- Speaker #0
Donc le moment végétatif, le moment d'arrêt, le moment d'apaisement, le moment où on arrête tout, c'est un moment nécessaire pour gagner ses ailes, pour éclore, pour gagner sa dimension, pour se révéler, pour se donner au monde. Or, ça c'est la loi de la nature. C'est aussi la loi de notre nature en tant qu'être humain, c'est la loi de la Terre aussi. La Terre se met en jachère, elle se met en hiver pour exploser au printemps. Donc dans tout processus de transformation, il est important de prendre ce temps de nymphose.
- Speaker #1
Planche de Richemont et de ces personnes qui, lorsqu'elles vous regardent en face, savent percer la surface pour aller droit à l'essentiel. D'un bleu profond, son regard illuminé de colle, une habitude qu'elle tient du désert pour se protéger du soleil, vient vous parler directement au cœur, avec une franchise et une authenticité rares. Le premier livre que j'ai lu de Blanche, c'est « Allez courage, petit traité de l'ardeur » . À un moment de ma vie où je pouvais réinventer pas mal de choses. Sans paraphrase, mais sans brusquerie non plus, Les mots de Blanche m'ont cueilli. et emmener un peu plus loin. Née à Paris en 1978, Blanche de Richemont a étudié la philosophie et la Sorbonne, consacrant son DEA au sublime, inspiré par sa passion précoce pour le désert. Depuis, elle parcourt les sables du Sahara, de la Libye au Mali, en quête d'absolu et de silence. Ses expériences nourrissent une œuvre littéraire singulière entre récits de voyages, romans et essais spirituels. Parmi ses ouvrages notables, « Éloge du désert » en 2004, « Le souffle du maître » en 2015, « Petit dictionnaire de la joie » en 2017 et plus récemment « La fille du désert, une vie avec Isabelle Héberhardt » publié en 2024. Blanche anime également des conférences et des marches initiatiques, partageant sa quête de joie et de courage. Son travail explore les liens entre intériorité, liberté et engagement, offrant une voix poétique et profonde sur notre rapport. rapport au monde. Elle nous parle aujourd'hui de transformation et de joie avec la précision d'une reine des mots et des questionnements qui mènent à la sagesse en passant par le sens.
- Speaker #2
Bonjour Blanche, merci de me recevoir chez toi à Paris pour ce nouvel épisode de Dino Sapiens. On se connaît depuis peu, on a marché ensemble dans le désert sur le thème de la joie et c'était pour moi une expérience unique.
- Speaker #0
Bonjour Bérangère.
- Speaker #2
Peux-tu nous donner d'abord une définition de la joie.
- Speaker #0
La joie, c'est une façon d'être au monde. La joie, c'est une flamme qu'on a à l'intérieur de soi et qui ne nous quitte jamais. Elle est l'essence même de notre être. Par contre, parfois elle est un peu voilée, ou cette lumière, cette flamme, elle est un peu enveilleuse, mais elle est toujours là. Et donc, elle est toujours prête à surgir, et n'importe quel événement, un sourire, une fleur, un rayon de soleil, une étreinte, une bonne nouvelle, n'importe quoi peut faire juste monter à la surface cette lumière, cette flamme qu'on a en soi. Pour moi, la joie, elle est possible où que l'on soit, quoi qu'il arrive. Même dans les moments les plus difficiles, la joie peut venir nous cueillir. J'ai la sensation que notre destin d'homme est de cultiver cette lumière intérieure, cette joie, pour qu'elle vienne nous cueillir le plus souvent possible.
- Speaker #2
Quelle est selon toi la place de la joie dans une transformation d'entreprise ou d'organisation plus généralement, quand souvent on associe à transformation un moment douloureux ?
- Speaker #0
Alors, je pense que le moment de la transformation est toujours un moment très inconfortable. On dit que la chenille, au moment où elle va devenir papillon, où tout craque, tout explose, où elle sort de son cocon, c'est des moments très douloureux. Le moment où l'enfant naît, c'est aussi un moment très douloureux. Donc la transformation est quand même à chaque fois un moment assez douloureux, quand on est dedans. Ce qui aide à le vivre, si on vit cette transformation comme un chemin initiatique. Alors on sait que la joie est en ligne de mire, et on a même une joie peut-être à souffrir. pour juste être dans une forme d'épure, de chemin, de prise de conscience. On sait que ce n'est pas facile, on sait que c'est inconfortable, mais on sait que c'est un chemin. Ce n'est pas une fatalité, ce n'est pas définitif. Et surtout, ça nous mène vers autre chose de plus grand, un peu comme un déménagement. Le moment du déménagement n'est pas toujours facile, mais on va peut-être vers un autre lieu qui va nous correspondre mieux. Ça, c'est dans l'idéal. Donc, toute transformation n'est pas forcément positive également. La vraie question, c'est se poser la question, est-ce que cette transformation va me mener vers la joie ? Est-ce que ma joie est en ligne de mire ou pas ? Toute transformation peut nous mener aussi vers des moments plus difficiles. On peut les déménager vers un lieu qui ne nous correspond pas du tout. Donc, je pense que pour que la joie prenne sa place dans la transformation, il faut savoir pourquoi on se transforme, à quoi sert cette transformation, où est-ce qu'elle va nous mener.
- Speaker #2
On a parlé en préparation de l'intelligence artificielle. C'est une transformation majeure de notre société et des entreprises qui nous attend. Quelle est ta vision ?
- Speaker #0
Je suis écrivaine, je suis une spécialiste du Sahara, ça fait 25 ans que je traverse le désert. Évidemment, par mon profil et ma quête de vie, je suis un peu à l'écart de cette transformation qui est née de l'intelligence artificielle à plein d'égards. La première, c'est que, évidemment, moi aussi, je trouve ça très facile quand j'interroge mon ordinateur pour savoir où se trouve telle région du Sahara. J'ai la réponse tout de suite, donc ça, c'est formidable. Si l'intelligence artificielle reste au service de l'homme pour juste interroger ses connaissances, c'est bien. Mais la problématique de l'intelligence artificielle, elle pose une vraie question, c'est quelle est la mission de l'homme ? Si on estime que l'intelligence artificielle pense à notre place, réfléchit à notre place, connaît mieux notre place, qu'est-ce qu'on attend de l'homme ? Si cette transformation n'accompagne pas une évolution de l'homme, en tant qu'être, à quoi ça sert ? Là, pour moi, la réponse reste entière, parce que quand je vois des... postes qui sautent parce que l'intelligence artificielle prend la place, quand je vois que l'intelligence artificielle va aussi prendre la place des hommes dans les combats armés, quand je vois que maintenant les enfants t'expliquent qu'ils n'ont plus besoin d'apprendre ni même de lire parce qu'ils ont tout sur l'ordinateur, je me dis, si nous on n'évolue pas, qu'est-ce qu'on fait ? Et qu'est-ce qu'on va faire de tout ce temps libre ? On se dit qu'on gagne du temps, mais on gagne du temps pour en faire quoi de ce temps-là ? Pour moi, je suis assez sceptique pour l'instant parce que je n'ai pas de réponse qui me satisfasse. Donc, on n'arrête pas de dire que cette transformation est extraordinaire, que de toute façon, elle est fatale. Non, elle n'est pas fatale. L'homme peut se choisir. Il n'est pas obligé d'entrer dans une course qui le diminue. Car on voit bien que le cerveau se diminue de plus en plus. Les connaissances se diminuent. La libido des jeunes diminue. Car à force d'être devant les écrans tout le temps, on n'est plus dans la vie. Je pense que les seules transformations qui valent vraiment le coup, ce sont celles qui soient au service de la vie, avec un V majuscule, au service de notre humanité. Et pour revenir aux entreprises, dans les entreprises, il faut que chaque transformation aille vers plus d'humanité, plus de cœur, plus de vie, plus de grandeur ensemble. Alors là, elle a un sens. Mais c'est vrai que maintenant, vous allez voir même un médecin, il passe sa vie sur son ordinateur, il vous regarde à peine parce qu'il a tellement d'informations à rentrer dans le logiciel pendant qu'il vous parle, je ne sais pas si tu as remarqué, que vous avez un médecin en face de vous qui se comporte comme un robot. Donc, si ce sont ça les transformations de notre époque, je ne les comprends pas. Et là, pour moi, je ne vois pas où est la joie. La joie est là que quand elle est au service de la vie.
- Speaker #2
Dans les étapes de la transformation, on dit souvent qu'il y a une phase qui est une phase de deuil, c'est-à-dire d'accepter que ce qui a été ne le sera plus. Comment tu places la joie dans cette phase-là ?
- Speaker #0
Tout ce qui n'évolue pas meurt. Encore une fois, je mets la joie parce que c'est vers la vie, cette transformation. J'avais rencontré une femme maître soufie. Le soufisme, c'est la tradition mystique de l'islam. C'était la première fois qu'une femme était maître soufie dans une confrérie soufie extrêmement puissante, extrêmement importante. qui est dans la lignée de Rumi, la lignée des Dervish Turner. Et elle me dit, Blanche, tu vois cette derga, la derga c'est la communauté, donc cette maison qui accueille la communauté, cette derga, mon rêve c'est de la raser pour en construire une autre nouvelle, plus belle, celle-là est très vieille, elle tombe en ruine. Est-ce que tu penses que je serais triste quand je verrais cette derga dans laquelle j'ai vécu, en ruine, enfin, par terre ? Alors moi je lui dis, bah oui, moi je serais désespérée, le lieu où j'ai vécu, qu'il soit complètement effondré, je dis bah oui, bien sûr que vous serez triste. Elle m'a répondu « Ben non » . car je sais que ce sera pour quelque chose de mieux encore. Donc, elle est là, il faudra faire les deuils de sa maison, le deuil de son enfance. Évoluer, c'est faire le deuil. Donc, si c'est un deuil qui est le deuil de son cocon, le deuil de ses limites, le deuil de ce qui nous enferme, le deuil de ce qui tombe en ruine, alors c'est un deuil joyeux d'une certaine manière, parce que c'est un deuil nécessaire pour pouvoir passer à autre chose. Le deuil, en fait, notre vie, on passe notre vie à renaître. On passe notre vie à vivre des petites morts et des renaissances. Donc, je pense qu'accepter que le deuil ne soit pas forcément une chose négative, c'est viser la joie, c'est le vivre profondément et accepter d'être profondément triste. Même si, moi par exemple, à cette place, je serais vraiment triste de voir la maison un peu bouleversée, de voir la maison que j'ai aimée en ruine, même si je sais qu'il y aurait une plus belle maison derrière, mais je pense que c'est important, pour moi qui n'ai pas les veines ni la maturité d'un maître et Sophie, d'accepter que même si c'est pour autre chose de mieux, pour l'instant, je suis triste. Et je pense que dans la phase de la transformation, si elle vise la joie, il faut accepter qu'on soit triste. On est dans une époque où on n'a plus le droit d'être malheureux, d'être triste, car on a plein de clés de développement personnel qui devraient nous aider à être heureux quoi qu'il arrive. Non, il faut accepter que ça fasse mal et le vivre vraiment. Attention, pas y rester, pas s'enliser, mais accepter que ça fasse du mal. Accepter ce deuil, accepter que ces ruptures soient douloureuses et compliquées, accepter aussi que ça va mettre du temps. On a besoin de vivre ce temps-là de deuil qui est nécessaire pour pouvoir ne pas... passer à autre chose et pas se traîner ce deuil dans le fond du cœur à longueur de temps pendant des années.
- Speaker #2
Et pour revenir au concept dont tu parlais tout à l'heure, de la chenille qui se transforme en papillon, tu nous as parlé, quand on a marché ensemble dans le désert, de la nymphose. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce concept ?
- Speaker #0
Oui, je pense que la nymphose est un moment nécessaire dans tout processus de transformation. La nymphose, c'est l'étape par laquelle passe la chenille avant de devenir papillon. Elle passe par un état végétatif d'immobilité totale avant de gagner ses ailes. Ce moment-là, où elle est dans cet état végétatif d'immobilité totale, est appelé nymphose. Donc, le moment végétatif, le moment d'arrêt, le moment d'apaisement, le moment où on arrête tout, c'est un moment nécessaire pour gagner ses ailes, pour éclore, pour gagner sa dimension, pour se révéler, pour se donner au monde. Or, ça c'est la loi de la nature. C'est aussi la loi de notre nature en tant qu'être humain, c'est la loi de la Terre aussi. La Terre se met en jachère, elle se met en hiver pour exploser au printemps. Donc, dans tout processus de transformation, il est important de prendre ce temps de nymphose, ce temps où on arrête. Mais pas obligé de prendre des années. Peut-être même ce temps de nymphose, il est pour moi nécessaire tous les jours. Cinq minutes de nymphose tous les jours. Pour qu'au cœur du chaos, au cœur de quoi qu'on vive, quoi qu'il se passe, il y a un moment où on s'arrête. On laisse éclore, on laisse germer, on laisse mouvoir les choses en soi. On laisse monter à la surface tout ce qui est au creux de nous. On prend ce temps-là pour s'ajuster au cœur même des difficultés et du chaos qui accompagnent en général les transformations.
- Speaker #2
Comment on fait pour faire une nymphose de cinq minutes ?
- Speaker #0
Alors, on éteint son téléphone, on met un réveil, et puis on regarde par la fenêtre, on se met en silence, sur sa chaise, on ne fait rien, absolument rien. Si on a des pensées, on les laisse passer, on ne les re-serre pas le thé, on ne les juge pas, on accepte tout. On n'attend rien de la vie, la vie n'attend rien de nous, c'est un moment de gratuité totale. Vous pouvez être sûr que si vous faites 5 minutes de nymphose, avant une réunion, avant une prise de décision difficile, avant de rentrer dans une journée très compliquée, vous l'aborderez différemment, vous serez plus centré, vous serez plus apaisé. Et donc, vous pouvez... Vous pourrez faire en sorte que ce qui arrive, ce qui se passe, soit vraiment l'écho de vous. Et ce sera une véritable action et non pas une réaction.
- Speaker #2
Alors, est-ce que pour faire une nymphose au niveau de l'individu ou d'une organisation ou d'une équipe, est-ce qu'ils font une vision claire, un objectif clair au départ ou pas du tout ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Je pense que c'est très important d'avoir un objectif clair parce que quand on a un objectif clair, on a notre volonté, la puissance du laser. En général, le problème avec notre volonté, c'est qu'elle n'est jamais assez claire. En fait, on veut, mais toujours avec un mais. Je veux si je veux ça, mais il faudrait quand même que ce soit. Je veux déménager, mais dans ce quartier. Je veux qu'un homme m'aime, mais il faut qu'il soit comme ça. Je veux ce travail, mais je veux ces jours de congé. Donc, il y a toujours un mais dans notre volonté. Ce qui est important, c'est que la volonté soit sans faille, soit sans mais. C'est ça qu'on veut et on accepte tout. Parce que c'est cette volonté-là, ce désir-là qui prend la place. Et quand vous êtes animé par une volonté aussi puissante, alors tout change, parce qu'on vous sent moins faillible en face de vous, et donc votre action va aller beaucoup plus au cœur, elle va avoir le tranchant de la flèche. C'est très important d'avoir cette volonté claire, mais si vous vous regardez en face, et si vous regardez votre vie en face, vous vous rendez compte que c'est rare d'avoir une volonté si claire.
- Speaker #2
Et justement, quand on n'a pas cette volonté si claire, quelle est ta vision ? Quel est ton conseil pour se forcer un peu, pour dépasser ce moment de brouhaha intérieur et d'incertitude ?
- Speaker #0
Oui, j'ai l'impression que ce brouhaha intérieur, l'incertitude, c'est notre lot à tous au quotidien. Je pense, moi, qu'il faut passer par l'apaisement, par les lymphoses, par aller marcher aussi. La marche dans des endroits solitaires, ou évidemment le désert, qui pour moi est mon lieu de source. La forêt, dans la rue. S'apaiser. S'apaiser, c'est la clé d'abord. Et ensuite, interroger ses mets. Pourquoi est-ce qu'on met des mets tout le temps ? Pourquoi est-ce que notre volonté est... Pourquoi est-ce qu'on n'est pas essayé de se voir en face ? René Char disait « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil. » Car la lucidité est une blessure, mais elle est proche du soleil parce qu'elle nous mène vers la lumière. Donc je pense qu'il est important de se voir en face, de voir pourquoi on encombre notre vie de tant de mets. C'est comme l'amour, on parle toujours, pour moi, l'amour c'est toujours aimer quand même. Il y a un infini dans ce quand même. Voilà. C'est ça, c'est un amour qui prend aussi le quand même, qui prend aussi l'ombre, qui prend aussi l'aimer, qui les accepte et qui les englobe. Je pense qu'on commence vraiment à aimer quand on est déçu aussi. Parce que voilà, il y a ça, mais c'est d'accord. On accepte l'ombre, on englobe l'ombre. Et quand on apprend à vivre comme ça, comme une sorte de discipline intérieure, on se dit, est-ce que mon amour est assez fort pour accepter les quand même ? Alors on clarifie sa pensée et sa volonté.
- Speaker #2
Blanche, on arrive à la fin de cet épisode. Mais avant d'arriver à sa conclusion et ma dernière question, tu as écrit beaucoup de livres. Lequel tu nous conseillerais de lire aujourd'hui, qui reprend le thème de la joie dans la transformation ?
- Speaker #0
Je vous conseillerais Le souffle du maître, parce que je suis allée pendant trois ans auprès d'un sage en Inde, qui est un maître qui a vécu 18 ans en silence en Himalaya. C'était un rishi, un maître de l'humanité, le disciple de la grande sainte Mahananda Mai. Et moi, je suis allée le voir. Parce que je me disais, si je passe ma vie dans le désert, où je trouve une lumière et que quand je rentre, cette lumière me lâche, me quitte. Je suis tributaire des événements, je suis tributaire du désert, je suis esclave du désert, donc je ne suis pas libre et je voulais trouver les moyens de garder cette lumière en moi quoi qu'il arrive. Et donc c'est comme ça que j'ai pu rencontrer ce sage et je raconte un peu toute la transformation que j'ai vécue auprès de lui. Parce qu'évidemment je m'étais dit je prends la belle parole du sage et puis je repars sur les routes. Et puis en fait je suis restée auprès de lui et pendant trois ans j'ai fait des va-et-vient pour recevoir son enseignement. C'est un livre de transformation porté, guidé par un grand maître. Et Vijayananda, ça veut dire la victoire de la joie. Il était le disciple de la grande sainte Manandamai, qui veut dire la mère de la joie. Toutes les transformations visent la joie. Ce livre raconte ce chemin-là.
- Speaker #2
Merci, un immense merci Blanche, de nous partager ta réflexion profonde et en même temps très synthétique. Ça tient en peu de mots, mais où chacun a sa place dans la phrase. Pour finir, est-ce que tu pourrais donner quelques conseils, trois suffisent, pour les personnes qui guident les transformations d'entreprise ? afin qu'elles arrivent à intégrer la joie dans leur programme, dans leur accompagnement et emmener les équipes ?
- Speaker #0
Alors d'abord, je pense que c'est important de commencer, quand on guide les transformations, de commencer par d'abord la nymphose, justement, un moment d'arrêt, où pousser, forcer les gens à s'arrêter, à se laisser être, premièrement. Deuxièmement, à se voir en face, être lucide, à savoir les écouter pour qu'eux puissent écouter soi-même. Et troisièmement, et peut-être que ce troisièmement pourrait être un premièrement en fait, à avoir de l'amour. Que les gens se sentent aimés. Parce que quand on se sent aimé, quand on se sent considéré, quand on se sent reconnu, on va loin. Et je pense que c'est important dans les moments difficiles où on s'interroge, où on doute, où on ne sait plus, de sentir en face de soi quelqu'un qui a profondément confiance en vous, qui croit en vous, qui vous porte, qui vous encourage. Et c'est ça l'amour. C'est de dire même si là c'est le chaos, même si là c'est la catastrophe, je crois en toi, je crois en toi. profondément, je crois en toi. Et voilà, je pense que ça, c'est une clé immense.
- Speaker #2
Merci à un immense merci encore, Blanche.
- Speaker #0
Merci, Bérangère. Au revoir.
- Speaker #1
Quel début plus inspirant j'aurais pu trouver pour inaugurer la saison 3 de Dinosapiens, pour nous emmener à l'intérieur de nous-mêmes, pour vivre la transformation avec la joie en ligne de mire, pour nous questionner profondément sur le sens des choses, pour nous poser en infose avant de se lancer en action. Si vous souhaitez... Souhaitez rencontrer Blanche de Richemont et l'entendre parler de la joie et du courage. Si vous souhaitez la questionner sur ses réflexions, sachez qu'elle propose des conférences en entreprise sur ces thématiques. Je vous mets, comme d'habitude dans les notes du podcast, les références vers son site ainsi que sa bibliographie. N'oubliez pas de laisser à DinoSapiens un commentaire sur Apple Podcast, des étoiles sur les plateformes d'écoute. A très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, évitons l'extinction !