- Speaker #0
Ça fait 20 ans que je suis en couple avec le même homme, alors le désir-flexion je connais, à tel point que je me suis demandé si j'étais normale ou si on s'aimait encore. Alors est-ce que le sexe c'est le ciment du couple ? Et si on déconstruisait ce fameux mythe avec notre sexologue Céline ? Comment retrouver le désir ? Comment redonner un nouvel élan dans notre vie de couple ? Après 5, 10 ou 20 ans, c'est ce qu'on va discuter ensemble.
- Speaker #1
Être une femme c'est terriblement compliqué.
- Speaker #2
Les hommes et les femmes devraient avoir les mêmes droits. C'est aussi un podcast qui t'invite à explorer des sujets dits tabous en toute simplicité.
- Speaker #1
Les jours où les femmes diront la vérité, les journées n'auront pas la même saveur.
- Speaker #2
What's wrong with being confident ? Pour chaque épisode, plongez dans des témoignages honnêtes de la confiance en soi à la maternité.
- Speaker #1
Je suis une vraie plateforme. Ce que tu dis a de l'importance. Je ne me suis jamais permis de souffler, ne serait-ce que 15 jours. Vivez librement.
- Speaker #2
Je ne veux pas s'enlever Sérofile, présenté par Isalina Körmann
- Speaker #1
Votre capacité à changer tout ce qui est,
- Speaker #0
démarre Bonjour Céline Bonjour Isaline, bienvenue dans ce deuxième fois, c'est la deuxième fois que tu viens Exactement Aujourd'hui on va parler du désir On en avait parlé dans l'épisode où tu étais déjà venue justement Le désir du coup dans le couple de longue date Et toi, ça fait combien de temps que tu es avec ton conjoint, Marie ?
- Speaker #3
Ça fait depuis... ça va faire 20 ans. Ah, comme moi en fait.
- Speaker #0
Donc tu connais aussi le désir fluctuant.
- Speaker #3
Exactement. Ah oui, je le connais le désir fluctuant.
- Speaker #0
Est-ce qu'on est normales alors ?
- Speaker #3
On est complètement normales, mais ce n'est pas forcément ce que je me disais avant. Mais maintenant, j'ai bien compris qu'on était complètement normales, parce que le désir fluctue chez tout le monde.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce que tu te disais avant ?
- Speaker #3
Peut-être que j'avais un problème.
- Speaker #0
Moi aussi, je me suis dit que je ne l'aime plus, ça y est, c'est fini.
- Speaker #3
Exact, que j'avais un problème, que pourquoi est-ce que je ne veux pas ça ? Et puis, on a pu déconstruire ensemble. Mais c'est vrai que quand même, je me disais que ce n'est pas possible, tout le monde a envie. Et puis, je me suis rendue compte aussi que tout d'un coup, j'avais envie à certains moments. Si tout d'un coup, il y avait une petite scène un peu olé olé dans un film, ou si je lisais un bouquin où il y avait des passages un peu plus érotiques, je sentais que tout d'un coup, là, en fait, je n'étais plus disposée. Et du coup, c'est vrai qu'avec ma formation, ça m'a permis de comprendre. qu'il n'y a pas qu'un désir, en fait, qu'il y en a plusieurs.
- Speaker #0
Ça, on en parlera après, mais tu as soulevé un truc intéressant. C'est que tu disais au début, là, tout le monde a envie. C'est vrai que moi, j'avais tendance à penser aussi. Bon, j'espère qu'on va justement libérer la parole grâce à ce podcast dans vos amis aussi. Mais c'est vrai que moi, quand j'en parlais, tout le monde avait une vie épanouie. Mais à la limite, il le faisait vachement plus souvent que nous. Donc, je me sentais vraiment pas normale ou alors dans le déclin au niveau du couple. Parce que j'ai grandi, comme je l'ai dit en introduction, avec cette phrase. Le sexe, c'est le ciment du couple. Donc, qu'est-ce qui fait que c'est encore tabou ? Pourquoi on ne le parle pas ? On est adultes, quoi.
- Speaker #3
Déjà, je pense que la sexualité, c'est tabou de manière générale. Ça veut dire que les gens, ils te racontent ce qu'ils veulent. Ça veut dire que peut-être entre filles, j'imagine, par rapport à moi, avec mes amis, on aura tendance à quand même plus facilement se dire « Ah ouais, c'est plus dur, j'ai moins envie ces temps, on l'a moins fait, etc. » Mais entre gars, il y a jamais un gars qui va dire « Ah non, mais moi, je fais l'amour une fois par mois et ça me va super bien. » Parce que le jugement de l'autre, il va prendre beaucoup de place.
- Speaker #0
Oui, puis du coup, est-ce qu'il y a une notion de réussite ? Je ne sais pas comment on dit. De performance.
- Speaker #3
Clairement, je pense que c'est d'ailleurs une pression qui est très présente chez les hommes, qu'on minimise parfois un peu, pour laquelle ils peuvent beaucoup souffrir. Il y a cette pression de performance, d'avoir envie, de vouloir justement avoir tout le temps, que le sexe est vraiment leur ciment dans le couple. Et ça, c'est une phrase que j'entends beaucoup, que je déteste, qui n'est pas vraie. Je le répète, qui n'est pas vraie. Et ce que je dis toujours, c'est que ce n'est pas le sexe qui est le signe du couple, c'est la connexion émotionnelle et l'intimité qui est une partie importante d'un couple. Mais il y a des couples qui auront une relation sexuelle une fois par mois, mais extraordinaire et que ça ira très bien pour eux de vivre ça comme ça. Et d'autres couples qui feront peut-être l'amour une fois tous les deux jours, mais c'est bof, c'est sympa. Et à l'inverse, il y aura des couples qui feront de l'amour tous les jours et ça ira très bien pour eux. Et d'autres qui n'auront peut-être même plus envie, qui vivront en fait cette connexion émotionnelle autrement que par la sexualité. Et ça, c'est aussi difficile. Il faut penser qu'il y a des gens qui ne se sentent pas normaux parce que justement, la norme, c'est plutôt d'avoir envie de faire l'amour de manière régulière. D'ailleurs, au cabinet, je l'entends souvent. « Ouais, vous voyez, là, ça fait quand même deux semaines. Là, ça fait quand même trois semaines. » Et des fois, je pense à moi et je me dis « Ouais, bon, ça ne sert à rien du tout, quoi. »
- Speaker #0
au revoir
- Speaker #3
C'est ça, c'est qu'en plus, pour sortir de ça, ce n'est pas facile, pour sortir de ce regard-là. Parce que qui a dit qu'il fallait faire l'amour tant de temps ?
- Speaker #0
C'est ma question. C'est quoi, en fait, un rythme normal ?
- Speaker #3
Ça va dépendre de chaque personne. Il n'y a pas de réponse juste à ça. C'est un rythme qui nous convient. Maintenant, c'est aussi pourquoi on fait. On a des relations sexuelles, c'est ça aussi.
- Speaker #0
C'est une démonstration. Pourquoi on a des relations ?
- Speaker #3
Il y a certaines personnes, peut-être que c'est pour le lien. créer un lien, d'autres c'est pour partager un plaisir, d'autres ça pourrait pour se sentir désiré, se sentir aimé, du coup ça ça peut être aussi une problématique à se poser la question après, pourquoi j'ai besoin de ce sexe pour créer le lien d'attachement, et puis d'autres ça peut être pour la liberté, pour s'évader un peu du quotidien, comme un peu un grand bol d'air, mais en même temps ça va vraiment varier d'une personne à l'autre, mais quand tout d'un coup c'est pour une raison qui n'est pas sociétalement acceptable, ça va être difficile de pouvoir le verbaliser. pour autant en plus que son partenaire ou sa partenaire soit à l'écoute de pourquoi on n'a pas l'envie.
- Speaker #0
Est-ce que c'est, juste pour revenir sur pourquoi mon désir il s'en va, est-ce que c'est inévitable que ça s'estompe ?
- Speaker #3
C'est inévitable que ça fluctue.
- Speaker #0
Ok, donc ça c'est aussi un deuil qu'on doit faire parce que je pense que t'as grandi comme moi avec ces séries et ces films où tout va bien, tout le monde se désit. On a notre cerveau qui a été... employer le mot matrixer. Oui, exactement. Il faut déconstruire et faire le deuil d'une relation qui est tout le temps plate.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #0
Arrêtons de romantiser les relations. C'est ça. Ça fluctue, quoi.
- Speaker #3
Ça fluctue, ça fluctue. Ça peut fluctuer pour plein de raisons, mais ça peut être justement comme on a pu en parler la dernière fois dans notre podcast par rapport au postpartum. Ça peut fluctuer parce qu'il y a peut-être une maladie. Ça peut fluctuer parce qu'on est stressé au travail. Ça peut fluctuer parce que les enfants ne vont pas bien. Il y a plein de raisons qui font que ça fluctue. Après, il y a comment... C'est clair que statistiquement... Il y a peut-être chez les hommes un désir qui est plus spontané. D'ailleurs, c'est souvent ce que j'entends aussi. On dirait que mon mari a toujours envie, que lui, il n'est jamais perturbé. Parce que peut-être justement, la raison qu'est-ce qu'ils cherchent dans le sexe, c'est tout d'un coup un moment, comme je disais, de liberté ou pour s'échapper un peu du quotidien. Et du coup, ils ont trouvé une réponse là-dedans. Et après, on peut trouver cette réponse-là dans le sport aussi, par exemple. En termes de... libération hormonale, je n'essaie pas de mettre à même niveau, mais en termes hormonales, de faire une activité sportive qui est très poussée, ça peut aussi libérer des endorphines, ça peut aussi libérer de la dopamine qui fait que je me sens bien après. D'ailleurs, généralement, si on fait une séance de sport assez poussée, on se sent très bien après. Après, justement, si c'est plutôt le lien que je cherche, c'est sûr que s'il n'y a pas ce lien, je vais me sentir peut-être délaissée, je vais me sentir peut-être un peu abandonnée. Ça peut réveiller d'autres blessures aussi chez soi et puis du coup, c'est important de communiquer. Pouvoir dire, je me sens abandonnée ou j'ai l'impression qu'on a quelque chose qui est coupé entre nous et puis de pouvoir construire ça.
- Speaker #0
Mais du coup, est-ce que la baisse de désir, est-ce que c'est vraiment un problème au sein du couple ?
- Speaker #3
Si c'est bien pris, si c'est bien discuté, je ne pense pas que c'est un problème. Je pense que ça peut être une difficulté à traverser parce que tout d'un coup, il y a un écart qui se met en place entre les deux dans les attentes par rapport au désir. Mais si on peut discuter, si on peut recréer un lien. Je pense que ça peut être quelque chose qui peut faire ressortir le couple plus grand par rapport au regard qu'ils ont sur la sexualité. Et encore une fois, c'est vraiment cette notion de souvent, ce n'est pas le sexe qui manque, mais c'est vraiment cette connexion intime. Parce que le cercle vicieux qui se met en place, c'est aussi le même qu'on avait déjà abordé. C'est vraiment de j'essaye d'éviter au maximum si l'autre vient me proposer des choses. Là, le mécanisme se met en place pareil. Sauf qu'il n'y a plus d'enfants en petit, mais il y a d'autres choses qu'on a pu tester qui fonctionnent bien.
- Speaker #0
Mais moi, j'ai encore l'impression que justement, il n'y a que moi qui me pose ces questions-là dans mon couple et qui met le doigt sur le fait du rythme sexuel. Donc, c'est un peu comme si ça rajoutait de la charge mentale à... Ça me rajoute de la charge mentale, en fait. Sauf qu'on pourrait la dénommer comme la charge mentale sexuelle. Comment on pourrait faire pour... Comment tu l'expliques déjà ? Pourquoi c'est que moi qui m'en occupe ?
- Speaker #3
De cette réflexion, tu as l'impression que c'est toi ? Parce que comme c'est toi qui as le désir le plus bas... Bah, automatiquement, t'as l'impression, en tout cas, ce qu'on te fait comprendre, c'est que c'est toi qui as un problème. C'est-à-dire, c'est toi qui as un problème à régler, puisque sociétalement, la norme, c'est qu'on est en vie souvent, et du coup, ton mari, il est dans la norme. Et toi, t'es pas dans la norme. Ce qui est erroné, parce qu'au final, la norme, elle dépend de chaque personne. Elle a été posée par une personne à ce moment-là.
- Speaker #0
Sûrement deux. Sûrement deux.
- Speaker #3
Mais voilà, donc du coup, c'est vrai que... Et à l'inverse, des fois, quand on discute avec d'autres personnes, il y a des femmes qui ont souvent très envie. Je reçois aussi des hommes qui ont, eux, un désir qui est moins important que leur compagne. Ça arrive aussi. Et du coup, c'est encore autant difficile parce que, justement, il y a toutes ces notions de performance, de « je ne suis pas un vrai homme » puisque je n'ai pas autant envie. Donc, en vrai, c'est de ne pas se comparer aux autres et arriver à se dire, en fait, nous, qu'est-ce qu'on aime dans notre sexualité ? Pourquoi on a envie d'avoir des relations sexuelles ? Et qu'est-ce qu'on peut mettre en place pour que ça… correspondre à ce qu'on aime. Moi, personnellement, dans les relations intimes, je préfère avoir moins de relations intimes où je peux me donner pleinement et puis où on arrive à partager du rire, du plaisir, puis que c'est vraiment l'unité de mesure, est-ce qu'on a eu du plaisir, plutôt que de me dire, il faudrait que j'aie régule, et puis qu'il y ait une routine qui se mette en place, et puis qu'en fait c'est faire pour faire, par exemple. Maintenant, je trouve dommage aussi, parce que la sexualité, avant tout, ça devrait être un jeu. Mais il y a tellement eu d'évolution dans la sexualité. Au départ, pour nos arrières-grands-mères, grands-mères peut-être encore, la sexualité c'était pour la reproduction. Il n'y avait pas... notion de plaisir. On partageait pas une relation sexuelle juste pour le plaisir. Ça s'est un peu libéré aussi vers mai 68. Tout d'un coup, on a commencé à se rendre compte qu'on pouvait prendre du plaisir et puis peut-être certaines personnes sont allées un peu loin là-dedans en ayant tous les risques qui peuvent aller avec. Et puis maintenant, il y a un peu les discours qui flottent un peu sur les gens et puis c'est difficile de se positionner en se disant moi, qu'est-ce que je veux vraiment ? Et puis de se dire, en fait, moi ce que je veux ça ne correspond pas à ce que la société me propose. Est-ce que c'est OK pour moi que je le fasse différemment ?
- Speaker #0
Est-ce que même en inquiétude de « est-ce que je l'aime encore ? » est-ce qu'elle est légitime ou pas ?
- Speaker #3
Oui, je pense qu'elle est légitime. Parce que justement, encore une fois, comme tu l'as bien dit dans les films, dans les livres, souvent, quand tout d'un coup, il y a ce moment où, enfin, ils se rencontrent, et j'adore ces films en plus, de Noël et tout ça, quand ils se rencontrent enfin, et puis qu'ils se partagent leur amour, souvent, ça finit en relation sexuelle. Et du coup, c'est associé au fait que, quand on s'aime, on a envie. d'avoir des relations sexuelles. Et ce n'est pas une fausse pensée. Quand on s'aime, on a envie de partager le corps l'un à l'autre. Mais on n'est pas obligé de partager le corps dans un schéma préliminaire, mot que je n'aime pas non plus, pénétration, fin, douche quoi, douche clope. Non, on n'est pas obligé de faire ça comme ça.
- Speaker #0
Douche réseau social. C'est ça.
- Speaker #3
On n'est pas obligé en fait de faire comme ça. On pourrait très bien se dire, on ne fait que la douche, ou on ne fait que la partie entre guillemets préliminaire, ou on ne fait que la pénétration. On pourrait en fait faire de plein de manières différentes.
- Speaker #0
Du coup, comment je fais ? Alors, je suis dans un état où ça fait 20 ans que je suis avec mon mari. On a eu des enfants, ça fluctue. En plus, maintenant, je vais plus sur mes 45 que sur mes 35. Du coup, mes no-pause, le changement hormonal. Comment je fais pour entretenir ce désir ?
- Speaker #3
Déjà, je pense que ce qui est important, c'est de connaître qu'il n'y a pas qu'un seul désir. D'accord ? Ça veut dire que dans les films, dans les livres, le désir qui est mis en avant, c'est un désir qui est très spontané. Je te vois, je te veux. C'est vraiment ce désir qui est mis en avant, ce désir qui peut être présent, en tout cas qui est présent statistiquement plus chez les hommes.
- Speaker #0
Est-ce qu'on l'a nous aussi ? Oui,
- Speaker #3
les femmes l'ont aussi, mais proportionnellement, c'est plutôt les hommes. Mais c'est vrai que c'est un désir, par exemple, si tu essaies de te rappeler au tout début de ta relation, qui pouvait être présent. D'ailleurs, souvent, les gens me disent toujours « Ah mais moi, j'aimerais bien que ça revienne comme au début, comme au début. » Mais en fait, au début, il y a déjà le côté lune de miel, il y a ce désir spontané qui est très présent. Et puis, du coup, c'est un désir vraiment, il n'y a pas besoin particulièrement d'un contexte particulier pour que j'ai envie d'aller vers l'autre. Et puis, il y a ce désir qu'on appelle réactif, qui vient en réaction à quelque chose. Et en tout cas, la majorité des femmes que je reçois au cabinet, elles ont un désir qui est plutôt réactif. Moi, je pense que j'ai un désir qui est plutôt réactif aussi. Ça veut dire que j'ai besoin qu'en termes de contexte, que ce soit interne ou externe, il y ait quelque chose qui soit mis en place pour que je me sente le mieux possible pour y aller. J'aime bien comparer comme ça, si on imagine, le désir spontané, c'est les voitures à essence, et le désir réactif, c'est les diesels. Il y a besoin de chauffer, en fait, la machine pour qu'après, je me sente bien. C'est pour ça que je te disais au début, tout d'un coup, quand je vois un film où il y a une scène un petit peu érotique ou comme ça, ça va titiller déjà un petit peu mon désir. Si après, mon mari vient et me fait un bisou dans le cou, ça va beaucoup plus facilement réveiller la flamme que s'il me prend un froid, si on veut. Et du coup, déjà, quand on comprend... comment notre désir fonctionne, je trouve que ça aide déjà à se dire en fait, ce n'est pas que je ne suis pas normale, c'est juste que moi, j'ai un désir qui n'est pas pareil que mon partenaire.
- Speaker #0
Il y en a deux types alors.
- Speaker #3
Il y a ces deux types de désirs. Et du coup, quand on comprend, on peut arriver à se dire OK, typiquement parce que je n'aime pas dire la problématique, mais le questionnement, c'est plutôt quand on a un désir réactif parce que quand celui qui a le spontané, normalement, son désir, il est passe-partout. Comment on fait ? Si tu veux, je peux prendre un petit exemple qui est tiré d'un livre superbe d'Emilie Nagoski qui est une... Une thérapeute aussi, qui explique un peu par rapport à une fête. D'accord ? T'es invitée à un anniversaire d'un copain à toi, tu te réjouis d'y aller. Ok ? T'es vraiment hyper contente, c'est dans un mois, deux mois, t'es hyper contente, tu te réjouis, tu choisis une tenue, t'es prête. Le jour arrive de l'anniversaire, t'es sur ton canapé, et là tu te dis, il faut que j'aille à la fête, j'avais oublié. Et là tu dois sortir, il faut que je me prépare, que je me douche, que je me maquille. Tu sens que c'est lourd, mais par contre tu sais que quand tu seras à la fête, Il y aura tous tes amis, tu vas t'amuser, ça va être super. Il y aura à manger, il y aura à boire, ça va être vraiment un chouette moment. Le passage du canapé à « je me prépare »
- Speaker #0
C'est très visuel pour moi, ça me parle beaucoup.
- Speaker #3
C'est ce passage-là qui est complexe et dans le désir, c'est pareil. De « j'ai pas très envie » à « je pourrais avoir envie » , c'est ça le travail du couple qui est hyper intéressant. Qu'est-ce qui pourrait faire que t'as envie ? En sachant qu'il y a peut-être une chose qui fonctionne une fois et qui ne fonctionne pas la deuxième fois. Ça, c'est un peu des fois le… Le petit bémol que je veux mettre aux hommes, c'est que dès qu'il y a un truc qui fonctionne, ils disent « j'y vais à fond, j'ai déjà eu le cas dans des patients, tout d'un coup un jouet sexuel fonctionnait, alors il avait acheté plein de jouets » . Mais ça, ce n'est pas forcément le cas. Mais du coup, c'est arriver en tant que, là tu peux le faire individuellement déjà, se dire « ok, il y a des éléments qui peuvent accélérer mon envie d'avoir une relation sexuelle et il y a d'autres éléments qui vont freiner ça » . Et du coup, arriver déjà à mettre la main dessus, à se dire « ok, c'est quels éléments ? » Typiquement, je te prends les hormones par exemple. parfois le fait d'avoir ces règles, ça va te freiner dans le cycle menstruel. Et parfois, dans le cycle menstruel, ça va te donner plus envie. Il y aura des moments où tu as plus envie. Et d'arriver à pouvoir observer ça. Par exemple, peut-être que la charge mentale, c'est un frein, qui est très important chez beaucoup de femmes. Et à l'inverse, peut-être que de passer du temps à jouer avec ton mari ou à faire des activités ou construire quelque chose ensemble, ça va te donner plus envie. Et après, c'est dire, OK, sur quel point je peux avoir un impact pour faire... élever ou diminuer les freins et augmenter les accélérateurs.
- Speaker #0
Mon mari lit souvent en riant que si les hommes veulent retrouver une vie sexuelle, ils devraient s'occuper de la charge mentale. Oui,
- Speaker #3
en tout cas, se libérer de ça. Mais encore une fois, si la femme qui a la charge mentale ne verbalise pas qu'elle a besoin d'aide, c'est difficile après.
- Speaker #0
On part toujours même comme ça, de communiquer, d'extérioriser. Oui,
- Speaker #3
exactement.
- Speaker #0
Comment on pourrait identifier Et puis, il reconnaît que ça ne va pas. Si justement, moi, j'ai mon désir qui baisse, qu'est-ce que l'autre peut faire ? Ou qu'est-ce qu'on peut mettre en place ? Parce que c'est difficile de... Avant que tu m'en parles, je ne connaissais pas que j'avais deux sortes de désirs, par exemple.
- Speaker #3
Oui. C'est difficile, tu as raison. Et c'est vrai que c'est souvent quand il y a... Les gens, en tout cas, que moi, je vois, c'est principalement à partir du moment où il y a eu... En tout cas, qu'ils ont jugé qu'il y avait une trop longue période sans sexe pour qu'ils soient venus en disant, j'ai un problème. Tout d'un coup, on n'a pas fait l'amour depuis six mois, je pense qu'il y a un problème. Parce que ce n'est pas normal de ne pas avoir fait l'amour depuis six mois. Donc, c'est en général là que les gens viennent consulter. Encore une fois, il y a plein de podcasts sur le sujet, il y a plein de comptes Insta qui sont super, il y a plein de livres, d'ailleurs, je te les recommanderais, là-dessus, pour arriver à avoir un autre regard. Mais ça doit être une construction qui se fait aussi dans le couple. Parce que c'est clair, encore une fois, si le partenaire ou la partenaire se dit « moi, je n'ai pas de problème » . Et puis que c'est toi qui as un problème, tu n'as qu'à régler ce problème, au bout d'un moment, ça n'ira pas. Parce qu'encore une fois, on est dans une injonction de se dire, je dois régler quelque chose. Et ça prend du temps de régler quelque chose. Ça veut dire qu'on doit se questionner sur son désir, qu'on doit se demander qu'est-ce que je peux changer. Puis si je change certaines choses, puis que ça ne s'améliore pas, puis que je n'ai toujours pas envie, pourquoi ? Quand il y a un problème, et ça je le répète vraiment, quand il y a un problème de sexualité dans un couple, il n'y a pas qu'un qui est votif. C'est forcément la dynamique du couple qui est un peu bancale, et puis c'est pour ça qu'il y a une problématique.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as à dire sur le fait qu'on dit que le sexe, c'est le ciment du couple ? Parce que moi, ce que je constate, en tout cas, c'est que si on n'a pas de relation, la communication, elle est moins fluide, en fait. J'ai l'impression que si on n'a pas... Peut-être parce que j'ai la croyance encore que ça fait partie... L'intimité, elle ne peut être que partagée au travers de relations sexuelles. Mais du coup, j'ai la sensation que quand on a quelque chose ensemble, de team vraiment très intime, après, tout est plus léger, dans mon environnement de couple, en tout cas.
- Speaker #3
Alors, je n'ai pas de réponse exacte, mais je pense que tu as mis le doigt sur quelque chose d'intéressant. C'est vraiment cette sensation qu'on va construire cette intimité du couple par la sexualité. C'est-à-dire que c'est là qu'on va arriver à se retrouver vraiment dans un lien intime qui fait que ça va tout d'un coup apaiser tout le reste. Mais ça veut dire qu'en réalité, là je fais une hypothèse dans une situation qui pourrait être, c'est que la personne qui a le moins de désir, elle s'est dit, ok, il faut que je mette quelque chose en place. Et tout d'un coup, la personne qui a le plus de désirs, si ce n'est pas mis en place, s'il n'y a pas une routine régulière de relation sexuelle, elle va avoir une frustration. Et cette frustration, c'est ça qui va mettre les tensions en général. Parce qu'en fait, la personne va faire des petits sous-entendus, des petites remarques qui ne vont pas du tout aider à l'autre à se réveiller. Tu vois, dans le côté réactif, le contexte, il n'est pas bon. Et du coup, elle ne va pas se remettre en question. Elle va se dire, en fait, je vais la pousser jusqu'à ce qu'elle ait envie de le faire. Et puis du coup, ça va rendre la relation un peu bancale aussi et erronée dans la communication qu'on aurait. Et là aussi, c'est difficile pour certains, en tout cas moi dans ce que je vois au cabinet des hommes, à comprendre cette frustration, à se dire en fait, cette frustration, elle m'appartient. Et comment je peux gérer cette frustration ? Les émotions, c'est vraiment comme un tunnel. Ça veut dire qu'on va les traverser. Elles sont peut-être agréables, parfois désagréables, mais c'est comme ça. Et du coup, après... Est-ce que la frustration, j'arrive à la libérer dans autre chose, comme par exemple du sport ? Ou bien est-ce que cette frustration, elle est plus profonde ? Et puis du coup, quelle blessure ça touche ? Est-ce que je me sens rejetée ? Est-ce que je me sens abandonnée ? Est-ce que je trouve que c'est injuste ? Puis là, c'est à la personne de travailler aussi là-dessus. C'est pour ça que je disais qu'il n'y a pas que un des deux qui a...
- Speaker #0
Non, à chaque fois, on revient dessus. Mais c'est vrai que tu as raison, ça relève les blessures, en fait, nos cinq blessures. Et puis ça, c'est très important de les identifier. Et j'avais entendu et lu d'ailleurs... Quand on se mettait en couple avec quelqu'un qui travaille, une des blessures qu'on a est plus importante. Donc en principe, c'est une parfaite clé pour travailler sur soi quand on met le dos dessus.
- Speaker #3
Et puis en même temps, tu vois, si tu veux, ce qui est facile avec la sexualité, c'est que c'est quelque chose de réel et de visible. Tu vois, quand on dit qu'on a une mauvaise communication, c'est flou. On ne sait pas trop ce que c'est une mauvaise communication, une bonne communication. Maintenant, quand tu dis « je n'ai pas de relation sexuelle » , C'est quantifiable. Oui,
- Speaker #0
on peut mesurer vraiment le rythme.
- Speaker #3
Exact. Et du coup, c'est plus facile pour les gens de se dire, en fait, on n'a qu'à juste améliorer ça. Se dire, ben voilà, on va le faire une fois à chaque temps de temps parce qu'on va pouvoir mesurer. Et puis, cette mesure, elle donne la qualité de notre relation de couple. En tout cas, comme on s'est cru dans la norme. Tu vois, d'où le cycle de Simon du couple. Mais t'imagines la pression que ça met de se dire, en fait, c'est le Simon du couple. C'est terrible parce qu'au final, si on n'a pas ça, ben...
- Speaker #0
C'est pour ça que j'ai commencé à penser que c'était fini, en fait. Parce qu'il n'y a plus. Donc, s'il n'y a plus de ciment, c'est que ça s'effrite. Donc, ciao !
- Speaker #3
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Et comment on peut faire, alors, pour entretenir ou déconstruire ce mythe, déjà ? Et puis, ça, c'est une autre question que tu vas répondre après. Mais pour passer du canapé à la soirée, pour me mettre en action et m'habiller et me préparer ?
- Speaker #3
Alors, déjà, hormis ce que je t'ai dit, les conseils par rapport à ces... accélérateur et ses freins, c'est peut-être se questionner aussi sur le contexte. Quel est le contexte qui est le plus favorable pour moi ? Au niveau interne déjà, c'est clair que quand on a passé une journée complète de travail, qu'on a encore fallu voir avec les enfants, peut-être qu'au niveau interne on n'est déjà pas au max. Peut-être qu'on aurait besoin de prendre une douche, de faire une petite balade, de faire une petite méditation, puis qu'après déjà, au niveau interne, on serait mieux. Puis après, c'est le contexte externe. Ça veut dire tout ce qui a trait à ce qui est autour de moi. Ça peut être au niveau de l'ambiance, ça peut être au niveau du lieu, ça peut être par rapport aussi à la... minimise trop, mais aux pensées intrusives, à la charge mentale qui tourne dans notre tête. Et tout ça, on peut avoir un impact dessus. Là, les gens rigolent quand je dis ça, mais typiquement, pour les personnes qui ont des dés réactifs, en termes de contexte, il suffirait par exemple que tu aies froid aux pieds. Ça peut te couper l'envie d'avoir une relation sexuelle, même si tu es déjà parti. Parce que tout d'un coup, ton cerveau, il est focalisé sur autre chose, tu vois. Et là, l'ambiance, par exemple, c'est aussi l'approche. C'est clair que si ton conjoint, il vient vers toi de manière très abrupte, mettre les mains aux fesses, quelque chose de très direct, peut-être que toi, ça te plaît. Puis à l'inverse, peut-être que d'autres personnes, ça va les bloquer. Ils auront besoin de quelque chose de plus sous-entendu. Un petit message dans la journée, des petits sous-entendus avec des petites photos, des choses comme ça, qui peut justement nourrir ton désir tout au long de la journée. Et puis après, ça peut être aussi au niveau, par exemple, de la chambre à coucher. Je sais qu'il y a des gens qui n'ont pas forcément le choix, mais quand dans ta chambre à coucher, où tu as tes relations intimes, tu as peut-être toute la paperasse des factures à payer, ou bien plein de photos de tes enfants bébés sur le mur. C'est clair qu'en termes de contexte, ça n'aide pas forcément. Parce que ton cerveau, il peut être vite happé sur autre chose.
- Speaker #0
Éviter les photos des enfants. Oui, éviter les photos des enfants.
- Speaker #3
J'en ai aussi, mais voilà. Il faut aussi créer comme un cocon. Et là, en général, ce que je conseille aux gens qui auraient tendance à avoir justement un peu ce cerveau qui part un peu dans tous les sens, c'est de se recentrer sur leur sens. Moi, je travaille beaucoup avec ça au cabinet, sur les cinq sens. En général, je propose plutôt le sens du toucher parce que c'est celui qui est le... plus facile à mettre en œuvre, c'est de se dire « Ok, en fait, on ne peut pas empêcher les pensées parasites. Ce n'est pas possible. On en a toutes et tous tout le temps. Mais je peux en fait gruger un peu mon cerveau pour lui donner l'information que je me concentre sur autre chose. Ça veut dire que je suis dans la relation sexuelle. On parle de l'idée que le contexte a été bon, qu'on a eu envie d'y aller, qu'on vient en réponse au plaisir dans ce désir actif. Et puis ensuite, je sens que je suis en train de partir ailleurs. Je me concentre sur la main de mon partenaire ou de ma partenaire. » Ah, est-ce que je sens toute la paume de sa main ? Est-ce que sa paume de main, elle est chaude ? Elle est froide ? Est-ce que je sens tous les doigts ou pas ? Ou alors, à l'inverse, je me concentre sur ma main, sur sa peau. Est-ce que ma main est chaude ou froide ? Est-ce que j'appuie un peu plus ou pas ? Et du coup, en fait, c'est une manière de se reconnecter aussi au moment dans lequel on est.
- Speaker #0
D'être en pleine conscience de ce qui se passe.
- Speaker #3
Oui, exactement.
- Speaker #0
Et comment on arrive ? Parce que là, tu es dans le moment. Comment tu me fais passer de mon canapé à me lever ?
- Speaker #3
C'est une très, très bonne question. Et là, je vais prendre de nouveau une explication de cette Émilie Nagoski. dont je vous recommande vivement les deux bouquins qu'elle a faits, elle explique un peu qu'on a tous et toutes une maison émotionnelle. Dans cette maison émotionnelle, il y a plusieurs pièces. Et il y a notamment cette pièce qu'elle appelle la pièce de la luxure, qui est la pièce de la séduction, l'érotisme, la sexualité. Et l'idée, c'est que les gens puissent comprendre comment je peux aller à cette pièce. Quelles sont les pièces qui sont autour ? Il y a des pièces qui vont favoriser un petit peu le passage. Par exemple, le jeu, prendre soin de soi ou prendre soin de l'autre. Il peut y avoir aussi une notion qu'elle appelle la quête. Ça veut dire tout ce qui est en termes d'aventure, de construction, de choses qu'on fait ensemble.
- Speaker #0
Ça veut dire des projets qu'on partagerait en commun.
- Speaker #3
Exactement, des projets qu'on partagerait en commun, des réalisations qu'on ferait. Et puis, à l'inverse, il y a des pièces qui vont un petit peu freiner ce passage. Ça peut être la rage, la colère. la peur, le chagrin. Et là, l'abandon, tout ce qui peut ramener à ses blessures aussi, en quelque sorte. Et l'idée, c'est d'arriver de manière individuelle à construire sa maison. Il faut imaginer, par exemple, si on prend la pièce du soin, et là, elle donne cet exemple dans le livre aussi, une femme qui aurait passé toute sa journée à faire des tâches ménagères, à être dans la cuisine, à ranger la machine, à débarrasser la table, faire à manger. C'est difficile pour elle de tout d'un coup lâcher ça pour passer dans la pièce de la luxure. Et là, justement, dans le livre, elle prend l'exemple que la femme verbalise à son compagnon. Viens me chercher, en fait, dans cette pièce. Viens, aide-moi.
- Speaker #0
À partir de la pièce.
- Speaker #3
À partir de la pièce, ça veut dire aide-moi juste à ranger, à faire. Et ça, ça va être propre à chacun. Il y a des femmes, peut-être, qui seront sensibles à ça. Devoir leur mari faire la cuisine ou ranger la table, passer un coup de pâte, etc. Ça va aider à améliorer le contexte pour que leur désir actif puisse naître. Et puis d'autres, ça peut être justement une balade, une activité. tout à coup aller dans des manèges, des choses comme ça, partager ce genre de côté ludique, ça va les aider. Et du coup, c'est arriver à comprendre qu'est-ce qui, pour moi, me fait passer dans cette pièce. Et du coup, la meilleure manière de se poser la question, c'est quelles sont les pièces qui sont autour. Et c'est vraiment ça, ce passage. Finalement, qu'est-ce qui, finalement, me donne envie d'aller à la fête ? Et c'est pour ça que ce qu'elle met dans son livre en avant, qui est, je pense, l'information essentielle que j'aimerais aussi dire aujourd'hui, c'est que l'unité de mesure, ça ne doit pas être la performance. Ça ne doit pas être le désir que je dois ressentir, ça doit être le plaisir.
- Speaker #0
Ce n'est pas la quantité par semaine ou tout ça. Non,
- Speaker #3
est-ce que ça me fait plaisir de faire ça ? Et ça, ça devrait être pour tous les aspects de la vie. Parce que là, avec la sexualité, on a cette épée de Damoclès un peu de performance et d'obligation de régularité. Mais quand on va manger au restaurant et que ce n'était pas bon, on retourne peut-être une deuxième fois en se disant qu'il y a eu peut-être un couac avec le cuisinier, mais après on ne va plus y aller.
- Speaker #0
Là, tu mets le doigt sur quelque chose d'important, c'est-à-dire qu'en tant que femme, on a le droit. Et presque le devoir d'avoir du plaisir à ce moment-là.
- Speaker #3
C'est ça, exactement. On doit aller chercher, chacun est responsable de son propre plaisir et de son désir. Après, la connexion des deux, ça va partager les plaisirs et ça va faire décupler son propre plaisir, son propre désir. Mais à la base, on est responsable d'aller le chercher. Et du coup, moi, ce que je travaille en consultation avec les femmes qui viennent, c'est déjà cette notion de connexion émotionnelle, d'expliquer que justement, déjà leur expliquer qu'il y a plusieurs sortes de désirs, que le désir, il se nourrit aussi. Il se nourrit des moments qui ont été... Il y a une mémoire désirante dans notre corps. Il va se nourrir des moments qui étaient agréables, de la connexion émotionnelle qu'il y a eu, pour avoir envie d'y retourner aussi. Cette notion d'apprentissage, et ensuite de se dire, ah ben en fait, ça me motive à y aller parce que c'était agréable. Ça, ça va aussi se nourrir. Ça veut dire que, typiquement, là, tu vois, on prend l'exemple, si une femme, elle a des relations intimes alors qu'elle a des douleurs à la pénétration, et qu'elle continue, au bout d'un moment, cette mémoire désirante, elle va dire, non mais en Dieu, quelle horreur, je ne veux plus y aller, je ne veux plus y aller, ça va me faire trop mal. Le corps, il va... Les gens, ils ont de la peine à écouter ça, à entendre ça, mais le corps, il va réagir au moment. Si on ne l'écoute pas, il va de toute façon...
- Speaker #0
Il est disponible entre ta tête, qui peut y aller par raison ou par peur, et ton corps qui sait très bien que ça ne sera pas un moment agréable. Oui, tout à fait.
- Speaker #3
Donc là, c'est clair qu'il va faire, lui, le travail. C'est pour ça que souvent aussi, ça se ferme, on a l'impression que c'est fermé, qu'il n'y a plus rien qui passe, etc. Ou qu'on peut avoir d'autres problématiques.
- Speaker #0
Alors là, quel conseil tu donnerais à ce genre de personnes ou même qui n'ont pas de plaisir. et qui ne savent pas, parce que peut-être elles n'ont pas été éduquées aussi à ça. Quel conseil tu veux ?
- Speaker #3
Deux choses, je dirais. La première, en général, quand les personnes viennent me voir, j'essaie toujours de voir si elles ont d'autres plaisirs dans leur quotidien qui n'ont pas rapport avec la sexualité. Il y a des gens qui ont plein d'activités qui leur font super plaisir. Du coup, là, ça me permet de les rassurer en disant, vous voyez, votre envie, elle est présente. Après, il y a d'autres personnes, selon aussi les histoires de vie ou des personnes qui pourraient être en dépression, tout d'un coup, il n'y a plus rien. J'ai eu déjà des femmes qui m'ont dit « mais en fait, moi je ne fais rien, en dehors du travail, après quand je rentre, je n'ai pas d'activité, je ne sors pas, je n'ai pas forcément d'amis, etc. » Du coup, là, on va retravailler sur la notion de plaisir de manière globale.
- Speaker #0
Pour les personnes qui ont déjà du plaisir, je vais les questionner sur qu'est-ce que vous aimez dans la relation sexuelle. Ça veut dire quel type de relation sexuelle j'ai envie d'avoir pour ressentir du plaisir. Et puis, ça peut être, moi, ce que j'aime, ce n'est pas la pénétration. J'aimerais bien des relations sans la pénétration. OK, qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Moi, à l'inverse, j'adore la pénétration. Quand il n'y a pas, je n'aime pas. Ou alors, moi, je préfère quand on se caresse ou quand il me fait des massages d'abord. D'ailleurs, ça, c'est quelque chose qui fonctionne beaucoup dans un désir réactif. Les petits massages avant, cette partie, je n'aime pas préliminaire parce que ça veut dire que c'est avant quelque chose d'important et tout est important, mais c'est plus facile pour expliquer. Toute cette partie-là, c'est souvent des choses qui sont bien. Maintenant, c'est de rentrer là-dedans. Comme tu dis, ça, c'est compliqué. C'est pour ça que là, c'est plutôt le contexte. Réfléchir au contexte, à ces pièces qui sont autour de cette pièce de la sexualité. Et puis, comment je peux aussi, encore une fois, je le répète, pourquoi c'est important de venir en couple ? Parce que quand la personne a le moins de désir, Passez au mari ou au... à la partenaire féminine de mener la danse. Ça veut dire, viens me chercher en fait, viens me chercher pour m'amener où tu as envie de m'amener.
- Speaker #1
Donc en fait, ça veut dire que ça se joue à deux et qu'on doit déconstruire un peu tout ce qu'on a appris. C'est-à-dire que puis redéfinir, parce qu'avec les années qui passent, on ne peut pas dire, j'aimerais que ça revienne comme avant.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
ça ne sera pas comme avant de toute manière.
- Speaker #0
Donc comme tu l'as dit, il y a une part d'éducation à la sexualité aussi.
- Speaker #1
Et quand c'est qu'on vient de voir ? À quel moment on va se dire, allez, je vais aller voir Céline, parce que là c'est... C'est trop tendu, on n'y arrivera pas.
- Speaker #0
Alors, moi, je dirais qu'il n'y a pas de moment précis pour parler de sa sexualité, pour se questionner sur sa sexualité. Il y a des gens, par exemple, je sais, qui font des suivis régulièrement, même s'ils n'ont pas de problème, pour pouvoir, voilà, on en est où ? Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce que ça nous convient ? Que ce soit avec un thérapeute de couple, avec un sexologue, pour justement se maintenir un peu chaque trois mois, chaque deux fois par année, voilà, de faire comme ça. Après, c'est génial, parce qu'en fait, finalement, on est les deux en train de se remettre en question. Il y en a qui arrivent très bien à le faire seul, il y en a qui viennent quand même en consultation. Ensuite, les gens qui viennent chez moi, c'est parce que c'est déjà presque trop tard, en quelque sorte. C'est déjà le sujet de tension principale dans le couple, parce qu'il n'y a pas de sexualité. Et mon mari m'a dit que potentiellement, il voulait aller voir ailleurs. Mon mari m'a dit qu'il ne pourrait pas rester comme ça. Alors là, je suis désolée de prendre cet exemple, mais c'est ce que j'entends. Mon mari m'a dit qu'il ne pourrait pas tenir comme ça, que ça pourrait être un motif de séparation. Donc, C'est dur parce qu'en fait, elles viennent pour elles. Et ça, c'est quelque chose que moi, je questionne beaucoup au départ. Parce que si elle vient que pour que son mari y reste, ça ne va pas fonctionner non plus. Il faut que l'intention qu'elle mette dans le travail soit aussi pour elle de base. Mais du coup, la pression déjà, de venir en se disant, je viens parce qu'on m'a donné un stigmatum, on m'a menacée. Tu vois ? Et donc, des fois aussi, les gens, ils ont tendance à attendre. Je me dis que si tout d'un coup même, dans le postpartum, tu te rends compte qu'en fait ton désir il est pas la même chose qu'avant qu'il a fluctué, qu'il a changé, bah viens viens, on discute une ou deux fois je te conseille des livres, je te conseille des podcasts puis comme ça tu peux te questionner là-dessus partager aussi avec ton partenaire et puis se questionner sur sa sexualité c'est hyper important oui,
- Speaker #1
puis d'avoir quelqu'un externe qui nous connait pas ça a la chance de pouvoir d'avoir moins de tabous et de se sentir libre de parler de tout je suis sûre que je le fais pas,
- Speaker #0
mais d'avoir des phrases toutes faites
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
De gens, mais si, t'as qu'à te forcer un peu, ça va aller. Mais voilà, ça, c'est quelque chose que je ne dirai jamais. Donc, du coup, de pouvoir aussi légitimer le fait que, en fait, je comprends que vous n'ayez pas envie. Votre enfant, il a peut-être 12 ans, mais en fait, il a des difficultés à l'école. Vous avez une deuxième fille qui est TDAH et puis vous n'arrivez pas à gérer. Vous avez des activités extrascolaires. Plus vous travaillez à 60 %, oui, en fait, je comprends clairement que vous n'avez pas envie, que ce n'est en tout cas pas votre priorité. Maintenant, des fois, il y a des gens qui vivent ça mal aussi parce que ça leur manque. C'est pour ça que moi, je pars toujours par cette connexion émotionnelle d'abord. Se retrouver dans le toucher et ne pas minimiser les petits moments aussi.
- Speaker #1
C'est très important et je pense que c'est ça que moi, il me manquait. C'était cette connexion émotionnelle que tu ne sais plus comment mettre en place parce que tu es dans les reproches, dans la tension et que du coup, il faut avoir ce moment où tu switches un petit peu.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aimerais qu'elles retiennent, nos auditrices, mais peut-être nos auditeurs aussi ?
- Speaker #0
Ce serait vraiment de pouvoir ralentir un peu, de ne pas hésiter à prendre le temps. Je sais que ce côté planification peut parfois faire peur, parce qu'on a tendance à dire « mais ce n'est pas très spontané, on devrait avoir envie de faire l'amour comme ça, de se surprendre, etc. » Et là, je leur dis toujours « mais au début de votre relation, quand vous n'habitiez pas ensemble, il n'y avait aucune surprise, il n'y avait pas de spontanéité, on savait qu'on avait rendez-vous à tel endroit. » Et puis du coup, là, tu vois l'importance du contexte. En général, on se prépare. On veut se faire belle, on veut choisir une tenue qui soit un peu aguicheuse, mais pas trop, qu'on lui plaise, etc. Donc du coup, il y a toute cette préparation qu'on a mis de côté après dans la routine du couple, parce qu'on habite ensemble. Donc de toute façon, on se voit en pyjama, pas habillée, etc. dans toutes les tenues. Et du coup, de ne pas hésiter justement à planifier pour se surprendre.
- Speaker #1
Oui, c'est à raison de relever ça. C'est vrai qu'au début, on pensait que c'était magique, mais ça ne l'était pas en fait.
- Speaker #0
En fait, c'était justement ce côté planification pour se surprendre. Ah, je me demande où il va m'amener. Ah, quel film on va aller voir au ciné ? peut-être qu'on va se balader après, puis on va se tenir la main. Et puis, justement, de se surprendre et de ne pas minimiser ces petits moments. Il n'y a pas besoin, pour créer cette connexion émotionnelle, il n'y a pas besoin de passer uniquement par le côté sexuel. Déjà, les portes d'entrée de l'intimité, elles sont larges, entre l'érotisme, le côté sensuel. Et il y a aussi tout le reste, faire une petite balade ensemble. Ça, c'est aussi quelque chose, des fois, j'entends. Oui, mais on n'a pas beaucoup les moyens, on ne peut pas non plus aller beaucoup au resto. Et je le conçois complètement. Mais se balader ensemble, faire un jeu de société. regarder, même regarder une vidéo ah j'ai regardé une vidéo aujourd'hui qui m'a fait rire viens on regarde un petit spectacle à la télé ou un film ensemble,
- Speaker #1
prendre une douche ensemble t'as raison de soulever qu'il n'y a pas nécessairement besoin de prendre une nounou ou bien d'organiser un truc très très grand en fait,
- Speaker #0
l'intimité peut se redécouvrir à travers un petit moment du quotidien pousser la table du salon et puis faire un pique-nique au milieu du salon avec des bougies c'est quelque chose qui peut être fait assez facilement en fait mais qu'on va pas penser parce que justement encore une fois, et ça c'est propre à l'être humain de manière générale, quand on veut mettre quelque chose en place, on a l'impression qu'il faut que ça soit quelque chose d'incroyable. Il faut qu'on se fasse un week-end, il faut qu'on aille dans un spa, tout de suite on veut quelque chose de grand. Et quand on n'arrive pas à l'atteindre, automatiquement on est quoi ? On est déçu, on est frustré, et du coup on se dit, la prochaine fois je ne fais rien en fait. Alors que si on se dit, ok, on essaye de faire un petit souper une fois par semaine un peu spécial, c'est l'un et l'autre, à chacun son tour, tu vois. Des petits pas,
- Speaker #1
des petits pas.
- Speaker #0
Des petits pas en fait, plein de petits pas.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais des recommandations lecture ? J'ai entendu plusieurs livres. Bien sûr.
- Speaker #0
Alors du coup, il y a deux livres d'Émilie Nagoski qui sont super. Il y en a un qui s'appelle « Jouir en cœur » qui est sorti dernièrement, qui est pour la sexualité du couple plutôt, où justement elle aborde toutes ces questions autour de la maison émotionnelle. Et puis son premier livre, c'était « Je jouis comme je suis » , qui est un livre sur la sexualité féminine, qui justement parle un peu plus de comment se redécouvrir dans son corps, qui parle aussi des désirs. qui est aussi hyper intéressant. Il y a plein d'autres livres aussi, mais ces deux-là, je dirais qu'ils sont quand même déjà pas mal complets. Après, il y a aussi, elle s'appelle Isabelle Filosa, qui est la fille de... Non, ce n'est pas vrai.
- Speaker #1
Non, non, Isabelle, je pense que tu parles... C'est sa fille alors,
- Speaker #0
je pense à sa fille, pardon. Pas de souci. Donc sa fille, je n'ai plus son nom en tête, mais elle est vraiment super aussi. Elle a aussi fait des livres sur l'intimité érotique, l'intimité émotionnelle, l'intelligence émotionnelle, qui sont super. Et puis, il y a aussi une autre thérapeute qui s'appelle Esther Perel, qui est aussi une thérapeute assez connue pour le coup, pour la sexualité, qui a aussi fait des bouquins sur l'intelligence, l'intimité émotionnelle, ce qui est vraiment super.
- Speaker #1
Ok, merci beaucoup pour toutes ces... On les mettra en description. Et qu'est-ce que tu dirais à ton toi ? Je pense que tu as dû passer par là aussi, vu que tu as dit que grâce à ta formation, tu avais compris. Qu'est-ce que tu te dirais si tu avais ton toi en face ? Je ne sais pas, il y avait combien de temps ?
- Speaker #0
Oui, je dirais que... Il y a dix ans ? Oui, je dirais sincèrement peut-être que va chercher les infos. Enfin, renseigne-toi, questionne-toi. Et ne questionne pas forcément que des gens autour de toi. Mais alors, à l'époque, je ne suis pas vieille, mais il y avait plutôt des blogs, des choses comme ça. J'aurais pu aller là-dessus. C'était les débuts un peu des réseaux sociaux, mais voilà. J'aurais pu justement aller questionner un peu, de ne pas hésiter même à suivre des petites formations. Il y a plein de formations. justement sur l'intimité émotionnelle, sur le désir qui sont ouvertes à toutes les personnes et pas que aux professionnels, à suivre un petit peu des choses comme ça, d'aller chercher les infos et pas de me dire « Ok, t'as un problème. Les autres, ils t'ont dit que t'avais un problème. Alors, enferme-toi et puis advienne que pourra. »
- Speaker #1
Et puis force-toi un peu. Oui,
- Speaker #0
je ne me dirais plus ça du tout. Je dirais « Ne te force pas du tout. Il va comprendre si tu lui expliques. » Oui,
- Speaker #1
ça aussi, c'est hyper important de libérer la parole. Puis s'il ne comprend pas, ça, c'est son chemin à lui. Ce n'est pas à nous de le sauver.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Merci Céline pour ce partage et puis je te dirai peut-être à bientôt je ne sais pas vu que c'est déjà le deuxième avec grand plaisir il y a plein de sujets que j'aimerais parler avec toi notamment on a parlé du plaisir féminin pour déconstruire aussi par rapport à ce tabou là parce que je pense qu'on fait partie d'une première génération où ça a été un petit peu soulevé mais j'aimerais encore en parler plus avec grand plaisir Je te racueillerai, Isaline.
- Speaker #0
Avec plaisir. Merci beaucoup, Isaline.
- Speaker #1
Avec plaisir. Si vous avez aimé ce podcast, n'hésitez pas à commenter, comme je vous l'ai dit à chaque fois, ou à partager. C'est grâce à vous qu'on va pouvoir libérer la parole. Et puis, je vous dis à bientôt.