- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Camille Mongeret, sportive amoureuse de longues itinérances en autonomie, que ce soit à pied ou à vélo. Camille va nous parler d'une randonnée pédestre qu'elle a faite sur une partie du parcours de l'Exatrec, entre la Morienne et l'Isère, en passant par les Hautes-Alpes. Bienvenue Camille, pour commencer, est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît ?
- Speaker #0
Oui bien sûr, merci Lorraine de m'accueillir avant toute chose. Et donc, je m'appelle Camille, j'ai 45 ans, je suis, malgré mon âge, plutôt encore assez sportive. Je pratique pas mal de sports outdoor, donc trailer, rando, les skis, VTT, gravel, etc. Et j'ai une passion pour tout ce qui est voyage longue distance, donc en itinérance, en autonomie, et donc principalement gravel ou à pied, voilà. Sinon, je suis mariée sans enfant et après à peu près 20 ans à travailler en tant qu'ingénieure agronome, je suis dans une période de reconversion professionnelle pour essayer d'allier mon amour pour les voyages à longue distance et mon futur métier.
- Speaker #1
C'est un bon projet. Et quel est ton lien depuis l'enfance avec la randonnée, les grands espaces ? Est-ce que c'est quelque chose qui a toujours été présent pour toi ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui, c'était en fait, c'était une passion de mes parents. Donc, ils nous ont transmis quand je dis nous, c'est mes frères et sœurs. On était trois et en fait, on est parti avec eux tout petit. Donc, au départ, des randos à la journée et puis assez rapidement des tours. En fait, ils étaient assez fans de sélectionner un massif et donc faire le tour du Kéra, le tour de la Vanoise, etc. Et donc, quand on était vraiment petit, parce qu'on a dû commencer, je pense, j'avais 7-8 ans. Faire une semaine comme ça, mais on faisait de refuge en refuge pour ne pas avoir trop à porter. Et puis quand on a commencé à agrandir et qu'on était tous les trois assez fans de ce système-là, on leur a demandé à mes parents de passer en autonomie et de partir nous avec nos tentes pour nous débrouiller tous les cinq dans la montagne. Et donc du coup, c'est comme ça qu'on a attaqué. Donc oui, moi, je pense que j'étais un peu à dos quand on a commencé ce genre d'itinérance. Et c'était le petit rituel des vacances d'été en général. Donc, je dirais, ouais, une semaine, dix jours d'autonomie avec les parents. Et la petite cerise sur le gâteau, à la fin, en général, ils nous offraient. On allait dans un bureau des guides et ils demandaient à nous emmener tous les cinq faire une course, tu vois, avec crampons et cordes, ce qu'on ne pouvait pas faire tous les cinq, mais qu'on pouvait faire avec un guide. Et ça, c'était la fin des vacances. C'était un petit peu la cerise sur le gâteau, ouais.
- Speaker #1
C'est trop bien, ça fait une sacrée expérience dès le départ. Et comment ils ont fait, tu vois, je suis curieuse, parce que finalement, c'est des âges où on entend aussi pas mal de parents qui sont fanas de rando, mais les enfants qui concrètement râlent et n'ont pas du tout envie de faire ça à cet âge-là. Comment est-ce qu'ils vous ont donné goût, tu vois ?
- Speaker #0
Alors, je pense qu'il y avait un peu deux secrets, peut-être même trois. La sélection des lieux qui était quand même incroyable. Il faut quand même reconnaître, tu vois, quand tu te lances sur Tour de la Vanoise, franchement, personne ne peut dire que c'est moche, quoi, tu vois. Il y avait donc vraiment ça. Et en plus, ma mère était assez fan de botanique parce qu'elle était pharmacienne. Et donc, tu vois, en plus, on collectait des plantes, on les mettait dans un petit livre de poche pour avoir un souvenir. Puis après, on faisait l'album. Donc ça, c'était peut-être le premier truc qui nous a accrochés. Le deuxième, c'est la fratrie. En fait, nous, on ne s'emmerdait jamais. À Troyes, tu as toujours un truc, je me souviens de... Des fois où on disait à mon frère, hé regarde on va trouver des carres en sac, on lui faisait bouffer des crottes de chèvres. Donc tu vois, des anecdotes comme ça, des trucs où nous à trois on s'éclatait tout le temps. Et puis le dernier, c'est peut-être la baguette magique de ma maman qui avait le bonbon de courage. Donc tu sais, dans son sac elle avait... des harlequins ou je ne sais pas quoi. Et donc, quand on arrivait au col, on avait le bonbon de courage. Donc, on ne l'avait pas pendant la montée du col, mais c'était un peu la récompense quand on arrivait en haut, quand on avait bien bavé dans une côte ou autre, ou que la journée était un petit peu plus longue que prévue et que du coup, on avait droit à cette petite récompense. Donc, voilà. Mais c'est vrai que...
- Speaker #1
C'est rigolo. Bon, ça fait des bonnes astuces.
- Speaker #0
À tous les parents qui écoutent, n'oubliez pas le bonbon de courage.
- Speaker #1
C'est marrant, en plus, le nom. Et donc, tu le disais, dans l'intro, tu as vraiment eu beaucoup d'expérience en voyage, en itinérance, des jeunes, et puis encore maintenant. Et qu'est-ce qui te plaît vraiment dans ces voyages au long cours ?
- Speaker #0
Alors, ce qui me plaît particulièrement, et quand on dit voyage en cours, je crois que c'est aussi pour ça que je me suis dirigée de plus en plus vers du long cours. C'est-à-dire qu'effectivement, au départ, c'était plutôt des deux, trois semaines. Aujourd'hui, mon kiff, ça va plutôt être trois mois. Ce que j'adore là-dedans, c'est la lenteur. Déjà, quand tu pars trois mois, en fait, tu prends ton temps. Tu te donnes la possibilité de t'arrêter quand tu veux. Tu te donnes la possibilité d'aller plus loin que ce que tu avais prévu parce qu'une journée, tu es super en forme. En fait, l'autonomie, le fait de circuler avec ta tante, moi, me donne toute cette liberté d'ajuster au fur et à mesure des rencontres. Tu veux changer un itinéraire, tu peux y aller, tu n'as rien à programmer en avance, tu as toute cette liberté. Donc ça, c'est vraiment le premier point, c'est ce que j'adore. Ça te donne aussi la possibilité de traverser. Donc tu vas d'un point A à un point B. Donc en fait, tu vas vraiment avoir une évolution. Évolution des paysages, évolution... Tu vois, ça, j'adore. En fait, des fois, sur certains voyages, pendant deux jours, tu as un peu le même paysage. Tu te dis... Tu pourrais te dire, c'est chiant. Alors que pas du tout, en fait. Pour moi, ça fait partie du truc. Quand tu pars trois mois, d'avoir deux jours un peu monotones, c'est un peu la règle du jeu. Mais ce n'est pas grave. C'est le temps qui est long et ça fait partie du truc. Et après, je dirais ce que j'aime... Par-dessus tout, dans ces grandes itinérances, c'est les changements de saison. En fait, tu vois les paysages changer, mais tu vois aussi la météo changer. Et donc, quand tu as cette longue période de temps, et donc, tu vois, en général, je pars plutôt autour de l'été pour avoir des bonnes conditions. Tu pars en juin, tu rentres en septembre. Pour un peu qu'en plus, tu vois, je pense à un voyage qu'on a fait aux États-Unis. Donc, on montait vers le nord. Donc, en fait, tu commences... Tu as encore potentiellement des nevées, c'est le début des fleurs, tu vois, c'est un peu le printemps, machin. Et tu finis, c'est le début de l'automne, les arbres qui commencent à virer, tu vois, tu sens que c'est un petit peu... Voilà, tu as les premières gelées, tout ça. Donc, cette avancée dans la saison, j'adore ça, voilà, vraiment. Donc, la combinaison des paysages qui évoluent avec les saisons, je trouve que c'est vraiment... Puis après, tu as bien sûr toute la partie déconnexion, quand tu t'en vas comme ça trois mois. Tu n'es plus sur ton téléphone, donc c'est vraiment la rupture avec ton quotidien. Tu te crées une nouvelle routine. Voilà, c'est vraiment... Ouais, c'est la combinaison de tout ça, je crois, qui m'attire.
- Speaker #1
Ça fait un beau mélange. Et en 2023, justement, tu t'es lancée dans l'exatrec. Et déjà, est-ce que tu peux... On avait fait un épisode à ce sujet, donc je mettrai le lien pour ceux et celles que ça intéresse, mais tu vas quand même nous rappeler ce qu'est l'exatrec. Et tu avais dû laisser de côté certains tronçons. Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi et pourquoi aussi c'était important pour toi du coup d'y retourner ?
- Speaker #0
Oui, alors l'Exatrec effectivement c'est la grande traversée de la France à travers les massifs montagneux. Donc c'est un itinéraire qui a été tracé, enfin officialisé en 2022, donc c'est assez neuf. C'est 3000 kilomètres, 130 000 mètres de dénivelé positif, donc c'est quand même un gros morceau. Et tu traverses, donc tu pars de la frontière avec l'Allemagne, tu traverses Vosges, Jura, les Alpes, ensuite une petite diagonale à travers les Gorges et les Causses, et puis tu finis sur la traversée des Pyrénées. Donc ça, c'est vraiment l'itinéraire. Donc moi, j'avais commencé effectivement par le nord, donc avec la frontière avec l'Allemagne en juin. Et à Tonon, mon époux est venu me rejoindre parce que moi, l'hexatrèque, j'avais décidé de la faire seule. Sauf que lui, il avait quand même trois semaines de vacances et qu'il avait bien envie de venir marcher avec moi. Donc, il m'a rejoint à Tonon et on a commencé à marcher tous les deux, du coup, en continuant l'itinéraire vers le sud. Et en fait, quand on est arrivé dans la vallée de la Morienne, il ne nous restait pas beaucoup de temps pour que lui puisse reprendre son boulot dans les temps. Donc, du coup, en fait, si on s'engageait dans le tour des écrins, c'était un peu dangereux en termes d'accessibilité. parce que quand tu pars dans le tour des écrins au sud Tu es vraiment au fin fond du Val Godemars. Il ne se passe plus rien. Tu n'as plus de bus, tu n'as plus de train. Et donc, du coup, on a fait le choix de zapper toute cette partie-là. Donc, toute la partie Tour des Écrins, Massif des Cerses. Et d'aller directement au niveau de la Maurienne. Donc, remonter un petit peu plus. Et d'aller chercher l'Exatrec plus loin pour entamer la traversée de Belle Donne. Donc, du coup, on a dû zapper cette partie-là. que du coup je voulais vraiment refaire parce que quand je... Quand je m'engage dans quelque chose, j'aime bien en général aller au bout, parce que je savais que c'était un tronçon qui allait être merveilleux en termes de montagne, de massif, etc. Parce que j'avais déjà fait effectivement les CERS aussi en hiver et en été et que j'avais très envie d'y retourner. Et donc voilà, cette envie aussi un peu de boucler. Et puis pour tout avouer, l'exatrec, il y a toute une communauté autour de ça. et donc chaque année ils disent est-ce que vous avez fini l'exatrac ? Qui sont les finishers ? Et moi je disais tout le temps, ben non, moi je ne suis pas finisheuse il me manque 300 bandes, non non je considère que je ne suis pas finisheuse mais tu sais avec cette petite frustration de putain j'ai fait que 2500 kilomètres sur 3000 je me suis dit lance-toi retourne faire ce qui te manque et ça sera en décalé, c'est deux ans plus tard mais voilà
- Speaker #1
C'était ça aussi un petit peu qui m'a nommé. Oui, ça peut importe. Je comprends. Et pour cette nouvelle partie, tu as choisi de partir au mois de juin. Pourquoi est-ce que tu avais choisi précisément cette période ?
- Speaker #0
Pour deux raisons. Déjà, pas trop tôt pour éviter les neiges. Les derniers nevets, tout ça. Je ne voulais pas partir équipée avec des crampons, des grosses godasses de rando. Je voulais partir avec mes godasses de trail habituelles. Donc, voilà, moi, la montagne avant mi-juin, je trouve que c'est toujours un petit peu touchy. Ça peut, en tout cas avec des trails et puis le matos que j'emporte. Et puis parce que du coup, début juillet, pour le coup, j'avais un rendez-vous d'importance que je partais avec mon époux. Pour le coup, on traversait Canada-États-Unis en vélo, en bikepacking. Et le départ était prévu pour début juillet. Donc... J'avais ma petite fenêtre et petite fenêtre qui me permettait aussi de me chauffer pour le baggy packing et de me mettre un peu en forme. J'ai un ébou qui est plutôt meilleur que moi en vélo, donc j'avais une petite pression, donc il fallait que je me muscle un petit peu avant de partir.
- Speaker #1
C'était ton petit stage en fait. Et tu peux nous expliquer ton itinéraire ?
- Speaker #0
Oui, alors l'itinéraire... Encore une fois, là, je n'ai vraiment rien inventé. Là, j'ai vraiment suivi l'exatrec. Donc, ça part de Modane. Donc, c'est hyper accessible en train. Donc, ça, c'est super. Vraiment, là, tout ce que je vais décrire, je suis partie en train, je suis revenue en train. Donc, c'est vraiment hyper simple aussi en termes de logistique. À Modane, tu montes au pied du tabord, du mont-tabor. Tu traverses les cerces, colle du Galibier, colle du Lotaré. et là tu rentres dans le massif des Écrins. Et donc, l'hexatrach suit le tour des Écrins dans le sens des aiguilles d'une montre. Donc, tu vas partir un petit peu sur l'Est, Montier-les-Bains, Val-Louise, puis Saint-Vincent. Tu descends vraiment assez bas dans le Val-Gaudemars, que je citais tout à l'heure. Et ensuite, tu remontes Val-Jouffré-Bénosque. Tu te retrouves sous les deux Alpes. Tu montes aux deux Alpes. De là, tu t'engages dans le massif des Arves. Et au bout du massif des Arves... col du Glandon, tu es à l'entrée nord-est de Belle Donne. Et donc tu traverses tout Belle Donne jusqu'à Champs-Rousses.
- Speaker #1
Ça fait une belle balade.
- Speaker #0
Une très belle balade.
- Speaker #1
Et tu parlais notamment du massif des Cerces et des Arves. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #0
Oui, carrément. Alors les Cerces, je disais, je l'avais déjà vu en été, je l'avais traversé, on avait fait le tour de Cerces en ski de rando. une semaine en hiver. J'adore ce massif parce que du coup, si tu as l'occasion de monter au mont à bord, 3100 et des bananes, tu as une vue incroyable. C'est que vraiment, c'est dégagé. C'est vraiment... Ça peut être assez venteux, mais par contre, c'est vraiment... Tu as une vue 360. C'est incroyable. Et après, tu as toutes les vallons avec plein de petits lacs et tout. hyper esthétique. Moi, je trouve que c'est un massif qui est très esthétique et qui n'est pas forcément autant fréquenté que les tours classiques parce que, du coup, c'est une traversée. Tu n'as pas un tour, en fait. Donc, j'aime beaucoup. Au fond d'un vallon de Neva, là, c'est vraiment cosy. C'est vraiment très, très beau. Et je trouve relativement accessible. C'est-à-dire qu'on est plutôt sur des prairies vallonnées. Il n'y a pas des passages aériens. Même le mont à bord, si tu veux la monter au mont à bord quand elle est possible, qu'il n'y a pas trop de neige, c'est accessible. Il n'y a pas d'escalade et tout ça. Donc, c'est vraiment, moi, je trouve que c'est assez facile. Et Massif des Arbes, en fait, je trouve ça vachement sauvage. Et l'itinéraire qui a été choisi pour l'Exatrec, il passe dans des vallons qui sont assez peu balisés. Il y a même un passage, tu sais, tu marches presque un peu en mode GPS pour rejoindre le glacier de Saint-Sorlin, là. Et en plus, comme j'y étais en juin, peut-être qu'il y avait ça aussi, si tu veux, les sentiers étaient encore pas... pas trop écrasé, tout ça, donc grosse végétation, donc quelque chose de très sauvage, très minéral quand tu montes sur ta gauche là, et puis voilà, tu passes, tu arrives au pied du glacier, Saint-Sorlin, c'est vraiment, ça en impose, tu as des aiguilles d'arbre en fond, c'est vraiment très très beau, et là aussi, on n'est pas sur un tour officiel, on n'est pas sur quelque chose de très connu, et donc du coup, typiquement, j'ai croisé personne, quoi, glacier de Saint-Sorlin, tout ça... Donc, super. Je recommande.
- Speaker #1
C'est sympa aussi. Et tu me disais aussi que tu as eu un gros coup de cœur pour le vallon d'Arcine. Qu'est-ce qui rend cet endroit si magique pour toi ?
- Speaker #0
Je pense que c'est à la fois le lieu qui est magnifique, mais très probablement les conditions le jour où j'y étais. C'était vraiment magnifique. Donc, le vallon d'Arcine, on est sur le nord du Tour des Écrins. On est dans un vallon très verdoyant, pareil, pas trop, pas trop, tu vois, c'est pâturage, là, t'as envie de te rouler dedans, c'est accueillant, c'est chaleureux, tout ça. Et donc, en fait, je suis partie tôt ce matin-là et je monte un petit peu gentiment sur un col qui est vraiment juste un parc plutôt. Tu vois, c'est doux, ça fait une jolie petite transition douce. Et de l'autre côté, tu as Rivière Turquoise. turquoise, laiteuse, tu vois, pas du tout transparente, vraiment ça fait ce truc un peu blanc, blanc turquoise, et alors là, des, j'allais dire des nuées, mais des hordes de marmottes, il y en avait partout, et là c'était vraiment, et donc je me suis posée, j'étais là en conciliabule avec les marmottes, tu vois, en observation, tout ça, trop bien, donc c'était juste idyllique, voilà, donc gros coup de cœur, et je me suis vraiment dit, ouais, que j'y retournerai. Je voulais quand même avancer parce que je voulais pas. J'avais marché deux heures ce jour-là, donc je pouvais quand même pas décemment poser ma tente à cet endroit-là. Donc je voulais quand même avancer. Mais franchement, j'ai pris du temps là quand même. Et je trouve que c'était vraiment un petit moment de grâce. J'ai adoré ça.
- Speaker #1
C'est génial quand t'as des moments comme ça. Et tu as aussi, je crois, une belle expérience au plateau d'En Paris. Je sais pas si on dit En Paris ou En Paris, c'est ailleurs. Est-ce que tu peux nous raconter ça aussi ?
- Speaker #0
Oui. En fait, le plateau dans Paris, je ne sais pas non plus si on prononce le S, je ne pourrais pas te dire. Pour moi, si tu veux, c'était juste après les deux Alpes. Donc tu quittes un paysage un peu massacré quand même, il ne faut pas se mentir, les remontées mécaniques et tout. Tu descends au niveau du barrage du lac de Chambon, c'est pareil, c'est artificiel. Et là, tu montes, donc tu laisses dans ton dos les montagnes, les deux Alpes. Tu as ces images de montagne un petit peu perturbée ou un petit peu ravagée. Tu montes. Bon, il faut dire que là, c'était un tronçon où j'étais avec une amie. Donc, je n'ai pas vu le temps passer. Et tout d'un coup, tu arrives là-haut. Et en plus, ce nom ne me disait rien. Alors là, si mes parents entendent ce podcast, peut-être que là, ils vont dire, mais elle se fout de nous. On l'a déjà emmené deux fois là-bas. Peut-être. Mais je ne m'en souvenais pas. Et donc, du coup, j'y allais vraiment, tu vois, sans attente particulière. Tu montes, t'arrives sur ce plateau, c'est ouvert, c'est lumineux, encore une fois c'est verdoyant mais ça ondule, tu vois. T'as des petits lacs comme ça disposés et dans les lacs se reflète en fait le massif des écrins. Il est juste là en fait, il était, pendant toute la montée c'est dans le dos donc tu te rends pas compte et là tout d'un coup t'arrives face à ça. Donc t'as la mèche, la grave, toutes les barres des écrins, le tout se reflète dans ce petit lac là et en fait c'est... Comme c'est juste à une vallée d'écart, c'est au-dessus de toi, tu vois, tu es un petit peu écrasé par le truc, c'est impressionnant, c'est de toute beauté. Bon ben là, on ne s'est pas posé la question de savoir où on posait la tente, je vais te dire qu'on s'est installé là et on a fait un beau coucher de soleil en regardant tout ça pendant des heures. C'était superbe, donc une bonne surprise.
- Speaker #1
C'est clair. Et à la fin du périple, ça passe par Beldon. Donc Beldon, ce qui est assez connu pour sa technicité. Est-ce que c'est quelque chose aussi qui te plaît d'évoluer sur ce genre de sentier ?
- Speaker #0
Alors, oui et non. Ce n'est pas ce que je vais chercher. Ça ne me dérange pas parce que du coup, comme je n'ai pas des objectifs de kilomètre ou de quoi que ce soit, je ferai moins de kilomètres probablement parce que c'est moins roulant. Par contre, du coup, le fait que ce soit technique, du coup, ce n'est pas forcément très fréquenté. En tout cas, la partie nord-est, elle est peu fréquentée. Si, si, elle est très fréquentée par les bouquetins et les chamois. il y en a partout, donc du coup ça c'est cool parce que du coup il y a ce côté assez sauvage et du coup Buktin Chamois dans les parties très minérales c'est toujours un spectacle fantastique, donc ça c'est vraiment bien, et après du coup, il y a quand même aussi des passages, je pense au Sète-Lau, c'est grandiose aussi, donc c'est magnifique donc je ne cherche pas la technique, mais par contre si elle permet d'accéder à des à des endroits plus sauvages où je n'exclue pas non plus. Oui,
- Speaker #1
effectivement, c'est une bonne approche aussi. Et en parlant de bouquetins et de chamois, au mois de juin, est-ce que tu as pu rencontrer justement plein d'animaux ? Est-ce que tu as eu des moments particulièrement marquants pour toi ?
- Speaker #0
Oui, carrément. Du coup, je mentionnais les marmottes à Arcine, ça c'est sûr, bouquetins, chamois à Foise. En sortant... du massif d'arbres aussi, il y avait du coup une horde de vautours sur une carcasse. Et ça, j'avoue que c'était très impressionnant. Ils étaient vraiment sur le chemin et tout ça. Du coup, je passais vraiment pas très loin à me rendre compte de l'envergure des bestioles. Parce qu'il y en avait, je pense, une bonne vingtaine. Donc c'était assez impressionnant. Ça, c'était vraiment cool. Et la rencontre exceptionnelle de ce tour, c'est un lagopède. Un lagopède, du coup, au niveau du massif de Saint-Sorlin, donc dans les arbres aussi, le matin. Voilà, première heure de marche, là, on tombe là-dessus et avec une certaine distance, parce qu'on est quand même vraiment sur un oiseau assez peureux. Mais je crois que c'était le premier de ma vie que je voyais en live, donc je suis très contente. Et puis après, du coup, toute la végétation. Alors, je suis pour le coup... je suis nulle en identification c'est à dire que je ne vais pas savoir dire c'est telle fleur, c'est telle autre fleur et tout ça c'est pas ma compétence mais juste regarder et apprécier et à cette saison là c'est la pleine explosion c'est vraiment, t'as des couleurs partout et des couleurs hyper hyper intenses en altitude t'as toujours ces fleurs qui sont boostées à... Donc, courte sur pattes, mais par contre, hyper colorée. Et je trouve qu'on a, moi, j'en ai pris plein les yeux. Franchement, je me suis vraiment, à plein de moments dans cette traversée-là, je me suis dit, c'est vraiment le bon moment. C'est vraiment le bon moment pour la faune, la flore. Et même, je pense que j'ai eu quand même beaucoup de chance au niveau des conditions météo. Donc, j'étais très contente de ce choix-là.
- Speaker #1
C'est génial. Et côté météo, justement, est-ce que tu as eu des nevées aussi qui restaient ou est-ce que la fin juin, ça allait ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est le petit bémol. Effectivement, il restait des nevées. Et pour le coup, comme je n'étais pas partie avec crampons et même pas de micro crampons, j'étais limite. Donc du coup, alors sur tout l'itinéraire, ça s'est bien passé. il y a un endroit, effectivement, là, quand je sors de... pour rejoindre le pas de la cavale, dans les écrins. Et en plus, c'était un bout de GR qui avait été détourné parce que le GR officiel était fermé. Donc du coup, c'était un tracé qui était peut-être un petit peu moins renforcé, moins marqué et peut-être moins de traces aussi de personnes devant moi. Donc un peu plus en dévers, tu vois. Et là, j'arrive au col, il se met à flotter. Voilà, là, ce n'était pas des très bonnes conditions. Et puis aussi le tabord. Du coup, le tabord, cette fois-ci, je n'ai pas pu monter au sommet parce que du coup, trop de neige. Donc, je suis montée jusqu'au refuge prendre des renseignements. Et du coup, j'ai rencontré trois nanas qui l'avaient fait l'abeille. Elles me disaient non, honnêtement, sans chaussures hautes et sans crampons, c'est dangereux. Et toute seule, je n'étais pas accompagnée non plus. Donc, du coup, vraiment pas recommandé de me lancer. Petit démon là-dessus.
- Speaker #1
C'est bon d'avoir pris les infos et adapté.
- Speaker #0
Oui, là surtout toute seule. Tu vois, on n'aurait peut-être pas pris la même décision à plusieurs. Là, c'est clair. On y va pour se faire plaisir, on y va pour aller au bout. On n'y va pas pour tomber dans un trou ou glisser sur un évé dès le deuxième jour. Donc non, non, c'était mieux comme ça.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Et ce voyage, donc tu étais en solo et ensuite il y a une amie qui t'a rejointe, c'est ça ? Oui. Et comment est-ce que ça change en fait la dynamique de la marche quand on est seul ou à plusieurs ?
- Speaker #0
Alors, à la fois ça ne change rien en termes d'activité. parce que tu fais la même chose, clairement. D'autant plus que moi, quand les gens me demandent s'ils peuvent me rejoindre, il n'y a aucun souci. Par contre, j'aime bien qu'ils aient leur matériel. Comme ça, on garde une forme d'autonomie. Je n'ai pas à porter une tente de personnes pour un voyage de 15 jours, alors que la personne ne va me rejoindre que 5 jours. Bien sûr, on mutualise mon réchaud, ma trousse de secours, ce n'est pas ça le point. Mais voilà, du coup, indirectement, mon sac à dos ne change pas, l'activité ne change pas. Par contre, tu n'es pas du tout dans la même dynamique intellectuelle, c'est clair. Solo, tu es vachement en introspection, à la fois juste réfléchir à plein de choses, te reposer sur tes priorités, réfléchir à ce que tu veux faire, ce que tu ne veux plus faire et tout ça. Donc ça, c'est vraiment un temps précieux, je dirais. Ça peut même être aussi du temps où je peux écouter de la musique, écouter des podcasts si j'ai de la batterie. Donc ça, ça peut être sympa. Et puis des temps aussi où je vais être très dans la contemplation. Tu vois, je pars en général avec une petite paire de jumelles et j'aime bien me poser. Tu vois, le soir quand tu es au camp, tac, tu prends une heure juste pour spotter tout ça, regarder les falaises autour et tout ça. Donc ça, c'est vraiment... Quand tu es seul, tu as tout ce temps-là pour toi. Donc ça, c'est vraiment... hyper intéressants. Et après, quand des amis me rejoignent, j'adore aussi parce que du coup, on a du temps ensemble et du temps de qualité. Enfin, t'es pas, tu sais, genre pause-déj, vite, vite, faut que je retourne au bureau, la réunion de 14h, ah, on n'a que un week-end par remboursoir, tout ça. Là, elle est venue, ma cops, 5 jours, on met 24h sur 24 ensemble, on parle, et on... Et en fait, en plus, le cadre fait qu'il y a une forme d'exclusivité un petit peu et on n'est pas dans un cadre normal, on n'est pas dans la routine et du coup, on peut se dire d'autres choses aussi. Je trouve qu'on va plus loin dans l'échange, que ce soit sur les émotions, que ce soit sur des choses assez intimes. Et je trouve que les amis avec lesquels je suis partie marcher, je suis revenue avec. rencontré des personnes. C'est-à-dire que, alors que je les connaissais très bien, je croyais très bien les connaître et je trouve qu'on est allé beaucoup plus loin dans la relation. Donc ça, c'est précieux aussi.
- Speaker #1
Je vois très bien ce que tu veux dire. Oui, c'est vrai. C'est complètement précieux. Et quand on échangeait, tu me disais que tu avais aussi fait une rencontre marquante avec Alain, un autre ex-hackrecker. Est-ce que tu peux nous raconter aussi cette rencontre et ce qu'elle a représenté pour toi ?
- Speaker #0
Oui, carrément. Et d'ailleurs, tu vois... C'est quelque chose que je n'ai pas noté, que je ne t'ai pas dit dans la question précédente, mais en fait, quand tu es seul, tu rencontres beaucoup plus de monde. En fait, que tu le veuilles ou non, tu engages conversation, ce que tu peux faire quand tu es accompagné, mais en fait, quand tu es seul, je trouve que tu vas plus loin dans la rencontre et souvent tu es plus amené à donner aussi du temps à cette personne que tu rencontres, tu vois. Alors que quand tu es en train de voyager déjà à plusieurs, Il y a déjà un petit écosystème qui est créé et du coup tu avances avec cet écosystème et tu ne fais pas forcément rentrer de nouvelles personnes. Alors que là, c'était la tronçon où j'étais seule, je vois ce gars que j'avais déjà vu la veille ou l'avant-veille qui marchait vite devant moi, que je n'ai pas réussi à rattraper deux jours avant. Et puis là, je le reconnais de loin, je le vois, il est affalé dans une rivière si tu veux. Mais qu'est-ce qu'il fait ? En fait, il était malade comme un chien, le pauvre. Donc, en train de vomir dans le petit ruisseau, là, tu sais, au bout de sa vie. Et donc, évidemment, je m'arrête. Et en fait, il est exatraqueur. Il était parti un mois, un bon mois avant, plus tôt, depuis la frontière avec l'Allemagne. Donc, il avait tracé comme un fou. Et là, son corps lui disait un petit peu, t'as poussé le bouchon. Donc, quand je l'avais vu deux jours avant, je pense qu'il s'était pris une insolation. Et donc, du coup... La veille, il était HS. C'est pour ça que j'avais réussi à le rattraper. Il marche beaucoup plus vite que moi. Et donc, je me pose du coup dans la rivière avec lui, tu vois, je lui dis ça va, tout ça, comment ? Là, il me raconte un peu tout ça. Puis au bout d'un moment, il me regarde et il me dit, est-ce que tu veux bien qu'on reparte et que je me mette dans tes pas ? Oui, je veux bien. Et en fait, il avait besoin de ça pour lui redonner un coup, parce qu'il avait un vrai coup au moral aussi. Le fait d'être stoppé physiquement, si tu veux, alors qu'il s'était mis des bons objectifs. Et donc, du coup, on a marché ensemble, on a passé la soirée ensemble, on était sur le camp ensemble. Le lendemain, on est reparti en direction de Valouise ensemble. On a pris un petit café. Moi, je suis reparti et lui, il est resté à Valouise se requinquer un jour de plus pour pouvoir reprendre des forces. Mais voilà, typiquement, en plus, super bonne discussion aussi. de points communs dans nos vies et donc beaucoup à échanger. Donc, c'était un vrai moment. Et lui, il m'en parle encore en disant « Ah, non, mais tu m'as sauvée parce que là, sinon, je restais coincée dans ma rivière. » Et moi, j'ai passé un excellent moment. On garde contact et c'est vraiment des belles rencontres comme ça qui se font au détour d'un sentier.
- Speaker #1
C'est sûr, ça rend des bons moments. Et au niveau de l'accueil, en général, dans les lieux traversés ? C'était comment ? J'ai tendance à me dire qu'en début de saison aussi, les gens sont un peu moins, un petit peu moins marre de croiser trop de gens de touristes, etc. Donc peut-être que tu es mieux accueilli en général, mais comment tu l'as ressenti ?
- Speaker #0
Oui, carrément. Tout à fait d'accord. Tu sens les gens, ils ont envie d'y aller. Ils sont souriants, c'est chaleureux. Moi, j'ai trouvé qu'il y a beaucoup se décarcasser aussi pour trouver des solutions parce que les gîtes ne sont pas forcément ouverts. Ils arrivent à trouver une solution, ils ne te laissent pas dans la panade, ils prennent le temps de parler. C'est pareil, dans un café ou autre, tes deux pélos, ils ont le temps, tu poses une question, ils ont envie de répondre. Moi, j'ai trouvé que c'était vraiment très ouvert, chaleureux. Et encore une fois, ça montre que c'est la bonne période aussi pour aller en montagne.
- Speaker #1
ils sont pas saoulés les gens encore ils sont même dans l'attente de la saison donc il y a une belle énergie j'ai beaucoup aimé c'est sympa aussi de ressentir ça et d'avoir plus le temps d'échanger c'est quand même précieux et si tu devais donner un de tes moments de kiff absolu pendant cette rando ce serait lequel ?
- Speaker #0
un seul ?
- Speaker #1
c'est dur ça Lorraine un seul ou plusieurs en fait c'est pas...
- Speaker #0
C'est toujours dur de le choisir en fait.
- Speaker #1
En vrai, je déteste qu'on me pose cette question, je la pose quand même.
- Speaker #0
Non, écoute, le vallon d'Arcine, je t'en ai déjà parlé, donc comme ça, ça c'est bien, c'est fait. Je dirais, alors, je te dis juste un mieux et un moment, mais c'est plutôt pour refléter ce qui se passe tous les matins. Je dirais le lac de la Musèle, où j'ai dormi un tout petit peu en retrait, un petit peu en hauteur par rapport au lac. Donc face, je voyais le refuge au fond, donc dans les écrins. Le lieu est magnifique déjà. Et en fait, ce que j'adore faire moi en bivouac, c'est mettre mon réveil un petit peu avant le lever du jour. Je replie mes petites affaires dans la tente, encore un petit peu dans l'obscurité. Alors, pas trop dur, il n'y a même pas besoin d'allumer sa lampe de poche. Tu sais, tu as trois trucs à faire. Tu remets une chemise de rando, tu roules ton matelas et tu ranges ton duvet. Somme toute, ce n'est pas trop dur. Donc, tu peux le faire en aveugle. Et après, tac, tu ouvres la tente. Et là, tu vois, c'est les premières lueurs. Et donc, toutes les crêtes se dessinent en ombre chinoise un petit peu. Donc, tu as quelque chose d'un tout petit peu plus lumineux, le vallon lumineux. Et tu as toutes les crêtes, comme ça, potentiellement les animaux, les arbres, les trucs qui se dessinent. Et à ce moment-là, tu spots la falaise. Tu vois un petit pic. qui est au-dessus de toi, une falaise, un truc minéral qui va choper les premiers rayons du soleil. Et tu sais, ça donne cette teinte jaune avant de prendre la couleur de la pierre. Et ça dure 3 minutes, 5 minutes quand tu es chanceux et quand tu es bien positionné. Et c'est vraiment un moment, en général, c'est le moment où je fais mon petit déj. J'adore ce moment-là parce que justement c'est furtif, ça dure quelques minutes et que là tu vois des choses assez incroyables et que même il y a des moments, des photos, t'essayes de retranscrire par des photos, c'est pas toujours aussi beau que la réalité. Et là il y a des gens qui te disent oui mais t'as mis un filtre, non, ça c'était la vraie vie. Et tu vois cet instant, avec ces couleurs un petit peu orangées, jaunes, sur la falaise, moi j'adore ça, c'est vraiment... Avoir cette chance de capter ce moment-là, ça me rend heureuse. Et puis après, ça veut dire que la journée va être belle.
- Speaker #1
C'est vrai aussi. Tu me donnes trop envie de faire un bivouac en montagne d'Aco. Vivement, que ça reprenne. Et à l'inverse, est-ce que tu as eu des moments où, soit la fatigue, soit les conditions météo, en tout cas, il y avait un élément qui faisait que c'était un peu dur ?
- Speaker #0
Oui. Tout à l'heure, je te disais, le nez-vé pour arriver avant de basculer Col de la Cavale et le refuge du Pré-de-Chermette. Là, j'ai trouvé dur. Et du coup, cette journée, j'ai continué. Il y avait de nouveau des nez-vés. Et je devais m'arrêter un peu plus loin, à une distance correcte. Là, il s'est mis à flotter. Un peu sévère, si tu veux. Je n'avais pas très envie de monter la tente sous la pluie et tout. Et le lendemain, normalement, j'avais une demi-journée pour aller jusqu'à la chapelle en Val-Gaudemars où je savais que j'avais un gîte d'étapes, que j'avais réservé un gîte d'étapes. Et en fait, je me suis dit, allez, tu te motives, quitte à être gaugée, mouillée, tu continues à marcher. Et donc, du coup, là, j'ai fait une grosse journée parce que j'ai dépassé les 32 bornes, 1900 positifs. Là, je suis arrivée, j'étais rincée, les godasses trempées. La fin du sentier, en plus, c'était une forêt d'orties. Ça m'a achevée. C'est moi qui étais en short et mouillée, mais bon, voilà. Mais j'avais pris cette décision pour éviter de monter la tente sous la flotte, de manger sous la flotte. Et je me suis dit, vas-y, challenge sportif, là, pour le coup. Mange du kilomètre, mais va chercher le toit du gîte d'étape. et donc du coup par chance La nana m'a ouvert le gîte. C'est là que je dis qu'ils se décarcassent parce qu'elle l'ouvrait pour moi le lendemain. Du coup, je l'appelle. Quand j'ai du réseau, je lui demande. Elle me dit qu'on va trouver une solution. Je ne suis pas sur place, mais je vais trouver quelqu'un pour t'ouvrir la chambre. Hyper sympa. Du coup, j'ai pu me mettre au sec avant.
- Speaker #1
Trop sympa.
- Speaker #0
Beaucoup d'eau ce jour-là, mais bon, c'est le jeu.
- Speaker #1
Tu apprécies ta douche à l'arrivée.
- Speaker #0
C'est clair. Et les baskets aussi qui étaient très contentes de pouvoir sécher sur le balcon le lendemain.
- Speaker #1
J'imagine. Mais justement, on va parler aussi un peu des aspects logistiques. Déjà, comment tu as préparé ton sac pour un trek de cette taille ?
- Speaker #0
Alors en fait, j'ai ma petite routine pour ça. Et surtout, j'ai mon pense-bête. J'utilise un site qui s'appelle Lighterpack. qui est un site en fait où tu peux, je ne sais pas si tu connais, mais peut-être pour les auditeurs ou les autrices qui ne connaissent pas, tu as des choses qui peuvent être un peu préformatées, c'est-à-dire que tu as tous les postes, tu as le sac à dos, tu as le couchage, la partie cuisine, etc. Et tu rentres tes éléments et tu peux tout peser. Alors moi, je suis un peu psycho du poids, on ne va pas se mentir. Donc du coup, c'est un peu pour ça que je suis venue à la Hitterpack. Mais maintenant, ça me sert aussi. pour reconstituer mon sac parce que du coup, comme j'avais déjà fait une liste pour mes voyages d'avant, je modifie ma liste au fur et à mesure de ce dont j'ai besoin, des éléments que je change. Tu vois, je change ma paire de bâtons, je change ci, donc je change le foie du coup dans ce fameux site Lighterpack. Et donc, je connais le poids de mon sac, mais surtout, du coup, j'ai la liste de tout ce qu'il faut que je remette. Donc en fait, pour moi, ce n'est plus une contrainte, c'est assez facile. Tu sais, c'est un truc à cocher, grosso modo. Donc je suis ça, et puis bien sûr, j'adapte en fonction des conditions. Là, typiquement, je savais qu'il y avait des risques de pluie, potentiellement un peu neige ou froid, j'ai rajouté des gants. Je vais pouvoir ajuster, bien sûr, en fonction des conditions, du lieu où je veux, d'où je vais et l'altitude. Mais voilà, c'est ma petite routine, d'avoir mon petit pense-bête sur l'Eiterpack. Et du coup, j'ai mes poids. en plus.
- Speaker #1
C'est vrai que ça doit être pas mal de pas réinventer le truc à chaque fois, en fait. De juste se dire, ok, c'est bon, je prends ça, je prends ça.
- Speaker #0
Et ça t'évite d'oublier.
- Speaker #1
Il y a une application aussi, Exatrack.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que tu t'en es servi pour t'orienter, pour prévoir aussi tes ravitaillements ? Comment ça t'a aidé ?
- Speaker #0
C'est hyper utile. Pour moi, c'est vraiment une appli hyper utile. Je sais qu'il y a des Exatrackers qui reprochaient le fait que c'était pas forcément toujours très bien mis à jour. Ok. Par contre, c'est hyper puissant pour préparer à distance. C'est-à-dire qu'une fois que tu as l'appli, tu vas pouvoir dire, tiens, moi, je vais partir de ce point-là. Et maintenant, je vais regarder si je veux aller à ce point-là, il y a combien de kilomètres, il y a combien de dénivelés. Et qu'est-ce que j'ai sur le trajet comme point d'intérêt ? Donc, ça te permet d'anticiper. tes étapes et surtout après le ravitaillement en eau. Qu'est-ce que j'ai comme coin d'eau ? Est-ce que ça paraît fiable ou pas ? Parce que du coup, tu as les informations. Alors là, typiquement, si tu as une source qui est à sec, l'appli ne peut pas te le dire si tu veux indirectement. Donc, il faut être un peu méfiant, mais quand même, tu as quand même des informations. Et puis après, tu as les points de ravitaillement, donc épicerie, supermarché, machin, tout ça. Donc, pour savoir où est-ce que tu vas pouvoir te racheter tes piqueniques. Donc ça, c'est vraiment intéressant. Et il y a même, pour certains endroits, un peu des recommandations de bivouac. C'est-à-dire que typiquement, comme l'hexatrèque, ça a été construit vraiment pour donner l'autonomie aux marcheurs pour que les gens puissent planter leur tente. Donc ça t'indique déjà les portions sur lesquelles tu n'as pas le droit de poser ta tente. C'est interdit et les portions sur lesquelles c'est autorisé. Donc ça, c'est quand même vachement précieux. Et puis, tu as même parfois... Tu vois, imagine que tu es dans une côte qui dure 1000 D+. Les courbes de niveau, elles sont bien rapprochées. Tu te dis que tu ne vas pas pouvoir mettre ta tente. Eh bien, s'il y a un petit replat, potentiellement, tu as le petit logo de la tente qui va t'indiquer que là, tu peux poser une tente. Donc, c'est aussi utile. Tu vois, tu te lances dans une côte fin de journée. Tu sens que tu ne vas pas réussir à aller jusqu'au col. Eh bien, de savoir que tu vas potentiellement pouvoir planter en cours de route. c'est vachement utile en fait donc moi franchement je trouvais que c'était vraiment ça te mâche un peu le boulot peut-être que les puristes vont dire oui mais du coup tu fais que suivre le truc tu sais plus lire une carte etc oui mais en même temps pour de la logistique d'un périple qui dure 2, 3 4 mois parce que c'est quand même 3000 bornes, c'est quand même une sacrée aide et moi vraiment je recommande Je l'ai trouvé hyper bien. Oui,
- Speaker #1
carrément. Et puis ça, moi, ces trucs-là, je me dis juste, chacun fait bien ce qu'il veut. Si tu as envie de faire tout toi-même avec ta carte, très bien. Et puis si tu trouves ça cool d'utiliser une appli, très bien aussi. Pas trop de règles sur ces trucs-là.
- Speaker #0
Exactement. Et il faut reconnaître en plus que le fondateur, juste pour finir, quand il a fait son tracé, il utilise bien sûr des sentiers existants. Ce n'est pas lui qui a révolutionné. Donc en fait, c'est plutôt... La sélection des meilleurs GR de France, je vais dire ça comme ça. Sauf que du coup, parfois sur certains GR, tu passes malheureusement à côté de sites exceptionnels. Lui, il dit, non, moi je ne veux pas passer à côté. Donc, il fait un petit détour pour t'emmener dans des cirques incroyables, dans des choses, tu vois, le cirque du fer à cheval, par exemple. Il n'est pas parcouru par un GR. Donc, en fait, l'exatrec, lui, fait le petit détour pour t'y emmener, par exemple. Ça, c'est un cadeau, quoi, tu vois. Et puis, tout à l'heure, je mentionnais le massif d'arbres. Cette traversée, elle est un peu inconnue au bataillon. Grâce à l'exatrec, il t'emmène à l'endroit où les vues me semblent fabuleuses. Peut-être que le vallon d'à côté, c'est tout aussi joli. Mais en tout cas, je trouve qu'il y a une vraie sélection du parcours, avec soin, pour vraiment te montrer le meilleur de la France. Les montagnes françaises. Donc, je recommande. Et je n'ai pas d'action chez lui.
- Speaker #1
C'est déjà vraiment génial de voir ça. Et pour le couchage, donc tu as dormi essentiellement en tente, mais aussi avec quelques nuits en gîte. Comment est-ce que ça, en fait, tu t'organises ? Est-ce que tu prévois à l'avance, tu vois, ton alternance, quoi, quelque part ? Est-ce que c'est plus un peu au dernier moment où tu vas te dire non mais là, j'ai envie d'avoir un gîte et un peu de confort, donc pour la nuit prochaine, je vais dans un gîte ? Enfin, comment tu gères ça ?
- Speaker #0
Oui. Alors, Là, en l'occurrence, pour ce truc-là, j'avais déjà fait mon découpage. Je savais que j'allais m'arrêter du coup au gîte d'étape à la chapelle Anval-Gaudemars et m'arrêter aux deux ampes. Les deux ampes, pourquoi ? Parce que j'attendais ma copine qui me rejoignait là. Donc, il fallait que je sois à un endroit qui soit accessible en voiture ou en bus. Donc, ça, c'était un premier point. Et puis, la chapelle Anval-Gaudemars, je savais que j'allais faire un break là parce que... D'une façon générale, moi, je me dis toujours, il faut un jour de repos tous les 8 à 10 jours de marche. Pour moi, tu sais, ce truc de vieux qui veut voyager loin et ménage sa monture, c'est un peu ça. C'est que je me dis que je sais qu'il y a des marcheurs qui sont sur les sentiers tous les jours. Moi, ce n'est pas trop mon truc. Je préfère m'enquoier un jour de break pour pouvoir faire la lessive, le réappro, rien faire. ne pas marcher ou en tout cas avec des tatanes et pas des baskets pour se mettre les pieds à l'air, soigner ses pieds potentiellement, tu vois, si tu as des petits trucs, donc laisser au repos donc ça c'est quelque chose que je J'y prête une attention particulière. Alors là, tu vas me dire, sur 25 jours, c'est pas nécessaire en soi. Mais par contre, sur des périples plus longs, pour moi, c'est important. Donc du coup, quand j'imagine mon tracé, je vois à peu près. Je me dis, ah bah oui, dans 7 jours, je suis là. Ah bah, j'arrive dans un petit bled. Je regarde, ah bah, il y a un gîte d'étapes. Super, je vais prendre ça. Et comme ça, ça me permet d'appeler en avance, vérifier donc déjà s'ils sont ouverts et s'ils auront une place ou pas. parce que du coup, ce n'est pas toujours. Là, typiquement, tu vois, la chapelle en Val-Gonemars, je suis arrivée un jour en avance. Donc, en fait, il faut aussi qu'ils aient une souplesse pour t'accueillir un peu plus tôt ou un peu plus tard. Et surtout, après, je leur demande si je peux m'envoyer chez eux un colis parce qu'en fait, je m'envoie des lyophilisés pour récupérer mes lyophilisés parce que du coup, j'aime bien autant que possible avoir un lyophilisé le soir. Tu manges chaud, tu manges... relativement équilibré, contrairement à ce que peuvent penser certaines personnes. Le lyophie qui est bien fait, c'est 600 kilocal pour 120 à 150 grammes dans le sac à dos. Donc, c'est vraiment pas grand-chose. Beaucoup de calories et quelque chose de plutôt équilibré. J'aime bien, si je peux le faire, faire en sorte d'avoir un lyophie par jour le soir. Et donc, du coup, quand je réserve, entre guillemets, Mon gîte d'étape, je leur demande et je m'envoie un petit colis avec les 5-7 lyophiles pour le tronçon qui suit.
- Speaker #1
Tu vois la routine. Justement, j'allais te demander comment tu gérais l'aspect eau et ravitaillement. En général, tu as tes lyophilisées pour le soir et le midi, comment est-ce que tu fais ?
- Speaker #0
Le midi, pour le coup, j'achète les vrappes ou les tortillas. Ça, j'adore. Merci. charcuterie fromage. Et ça, je trouve ça dans tous les supermarchés, même les superettes, tu vois, un peu perdues. Oh, si on peut avoir une petite glace, une petite... un petit gâteau dans une pâtisserie en plus, on ne crache pas dessus. Non, et puis tu vois, même, tu passes devant une fromagerie, un machin, rajouter un petit truc, c'est cool, alors je fais toujours attention au poids, mais par contre, oui, quand même, la cuisine locale, ça, j'adore. Quand je m'arrête aussi dans des villages, pour le coup, là, je ne mange pas de Yofi. Je veux manger du frais, je veux manger du local, du roboratif. Là, je vais au resto en général, mais j'aime bien découvrir des spécialités locales en plus, avec une petite bière, pourquoi pas. Et puis, pour l'eau, pour le coup, j'ai un filtre à eau. Donc ça, ça me permet vraiment d'être autonome. Je l'ai testé dans des situations vraiment pas glorieuses. Tu sais, des flaques où tu as le film de bactéries au-dessus, là, tu vois. Et franchement, le filtre, il fait hyper bien l'effet. Donc, tu n'es pas malade et tu peux vraiment boire n'importe quoi. Et ça, j'avoue que, tu vois, par rapport à la jeunesse, quand on partait avec mes parents, où on buvait dans les torrents et tout ça, aujourd'hui, avec un filtre, je trouve que tu portes moins lourd en général parce que tu sais que tu vas pouvoir recharger plus fréquemment. Et tu recharges à partir de n'importe quoi. Des fois, c'est un peu abreuvoir à bâche ou je ne sais pas quoi. Ce n'est pas toujours très glorieux. Et en fait, le filtre fait vraiment un super bon effet. Moi, je n'ai jamais été malade à cause de ça. Donc vraiment, je trouve que le filtre a vraiment simplifié notre vie par rapport à ça. Donc là, tu as toujours pris très attention.
- Speaker #1
C'est quoi alors la marque de ton filtre ?
- Speaker #0
Alors là, quand je suis partie, c'était encore un filtre américain. que j'avais acheté quand on avait fait le PCT. Ça s'appelait Sawyer. Donc, ça ressemble à une grosse seringue, un petit peu, que tu vises sur ton réservoir d'eau sale. Et du coup, ça coule par le bout de la seringue, voilà, sur ton réservoir d'eau propre. Donc là, il faut être, par contre, toujours très vigilant avec ce genre de choses. Pas de contamination, d'être toujours assez rigoureux sur tes deux containers. Et depuis, j'ai acheté une autre gourde bifri. Par petite, un litre pour le coup, plus petite, avec, tu sais, dans la tétine, tu as le filtre, hyper efficace aussi, peut-être plus compact, peut-être, je dirais, plus polyvalente. Oui, parce que du coup, tu peux boire directement dessus. Donc, si tu es tout seul, tu peux avoir que ça et tu n'as pas forcément besoin de filtrer. Parce que moi, avec mon filtre Sawyer, j'avais besoin de filtrer. Donc, ça peut être un peu long, tu vois, les pauses de filtration. Du coup, bifurc. Mais après, moi, c'est les marques que j'ai prises, mais je sais qu'il y en a plein d'autres et j'ai l'impression que c'est tout aussi efficace. Voilà, je n'ai jamais entendu parler de contamination, de maladie avec ça. Donc, ça, c'est vraiment pour l'eau. Oui, moi,
- Speaker #1
j'avais utilisé des LifeStraw à un moment.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Par contre, tu bois directement. Après, je n'ai jamais testé dans des flaques. Je n'en sais rien, en fait. Jamais osé.
- Speaker #0
Si tu peux éviter, je crois que c'est toujours mieux.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as une reco d'équipement, justement, où vraiment, si quelqu'un doit se lancer, tu aurais tendance à dire, attention, il y a ce petit truc. C'est super utile, il ne faut pas l'oublier. Déjà, je pense quand même à la gourde filtrante.
- Speaker #0
Oui, la gourde filtrante, c'est sûr. Si tu pars du coup en hiver, tu vois un petit peu comme ça, tu penses qu'il y a des nevées. Moi, tu vois typiquement, je crois que là, j'aurais pu partir avec des micro crampons. Donc, ces espèces de lanières en caoutchouc avec les tout petits pics dessous. C'est un peu lourd, mais par contre, ça peut rassurer les gens qui ne sont pas très à l'aise avec les nevées. Voilà, moi, je marche avec des bâtons aussi. Bâtons pour l'équilibre, notamment. Avant toute chose, bien sûr, ça aide pour la propulsion, ça ménage les genoux aussi pour la descente. Mais par contre, c'est aussi avant toute chose pour l'équilibre avec le sac. Surtout pour des gens qui ne sont peut-être pas forcément habitués à marcher avec quelque chose d'un petit peu volumineux et un petit peu lourd qui peut déstabiliser. Je trouve que ça aide bien. Et puis, typiquement, passage de rivière, si tu as des trucs à gué, machin, d'avoir des bâtons, ça t'aide pas mal.
- Speaker #1
Après, moi, ma recommandation.
- Speaker #0
C'est ne pas trop t'en mettre dans son sac. C'est pas tellement d'en rajouter, c'est plutôt d'en enlever. Je dis toujours, c'est un peu mon dada, mais tu vois, le minimalisme, aller chercher le minimum requis pour être en sécurité, mais donc, quitte à perdre un peu de confort, mais en fait, tu vas gagner en confort de progression, en plaisir. En fait, si tu portes moins lourd, ça sera... moins difficile, tu vas moins souffrir dans les côtes, tu vas moins souffrir sur les épaules et tout ça. Et donc, pour moi, ça participe à ton plaisir dans la marche et peut-être même à la réussite en fait de tes étapes, dans tes étapes. Donc, voilà, je suis un peu... Alors, je peux être un petit peu trop... Des fois, je me dis, oh non, maintenant, on va couper ça parce que franchement, c'est encore 200 grammes de trop. Bon, peut-être que des fois, je suis un petit peu... un peu extrême, mais bon. Et alors, un truc... que je... Déjà, je ne marche plus qu'avec des chaussures de trail aujourd'hui. Je ne marche plus avec des chaussures de randonnée pour des questions de poids aussi, pour la lourdeur, pour alléger les jambes. Porter un kilo de plus à chaque pied, ça fait faire beaucoup plus d'efforts tous les jours sur des centaines et milliers de pas que tu fais. Donc moi, j'ai opté pour la chaussure de trail basique, pas imperméable, pour qu'elle sèche aussi rapidement. Elle va se mouiller, mais par contre, ça va sécher plus rapidement. Donc ça, c'est mon premier choix et ma reco pour les gens qui se sentent assez en sécurité. Parce qu'il y a aussi des gens qui n'aiment pas trop avoir la chemise non protégée. Donc ça, je le comprends. Et deuxième truc que j'ai découvert alors que je l'ai tellement critiqué, c'est de randonner avec une chemise en fait. Tu sais, moi, je me disais mais attends, on ne va pas au bureau. Qu'est-ce que tu as besoin d'une chemise ? C'est ridicule. Bien sûr que ce n'est pas du tout aussi confort qu'un t-shirt. Bon. J'ai essayé la chemise, je me suis dit que je m'étais trompée sur toute la ligne. La chemise, c'est ventilé, tu n'es pas serré sous les bras. Donc en fait, tu n'as pas ce côté, tu sais, la transpiration collée dans le t-shirt. Tu es protégé contre le soleil, contre les moustiques, contre tous les insectes sur les bras. La nuque, tu peux même remonter le col, donc en fait, tu te protèges. Donc, tu portes moins de solaire. crème solaire, ou en tout cas, tu as moins besoin d'en mettre. Déjà, c'est parce que la crème solaire, ça te colle, ce n'est pas très agréable. Si tu veux en porter pour trois mois, c'est un peu lourd. Tu pars avec un tout petit tube et tu te fais juste le visage.
- Speaker #1
C'est conforme aux recommandations des dermatologues de faire comme ça. On a fait un épisode avec le docteur Stéphanie Leclerc-Mercier exactement sur ce sujet. Elle disait qu'on se protège d'abord avec le vêtement. Ensuite, les petits bouts qui restent, on met de la crème solaire, mais pas à l'inverse.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ça a l'air parfait, la chemise. Vas-y, continue, pardon. C'était une parenthèse.
- Speaker #0
Non, non, mais c'est exactement ça. En fait, c'est de se dire aussi que tu vas passer des heures dehors, sous le soleil, des UV qui peuvent taper fort, parce qu'on est en altitude. Donc, si tu ne veux pas passer ta vie à te crémer avec ce truc qui va te coller, ça va coller la poussière et tout ça, tu choisis un vêtement. et vraiment la chemise c'est pas Ce n'est pas lourd. Tu vois, tu choisis un tissu léger. Donc, voilà. Je m'étais complètement trompée sur toute la ligne. Moi qui ai tant pratiqué les chemises.
- Speaker #1
C'est bien de reconnaître et de se rendre compte que parfois, on change d'avis et c'est très bien, on évolue. Et la casquette. Ah oui, et la casquette. Tu sais que depuis l'épisode, j'ai découvert qu'en fait, il valait mieux porter un bob. Parce que justement, le bob protège de manière plus large. Donc mon but l'été prochain, c'est de trouver un joli bob pour bien me protéger. Et tes prochains projets, défis sportifs, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #0
Alors, prochains défis sportifs, c'est déjà là, à partir de dimanche, on va partir avec mon époux, quatre jours en VTT, faire le tour de l'Ardèche. Mais de gîte en gîte, c'est juste une petite escapade. Vrai gros projet, ça sera l'été prochain. Du coup, je vais repartir en juin. Et là, je trace mon itinéraire. Donc là, je ne suis pas de choses déjà tracées. Je voulais partir de chez moi, du coup, parce que j'ai emménagé là au pied du Vercors depuis peu et j'avais vraiment envie de partir d'ici et de faire toute une boucle qui me ramène ici. Donc voilà, là j'ai tracé un itinéraire qui va faire 1500 kilomètres, 85 à 90 000 mètres de dénivelé positif dans les Alpes françaises, enfin les pré-Alpes françaises, les Alpes françaises. Ensuite, je rejoins la Via Alpina côté Suisse. J'irai jusqu'à moitié de la Suisse à peu près et je descends ensuite plein sud pour passer côté italien et je reviens donc au niveau du Mont Viseau sur un sentier qui s'appelle Sentiero Italia qui est grosso modo le parallèle à la Via Alpina mais côté italien. Donc là c'est vraiment toutes les Alpes italiennes qui me ramèneront jusqu'au Mont Viseau et Mont Viseau du coup je braque plein ouest pour rentrer à la maison. Donc ça va être Sud Kera, ça va être le dévolu et ça finit du coup là juste derrière au niveau du Vercors.
- Speaker #1
Ah bah génial, trop beau projet.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et pour terminer, est-ce que tu as un petit conseil à donner à des femmes qui rêvent d'itinérance mais qui n'oseraient peut-être pas encore trop se lancer ?
- Speaker #0
Ah si, il faut oser. Il faut oser, il faut oser, oser se lancer. On n'est pas obligé de se lancer sur des mois de randonnée. On peut commencer avec un week-end de deux jours et une seule nuit, comme ça tout va bien. On commence avec des choses qui ne sont pas engagées, qui ne sont pas trop hautes en altitude. Moi je dis tout le temps, le Vercors, à part le fait qu'il n'y ait pas beaucoup d'eau dans le Vercors, mais sinon il n'y a pas de risque, même en hiver il n'y a pas d'avalanche, en été il n'y a pas de trou. C'est beau, c'est sauvage, c'est magnifique. Donc on choisit un petit massif. On se lance sur une petite boucle. Il n'y a pas besoin de faire quelque chose de très engagé. Au contraire, il ne faut pas que ce soit engagé pour ne pas se faire peur, je pense, pour se donner envie plus qu'autre chose. Et puis peut-être, pourquoi pas partir avec quelqu'un qui a déjà un petit peu plus d'expérience aussi, pour juste se mettre un pied à l'étrier. Mais c'est souvent ce que je dis, les gens qui ont peur un petit peu, ils disent la sécurité, une femme seule, qu'est-ce que tu en penses ? Moi, je pense qu'il y a moins de violeurs sur le plateau du Vercors que dans une grande ville. Je pense qu'il n'y a pas de danger au niveau de la circulation, les choses comme ça, alors qu'on voit les accidents de la route, etc. Donc, pour moi, en prenant quelques précautions sur la sécurité, d'avoir un téléphone où on peut appeler les secours, d'avoir une doudoune chaude pour le soir, d'avoir quelque chose d'étanche pour se protéger de la pluie. On met toutes les chances de son côté. Et du coup, il ne faut pas hésiter à se lancer sur du petit. Rentrer petitement sur le sujet et se laisser surprendre.
- Speaker #1
Super conseil, cette progressivité. Je trouve que ça aide énormément. Merci beaucoup Camille pour tout ce partage. C'était trop chouette d'avoir ton expérience sur cette portion de l'hexatrèque. Ça me donnait très envie. Et puis ton retour aussi sur ce que t'emportes, etc. Vraiment intéressant. Donc, grand merci.
- Speaker #0
Merci à toi, Lorraine.
- Speaker #1
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