Bon, Margot. Ça va ? Tu veux continuer ? Après tout ce beau partage de toi, c'est vrai que cette image, en plus, elle respire la joie.
- Speaker #1
Je l'adore.
- Speaker #0
Tu as un projet actuellement ?
- Speaker #1
Oui. Oui. Prochain livre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et tu parlais justement de la création et de ça. Et c'est vrai que sur les réseaux, si vous ne la suivez pas, allez suivre Margot parce que vous allez voir tout l'étendue de ta créativité manuelle, vraiment. subjuguer chaque fois que je vois tes recettes et tes do-it-yourself, parce que j'en ai fait des do-it-yourself avec mes enfants, franchement j'en ai balancé aussi non, non, bravo vraiment pour tout ce que tu fais mais parle-nous de ce prochain livre justement,
- Speaker #1
qui sort bientôt oui la sortie est prévue pour fin avril ah oui, donc bientôt et cette fois, ce sera un livre de recette, accompagné de quelques DIY, et ce sera vraiment Merci. des saisons, une petite sédo au fil. Ça va nous accompagner l'année, du sucré, du salé,
- Speaker #0
vraiment. C'est pas ton premier, donc ton premier c'était aussi sur des recettes. Et comment, juste brièvement, comment on arrive à passer d'un compte Instagram et TikTok à des livres ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Eh bien, je pense que le Covid, ça m'a énormément... donner envie d'apprendre dans certaines branches, dont la cuisine. C'est vrai que ma maman a toujours eu l'habitude de cuisiner quand on était là, etc. Je n'étais pas forcément intéressée quand j'étais plus jeune par la cuisine, mais je regardais toujours, je pensais que les petites graines, elles ont été plantées à ce moment-là. Et c'est vrai qu'elle avait l'habitude que si tu n'avais plus de pain, ce n'était pas la catastrophe. Je me disais, bon ben on en fait un. Alors que je pense que plus. pas beaucoup de personnes auraient fait penser de se dire, on se fait un pain, c'est pas grave, c'est pas dur. Surtout à l'époque, il n'y avait pas toutes ces ressources qu'on trouve maintenant sur les réseaux et sur Internet. Je pense que ça m'a un peu aussi inspirée. Et puis, sur les réseaux, j'ai commencé à partager mes recettes et elles étaient bien. Et moi, ça me donnait de plus en plus envie de cuisiner. Elles aussi. Et j'aime bien le fait que ce soit varié. Pas tous les jours du dessin, pas tous les jours des DIY. cuisine. Et en fait, finalement, c'est le quotidien. On mange, on a des passe-temps, des hobbies, un peu de sport, un peu d'animaux, un peu de tout, et je trouve que ça résume bien mon quotidien. Et du coup, en 2023, j'avais commencé un peu avec mon copain à récolter mes recettes, et on se disait, ce serait sympa d'avoir un ebook, parce que on me demandait, mais t'as pas un endroit où il y a toutes tes recettes ? C'est vrai que je faisais des à la une en story, mais c'était compliqué. Donc au bout d'un moment il commençait à y en avoir beaucoup, donc les recettes sucrées il y avait deux à la une, ça devenait un peu désordonné et du coup je me suis dit peut-être qu'un ebook ça pourrait intéresser. Mais toujours avec ce truc de si ça fonctionnerait pas ou pas tellement de légitimité de sortir un livre, je me suis dit bah un ebook voilà ça intéresse, ça intéresse,
- Speaker #0
c'est pas trop dangereux.
- Speaker #1
Je me suis dit bon ça va je prends pas énorme risque de faire ça. Je récolte juste mes recettes. Et tout d'un coup, j'ai reçu en 2023, deux ou trois mois après qu'on a commencé à faire ça avec mon copain, j'ai reçu une proposition de la maison d'édition Solar à Paris. Ils ont travaillé avec Pierre Hermé, des grands chefs pâtissiers, cuisiniers. Et en fait, je me suis dit, dingue ! Là, ça tombe vraiment au bon moment, perfect timing. J'étais déjà en train de préparer ces recettes. Là, on ne pouvait pas faire mieux.
- Speaker #0
Tu fais la manifestation, Mario ?
- Speaker #1
Vraiment, là, c'était incroyable. Le timing, il était parfait. Donc, évidemment, j'ai tout de suite sauté au plafond, répondu aux mails. Je crois que deux jours plus tard, on était déjà en FaceTime avec la maison. Enfin, non, mais c'était incroyable. Et très rapidement, on a enchaîné. Et je m'en souviendrai toujours. En fait, du coup, elle me parlait de sept entre sept. Moi, j'en avais plus ou moins ce nombre-là. Donc, j'étais là, c'est parfait. Puis, elle m'avait dit... Est-ce que tu serais dispo, Margot, de venir entre 24h ou 48h, soyons fous, à Paris, pour venir shooter avec tes recettes ? Moi, je me suis dit, attends, qu'est-ce qu'elle pense ? J'ai la capacité de faire 70 recettes en 48h. Et là, mon côté introverti n'a pas osé demander.
- Speaker #0
Du coup, je me suis mis un stress intérieur et j'avais la sueur là. Je me disais, mon Dieu, mais je vais devoir réaliser mes sept entre sept en 48 heures à Paris.
- Speaker #1
Mais est-ce que c'est humainement possible ? Non,
- Speaker #0
c'est impossible. Et du coup, j'étais en sueur et j'ai quitté l'appel. Je me disais, mais je ne vais pas le faire, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Je t'adore.
- Speaker #0
Et en fait, plus tard, j'ai posé la question par email. Et le pire, il m'avait dit, mais non, pas du tout, Margot. c'est une équipe de chefs de... de cuisiniers qui vont venir réaliser tes recettes. Et toi, tu vas shooter devant.
- Speaker #1
Mais c'est encore... Ça t'a donné la forme encore plus.
- Speaker #0
C'est un film. Là, je me croyais dans un rêve. Je me suis dit, mais ce n'est pas possible. Donc déjà, on me contacte pour faire un livre. Ensuite, on me dit que les photos, elles vont être faites par quelqu'un d'autre. On va faire mes recettes à ma place. C'est incroyable. Donc moi, en fait, j'ai fourni tous les textes, les recettes, les photos de mon compte Instagram parce qu'en fait, aucune de mes photos n'ont été prises professionnellement. C'était toujours par le biais de l'iPhone. Ce n'est pas assez qualitatif pour créer un livre. Toutes mes photos ont été refaites à l'appareil photo. Je suis arrivée à Paris en 2024. C'est le début 2024 et peut-être qu'elles étaient sur une table.
- Speaker #1
Incroyable !
- Speaker #0
Ce sentiment, il était fou.
- Speaker #1
Et du coup, deuxième fois alors ?
- Speaker #0
Oui, deuxième fois.
- Speaker #1
Tu te rends compte, Margot, quand même, ce chemin ? Est-ce que des fois, tu regardes en arrière ?
- Speaker #0
Oui. Mais je ne suis jamais nostalgique. Je pense que c'est un peu lié au parcours de mon enfance que rien ne me rend nostalgique. J'ai l'impression que demain, ce sera meilleur. Mais je pense que c'est aussi le côté un peu ambition.
- Speaker #1
Mais quand tu as ouvert ton compte, on n'a pas dit pourquoi, mais ce n'est pas grave. Est-ce que tu pensais un jour en être là ?
- Speaker #0
Jamais. Et jamais en faire mon métier, non.
- Speaker #1
Tu l'as ouvert en toute spontanéité ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
C'est vrai que moi, je voulais faire architecte de base. En fait, je cherchais désespérément un métier qui pourrait un peu reprendre toutes mes passions et mes compétences. C'était difficile. Donc, je me dis que ce qui me passionne le plus quand même, c'est l'architecture, le design. Donc, pourquoi pas faire architecte ? J'aime bien dessiner. Maintenant, l'architecture, c'est tellement bien. Sur l'ordinateur. Quand j'étais en train de faire mon stage, je me suis dit, c'est cool, c'est passionnant, mais est-ce que c'est vraiment fait pour moi ? J'étais un peu dans le doute, mais je ne savais pas trop quoi faire d'autre. J'étais quand même là, j'étudiais. Et puis tout d'un coup, il y a TikTok qui est arrivé, vu qu'avant c'était Mitali. J'ai commencé à poster des vidéos parce que c'était le Covid, on était à la maison. On était à la ferme, donc on avait vraiment de l'espace, on avait l'extérieur, on pouvait faire des vidéos. tout ça piagnou faire on s'amuse un peu à poster un peu des dents en style et bien pas à l'époque et en fait vu qu'il y avait personne presse sur cette plateforme c'était le tout début il n'y avait pas trop de honte à poster des choses qui n'étaient pas forcément très cherché ou même un fils de dire et c'est grand rouge h ah oui oui c'est maintenant c'est très gênant mais ne veut me dire aussi ça mais donc voilà je postais et puis sans ouais sans aucune arrière-pontée
- Speaker #1
Et après six mois, je pense que j'étais arrivée à 150 000 followers sur TikTok.
- Speaker #0
Et là, ça arrivait très vite. J'ai reçu un contrat d'une marque. Et là, je me suis dit, ça peut clairement être un métier. Quand j'ai vu le montant, je me suis dit, OK, là, on peut faire quelque chose. Alors qu'en plus, c'était les débuts et ce n'était pas grand-chose. Je me suis dit, il y a moyen de faire quelque chose. Après, je me disais toujours, j'ai ce côté très terre-à-terre, les épaules, la tête sous les épaules. Et je me disais, non, mais je n'ai pas fait tout ce parcours pour étudier l'architecture, pour faire les réseaux. Ça n'avait pas de sens. Donc, je me suis dit, je finis mon cursus, je finis mes études. Et après, si jamais, en fait, ce n'est pas possible. Je suis trop perfectionniste pour faire les deux. Ne pas finir des maquettes à 3h du matin, reprendre à 8h, puis faire encore les réseaux. Mais pendant cette période, j'avais vraiment une vie ultra chargée. Vraiment.
- Speaker #1
Ça a duré combien de temps, cette vie ultra chargée ?
- Speaker #0
Je dirais 3 ans.
- Speaker #1
La vache, pardon !
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Alors, pas forcément avec les réseaux. Avec les réseaux, je dirais une année et demie.
- Speaker #1
Tu as fait les deux ans ensemble.
- Speaker #0
C'est-à-dire que du lundi au vendredi, j'étais à l'architecture, à l'école d'archi. Ensuite, le vendredi soir, dès que je terminais à 5h, j'allais directement à Manor à Bulles, je faisais les nocturnes. Le samedi, je travaillais chez Manor. Le dimanche, je travaillais dans un café, aussi à Bulles. Et entre-temps, je faisais des vidéos. Non, mais vraiment une vie à 200 kilomètres.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a fait basculer complètement alors ? Tout d'un coup, je commençais à avoir des vraies entrées d'argent, des vrais salaires tous les mois. Et je me disais, bon... Ça n'a plus trop de sens de travailler chez Manor et dans le café.
- Speaker #0
Mais en même temps, j'aimais trop mes collègues. J'aimais trop cette ambiance. D'ailleurs, franchement, aux jeunes, moi, je leur recommande vivement de faire un apprentissage. Moi, ça m'a tant apporté de faire un apprentissage parce que j'étais perdue à 16 ans, 15 ans. J'ai fini assez tôt à l'école. On me demandait ce que je voulais faire. Je n'en avais aucune idée, malgré toutes les présentations de métier à l'école. Aucune idée. Et en fait, je pense que la plupart des parents auraient dit à l'ECG ou va... collège où tu vas étudier et puis tu verras bien. Et mes parents, ils m'ont dit, écoute, moi, je pense que tu devrais faire un apprentissage. Moi, je n'en avais aucune idée dans quelle branche. Ma maman, je me rappelle, m'avait dit, regarde, il y a une place à Manor en tant que gestionnaire du commerce de détails, vendeuse. Et elle m'a dit, tu devrais trop aller déposer ton CV, tu verras bien. Et puis comme ça, ça te permet de réfléchir pendant ce temps, tu fais ton apprentissage et tu verras bien. Je me suis dit, je suis allée faire mon essai, c'est bien passé, je me suis bien entendue, c'est cool. C'est cool, je fais mon apprentissage là-bas et je pense que ça m'a beaucoup apporté parce que tu reçois déjà un petit salaire tous les mois, tu es un peu indépendant, tu apprends vraiment à être avec les adultes dans une vie d'adulte.
- Speaker #1
Tu apprends ce que c'est que des mots sur des papiers qui restent très abstraits pendant très longtemps quand tu fais des études.
- Speaker #0
Je pense que ça m'a boosté cet apprentissage. Ça m'a vraiment mis dans le monde assez rapidement.
- Speaker #1
Donc, c'est les finances qui t'ont fait basculer dans le monde de l'affluence à 100% en fait. Oui. Et tu en as fait ton métier. C'est incroyable. C'est incroyable. Justement, si tu avais la Margot de 20 ans en face de toi maintenant, aujourd'hui, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #0
Il fallait ne pas avoir peur de la suite. C'est vrai aussi. Beaucoup de monde m'en dit. Ah, mais on ne sait pas combien de temps ça va durer. Peut-être que ça ne va durer qu'une année. Les réseaux, ce n'est pas la vie. Peut-être que ça ne fonctionnera pas dans deux ans. Et puis, en fait, finalement, là, on est cinq, dix ans plus tard.
- Speaker #1
Toujours là. Et toujours bien là.
- Speaker #0
Oui, toujours bien là. Et peu importe ce qui peut se passer demain, j'ai un apprentissage, j'ai une maturité, un papi. J'ai un background quand même, je n'ai pas rien. Mais du coup, si demain, je dois retourner... Chimamore, par exemple, ça ne me dérangerait pas.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
tu serais dérataire.
- Speaker #1
Ça se sent. Anna Partey, c'est quoi ton signe astrologique ?
- Speaker #0
Toro. Et toi ?
- Speaker #1
Vierge. Toro, oui, je sens le côté...
- Speaker #0
Ça va bien de faire des potes.
- Speaker #1
C'est venu longtemps, ça !
- Speaker #0
Ma soeur, elle est vierge, elle ne fait que parler. Elle va me tuer quand elle...
- Speaker #1
Ah non, j'aime ta sœur déjà de partout. Non, alors oui, ça m'a pris longtemps. Ça aussi, c'est grosse déconstruction, pas légitimité. Bref, c'est pas à moi de parler.
- Speaker #0
C'est viscon.
- Speaker #1
Mais en tout cas, c'est très impressionnant de voir qu'à 26 ans, tu as un parcours déjà et une lucidité assez claire par rapport à la vie et au matériel. On sent que tu es bien ancrée, justement. Le taureau est bien là. Avant qu'on termine et que je te laisse à ta vie justement trépidante, est-ce que tu as trois choses que tu aimerais que les auditrices ou les auditeurs nous retiennent de ton épisode ou deux ou une ?
- Speaker #0
Donc trois mots ?
- Speaker #1
Oui, ou trois concepts ou trois phrases ou trois choses que tu as dites, que tu as dit, voilà, j'aimerais bien qu'ils repartent avec ça.
- Speaker #0
Je dirais de... En premier, je dirais de faire confiance au destin, d'écouter la petite voix qu'on a faite. Deuxièmement, s'il y a des jeunes qui regardent, qui visionnent et qui sont un peu perdus, qui ne trouvent pas leur voix, d'y aller quand même. Moi, je conseille toujours de faire un CFC, je trouve que ça enrichit énormément en termes de relations. de travail, de l'argent aussi, un peu de se gérer, d'être indépendant. Je dirais de faire un CFC si on est un peu perdu et qu'on ne sait pas ce qu'on veut faire à 15 ans, c'est ok. Ce n'est pas dramatique parce qu'à 15 ans, on ne peut pas décider de notre vie plus tard. Des fois, on est un peu submergé parce que tous les camarades disent ça, ce qu'ils veulent faire plus tard et puis finalement, 5 ans plus tard, ils ne font pas rire. On ne sait pas ce qui se passe plus tard. Des fois, il ne faut pas se mettre trop de stress. À entendre certains profs, on va jouer notre carrière en sélectionnant notre apprentissage, une étude, autre.
- Speaker #1
Comme dans un jeu de société.
- Speaker #0
T'inquiète, on ne te trompe pas. Exactement. Alors qu'en fait, finalement, il ne faut pas se mettre tant de pression que ça. On peut faire des passerelles, on peut toujours évoluer. Enfin, voilà. Je pense que... Volatiliser et ne pas se mettre trop de pression quand on est jeune. Et troisième, la confiance en soi. Essayer par n'importe quel chemin de se sentir bien. À partir de ce moment-là, on s'en foutra de ce que les gens peuvent faire. Je ne dirais pas qu'il faut faire un travail sur soi et s'en foutre de ce que les gens pensent. À partir du moment où on se sentira bien. On s'en foutra. On n'a pas besoin de faire un travail sur les autres, mais sur nous-mêmes. Et après, le reste, c'est aligné.
- Speaker #1
Entièrement d'accord. C'est quand on est bien aligné que tout tourne après. Exactement. Mais c'est un chemin. Un chemin. Merci, Margot. On se réjouit. Je me réjouis de voir la sortie de ton livre au fil des saisons. C'est ça. Donc, fin avril. Voilà. Et puis, merci d'être venue partager un bout de ta vie, un bout de ce parcours, autant un petit peu d'influence que de relation à ton corps, qui est, je pense, essentiel en tant que femme. Parce que vraiment, moi, j'ai grandi dans l'autre côté, comme ta maman. Plus on est fine, mieux c'est.
- Speaker #0
Je le comprends aussi.
- Speaker #1
Non, mais alors, vraiment, on déconstruit depuis. Si je peux, comme toi, attraper le plus de muscles possible pour ma soixantaine, c'est ce que je vais faire. Vraiment. J'ai vu que c'était d'ailleurs, on en parle dans un autre épisode, avec une autre dame essentielle pour bien vieillir la masse musculaire. Donc merci vraiment de t'être prêtée à ce jeu, le podcast. Je te souhaite un beau retour.
- Speaker #0
Merci encore à toi pour l'accueil et pour ta bienveillance.
- Speaker #1
Avec plaisir. Si cet épisode vous a plu, s'il vous a parlé, je compte sur vous pour le partager, le commenter. Et c'est grâce à vous. que le podcast peut grandir qu'on peut le plus en plus le diffuser et c'est grâce à vous que je fais ce que j'adore donc merci et je te dis à bientôt